Démarrage
En 2006 et sous contrat de la FAO, le Centre latino-américain pour le développement rural (Centro Latinoamericano para el Desarrollo Rural, RIMISP), une organisation régionale à but non lucratif, a établi un réseau de communautés et de groupes agriculteurs oeuvrant pour l’ADRD. L’objectif était de promouvoir les échanges d’information et l’apprentissage sur un ensemble de bonnes pratiques en matière de gestion des ressources naturelles et testées localement, par des échanges entre communautés indigènes de certains pays d’Amérique latine.
Réalisations
Revue de bonnes pratiques
16 organisations de petits producteurs représentant les populations indigènes de 6 pays furent identifiées et le même nombre de bonnes pratiques décrites pour la Bolivie (8 pratiques), le Honduras (2 pratiques), le Nicaragua (2 pratiques), le Pérou (2 pratiques), l’Equateur (1 pratique) et le Guatemala (1 pratique), grâce à la contribution essentielle de communautés locales et à l’équipe technique des différents projets d’aide. Toutes les bonnes pratiques identifiées traitent des domaines suivants: i) gestion et conservation des sols, ii) gestion et conservation de l’eau, iii) conservation de la biodiversité, iv) rémunération des services environnementaux.
Échange d'éxperience
Le RIMISP, qui organisait un atelier d’échange d’une semaine en juin en Bolivie, invita 17 leaders de communautés rurales indigènes et d’organisations de producteurs, ainsi que 4 personnes en charge de projets des 6 pays. Tous analysèrent 16 bonnes pratiques, avant de formuler des propositions sur comment adapter et reproduire ce qu’ils avaient appris dans leur communauté. Dans le cadre de cette formation, les participants passèrent en revue 4 pratiques, dont 2 d’un plateau à moyenne altitude de la région de Coroico et 2 d’un haut plateau de la région du lac Titicaca, en Bolivie. Enfin, les communautés passèrent en revue toutes les recommandations que les participants ramenaient chez eux, grâce à cet atelier d’échange d’information. Les leaders communautaires ont particulièrement apprécié les questions relatives aux organisations communautaires, aux pratiques de conservation de l’eau et de gestion des forêts.
Leçons tirées
Les principales leçons tirées de cet atelier d’échange sont les suivantes.
• Les communautés indigènes rurales ont parfaitement conscience des questions d’utilisation, de conservation et de restauration des ressources naturelles. Contrairement à de nombreuses organisations rurales de petits agriculteurs, les organisations de populations indigènes veulent dédier des ressources humaines et financières à la conservation et à la récupération de biens naturels, même sous forme d’exploitation collective.
• Les communautés indigènes rurales ont également une attitude positive quand il s’agit de partager leurs expériences et les pratiques ancestrales dont ils sont très fiers.
• Les décisions collectives prises par les organisations rurales en matière de gestion, conservation et restauration des ressources naturelles sont essentielles pour établir des réserves naturelles et protéger d’immenses superficies, afin de maintenir les sources d’eau et d’éviter l’érosion des sols.
• Les populations indigènes acceptent et respectent le principe de clôture de la chasse pour les espèces menacées: par exemple, ils exploitent le bois vicuña, tout en permettant aux animaux de retourner dans leur site naturel, de se reproduire et de se regrouper dans les zones protégées.
• Les communautés indigènes ont également montré un grand intérêt et une prédisposition pour l’agriculture organique, y compris la récupération de savoirs traditionnels en matière de lutte contre les ravageurs, de maladies des plantes et d’utilisation de plantes médicales pour repousser les insectes.
Visite d’étude pour les décideurs politiques
En conclusion du projet, une visite d’étude d’un jour fut organisée à La Paz pour les décideurs politiques. 7 des 36 représentants invités participèrent à cette séance de travail où furent présentées les principales caractéristiques des 16 bonnes pratiques. Lors du débat, on réfléchit sur comment changer les politiques nationales pour offrir aux agriculteurs les conditions permettant de préserver les ressources et d’atteindre une productivité agricole durable.
Liens utiles
RIMISP Centre latino-américain pour le développement rural
Pour lire les 14 cas, consulter la base de données des bonnes pratiques de l’Initiative ADRD












