14.10.2013

Les Directives sur le droit à l’alimentation discutées lors de la 40ème session du CSA

Rome – 9 octobre 2013. En marge de la 40ème session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, la FAO, en collaboration avec l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève, a organisé l’événement parallèle « Les Directives sur le droit à l’alimentation: Dix ans de mise en œuvre ». Durant l’événement parallèle, plusieurs éléments discutés s’avéreront utiles dans le contexte de la Rétrospective des 10 ans des Directives sur le droit à l’alimentation.

L’événement a offert une plateforme afin de partager des expériences et des exemples concrets de différents pays et de mécanismes régionaux qui travaillent présentement ensemble avec l’objectif commun de garantir la mise en œuvre progressive du droit à l’alimentation à différents niveaux. Par ailleurs, ces cas ont fourni une voie à suivre quant à plusieurs domaines clés qui pourront représenter l’essentiel de l’analyse pour la rétrospective sur le droit à l’alimentation. Ces expériences et ces exemples concrets ont illustré des lacunes à être adressées dans différents contextes en plus d’offrir une meilleure compréhension quant aux processus et stratégies pouvant fonctionner à différents niveaux. En bref, ils ont démontré qu’il est possible de faire du droit à l’alimentation pour tous une réalité, de combattre la malnutrition et l’insécurité alimentaire.

 

Photos: ©Tomaso Lezzi

 

D’abord, ils ont souligné l’importance de se regrouper dans des contextes plurisectoriels avec la participation de différents acteurs au niveau national ainsi que la nécessité de bâtir des « cadres développés à la base », ce qui autonomise les pays afin de faire des avancées significatives sur la mise en œuvre nationale du droit à l’alimentation. Tel est le cas du Zimbabwe, un pays qui a effectué un long processus intersectoriel menant à l’insertion du droit à l’alimentation dans sa nouvelle Constitution.

Ensuite, l’événement à démontré le besoin d’investir dans des mécanismes régionaux et nationaux pour le droit à l’alimentation et de les encourager à collaborer étroitement. L’exemple le plus pertinent est celui des quatorze Fronts parlementaires nationaux contre la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes ainsi que l’approbation en janvier 2012 de la loi-cadre sur la souveraineté alimentaire, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et le droit à l’alimentation au sein du PARLATINO.

Enfin, l’événement a permis de réfléchir sur l’importance : d’assigner des fonds publics à la garantie, à la protection et à la réalisation du droit à l’alimentation; du rôle et de la participation cruciale des partenaires et acteurs tels que le secteur académique et les organisations de la société civile afin de s’assurer que les pays respectent leur engagement de réaliser le droit à l’alimentation; d’accroître la capacité, l’éducation et la sensibilisation à tous les niveaux; de maintenir la cohérence entre les droits de l’homme et les politiques nationales, la reddition de comptes et le rôle du secteur privé. Ces recommandations ont été faites dans le cadre d’expériences de pays tels que le Cambodge et le Laos qui ont illustré les liens étroits dans des domaines tels que l’accès à la justice et à la terre, récemment insérés dans les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, et la façon dont elles peuvent contribuer à la mise en œuvre nationale du droit à l’alimentation; ainsi que le cas de l’Inde qui a démontré la façon avec laquelle des recherches et des évaluations efficaces ont permis de prendre des mesures concrètes vers la réalisation du droit à l’alimentation avec des coûts financiers minimes, ce qui représente souvent un fardeau pour les pays voulant mettre en œuvre les Directives sur le droit à l’alimentation.

L’enjeu de la reddition de comptes et du secteur privé a été exploré davantage lors d’une discussion sur le montant d’argent dépensé par les compagnies alimentaires sur les campagnes promotionnelles, le rôle des gouvernements et leurs obligations liées au droit à l’alimentation, ainsi que les conséquences de l’accès des individus à de l’information impartiale et précise afin de prendre des décisions éclairées sur les choix nutritionnels pour adresser les problèmes sanitaires. Afin de nous rappeler les différents facteurs qui influencent la mise en œuvre nationale du droit à l’alimentation et qui peuvent améliorer la gouvernance et combler les fossés en matière de gouvernance pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau national, quelques commentaires ont porté sur la nouvelle Loi indienne sur la sécurité alimentaire et sa soumission éventuelle aux réglementations de l’OMC afin d’examiner sa compatibilité avec les obligations de l’Inde à l’OMC.

Ces expériences ont été partagées par un groupe distingué d’experts sur le droit à l’alimentation provenant de différents secteurs et qui agissaient à titre de panelistes. Ce groupe incluait : Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation; Ambassadeur Mary Sibusisiwe Mubi, Représentante permanente du Zimbabwe auprès des agences onusiennes à Rome; Guadalupe Valdez, Membre du Parlement de la République dominicaine, coordonnatrice régionale du Front parlementaire contre la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes; Flavio Valente, Secrétaire général de FIAN International; Christophe Golay, Coordonateur du projet sur les droits économiques, sociaux et culturels à l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève. De plus, Jomo Kwame Sundaram, Assistant directeur général du Département du développement économique et social de la FAO, était le modérateur.

Plus d’une centaine de personnes a assisté à l’événement parallèle qui a fourni une opportunité de discuter la manière dont les différents acteurs pourront être impliqués dans le processus menant à la 41ème session du CSA.

Depuis l’adoption des Directives sur le droit à l’alimentation en 2004 par le Conseil de la FAO, d’importants développements sur le droit à l’alimentation ont eu lieu. Lors de sa 39ème session, le CSA a décidé d’entreprendre une rétrospective sur les progrès accomplis lors des dix années de mise en œuvre des Directives sur le droit à l’alimentation qui sera revue lors de sa 41ème session en octobre 2014.

En tant que premier pas dans le processus menant à la rétrospective, les idées et les résultats avancés lors de cet événement parallèle établissent le chemin à suivre pour un processus participatif et inclusif qui analysera les progrès, discutera des expériences et des leçons tirées, et documentera les meilleures pratiques afin d’avancer et d’accroître la contribution des Directives sur le droit à l’alimentation dans l’éradication de la faim et la réalisation du droit à l’alimentation pour tous.

Lien permanent à la webdiffusion (seulement en anglais) :
http://www.fao.org/webcast/details.asp?lang=EN&movie=http://webcast.fao.org/20131009-ESA-CFS-side-event-RTF-english&pub_id=313587&high=1

 

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