FAO.org

Accueil > La résilience > Actualités et événements > histoire-detail
La résilience
Insécurité alimentaire dans le bassin du lac Tchad

Insécurité alimentaire dans le bassin du lac Tchad

23/06/2016

Les déplacements massifs de population et l'insécurité dans le bassin du lac Tchad mettent en péril les moyens d’existence et la sécurité alimentaire. Au nord-est du Nigeria, l'impact du conflit sur l'agriculture est estimé à 3.7 milliards de dollars suite aux pertes de bétail et de la baisse de la production agricole, la destruction des installations agricoles et d'irrigation, et l'effondrement des services déconcentrés, y compris des structures vétérinaires.

Dans les zones touchées, les civils paient un lourd tribut à l'insécurité. Les personnes déplacées ont perdu leurs biens et la plupart d'entre elles comptent sur les ressources limitées des communautés qui les accueillent, elles-mêmes victimes des perturbations occasionnées sur les activités agricoles et d’élevage transhumant au cours des dernières années. Les prix des denrées de base ont également augmenté, avec des hausses de 50 à 100 pour cent rapportées dans certaines zones de l'Etat de Borno.

En juin 2016, 4,6 millions de personnes sont en insécurité alimentaire sévère dans le bassin du Lac Tchad, dont 65 pour cent sont situés dans le nord du Nigeria, en particulier dans les états de Borno et de Yobe. Afin de répondre aux besoins immédiats des communautés hôtes et des personnes déplacées affectées, la FAO fournit une assistance en matière d’agriculture et de moyens d’existence à 92 000 personnes dans le bassin du lac Tchad, et assistera 123 200 personnes dans les mois à venir avec des intrants agricoles essentiels pour les saisons agricoles en cours et à venir.

Une grande partie des agriculteurs qui recevront des semences n'a pas planter ces deux dernières années en raison de l'insécurité et du manque d'intrants. «Après trois saisons consécutives perdues, les communautés d'accueil et les personnes déplacées reprennent leurs activités agricoles. Les agriculteurs préparent les champs et les communautés hôtes ont même attribué des terres cultivables aux personnes déplacées cette année» a déclaré Rosanne Marchesich, Leader de l’Equipe de réponse et Conseiller stratégique senior de l'Equipe de Gestion du Programme stratégique de la FAO sur la résilience, à son retour d'une mission de terrain de la FAO dans les états de Borno et de Yobe dans le nord du Nigeria.

En outre, la FAO renforce sa présence sur le terrain à travers la mise en place d'un bureau de terrain à Maiduguri, Nord-Est du Nigeria, afin d'assurer un suivi adéquat des interventions. Des efforts accrus sont déployés pour mieux évaluer les besoins actuels et développer des interventions coordonnées, en collaboration avec les autorités nationales et d'autres partenaires. Renforcer le travail de Secteur Sécurité alimentaire à Maiduguri rapprochera les capacités de coordination des opérations dans le Nord-Est.

Cependant, davantage de fonds sont nécessaires pour répondre aux besoins liés à la sécurité alimentaire et aux moyens d’existence à une plus grande échelle. A cette fin, la FAO prépare une stratégie sous-régionale pour mobiliser davantage de ressources et fournir un soutien accru aux communautés vulnérables dans les zones affectées du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria. «La FAO et ses partenaires doivent maintenir la dynamique et bâtir sur les récentes interventions pour accroître l'assistance aux moyens d’existence.» a déclaré Patrick David, Adjoint au Responsable de l'Equipe sous-régionale Résilience pour l'Afrique de l'Ouest/Sahel (REOWA), Analyste régional de sécurité alimentaire. Dans les derniers mois, les forces de sécurité ont repris 22 des 27 zones de gouvernement local (LGA) dans l'Etat de Borno, et 15 de 17 LGAdans l'Etat de Yobe au Nigeria.

La FAO cherche à mobiliser 15 millions de dollars afin d’assister 63 000 familles supplémentaires (soit 504.000 personnes) d'ici la fin de l'année, avec un large éventail d'activités centrées sur l'agriculture et visant à générer rapidement la production de nourriture et de revenus, ainsi qu’à protéger les moyens d’existence.

Bien que la FAO s’engage à répondre aux besoins immédiats liés à l'agriculture et aux moyens d’existence, des investissements à moyen et à long terme seront essentiels pour construire des moyens d’existence résilients et éviter une dépendance à l'aide extérieure sur le long terme. Le soutien aux moyens d’existence, à travers un meilleur accès et une meilleure utilisation des ressources naturelles et économiques, ainsi que des mécanismes de protection sociale à base communautaire, est une étape cruciale vers le développement durable et le renforcement de la paix dans le bassin du lac Tchad.

Partagez