La résilience

Madagascar - Bulletin de situation acridienne D18 - juin 2015

Madagascar - Bulletin de situation acridienne D18 - juin 2015
Aug 2015

Diagnostic

Durant la 3ème décade de juin 2015, la pluviosité restait faible ou nulle sauf dans l'Aire transitoire de multiplication Sud où elle était voisine de la plage optimale pluviométrique du Criquet migrateur malgache. Le dessèchement du tapis végétal dans les biotopes xérophiles et mésophiles s'accentuait. Dans l’Aire grégarigène, les populations diffuses en mesure de voler continuaient à coloniser les bas-fonds encore humides. Dans l’Aire d’invasion, les essaims à la recherche de conditions moins défavorables continuaient leur déambulation. Comme dans l’Aire grégarigène, les populations diffuses se sont regroupées dans les basfonds. Les températures ont légèrement diminué dans la majeure partie de la Grande-Île et les populations acridiennes sont restées en activité ralentie, principalement dans les Hautes- Terres.

Dans l’Aire grégarigène, le peu de prospections effectuées montrait que le compartiment Nord restait faiblement infesté. Des essaims de petite taille (140 ha), composés d’ailés grégaires durs immatures, ont été identifiés dans les secteurs Nord de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication. Par rapport à la décade précédente, une diminution du nombre et de la taille de ces essaims a été constatée. Les populations diffuses transiens degregans, hétérogènes sur le plan phénologique, avaient généralement de faibles densités (60 à 160 ailés/ha).

Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 173 ha, infestée par des vols clairs et essaims, ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées.

Dans l’Aire grégarigène, 280 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 294 ha infestés par des taches de larves d’aspect grégaire de stade L4 et L5, accompagnées d’ailés mous, identifiés et non traités lors des décades antérieures. Une superficie de 10 ha a été traitée. Les essaims ainsi que les taches et bandes larvaires accompagnées d’ailés mous sur les 564 ha restants devront être, si possible, relocalisés et traités au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre restait moyennement infesté par des populations groupées du Criquet migrateur malgache. Au niveau du plateau du Bongolava et de la plaine du Betsiriry, le passage d’essaims moyennement denses et de vols clairs devenait moins fréquent ; une forte diminution du nombre et de la taille de ces groupes était notée. Ces populations imaginales groupées étaient composées d’ailés grégaires durs immatures. Des populations diffuses, constituées d’ailés transiens degregans, à une densité moyenne à forte (900 à 1 200 ailés/ha), ont été rencontrées dans certaines vallées.

Les taches et bandes larvaires et essaims repérés au cours des décades antérieures sur une superficie de 5 068 ha n’ont pas pu être traités. Ces populations ne seront plus traitées car elles n’ont plus été retrouvées.

Durant la 3ème décade de juin 2015, 1 688 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 1 262 ha repérés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 1 873 ha a été traitée. Les populations sur les 1 067 ha restants devront être, si possible, relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, les populations essaimantes du Criquet migrateur malgache identifiées et non traitées devront être relocalisées et éliminées au début de la prochaine décade sinon elles risquent de poursuivre leur progression vers le Nord. Par ailleurs, la faible pluviosité met les populations solitaires et transiens degregans en difficulté, induisant un regroupement de ces populations au niveau des bas-fonds où des réserves hydriques persistantes sont susceptibles de maintenir une végétation plus ou moins verte. Compte tenu de la restriction progressive des superficies offrant des conditions acceptables, il se peut qu’une augmentation des densités ait lieu. Les populations diffuses devront être suivies tout au long de l’hiver austral pour évaluer le potentiel biotique de l'inoculum de la prochaine campagne.

Dans l’Aire d’invasion, la vigilance doit être maintenue car il est fort probable que des populations similaires à celles qui ont été éliminées durant la décade puissent encore subsister, plus particulièrement dans le Bongolava. En parallèle, les populations diffuses devront également être surveillées pour suivre leur dynamique.

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