
juin 2001
par
J.P. Ilboudo,
Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication (SDRE)
Division de la recherche de la vulgarisation et de la formation
Cet article montre la place et l'importance des outils de communication de proximité dans le processus d'information, de sensibilisation et de formation ; et ce, à travers l'expérience que le Groupe Communication pour le développement de SDRE a mené essentiellement sur le terrain pendant trois décennies ; une expérience riche en production et en renforcement de capacités techniques des agents de terrain intervenant dans la formation et le partage de l'information et des savoirs sur l'agriculture et le développement rural durables.
L'article tente également d'apporter des précisions sémantiques et méthodologiques sur un certains nombre d'acceptions dans le domaine toujours polysémique des outils que d'aucuns dénomment «auxiliaires, supports, médias...», à l'instar du domaine même de la communication pour le développement, où l'on retrouve sous une taxinomie diversifiée et variée et ce, en fonction des cadres institutionnels, des courants de pensées, des appellations multiples telles que communication sociale, IEC, mobilisation sociale, marketing social,....
Le terme « outil de communication » est né de la pratique de l'animation qui a créé et utilisé toute une panoplie de moyens relevant de l'écrit, de l'audio et de l'image. A cela, il faut ajouter l'artifice qu'on peut opérer par une technique. La combinaison de ces différents moyens permet de disposer d'outils dont l'ambition est d'être éducatifs.
Les outils de communication sont définis ici en fonction d'une activité (animation), d'une méthodologie (approche participative) dont les différentes phases et étapes font recours à des outils en matière d'information, de recherche, d'analyse, de dialogue, de transmission ou d'échange d'expériences, de savoirs ou de techniques, de planification, de gestion, de suivi ou d'évaluation des programmes entrepris par les communautés villageoises.
Ainsi, les outils sont définis en fonction des objectifs de la communication : informer, sensibiliser, former, éduquer, motiver, mobiliser. Les outils et réseaux de communication sont également très divers: médias de communication de proximité utilisés dans des situations de communication de groupe, outils et réseaux locaux traditionnellement utilisés par les communautés villageoises. Les outils et réseaux doivent être mobilisés selon les objectifs poursuivis, en tenant compte de leur impact dans le milieu, de la souplesse de leur mobilisation, de leur coût de mise en oeuvre ainsi que de la possibilité pour les communautés de s'approprier l'usage.
Au total, le terme outil de communication devrait être compris comme un moyen d'intervention qui est produit, diffusé et exploité sur le terrain.
Les interventions de la communication vont reposer sur trois facteurs: l'accès à l'information, l'instauration d'un dialogue entre les différents acteurs en présence, les échanges d'expériences, de savoirs et de techniques.
Ces outils s 'inscrivent dans les apports de la communication au développement.
Il y a trente ans, ces outils de communication étaient désignés par le terme « auxiliaires audiovisuels », «moyens audiovisuels » «supports/outils éducatifs » «supports», «matériel didactique». Cela ne doit pas nous faire oublier que:
Quelle distinction peut-on opérer entre message, média et support ?
Dans la formulation du message, un premier type de choix s'opère : quels mots utiliser ? dans quel ordre ? comment identifier les besoins en information et en communication des communautés et les transformer en message ?
Dans le choix des médias, un deuxième choix s'opère : quels médias? selon quelle combinaison?
Dans la transcription sur un support, un troisième choix s'opère : quel support ? quelle utilisation de l'image? quelles couleurs? quelle intensité sonore?
Ces choix sont intimement liés entre eux.
Le contenu des messages influence le choix des médias et des supports, qui en retour, influence la formulation des messages. Le choix des médias détermine le choix des supports, mais le pré-test des supports peut en retour conduire a une révision du choix des médias.
Nous avons défini ces médias comme des canaux de communication par lesquels les messages sont transmis. Au départ, de cette définition assez large, on doit distinguer deux types de médias: les canaux de communication de face à face et les médias de masse.
La communication orale en face à face peut s'exercer dans deux types de circonstances: le face à face interpersonnel (par exemple le vulgarisateur agricole face à un agriculteur) et le face à face en groupe (par exemple 1'agent de santé animant une discussion avec un groupe de mères).
Elle s'appuie principalement sur le support de la voix, mais elle peut utiliser d'autres supports. (les supports sont écrits, visuels, auditifs, audiovisuels). D'une manière générale, nous parlons de supports audio-scripto-visuels.
Aucun média n'est meilleur en soi et n'est meilleur par rapport aux autres. Les circonstances et les exigences de chaque projet de développement déterminent les médias à utiliser. Les sondages qui tentent de définir quels sont les médias accessibles à la population, ceux qui sont crédibles, ceux qui sont réellement disponibles, ceux qui sont les moins coûteux, ceux qui ont une commodité d'utilisation, ceux qui sont interactifs et participatifs, ceux qui sont durables quant à la diffusion, ceux qui sont pertinents, c'est-à-dire qui sont en adéquation avec les objectifs de l'intervention.
En conclusion. Les outils de communication devraient, dans un souci de commodité et de pragmatisme, surtout intégrer les médias de masse, les moyens de communication de proximité et les outils et réseaux locaux traditionnellement utilisés par les communautés villageoises et être classés selon les formes ou les composantes de la communication pour le développement:
Formes et/ou Composantes de la communication pour le développement |
Outils de Communication |
Communication sociale |
Radio (radio rurale) |
Communication institutionnelle |
Vidéo institutionnelle |
Communication éducative |
Dossier technique de vulgarisation |
L'essentiel de cette expérience débutée dans les années 70, a consisté à produire des films fixes.
Un film fixe est constitué de plusieurs diapositives couleurs sur une pellicule ; ce sont des images fixes, pas un film de cinéma. Ces diapositives couleurs sont choisies et mises en séquences ; elles sont ensuite reproduites sur une pellicule couleur de 35 mm.
Ils sont donc reproduits sur une pellicule résistante aux manipulations fréquentes et au temps. Ils ne peuvent pas être abîmés par les empreintes digitales. L'ordre et la position des diapositives ne peuvent pas être perturbés. Ils sont facile à manier, facile à arranger et beaucoup plus économiques que les programmes de diapositives. Ils sont faciles à insérer dans un projecteur. On a besoin de peu d'habilité technique pour montrer les films fixes.
Les films fixes sont accompagnés de brochures ; celles-ci contiennent des commentaires de toutes les photos du film fixe reproduites en noir et blanc. Les films fixes sont souvent accompagnés de commentaires enregistrés sur cassettes. Dans les régions où il n'y a pas d'électricité, les films fixes peuvent être montrés grâce à des projecteurs branchés sur des batteries de voiture ou à énergie solaire.
Ils sont utilisés pour informer, sensibiliser et inciter un groupe à la discussion ; ils sont un outil bon marché et pratique pour communiquer des informations lorsqu'il s'agit de vulgarisation et de formation.
C'est ce que confirme Pepita Maimone Jaquet, membre de l'équipe qui, dans les années 1969-1970 s'occupait de la production des films fixes ; et d'ajouter que les films fixes étaient bons pour motiver les communautés rurales.
Pepita Maimone Jacquet se souvient : «Les thèmes des films fixes étaient identifiés en collaboration avec les projets et programmes de terrain mais souvent avec les divisons techniques.
Dès que cette étape étaient franchie, un programme de la production et un devis sont élaborés ; l'on décidait alors s'il fallait envoyer sur le terrain un consultant et/ou un expert, fonctionnaire au siège.
Une fois sur le terrain, est écrit le scénario (script) avec l'équipe du projet ; cette phase se faisait rarement avant.
Le découpage de ce scénario en plan et séquence permettait de faire les photographies et de produire les diapositives.
De retour au siège, l'on développait les épreuves et l'on choisissait les diapos en concertation avec la division technique ; alors un brouillon du commentaire était envoyé au projet pour observations et approbation ; les corrections nécessaires étaient faites et l'on procédait à la reproduction des films ; voici comment étaient produits les films fixes ; généralement en 100 exemplaires accompagnés d'un livret, et parfois d'une cassette audio contenant les commentaires. La plupart des films étaient envoyés au projet pour utilisation lors de leurs séances d'animation et le reste au Service des ventes et distribution de la FAO.
Un film fixe pouvait contenir entre 70 et 120 séquences ou images. Parfois, il est arrivé de produire quatre (4 lots) de 500 images car le maximum d'images reste 120».
Les années 1970-80 n'ont pas connu la production de flipcharts (boites à images) et de posters (affiches) ; cela ne veut pas dire que l'on pas produit ; leur nombre étaient insuffisant pour être significatif. Au nombre de celles et ceux qui ont fait oeuvre de pionniers dans la production des outils de communication de proximité, outre Pepita Maimone Jacquet, l'on peut citer Jeannette Van Acker, Florita Botts, Roberto Faiduti, Jacques Sultan et Marzio Marzot, Marianne Sinko..........
Ils sont catalogués dans une brochure publiée en 1989 et intitulé «FAO films fixes».
Ils sont inventoriés sous trois (3) rubriques :
Dans la rubrique Communication au service du développement, les thèmes suivants et les produits ci-après ont été traités et produits :
Agriculture: |
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Cultures |
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Vulgarisation |
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Matériel agricole |
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Fourrages et aménagement des pâturages |
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Les engrais |
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Production et santé animales: |
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Communication: |
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Pêches: |
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Aménagement des terres , des eaux et des forêts: |
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Foresterie communautaire |
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Sensibilisation |
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Techniques |
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Espèces d'arbres utiles |
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Aménagement des bassins versants |
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Santé: |
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Hygiène |
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Alimentation et nutrition |
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A propos d'aliments |
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Etudes de marché |
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Recyclage des matières organiques |
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Education en matière de population |
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Planification de projets et analyses |
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Dans la rubrique FAO GENERAL, les thèmes et les produits suivants ont été traités et produits :
Dans la rubrique PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL, les thèmes et les produits suivants ont été traités et produits :
En conclusion à cette partie sur les films fixes, surgit la question de la participation de acteurs au processus de production et d'utilisation de cette première génération d'outils ; même si les thèmes sont identifiés avec les projets de terrain, l'on s'est aperçu que le film fixe avait beaucoup d'atouts mais quelques contraintes : s'il facilite la participation après la projection, lors des discussions, il aurait pu permettre cette participation pendant la projection ; d'où la mise au point de la méthodologie du diapolangage.
Le diapolangage se présente sous forme d'une petite série de cinq ou six diapositives choisi dans une banque d'images ou réalisées dans la zone éco-géographique du public concerné par l'animation.
Elles représentent des personnages en situation ou des paysages riches en information.
La diapositive propose une image fixe de grande dimension et d'excellente définition. Elle permet aux agriculteurs et aux éleveurs, en grand groupe, d'observer des situations, de réfléchir, d'exprimer leur ressentiment et même de se projeter au delà de l'image.
Le service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication de la FAO donné une très haute priorité au renforcement des capacités techniques nationales et à l'accroissement des connaissances dans les domaines de l'éducation, de la formation et de la communication et dans celui des services de transfert de technologie dans les pays à faibles revenus et à déficit alimentaire.
L'objectif de ces activités formation est d'améliorer l'accès aux connaissances disponibles et aux nouvelles technologies en vue de favoriser un développement durable et la sécurité alimentaire dans ces pays.
Après trois décennies, le service a capitalisé les expériences accumulées sur le terrain et les a valorisées avec la production d'un CD-ROM contenant l'essentiel des dossiers techniques de vulgarisation produits dans différents pays africains.
Ce répertoire des dossiers techniques de vulgarisation a pour objet de faire connaître tous les thèmes de vulgarisation qui ont déjà été traités avec l'appui du Groupe communication pour le développement
Les thèmes traités dans ces dossiers couvrent un large champ d'application dans le domaine du développement : environnement, foresterie, élevage, agriculture, santé humaine et animale, organisation des communautés villageoises ...
L'appui méthodologique apporté par le Groupe de la communication pour le développement a permis de former de nombreux techniciens de l'agriculture, de l'environnement, de l'élevage et de la santé à l'élaboration de dossiers de vulgarisation. A ceux-ci sont adjoints les supports de communication de proximité indispensables pour la vulgarisation des thèmes : boîtes à images, affiches, livrets, audio cassettes.
Le répertoire pourra aussi faciliter les échanges documentaires entre les projets et programmes de développement et concourir à la formation permanente des agents de terrain.
C'est un document de synthèse des acquis rassemblant toutes les informations techniques et socio-économiques nécessaire à la vulgarisation du thème. Il a pour objectif de répondre aux besoins identifiés par les populations et leur apporter les compléments de formation nécessaires.
Un dossier technique d'animation et/ou de vulgarisation est le fruit d'une collaboration entre services techniques, les populations et les services de la vulgarisation, basé sur les résultats de la recherche. Il tient compte des contraintes techniques et de la faisabilité par les populations, ainsi que des pratiques traditionnelles et du savoir-faire local.
Celui-ci est conçu en appui à la mise en œuvre de l'approche participative, utilisé pour la formation et le recyclage des agents de vulgarisation et pour la formation continue des agriculteurs ou des éleveurs.
Il fournit à l'utilisateur les:
Le dossier de vulgarisation constitue le document de référence et s'appuie sur l'utilisation dynamique de divers outils de communication multimédia : boîte à images, affiches, livrets, fiches techniques, audio cassettes, vidéo et émissions de radio rurale. En d'autres termes, le dossier technique de vulgarisation constitue la base documentaire pour l'élaboration des autres outils de communication de proximité et est un outil de transfert de des techniques innovantes dans le cadre de la recherche/développement.
A ce jour, un grand nombre de dossiers sur les thèmes les plus diverses, foresterie, conservation des sols, santé humaine et animale, organisation villageoise etc.. ont été réalisés au Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal.
Ci-après nous trouverons la structure d'un dossier technique, qui comprend toujours le schéma de sa réalisation dans le temps et les éléments de référence de l'Approche Participative.
Voici les différents éléments qui le composent.
L'application du thème technique s'intègre dans la partie:
On peut la situer dans l'étape 3:
Rappel du schéma de la démarche participative
Comment est conçu un dossier technique de vulgarisation?
1ère partie : LE CONSTAT
2ème partie : LES OBJECTIFS
3ème partie : LE CONTENU TECHNIQUE ET LES OUTILS DIDACTIQUES
Les fiches du répertoire des dossiers techniques réalisés ne mettent pas en évidence les outils didactiques qui accompagnent chaque thème. En effet, le dossier technique sera avant tout le manuel de l'agent de vulgarisation. Cependant, chaque thème sera développé avec une boîte à image et un ensemble d'outils de communication.
La boîte à images comprend généralement deux parties:
Le livret illustré et l'audio cassette
Les livrets et les audio cassettes sont des supports de communication de proximité directement utilisables par les villageois et sont des plus efficaces au moment de la formation / vulgarisation.
La distribution aux villageois des documents qui ont servi à leur propre formation les valorisent aux yeux de la communauté et les impliquent dans la diffusion des messages techniques.
Certains projets ou structures ont réduit les maquettes des boîtes à images sous forme de cahiers et de livrets qui ont été systématiquement diffusés après les séances de vulgarisation. Plusieurs mois après, lors d'une évaluation, il a été constaté qu'un grand nombre de villageois avaient été formés grâce à ces cahiers ou livrets.
Certaines fiches du répertoire font référence aux diapositives, à la rubrique supports didactiques. En effet, certains projets utilisent des séries de diapositives soit sous le forme de diapolangage ou de série didactique. Ces diapositives ont leur place dans le processus de l'approche participative et peuvent intervenir aux étapes de l'animation / prise de conscience et de la formation thématique.
Nous recommandons vivement aux concepteurs des dossiers techniques de travailler activement à la conception des supports de communication de proximité mentionnés ci-dessus. Ils seront des auxiliaires précieux pour atteindre, avec succès, les objectifs de la vulgarisation d'un thème.
Ce répertoire avec ses résumés de dossiers sous forme de fiche permet de connaître leur contenu. De ce fait l'équipe qui doit travailler un thème technique qui a déjà fait l'objet d'un dossier gagnera du temps en explorant la fiche et pourra réaliser un travail d'adaptation. Ainsi, elle pourra tirer profit des informations et les comparer avec sa propre problématique.
Il se peut que les fiches donnent suffisamment d'informations pour se passer du dossier complet ou au contraire l'équipe de conception souhaite l'obtenir afin de l'étudier à fond.
Dans ce cas deux possibilités s'offrent à l'équipe de conception d'un dossier technique:
La prise de contact direct avec le projet sera certainement la meilleure solution car elle permettra de tisser des liens avec celui-ci et d'obtenir le feed back sur l'évolution et l'impact de la formation à partir du dossier.
D'autre part, lorsque le nouveau dossier sera réalisé, il serait souhaitable qu'un exemplaire soit envoyé au projet initial, afin qu'il puisse enrichir sa propre documentation.
Cette suggestion est aussi valable à l'endroit du Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication qui a fourni la copie du dossier. Le service a besoin des nouveaux dossiers pour constituer un référentiel et en faire bénéficier tous les projets qui en feraient la demande.
Dans l'avenir, il possible d'imaginer que l'ensemble des dossiers puissent être édités sur CD ou se trouver sur le site Internet de la FAO. Cette dernière hypothèse faciliterait leur consultation.
Il était difficile de donner une hiérarchie entre les thèmes des dossiers inventoriés. Cependant pour plus de commodité, nous vous proposons les résumés des dossiers sous forme de fiches et ce, autour de neuf grands thèmes:
Dossiers concernant la protection des cultures
Ces dossiers réalisés dans deux pays le Sénégal et le Niger sont des pays sahéliens avec des vents qui nuisent au bon développement de l'agriculture.
Les deux premiers dossiers relatent la mise en place et la gestion des brise-vent dans les périmètres irrigués de la vallée du fleuve Sénégal. Leur implantation et leur gestion en font des lieux pilotes pour tous les pays sahéliens qui souhaiteraient introduire la sylviculture dans les périmètres irrigués.
Les arbres améliorent la productivité agricole et apportent des revenus complémentaires aux riziculteurs.
Le troisième dossier traite de l'implantation des brise-vent au Niger dans des régions soumises à des régimes de vent de sable sur des sols dunaires avec des cultures de mil ou d'arachide. Cette expérience sera utile au pays sahéliens où le bois fait cruellement défaut. En effet, il est possible d'allier la production de bois à l'amélioration des céréales.
Dans les deux cas, dès l'implantation des brise vent, il est très important de prévoir une réflexion avec les villageois sur leur bonne gestion et la méthode d'exploitation.
Dossiers concernant l'agriculture
Le thème de l'agriculture est abordé dans deux dossiers l'un réalisé au Mali et l'autre au Nord Bénin. Ceux-ci abordent l'amélioration de la riziculture. L'un s'intéresse à la conduite des pépinières humides et l'autre à l'amélioration de la méthode culturale par le semis en lignes. Dans les deux cas les paquets techniques développés permettent une augmentation significative des rendements sans investissement supplémentaire de la part des agriculteurs.
Dossiers concernant la conservation des eaux et des sols
Dans le répertoire ces dossiers sont les plus nombreux car ils répondent à des besoins très cruciaux dans la zone: le manque d'eau et de terres fertiles.
Certains dossiers traitent de la récupération des terres très dégradées mais dont la fertilité peut être retrouvée grâce à un travail mécanique du sol à l'aide de charrue et l'apport de matière organique. Il s'agit de deux expériences menées au Sénégal dans la vallée du fleuve et au Burkina Faso avec les charrues Delphine et Treno. L'expérimentation est en cours depuis plusieurs années. Cette technique de récupération des sols avec de gros moyens est complétée par le Zaï amélioré aujourd'hui bien maîtrisée par les agriculteurs.
D'autres dossiers abordent les techniques de lutte contre l'érosion hydrique par la construction de diguettes sous forme de cordons pierreux ou de plantations végétales diverses en courbes de niveau. Il est même proposé dans un dossier réalisé au Burkina Faso de valoriser ces travaux anti-érosifs par la plantation de légumes et de ligneux de part et d'autre des cordons pierreux. Ainsi, il est possible de créer des revenus pour les femmes dès la première année de la mise en place des ouvrages anti-érosifs.
Différentes techniques sont proposées aux villageois pour la défense et restauration des sols, notamment la fabrication de compost à partir des résidus de récoltes et ordures ménagères. Un dossier réalisé au Sénégal montre comment transformer les déchets halieutiques et les ordures ménagères en compost pour les utiliser dans le maraîchage.
Enfin deux aspects non négligeables sont abordés dans le cadre de la défense et restauration des sols: la lutte contre les feux de brousse et la place des arbres dans le paysage agraire (présence d'une densité suffisante d'Acacia albida dans les champs de culture). L'ensemble de ces dossiers apportent une contribution extrêmement riche en informations pour tous les projets impliqués dans des activités de CES/DRS.
Dossiers concernant la gestion et enrichissement des forêts
La gestion et l'enrichissement des forêts en Afrique Sahélienne est une grande préoccupation pour les forestiers. En effet, avec la raréfaction des pluies et les grandes sécheresses, les forêts disparaissent progressivement pour laisser la place à des savanes rabougries, voire au désert. Plusieurs dossiers techniques réalisé au Sénégal, Burkina Faso, et Niger font l'objet de thèmes se rapportant à la protection de la régénération naturelle, aux semis directs par les villageois de semences forestières, à la gestion communautaire des forêts et des aires protégées, à l'exploitation forestière et au règlement pour une gestion durable des forêts.
Les dossiers réalisés par les projets FAO de ces trois pays constituent un capital d'outils didactiques et d'expériences dans les domaines de la gestion et du développement du patrimoine forestier.
Dossiers concernant la production de plants et techniques de plantation
Ces dossiers, sur la production de plants et techniques de plantation, réalisés au Sénégal furent largement diffusés auprès de nombreux projets forestiers et constituent un modèle du genre. Ils donnent toutes les indications pour conduire une pépinière et effectuer une bonne plantation. Néanmoins, certains éléments techniques complémentaires concernant la plantation et la protection des plants se trouvent dans le Manuel de foresterie rurale réalisé par le projet d'appui à la foresterie rurale du Sénégal.
Dossiers concernant les organisations villageoises
Les thèmes autour de l'organisation des communautés villageoises sont essentiels à la pérennité des activités développées au cours d'un projet. Les organisations villageoises doivent émaner de la communauté elle-même sans contrainte venant de l'extérieur. Néanmoins, très souvent les projets soucieux de progresser rapidement pour exécuter les termes de mandat du document de projet, obligent les communautés villageoises à mettent expéditivement en place des organisations. A l'usage nous constatons que ces organisations ne sont pas opérationnelles. L'activité programmée ne peut être réalisée par le village.
Alors certains projets au Sénégal , au Burkina Faso, au Bénin ont réalisé des dossiers techniques avec les outils de communication y afférents pour vérifier la fonctionnalité des groupements existants et relever le niveau de formation des responsables et des membres des comités villageois de développement ou de gestion des forêts.
Les dossiers techniques produits seront précieux pour tout projet qui veut développer une approche participative. Ils seront des modèles pour établir un diagnostic sur la fonctionnalité des organisations en place et un support de base pour la formation des organisations villageoises.
Dossiers concernant l'élevage
Ces dossiers techniques concernant l'élevage recoupent plusieurs thèmes: l'habitat, l'alimentation, la prévention des maladies, l'organisation de la surveillance des épidémies et l'organisation des professions de santé animale.
Les dossiers réalisés au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont mis l'accent sur des thèmes de base, mais de nombreux autres thèmes devraient être abordés pour couvrir les domaines de la formation de base des éleveurs et des agro-éleveurs. Néanmoins, la méthodologie utilisée et la structure des dossiers existants devraient contribuer à l'élaboration de nouveaux paquets techniques indispensables à l'amélioration de l'élevage et à son développement.
Dossiers concernant la nutrition et la santé humaine
Ces deux dossiers techniques réalisés au Burkina Faso et au Mali prennent en compte deux composantes de la santé au Sahel : la nutrition et la qualité de l'eau. Le premier dossier expose les problèmes de la cécité nocturne liés à une carence de vitamine A dans l'alimentation de la mère et du jeune enfant. Dans le dossier technique nous trouvons de nombreuses informations concernant les aliments locaux riches en vitamine A , notamment le haricot ( Niébé )
La stratégie développée propose l'utilisation rationnelle des aliments faciles à produire sur place donc sans surcoût pour les familles à faible niveau de revenu. Le second dossier évoque des méthodes simples et efficaces pour obtenir de l'eau potable au village.
La potabilité de l'eau au village est très souvent liée à l'amélioration de la propreté de l'environnement immédiat de la source d'approvisionnement et des conditions de puisage.
Le dossier technique l'eau et les maladies que faire met l'accent sur le constat qui doit être établi par les villageois eux-mêmes. En suite viendront les différentes étapes et méthodes de traitement de l'eau. Ces dossiers méritent d'être largement diffusés mais en respectant la méthodologie participative. Une première séance de réflexion des villageois doit obligatoirement être tenue avant d'apporter des réponses techniques aux problèmes identifiés. C'est en respectant cette démarche que les communautés se prendront en charge d'une manière durable.
Dossiers concernant l'économie d'énergie
Les deux dossiers la construction des foyers améliorés, réalisé au Niger et la meule casamance (technique de carbonisation) réalisé au Sénégal apportent des innovations en matière d'économie d'énergie.
Le foyer en céramique conçu par un potier du village de Tarna près de Maradi au Niger , nous montre qu'il est possible de travailler avec les artisans des villages pour apporter une solution locale aux problèmes quotidiens des villageois.
La démarche des forestiers a été d'observer le savoir faire des potiers et de découvrir que l'un d'entre eux avait déjà essayé de fabriquer localement un foyer en céramique transportable et très étudié pour économiser le maximum de bois de chauffe.
Ce modèle de foyer en terre cuite avec une composition précise du mélange d'argile et d'enveloppe de graines de mil peut être vulgarisé ou adapté dans toute la zone Sahélienne.
Par ailleurs, la meule casamance mise au point au Sénégal permet d'effectuer la carbonisation en évitant des pertes importantes de ligneux. Le rendement de ces meules est très important. La construction de la meule en suivant la méthode développée dans le dossier rend très efficace le travail des charbonniers. Elle permet entre autre de fabriquer un charbon de qualité tout en respectant les mesures de sécurité autour du chantier et d'éviter les feux de brousse.
Cette méthode est surtout valable dans les régions de forêt afin de valoriser les branches sur les chantiers d'exploitation forestière.
dossier réalisé par le PCT Formation à une approche participative en milieu forestier Niger
Nous concluons en adressant nos sincères remerciements aux projets avec lesquels nous avons travaillé dans la réalisation des différents outils de communication(voir en annexe leurs adresses complètes).
Nos remerciements vont également à tous les dessinateurs et graphistes sans lesquels la plupart de nos outils visuels n'auraient pas existé. Nous voudrions particulièrement dire merci aux différents consultants qui ont appuyé les projets partenaires de la FAO; singulièrement Jean-Yves Clavreul.
Nous commettrions une grave omission si nous ne faisons pas connaître deux (2) institutions de production audiovisuelle qui ont joué un rôle majeur et donné un éclat particulier à l'expérience du groupe dans la production et l'utilisation des outils de communication de proximité.
Il s'agit respectivement du CESPAC au Pérou et du CESPA au Mali; elles ont fait leur preuve et permis des avancées importantes dans l'usage des méthodes et des outils audiovisuels de communication- en appui développement du monde rural en général, à l'information et à la formation des populations rurales en particulier.
J.Y. Clavreul et J.P. Ilboudo, Comment concevoir et réaliser les supports de communication de proximité, Rome, FAO, Octobre 98, 100 pages
J.Y Clavreul et Antonello Proto, la vidéo, Rome FAO, Janvier 99, 85 pages
M. Andrien, Guide méthodologique des interventions en communication sociale. Rome, FAO, Août 1993, 114 pages
J. Madjri, Manuel de communication pour le développement, Rome, FAO, février 1999, 88 pages
La Communication pour le développement. instructions et directives à l'intention des planificateurs du développement et des élaborateurs des projets, Rome, FAO, 2eme édition, janvier 1998, 19 pages.
Politique nationale de communication pour le développement au Mali, Rome, FAO, 1994
J. Sultan, F. Miroux, M. Detraux, Approche participative, Communication et gestion des ressources forestières en Afrique Sahélienne, Rome, FAO, 1995, 106 pages.
FAO Films Fixes, Rome, 1989, 51 p.
J.Y. Clavreul, Répertoire des dossiers techniques de vulgarisation, réalisés avec l'appui du Groupe de la Communication pour le développement, sous la supervision de Jean-Pierre Ilboudo, CD-ROM, Rome, 2000
Projet de Développement Intégré de la Sous Préfecture de Péhunco
PNUD - FAO BEN/90/006
BP :699 PARAKOU BENIN TEL 229 31 42 45
Programme National de Gestion des Terroirs ( Burkina Faso )
FAO - PNUD BKF/95/002
01 BP 14 87 OUAGADOUGOU TEL 226 32 47 53 /54
Projet d'Aménagement des Forêts Naturelles (Burkina Faso)
FAO - PNUD BKF/93/003
01 BP 2540 OUAGADOUGOU 01 TEL 226 30 09 07
Projet Forêt et Sécurité Alimentaire en Afrique Sahélienne
Projet GCP/RAF/303/ITA
01 BP 25 40 OUAGADOUGOU 01 TEL 226 35 60 34
CESPA ( Centre de Services de Production audiovisuelles) MALI
FAO - PNUD MLI / 92 /001
BP 1820 BAMAKO TEL 223 22 04 50
Projet de Développement Rural de N'Guigmi ( NIGER )
FAO- PNUD- FENU NER/92/009 - NER/ 87/C04
BP 15 N'Guigmi NIGER TEL 227 54 01 46
Projet d'appui au programme de développement de la foresterie rurale au Sénégal
FAO -GCP/SEN/037/NET
Projet d'aménagement des forêts et gestion de terroirs villageois du Walo (Sénégal)
FAO -GCP/ SEN/044/NET
BP 386 ST LOUIS SENEGAL TEL 221 61 17 08
Projet de reboisement villageois dans le nord ouest du bassin arachidier (Sénégal)
FAO GCP/SEN/043/NET
BP: 338 THIES TEL 221 95 115 46
Programme de Coopération Technique ''Communication pour l'Environnement''
TCP/SEN/4454/(A) Sénégal
BP :115 THIES SENEGAL
Soutien en matière de communication aux programmes sahéliens de lutte contre la malnutrition et l'avitaminose A
FAO TCP /RAF/0163
BP 1530 BAMAKO MALI TEL 223 22 21 78
Projet Coordination parc communication
OUA /IBAR / FAO Projet GCP/RAF/209/EEC
BP 1820 BAMAKO MALI TEL 223 77 01 37
Groupe de la communication pour le développement (SDRE) FAO
Viale delle Terme di Caracalla
00100 Rome (Italie)
Noms des graphistes qui ont participé aux illustrations des dossiers techniques :
Amadou SANOGO MALI
Adama SAGADOGO MALI
Souleymane NIKIEMA BURKINA FASO
Parfait BONKOUNGOU BURKINA FASO
Aly Nguer DIOP SENEGAL
Djibril TIHOUNE SENEGAL
Cheick DIOP SENEGAL
Aka ALASSANE NIGER
Sabo Yao SALEY NIGER
Moumouni BENIN