2011 // Une bonne gouvernance de la sécurité alimentaire, condition sine qua non de l’action sur deux fronts

Contexte

Les dirigeants du monde entier se sont engagés à plusieurs occasions à œuvrer en faveur de l’éradication de la pauvreté dans le monde. Jusqu’à présent, les résultats sont au mieux mitigés, comme le montre le graphique bien connu de la prévalence de la sous-alimentation. La triste réalité est simple: le problème de la sous-alimentation est structurel. A l’échelon mondial, 850 millions de personnes sont touchées par la sous-alimentation, un chiffre qui grimpe à chaque fois qu’une crise éclate. Il est donc de plus en plus admis que la gouvernance pourrait constituer l’ingrédient faisant défaut dans la modalité « standard » des interventions pour faire face à l’insécurité alimentaire.

graphTant que les questions liées à la gouvernance ne seront pas prises en compte, la lutte contre l’insécurité alimentaire restera vaine. L’essence de cette affirmation, à savoir une approche du développement purement centrée sur la dimension technique sans tenir compte de la gouvernance, relève aujourd’hui du bon sens. De Kofi Annan1 (« La bonne gouvernance est peut-être le facteur le plus important pour éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement ») à Tony Blair2 (qui a déclaré que l’aide représente la moitié de ce qui doit être fait, l’autre moitié étant la gouvernance), l’importance de la gouvernance fait l’objet d’un vaste consensus.

La gouvernance n’est pas pour autant la panacée. Certes, les politiques et les programmes de sécurité alimentaire doivent refléter une analyse profonde de la situation et promouvoir la meilleure solution technique à un problème. Mais le développement ne surgit pas en vase clos. Il se produit dans un contexte social, culturel, politique et économique, il implique les espoirs, désirs, croyances et arrière-pensées d’individus, ainsi que des institutions ayant des mandats et une autorité particuliers, et suit des processus qui sont soit établis par la loi, soit obligatoires dans un pays ou une région déterminés. La gouvernance de la sécurité alimentaire apparaît comme un phénomène intangible et informe. Mais il ne fait guère de doute que celui-ci détermine dans une grande mesure le succès ou l’échec d’une action de sécurité alimentaire (ou même simplement sa mise en œuvre).

Il s’agit aujourd’hui de mieux comprendre les facteurs et les éléments qui constituent la gouvernance de la sécurité alimentaire et de rechercher les manières d’élargir notre travail technique sur la sécurité alimentaire en mettant l’accent sur la gouvernance. La bonne nouvelle est que nous n’avons pas besoin de partir de zéro. En 2004, lors de l’adoption par les États membres de la FAO des Directives volontaires à l’appui de la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale (Directives volontaires sur le droit à l’alimentation), ceux-ci ont également convenu de mesures à prendre afin d’intégrer la gouvernance à la sécurité alimentaire.

Un débat est nécessaire afin de préciser le concept de la gouvernance de la sécurité alimentaire, expliciter ses limites et sa relation avec des concepts et des termes similaires. Il nous faut également revoir les outils dont nous disposons, apprendre la manière dont ils ont été utilisés et identifier les lacunes pouvant être comblées par le travail futur. Nous devons susciter une compréhension commune au sein de la FAO et de ses gouvernements partenaires en ce qui concerne le terme et son utilisation, et tirer les leçons des expériences des agences œuvrant dans le domaine de la gouvernance ou qui, dans le cadre du travail qu’elles mènent, ont reconnu l’importance fondamentale de cette dimension.

Objectifs

L’atelier a pour but d’atteindre trois objectifs :

  • Analyser s’il existe une approche unique de la gouvernance concernant la sécurité alimentaire et, si c’est le cas, en quoi consiste la « gouvernance de la sécurité alimentaire »;
  • Définir les obstacles qui entravent une meilleure gouvernance de la sécurité alimentaire;
  • Utiliser le concept en termes opérationnels: identifier les piliers du travail mené par la FAO en matière de gouvernance en 2012/13.

 


1. Rapport du Secrétaire général sur le travail de l’Organisation, 1998.
2. Initiative pour la gouvernance en Afrique, Bureau de Tony Blair, http://www.tonyblairoffice.org/africa

Ressources

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Rapport final

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Fondé par le gouvernement des Pays-Bas par le biais du Mécanisme d’appui aux programmes multi donateurs de la FAO.

 

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