La résilience
Ebola: prévention et préparation pour réduire les risques en Côte d’Ivoire

Ebola: prévention et préparation pour réduire les risques en Côte d’Ivoire

16/12/2014

L’épidémie de la maladie à virus Ebola affecte aujourd’hui quatre pays en Afrique de l’Ouest – la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone, et plus récemment le Mali. Dans ces pays, les gouvernements et les partenaires internationaux ont pris des mesures importantes, pour endiguer la propagation du virus et accompagner les populations affectées.

Ebola: des mesures préventives en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, aucun cas n’a été déclaré à ce jour. Le pays ayant toutefois des frontières avec la Guinée et le Liberia, le Gouvernement a pris des mesures préventives, afin de diminuer les risques d’introduction du virus sur le territoire, telles que la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre, la fermeture de certains marchés frontaliers, l’interdiction de la chasse et de la consommation de viande de brousse, ainsi qu’une sensibilisation importante des populations, sur les voies de transmission du virus – de l’animal à l’homme et interhumaine – et les règles de base à respecter pour éviter cette transmission.

Les mesures nécessaires de précaution prises en Côte d’Ivoire sont toutefois susceptibles d’avoir une incidence sur la sécurité alimentaire de certains groupes de personnes plus vulnérables qui se nourrissaient principalement de viande de brousse.

Impact sur les moyens d’existence des petits agriculteurs

Avec la fermeture des frontières, le système d’approvisionnement des marchés ruraux notamment dans les localités frontalières connait un dysfonctionnement. Ces marchés sont mal approvisionnés parce que la forte demande qui venait des pays voisins (Guinée et Libéria) s’est estompée. Les commerçants n’y vont presque plus. C’est le cas des marchés des localités de Banneu, Kouyaguiépleu (Zouan Hounien), Gbapleu et Gbinta (Danané) et de Tiobly, Bakoubly et Toyebly (Toulepleu) où les populations ont du mal à s’approvisionner ou à écouler leur production. Les producteurs sont obligés de baisser significativement leurs prix.

Le prix de 20 litres d’huile rouge est passé de 15 000 Fcfa à 9000 Fcfa (soit 40 pour cent de perte) et au lieu de trois bananes, ils en vendent six à 50 Fcfa. Il en est de même pour le chou qui est vendu maintenant 1 000 Fcfa le tas de six (au lieu de trois choux au même prix). Le prix de vente d’un tas de manioc est passé de 500 Fcfa à 200 Fcfa. On note une perte de revenu pour ces petits agriculteurs qui varie entre 40 et 60 pour cent selon les produits.  Cela a aussi entrainé une flambée des prix des produits alimentaires importés dans ces localités frontalières comparé à l’année dernière. Ainsi, le prix d’un poisson congelé est passé de 100 Fcfa à 300 Fcfa, celui du riz importé de grande consommation est passé de 350 Fcfa à 400 Fcfa. Le prix de la viande de bœuf est resté stable mais le niveau d’approvisionnement est très faible. (Mission du Programme alimentaire mondiale / Danish Refugee Council )

La FAO met actuellement en œuvre son Programme régional de réponse à l’épidémie de la maladie à virus Ebola, en concertation avec les partenaires, afin de renforcer les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des populations. Au niveau de la Côte d’Ivoire, la FAO a développé un programme pour augmenter la disponibilité en viande à travers un soutien aux élevages à cycle court telles que ceux de poulets, canards et lapins, et le renforcement de la sensibilisation des populations. La FAO, en concertation avec le Ministère des ressources animales et halieutiques, travaille sur la mobilisation de fonds pour démarrer au plus tôt ces activités.

Ebola: une réponse stratégique et multisectorielle

La priorité absolue de la FAO et de tous les partenaires est d’endiguer l’épidémie et de mettre un terme aux pertes humaines tragiques. Des actions immédiates doivent également être mises en place pour une surveillance des ménages les plus vulnérables des zones frontalières qui voient leurs moyens d’existence fortement érodés. La stratégie de la FAO est donc axée sur le soutien aux activités qui permettent de sauver des vies et sur la sauvegarde de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence.

A cet égard, la FAO a développé un programme de réponse régional. La stratégie de la FAO est basée sur quatre axes:

  • Sauver des vies en stoppant la propagation de la maladie, par le biais d’action de mobilisation sociale et en appuyant la préparation des pays à affronter de telles crises
  • Dynamiser les revenus et la production agricole pour préserver les moyens d’existence
  • Accroître la résilience des communautés face aux menaces de maladies
  • Renforcer la coordination pour une réponse améliorée en appuyant les groupes sectoriels sur la sécurité alimentaire et la nutrition et en développant des mécanismes de réponse.

 

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