15.01.2013

Investment Days discute de l’importance du droit à l’alimentation pour l’investissement dans l’agriculture et le développement rural

Quelle est la relation entre le droit à l’alimentation et l’investissement dans l’agriculture et le développement rural? Comment les droits de l’homme peuvent fournir des outils aux plans et projets d’investissement? Ces enjeux ont été discutés lors d’une session parallèle intitulée « The Right to Food: How is it relevant to investment in agriculture and rural development? » organisée le 18 décembre durant Investment Days. Investment Days est une rencontre annuelle de deux jours qui accueille les collègues du Centre d’investissement de la FAO (TCI), incluant les employés d’institutions liées telles que le Fonds international de développement agricole et la Banque mondiale afin de partager les connaissances et les expériences.

Organisé par des cadres de la Division de l’économie du développement agricole (ESA) et TCI, la session d’une heure et demi avait pour objectif d’explorer l’interaction entre le droit à l’alimentation et l’investissement dans l’agriculture et le développement rural ainsi que les façons dont les deux se complète et se renforce. Dans leurs allocutions initiales, les organisateurs ont présenté le travail d’analyse sociale du TCI afin de mettre en lumière les nuances de la diversité sociale, du genre et des autres dimensions de la pauvreté à titre de point de départ de la coopération pour la session. Cette session s’inscrivait en marge des nouveaux développements tels que ceux liés à Rio+20, le Cadre stratégique mondial pour la sécurité alimentaire et la nutrition, et les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers.

Le panel était composé d’interlocuteurs distingués en provenance des Nations Unies, du monde universitaire, de la société civile et d’un État.

Lors de son intervention, le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation, Olivier De Schutter, a présenté la façon dont un cadre basé sur le droit à l’alimentation guide des investissements efficaces et durables pour l’agriculture et le développement rural. Il a noté que « le rôle du droit à l’alimentation pour l’investissement dans l’agriculture et le développement durable en est un principalement de cadrer le triangle, i.e. tenir compte des inquiétudes des communautés locales au sein de la relation tripartite entre l’État exportateur du capital, l’investisseur et l’État hôte ». Il a ajouté que le respect des droits de l’homme octroi aux investisseurs un permis social d’opérer en plus de leur permettre de répondre aux attentes des communautés locales, des consommateurs, des actionnaires et des États.

En élaborant sur le contenu du droit à l’alimentation et le travail de la FAO qui en découle, Barbara Ekwall, cadre supérieure de ESA, a dit que « le droit à l’alimentation donne des dents aux aspects techniques de la sécurité alimentaire ». En cadrant la faim en tant que résultat de la structure sociale, Mme Ekwall a démontré comment le droit à l’alimentation pouvait informer le ciblage, la prise de décision, la reddition de compte et le développement des capacités dans la lutte contre la faim. « Le droit à l’alimentation offre simultanément un objectif global ainsi que les outils. Il fait la promotion de la transparence, de l’autonomisation et de la participation dans la prise de décision, menant à une augmentation et une amélioration des investissements ».

Rolf Künnemann, Directeur des droits de l’homme pour FIAN International, a mentionné que les politiques d’investissement pouvaient enfreindre les droits de l’homme lorsqu’elles étaient liées à l’accaparement des terres et à des pratiques éco-destructrices et malsaines : « l’investissement dans l’agriculture et le développement rural n’est pas une machine à argent où l’investisseur met un peu d’argent à une extrémité et en retire davantage à l’autre ». En se référant aux agriculteurs à titre d’investisseurs privés cruciaux, il a ajouté que « l’expérience a démontré que l’investissement dans l’agriculture paysanne agro-écologique fait plus que doubler les récoltes en Afrique et ce, de façons écologiques et socialement acceptable ».

Enfin, la Représentante permanente suisse à la FAO, Mme Christine Grieder, a abordé les travaux inter-agences et intergouvernementaux sur les Principes pour des Investissements Agricoles Responsables. Se concentrant sur le processus consultatif, lancé par le Bureau du CSA, qui regroupe plusieurs partenaires pour l’élaboration des Principes pour des Investissements Agricoles Responsables  dans le contexte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, Mme Grieder a souligné le principe fondateur voulant qu’un investissement responsable en soit un qui respecte les principes des droits de l’homme tel que la participation, en plus d’être sensible aux petits agriculteurs.

Les présentations et les discussions subséquentes ont démontré l’importance du droit à l’alimentation et d’autres principes des droits de l’homme pour le travail consultatif du TCI dans l’ébauche, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets d’investissement dans l’agriculture et le développement rural ainsi que dans le développement des plans et des stratégies étatiques pour le développement. Bien que les participants du TCI aient reconnus cette pertinence, la session a constitué un premier pas vers une collaboration accrue pour des investissements dans l’agriculture et le développement rural efficaces et durables.   

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