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mars 2002

Réforme agraire, colonisation et coopératives agricoles

2001/1

Depuis quelques années, les questions liées à la terre et aux réformes agraires sont de plus en plus évoquées lorsque l'on parle de la pauvreté rurale et de la sécurité alimentaire. En effet, nous sommes de plus en plus conscients qu'un développement équitable et généralisé ne peut se faire que si le besoin fondamental qu'est l'accès à la terre et aux autres ressources naturelles fait partie intégrante du processus. Cet accès doit être équitable et permettre aux plus démunis et aux plus désavantagés, notamment les femmes, de disposer du nécessaire pour subvenir, de manière durable, aux besoins de leurs familles. Il va de soi que cet aspect a été pris en compte lors des préparatifs du Sommet mondial de l'alimentation : cinq ans après, qui aura lieu à Rome en 2002. Lors du Sommet, les participants analyseront la situation et tenteront de définir les moyens d'accélérer les progrès accomplis dans la réalisation de l'objectif fixé par le Sommet mondial de l'alimentation en 1996 : réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde pour 2015 au plus tard. Dans le document intitulé Promouvoir la volonté politique de lutter contre la faim, présenté lors de la 27e session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale qui s'est tenue du 28 mai au 1er juin 2001, l'accès à la terre est considéré comme un volet important de la concrétisation des engagements pris au Sommet mondial de l'alimentation. Il y est également spécifié que, lorsqu'elles sont conçues et étayées de manière intelligente, les mesures de redistribution de biens tels que la terre contribuent largement à renforcer l'accès aux denrées alimentaires.

Ce numéro de Réforme agraire, colonisation et coopératives agricoles aborde les principaux aspects de cette problématique. Les articles y traitent de régions géographiques et culturelles variées, allant de l'Amérique latine, à l'Afrique, en passant par le Proche-Orient et l'Asie, ainsi que de l'accès à la terre des autochtones au Canada. Leurs auteurs évoquent différentes situations dans lesquelles l'amélioration de la structure du régime foncier et de l'accès aux terres a permis de renforcer la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté dans les zones rurales.

L'expérience asiatique est évoquée par Menachem Lourie. Dans son article, il présente la politique exhaustive de réforme agraire mise en place aux Philippines et analyse les liens positifs qui lient une participation systématique des parties prenantes à l'amélioration de la productivité et à l'augmentation des revenus des ménages bénéficiant de la réforme agraire. Menachem Lourie analyse les résultats de projets de la FAO ayant pour objectif de mettre en oeuvre un processus de développement à grande échelle répondant aux contraintes jugées prioritaires par les communautés touchées par la réforme agraire, ce qui leur permet d'améliorer leur accès aux services d'aide et d'augmenter de façon durable leur productivité et leurs revenus.

La situation de l'Afrique fait l'objet de trois articles. Pour l'Afrique du Nord, Souad Bendjaballah aborde l'accès à la terre dans le contexte de la gestion des terres en Algérie, en analysant les modifications apportées depuis les années 1980 au cadastre et au système d'enregistrement des biens fonciers, suite à la mise en oeuvre de politiques agricoles, à la crise économique et au désengagement de l'Etat dans la foulée de l'indépendance. Comme le montre ensuite Catherine Goislard dans son article, l'analyse des normes et pratiques liées à l'espace pastoral au Mali est un exercice passionnant et stimulant, qui doit s'inscrire dans le contexte des coutumes, de l'environnement social et des comportements qui y sont associés. Les travaux mentionnés dans cet article, sur lesquels est fondé l'inventaire national des normes et pratiques, ont servi de base lors de l'élaboration de la Charte pastorale du Mali. Enfin, pour l'Afrique australe, Alessandro Marini inscrit son analyse du secteur du sucre au Mozambique dans le cadre de la loi sur le régime foncier de 1997 et dans le contexte des «nouvelles » relations d'économie de marché et des «nouveaux » besoins. Grâce aux perspectives de partenariat entre communautés et grands investisseurs commerciaux, il serait possible de répondre parallèlement au besoin d'attirer les investisseurs vers ce secteur et aux objectifs de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté.

Dans leur article sur l'Amérique latine, José Osorio et Alvaro Marin brossent la toile de fond de l'agriculture familiale en milieu rural au Chili, dans le contexte des défis posés par une mondialisation rapide. Les auteurs évoquent notamment les défis posés aux institutions et les problèmes d'ordre pratique liés à la création de services de vulgarisation visant à aider les agriculteurs à se tourner vers une gestion commerciale, grâce à des centres spécialisés dans ce type de gestion.

Le Proche-Orient, quant à lui, est abordé dans le second article de Laurence Roudart sur les régimes fonciers et l'accès aux terres en Egypte, qui vient parachever son analyse du sujet. Dans le premier article, publié dans le numéro 2000/2, l'auteur traitait de l'évolution de la réforme agraire en Égypte depuis les premières réformes mises en oeuvre par Mehemet Ali dans la première moitié du XIXe siècle, jusqu'aux réformes entreprises par Nasser dans les années 50 et 60, en concluant avec une synthèse des réalisations des années 70 et 80. Dans son second article, Laurence Roudart présente une analyse micro-économique et sociale du processus de libéralisation des accords de fermage et de métayage, qui a suivi le remodelage du cadre juridique entrepris en 1992.

Enfin, Sue Nichols et Meli Rakai analysent l'accès à la terre des peuples autochtones du Canada, dans le contexte de leurs droits ancestraux. Des traités mal compris, le système des réserves et une législation archaïque sont autant d'éléments ayant contribué à marginaliser les membres des Premières Nations du Canada. Passionnants sujets d'actualité, la restitution des terres, et autres revendications portant sur les ressources naturelles, nous rappellent que l'accès équitable aux terres des zones rurales pour les peuples autochtones et la façon dont ces revendications sont formulées demeurent des questions brûlantes pour les pays développés et en développement.

Paul Munro-Faure
Chef, Service des régimes fonciers
FAO
Juillet 2001

(disponible également en anglais et en espagnol)

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