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La résilience
Sierra Leone: les agriculteurs inquiets des effets de l'épidémie d'Ebola sur leurs moyens d’existence

Sierra Leone: les agriculteurs inquiets des effets de l'épidémie d'Ebola sur leurs moyens d’existence

22/01/2015

Pour les exploitants agricoles et responsables des Centres d'Agri-Business (ABC) en Sierra Leone, les mesures de quarantaine, l’interdiction des activités de groupe et la fermeture des marchés périodiques sont l’une des causes principales des perturbations des activités agricoles et des pertes de revenus.

Ils ont exprimé leurs préoccupations au Représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO), Dr Gabriel Rugalema, lors d’une tournée qu’il a effectuée dans trois communautés du District de Bo à la mi-janvier 2015. L’objectif de ce déplacement était d’évaluer l'état de la situation agricole suite à l'épidémie de la maladie à virus Ebola, et d'identifier les zones en situation critique et nécessitant des interventions de réhabilitation et de redressement.

Pendant cette tournée, M. Rugalema s'est entretenu avec les agriculteurs et les différents groupes d'acteurs locaux dans les localités de Brima, Gerihun et Fengehun, où les revenus et moyens d’existence reposent essentiellement sur l'agriculture.

Le responsable du Centre d’agri-business de Ngoyila, dans la ville de Gerihun, M. Alieu Borbordeen, a estimé que les activités de transformation du riz avaient chuté de plus de 90 pour cent comparativement à la même période l'an dernier. "Nous avions normalement des clients en provenance de plus de dix villages, qui venaient ici avec des boisseaux de riz énormes à traiter, mais ils ne viennent plus, à cause des règlementations strictes de la circulation des personnes d'une communauté à l'autre", déplore-t-il.

Il a expliqué que 62 000 kg de riz paddy avaient été traités entre novembre et janvier suite aux récoltes de l’an passé, et que cette année, seulement 3 700 kg ont été traités.

Le centre d’agri-business d’Holima à Fengehun est reconnu pour sa bonne gestion et est considéré comme l’un des centres le plus fonctionnel au niveau national. Avant l’épidémie, c’était une entreprise rentable qui fournissait notamment du riz au Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour son programme de cantines scolaires.

Aujourd’hui, suite à la fermeture des marchés et des restrictions de mouvements entre les communautés, certains centres sont incapables de rembourser les prêts qu'ils ont contractés auprès des banques communautaires. La directrice du centre d’Holima, Mme Mariama Koroma, et son équipe, se battent aujourd’hui pour honorer un prêt de 60 millions de Leones contracté auprès de la banque communautaire. «Nous demandons au gouvernement et aux partenaires de développement de bien vouloir convaincre les banques communautaires de nous accorder un délai gracieux, car nous ne sommes pas certains de respecter le délai de paiement », dit-elle.

Les Centres d’agri-business des localités de Fallu, Mafunday et Brima sont confrontés à des problèmes similaires. Le remplacement des machines dans les centres, la fourniture de kits agricoles à démarrage rapide (semences et engrais), la remise en état des infrastructures des marchés et la réouverture des marchés périodiques sont les interventions ayant été identifiées comme prioritaires pour la relance au cours des discussions menées avec les agriculteurs et les centres d’agro-business. Ces interventions permettront aux agriculteurs de revenir à des niveaux de production d’avant la crise et de restaurer les activités de commercialisation.

Dans les prochaines semaines, le Représentant de la FAO effectuera d’autres visites de terrain pour rencontrer les communautés agricoles des autres régions du pays.

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