Partenariat avec la société civile

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Si l’État est l’ultime responsable de la réalisation du droit à l'alimentation, la société civile n’en joue pas moins un rôle crucial. La société civile est un terme générique qui englobe tous les acteurs étatiques et non étatiques organisés et non organisés. Ces acteurs peuvent être des groupes d'intérêts spéciaux, comme les associations d'agriculteurs, des groupes confessionnels ou tout simplement des personnes vivant dans une même zone et qui sont donc concernés par le développement de celle-ci. Il s'agit également de maintenir la sécurité alimentaire et la nutrition au premier plan de l'agenda politique et de ne pas oublier le sort des membres de la société les plus vulnérables et les plus marginalisés.

La FAO est convaincue qu'une participation authentique et significative de la société civile dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques engendre de meilleurs résultats. Pour ce faire, la société civile doit être habilitée et formée, elle doit avoir accès à l'information, être capable d'exprimer librement ses préoccupations et pouvoir dénoncer les mauvaises pratiques chaque fois qu'il y a lieu. En résumé, le travail de collaboration de la FAO avec la société civile tend à combler l'écart qui sépare ceux qui détiennent et les ressources et sont proches de la prise de décision, et ceux qui sont privés de ces trois éléments. L'émergence d'une société civile plus agissante et constructive peut conduire à un développement plus juste, égalitaire et inclusif au profit de tous les citoyens.

Que faisons-nous concrètement ? Nous renforçons les capacités techniques et politiques des groupes de la société civile. Nous apportons un soutien à ces groupes afin qu'ils participent de façon significative dans tous les domaines de développement national. Et nous enseignons des outils et des techniques permettant à la société civile d'assurer un suivi des dépenses, ainsi que de comprendre et superviser la mise en œuvre des budgets nationaux.

Planification participative

Un nombre croissant de pays décentralise la prise de décision de l'échelon national à l'échelon sous national. C'est souvent à l'échelle des districts de pays que sont formulées et appliquées les interventions ciblées pour réduire l'insécurité alimentaire, la vulnérabilité et la pauvreté. Chaque région d'un pays déterminé peut présenter des priorités et des besoins différents. Les fonctionnaires publics basés dans une région déterminée connaissent le contexte de la région et sont par conséquent mieux placés pour définir les mesures les plus appropriées pour cibler les groupes les plus vulnérables et les plus touchés par l'insécurité alimentaire. La société civile a, quant à elle, plus de chance de pouvoir interagir avec les fonctionnaires publics et de participer au processus de prise de décision. Les gouvernements locaux sont plus facilement accessibles, ce qui facilite la participation de la société civile, des ONG et du secteur privé à la prise de décision.

Le problème est toutefois que les gouvernements locaux manquent souvent d'effectifs, connaissent une forte rotation de personnel et présentent de faibles capacités techniques. Le budget disponible est très insuffisant et ils manquent de l'équipement essentiel pour gouverner un district. La société civile ignore souvent la façon dont se déroulent les processus publics et comment faire entendre sa voix. C'est pourquoi l'équipe du droit à l'alimentation prévoit un soutien à la planification du développement à l'échelle du district.
La page ci-après illustre un processus de planification de type participatif dans le district de Kambia en Sierra Leone, dans lequel toutes les parties prenantes interviennent activement.

Supervision et suivi des dépenses

Dans le soutien qu’elle accorde à la planification du développement des districts, l’équipe du droit à l’alimentation aide les districts et les sous-districts à représenter les budgets de façon simplifiée. Cette représentation est faite, par exemple, moyennant la production d'affiches où sont spécifiées les priorités en matière d'alimentation et de nutrition dans le plan de développement, les objectifs à atteindre, le calendrier des activités prévues, les affectations budgétaires et la source des fonds. Ceci permet à la société civile de vérifier que leurs priorités sont prises en compte dans le budget et reçoivent le financement adéquat. Cette page illustre également un exemple de collaboration entre le gouvernement et une société civile habilitée en Sierra Leone, ainsi qu'une orientation pour donner à la société civile et une formation en matière d'analyse budgétaire et de suivi des dépenses.