Information géographique, suivi et évaluation de lenvironnement Environnement

Mars 1996

Le projet AFRICOVER


Origine et objectifs du projet

Depuis deux ans, la FAO s'est engagée dans le montage d'un important projet appelé AFRICOVER, dont le but est l'établissement par et pour tous les pays africains d'une base de données digitale géoréférencée de l'occupation du sol et d'un référentiel géographique (toponymie, routes, hydrographie) à une échelle au 1:250,000/1:200,000 (et au 1:100 000 pour certaines zones prioritaires et les pays de petite taille) et généralisée au 1:1,000,000, mise a jour, homogène et comparable d'un point de vue thématique et géographique sur tout le continent africain.

AFRICOVER a aussi pour objectif de renforcer et mettre à niveau les capacités nationales et sous-régionales pour l'établissement, la mise à jour et l'utilisation opérationnelle du référentiel géographique et des cartes d' occupation du sol.

Ce projet a été préparé pour répondre aux nombreuses requêtes des pays pour une assistance à la mise en place d'informations fiables et géographiquement référencées sur les ressources naturelles à une échelle, à la fois sous-nationale, nationale et régionale.

L'analyse des besoins en informations des pays a montré qu'aucune composante information sur les ressources qu'elle concerne l'alerte rapide, le suivi des forêts et des pâturages, la planification, la gestion des bassins versants, la production de statistiques, la biodiversité ou le changement climatique, ne pouvait être réalisée sans informations de base géographiques fiables et homogènes montrant à la fois les repères usuels tels que les infrastructures, l'habitat, l'hydrographie, et l'occupation du sol. Ainsi, la finalité d'AFRICOVER est de préparer dans les pays l'information géographique de base commune à l'ensemble des composantes information des programmes actuels et futurs sur les ressources naturelles en Afrique.

Mise en place du projet

D'un point de vue technique, la préparation des produits AFRICOVER s'appuie essentiellement sur les techniques de télédétection et de systèmes d'information géographique (SIG).

L'occupation du sol sera principalement dérivée à partir de l'interprétation visuelle d'images satellite haute résolution récentes et améliorées numériquement. Le référentiel géographique sera extrait à la base à partir des cartes topographiques existantes et mis à jour à partir de documents de télédétection et de relevés de terrain géoréferencés avec des GPS. Les méthodes de cartographie feront appel à des techniques optimisant le travail en équipe et permettant la division des tâches afin de réaliser le maximum de synergies et d'économies d'échelle (ex.: approche multiphases).

D'un point de vue opérationnel, la cartographie sera réalisée par des équipes nationales, aidées par des experts internationaux spécialisés et quand cela est possible en provenance d'autres pays africains. Plusieurs approches selon les pays et sous régions, parfaitement compatibles, peuvent être envisagées pour la mise en place de ce projet:

Les utilisateurs finaux d'AFRICOVER sont les techniciens et décideurs impliqués dans la gestion et le suivi des ressources naturelles aux niveaux régional, national et sous-national, c'est-à-dire: les ministères (Plan, Développement rural, Environnement, Statistiques, Agriculture, Forêts, Pêches, Eaux, etc.), les organisations internationales de développement (Nations Unies, Banque mondiale, Union européenne, FIDA, BAfD, etc.), les organisations intergouvernementales (IGADD, SADCC, CILSS, OACT, etc.), les agences de coopération bilatérales, les organisations non gouvernementales, les groupements locaux et les opérateurs privés dans les pays.

L'objectif de la FAO est d'assister d'une part à la préparation du projet AFRICOVER (montage technique, institutionnel et financier) et d'autre part au suivi technique du projet:

En dehors de ce rôle d'assistance technique, la FAO se propose comme agence de normalisation et de labelisation du projet AFRICOVER: celui-ci consiste à définir dans le détail, dans le cadre de trois groupes de travail internationaux, les standards en termes d'information, d'outils, de méthodes d'analyse et procédures d'utilisation qui seront appliqués dans tous les pays africains. Cette standardisation tiendra largement compte des spécificités nationales et sous régionales. Elle est absolument nécessaire d'un point de vue technique pour permettre une homogénéisation et une meilleure diffusion des produits finaux (bases de données, cartes) ainsi que d'importantes économies d'échelle que ce soit pour la production, la mise a jour et l'utilisation des données géoréférencées sur les ressources. La FAO s'assurera du respect de ces normes et délivrer un label AFRICOVER.

La FAO peut intervenir éventuellement en tant qu'agence d'exécution (ou de coexecution) du projet, pour les pays et sous-régions qui en font la demande.

Le budget du projet varie de 1 a 2.5 USD/Km2 selon les pays et les approches utilisées.

Les délais d'exécution sont estimes entre 3 et 5 ans.

L'état d'avancement du projet

La sous-région Afrique de l'Est (11 pays du Bassin du Nil) commencera la réalisation du projet début 1996, suite à un financement de 5,4 millions de dollars E.-U. reçu du Gouvernement italien. Son exécution suivra une approche à la fois nationale et régionale. Pour cette sous-région, la FAO sera aussi agence d'exécution du projet.

En ce qui concerne les autres sous-régions et pays, des négociations avancées sont en cours avec les différents partenaires africains concernes et de nombreux bailleurs de fonds ou agences de collaboration telles que la Coopération Française, l'Union Européenne, le GTZ le CIDA et la Banque Mondiale, qui soutiennent tous dans le principe le projet AFRICOVER, et envisagent de participer au niveau des différents pays. En particulier, la FAO assiste la Banque mondiale pour la préparation d'un important projet de système d'information sur l'environnement et la biodiversité pour la sous région Afrique centrale, appelé PRGIE, et qui devrait inclure les produits AFRICOVER.

Jusqu'à ce jour, plusieurs pays africains ont déjà envoyé des requêtes officielles, telles que le Togo, le Nigéria, la Guinée Equatoriale, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Mozambique, la Mauritanie, le Sénégal, la Namibie, la Guinée, le Zimbabwe et des demandes sont en cours dans les différents ministères des autres pays. Certains pays comme le Sénégal ou la Tunisie ont montés des groupes de travail nationaux AFRICOVER chargés entre autres de formuler pour chacun de ces pays, un document de projet selon l'approche nationale. Par ailleurs, AFRICOVER a été approuvé par une Consultation internationale au siège de la CEA à Addis Abeba en juillet 1994, où ont participé 8 pays africains, 10 organisations sous-régionales (ex: IGADD, SADCC, CILSS, RCSSMRS, OACT, CRTO, CRTEAN, RECTAS) ainsi que 4 organisations des Nations Unies (UNEP, PNUD, FAO, UNITAR) et 19 organisations internationales et nationales.

En parallèle, des enquêtes et études détaillées ont été menées dans chacun des pays africains, en vue d'évaluer les capacités nationales et régionales, les cartes et données disponibles, les projets/programmes en cours et futurs qui pourraient être liés à AFRICOVER, de même que les besoins des utilisateurs finaux.

Enfin, la FAO a commencé la mise en place de 3 groupes de travail internationaux chargés de la préparation des spécifications techniques du projet, et qui seront finalisées au cours de l'année 1996.



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