20 juin 2000
Cette présentation s'inscrit dans le cadre des études de cas initiées par le bureau régional de la FAO. Accra et portant sur un diagnostic des activités de vulgarisation les vingt dernières années dans cinq pays d'Afrique: Ghana, Côte d'Ivoire, Cameroun, Zambie et Ouganda.
Cette étude sur la vulgarisation agricole en Côte d'Ivoire fait le point de l'évolution de l'encadrement du monde rural depuis 1958 jusqu'aux dernières réformes institutionnelles (1994) et fait ressortir l'impact des différents programmes d'ajustement structurel sur les activités de vulgarisation.
Cette présente étude a été réalisée selon les termes de référence formulés par le bureau région de la FAO-ACCRA:
La République de Côte d'Ivoire, d'une superficie de 322 463 km2, est située en Afrique de l'Ouest, dans la partie Nord du Golf de Guinée. Elle a des frontières communes avec le Mali et le Burkina Faso au Nord, la Guinée et le Libéria à l'Ouest et le Ghana à l'Est.
Le pays est essentiellement constitué par un vaste plateau de 100 à 400m d'altitude, avec à l'Ouest quelques reliefs plus marqués dépassant 1000 m. Les quatre principaux cours d'eau (Cavally, Sassandra, Bandama et Comoé) coulent du Nord au Sud et ont un débit irrégulier.
Le climat et la végétation divisent le pays en deux grandes parties:
Au Sud, la zone forestière d'environ 137 000 km2 est marquée par le climat subéquatorial avec deux saisons de pluies.
Au Nord, la zone des savanes d'environ 183 000 km2 caractérisée par le climat tropical de type Soudano Guinéen, avec une seule saison des pluies.
La Côte d'Ivoire est découpée actuellement en seize régions administratives, 58 départements (ou préfectures, 230 sous-préfectures, 1 100 pays ruraux et 8 549 localités dont 7 859 villages).
Chaque pays rural est composé d'un village centre avec 7 à 10 villages satellites.
Au dernier recensement (1988), la population était de 10, 8 millions d'habitants. Sur la base d'un taux annuel de croissance voisin de 3,2 pour cent, elle est estimée à plus de 14 millions d'habitants en 1997. La densité rurale moyenne n'est que de 22,6 habitants/km2.
Le pays compte une soixantaine de groupes ethniques autour de quatre grands groupes ethnolinguistiques: les Akans, les Gouros, les Krous et les Mandés.
Après l'indépendance en 1960, le pays a grâce aux performances de l'agriculture et au secteur forestier, traversé une période de forte croissance d'environ 7 pour cent par an.
Toutefois, à partir de 1981, les termes de l'échange sont détériorés et le pays a connu une phase de récession grave. Le PIB par habitant qui était de 1 000 $ EU à la fin des années 70 n'était plus que 700 $ EU en 1993.
Après la dévaluation du Franc CFA, il a subi de facto une autre baisse qui l'a ramené en définitive à environ de 500 $ EU.
En 1993, la dette extérieure se chiffrait à 5739 milliards de FCFA, soit environ 20 milliards de $ dollars au taux de change en vigueur avant la dévaluation.
Dès 1981, le gouvernement avec l'appui du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale a entrepris une série de programmes d'ajustement structurel en vue de rétablir les équilibres macro-économiques, de restaurer la compétitivité internationale et d'amorcer une croissance durable.
Le programme de stabilisation et d'ajustement structurel pour la période 1994/1996 prévoit:
Dans le secteur agricole, le programme soutient plusieurs types de réformes économiques:
La Côte d'Ivoire est un pays agricole dont la richesse repose sur le binôme café/cacao.
En 1993, l'agriculture employait 2/3 de la population active et contribuait pour 33 pour cent au PIB et pour 66 pour cent aux revenus d'exportation.
La superficie des aires cultivables est de 17 millions d'ha dont 6,5 millions d'ha environ sont cultivés.
L'agriculture ivoirienne est caractérisée par:
La vulgarisation agricole a connu plusieurs évolutions marquées par l'existence de plusieurs structures de développement.
L'encadrement agricole était confié à la société d'assistance et de modernisation de l'agriculture (SATMACI) qui était chargé du conseil agricole, de la diffusion du matériel végétal et autres intrants y compris le crédit auprès des agriculteurs.
Ce type d'encadrement visait essentiellement la promotion des cultures industrielles.
Cette période a été marquée par l'avènement des Sociétés d'Etat dont la mission était de développer une spéculation principale ou un groupe de spéculations. Il s'agit de:
Ces sociétés maîtrisaient toute la filière (distributions des intrants à la commercialisation, crédit) et ou d'une partie de la filière (SATMACI, PALMINDUSTRIE).
Cette période a vu l'avènement du projet de vulgarisation agricole mis en S.uvre dans ce cadre du programme d'ajustement structurel et de la restructuration des services agricoles.
Ce projet de vulgarisation agricole, d'un montant global de 44 millions $ EU a été exécuté par trois structures : CIDT, ex-SODEPALM puis ex-CIDV (Compagnie Ivoirienne pour le Développement des Cultures Vivrières), ex-SATMACI.
Ce projet tire son fondement des principes du système formation /visite (training and visit).
Les objectifs clés assignés au projet de vulgarisation agricole étaient les suivants:
Pour atteindre ces objectifs, le projet doit permettre, d'améliorer l'encadrement des agriculteurs par l'ex-CIDV, l'ex-SATMACI et la CIDT grâce à:
Au terme du projet de vulgarisation agricole, sur une population potentielle de 804 097 exploitants, le projet a touché 578 173 exploitants, soit 72 pour cent et 439 043 exploitants, soit 55 pour cent.
Les ratios d'encadrement au niveau des structures concernées par le DVA:
Cette période a été marquée par le développement des liens clients fournisseurs entre la recherche agronomique et le renforcement de la formation continue des agents de vulgarisation.
L'encadrement ivoirien a favorisé le développement de l'agriculture mais il présentait quelques faiblesses:
Sur la base des faiblesses, de la politique d'ajustement structurel, les autorités ont procédé après une large concertation, à la restructuration des services agricoles entre 1992/1993.
Cette restructuration avait pour objectifs:
Cette restructuration a abouti à:
La création en septembre 1993 de l'Agence Nationale d'Appui au Développement Agricole (ANADER), société d'économie mixte, reprenant les activités de vulgarisation agricole des trois structures agricoles : ex-CIDV, ex-SATMACI, ex-SODEPRA.
Deux types d'encadrement coexistent en Côte d'Ivoire : l'encadrement public assuré par une structure unique de vulgarisation s'adressant à 90 pour cent des exploitants agricoles et l'encadrement de type privé assuré par les filières professionnelles (avicole, hévéicole, ovine...)
Depuis la restructuration des services agricoles en Côte d'Ivoire en 1993, les pouvoirs publics ont créé une société unique de vulgarisation agricole reprenant les activités de trois structures dissoutes. Ex-SATMACI (encadrement café/cacao) ; Ex CIDV (encadrement vivrier) ; Ex-SODEPRA (encadrement des productions animales) : Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER).
Ces structures dissoutes avaient une approche de vulgarisation sectorielle et intégrée bâtie autours de la culture de rente qu'elles encadraient.
Le conseil individuel était privilégié. Ces structures se chargeaient de la distribution des intrants (semences, engrais) et du crédit agricole.
2.2.1 Objectifs spécifiques de l'ANADERL'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER) a pour objectif spécifique de fournir des services agricoles efficaces aux exploitants à travers:
Pour répondre aux objectifs assignés plus haut, l'ANADER s'appui sur une stratégie axée sur l'approche village consistant à identifier les contraintes et atouts des communautés rurales et à élaborer des plans de développement prenant en compte toutes les priorités des différentes couches socio-professionnelles du milieu rural.
2.2.3. Méthodes et outils de vulgarisationLe Diagnostic Participatif Village (DPV) en constitue l'outil de dialogue et d'identification des actions jugées prioritaires par la communauté rurale.
Le Diagnostic Participatif Village (DPV) comprend trois phases:
L'ANADER intervient auprès des groupes cibles de deux manières:
2.2.4.1 La Vulgarisation de masseBasée sur les principes du système formation-visite, elle consiste à apporter des thèmes techniques chaque quinzaine à des groupes d'agriculteurs appelés groupes de contact et composés de dix (10) à quinze (15) exploitants agricoles.
Son application depuis 1984 en Côte d'Ivoire a mis en exergue certains acquis et faiblesses.
2.2.4.2. la vulgarisation à travers les champs écoles paysans
Cette approche de vulgarisation est appliquée sur les périmètres irrigués et date de 1996. Elle consiste à amener les exploitants à réaliser un diagnostic sur leur exploitation sous la supervision d'un formateur et à prendre la décision qui s'impose en matière d'application d'itinéraire technique et de traitement chimique des parcelles.
2.2.4.3 Les journées-paysannes
D'introduction récente, elle constitue une possibilité d'échanges entre vulgarisateur, chercheur et exploitant.
2.2.4.4 Le Conseil Spécialisé
Adapté aux grandes exploitations de culture pérenne, le conseil spécialisé est une forme d'assistance technique ciblée et à la demande paysanne.
Il est conduit par des vulgarisateurs de niveau plus élevé que l'agent de base selon un contrat de développement.
2.2.5. Le Centre des Métiers Ruraux (CMR)
L'approche permet d'assurer un transfert de savoir, savoir-faire et savoir être aux apprenants à partir d'une meilleure connaissance du milieu et de l'expression des besoins des groupes-cibles à l'aide de la M.A.R.P.
2.3. La vulgarisation privéeLa vulgarisation privée est le fait des filières organisées (avicole, hévéicole, cotonnière) ; Elle porte sur une spéculation unique de la filière et consiste non seulement à apporter le conseil agricole mais également à distribuer les principaux facteurs de production tels que les engrais, les pesticides etc...
En Côte d'Ivoire, les sociétés hévéicoles (SAPH, SOGB), cotonnières (CIDT) et les provendiers. (FACI, SIPRA, IVOGRAINS) assistent les agriculteurs pratiquant ces spéculations.
Dans le cadre de la mise en S.uvre des programmes d'ajustement structurel en Côte d'Ivoire, les Services Agricoles et les structures de vulgarisation ont bénéficié de projets avec le concours financé de la Banque Mondiale et d'autres Bailleurs de Fonds. Il s'agit de:
- 1985-1989: Projet de vulgarisation Agricole (PVA)Le Projet de Vulgarisation Agricole cofinancé par l'Etat ivoirien et la Banque Mondiale a été mis en S.uvre par trois structures d'encadrement : ex-SODEPALM puis ex-CIDV, ex-SATMACI et CIDT.
Le montant global du prêt était de 34 millions $ EU, soit l'équivalent de 11,9 milliards de Francs CFA estimé en Octobre 1985.
3.2.1. Rappel des objectifs de la vulgarisation et de l'encadrementL'objectif général du projet à travers ce volet est:
Deux sous-objectifs opérationnels ont été fixés pour atteindre l'objectif général:
Le PVA a permis:
Ces formations ont touché 4 200 agents:
- 2 678 moniteursLe projet de vulgarisation exécuté de 1985 à 1994 a connu des acquis et faiblesses à différents niveaux.
Les acquis du projet concernent plusieurs rubriques:
Le Projet de Vulgarisation Agricole (PVA) a contribué à:
- remettre à niveau et harmoniser les connaissances de base des agents d'encadrement;L'exécution du projet de vulgarisation a mis en évidence des faiblesses:
- attention excessive accordée à la diffusion des messages simples au détriment de l'appréhension des problèmes globaux de l'exploitation agricole;Dans le cadre de la politique d'ajustement structurel et en vue de corriger les faiblesses mises en évidence par le PVA, le gouvernement a entrepris depuis 1999, une réforme du système de l'agriculture et de l'élevage avec l'élaboration du Projet National d'Appui aux Services Agricoles (PNASA).
Ce projet a pour objectifs principaux la professionnalisation du métier d'exploitant agricole au sens large du terme et l'amélioration de la productivité des facteurs de production. Il vise aussi la réduction des charges de l'Etat tout en garantissant l'amélioration des services publics.
Cette structuration a abouti:
- la création en Septembre 1993 de l'Agence Nationale d'Appui au Développement Agricole (ANADER), (Société d'économie mixte de type particulier);La mission de l'ANADER est de fournir aux agriculteurs et aux éleveurs les services essentiels: vulgarisation, recherche-développement, un appui aux organisations professionnelles agricoles et l'appui spécifique aux femmes et aux jeunes.
L'ANADER est une société d'économie mixte dont le capital est réparti comme suit:
- Etat: 35 pour centElle dispose d'un Conseil d'Administration de 12 membres dont des Administrateurs de l' Etat, des représentants des familles professionnelles et de l'agro-industrie.
L'ANADER dispose d'une Direction Générale composée de:
Elle comprend huit (8) Délégations Régionales sur le terrain.
Elle a un effectif de 3 149 agents dont 2 026 (64 pour cent) agents techniques sur le terrain en contact avec la population rurale.
Le montant du crédit alloué au PNASA 1 est de 2 628,6 millions Francs CFA dont 12 341,8 millions Francs CFA à l'appui de l'ANADER.
3.3.1. Objectifs et stratégies de la vulgarisation agricole de l'ANADERLes objectifs peuvent se résumer en trois points:
- améliorer l'organisation et la gestion des services de vulgarisation;3.3.2. Faiblesses relevées lors du PNASA I
- La mise en S.uvre du PNASA 1 a mis en exergue quelques faiblesses:
Les résultats enregistrés au cours de la phase 1 du PNASA ont amené le Gouvernement a proposer aux partenaires au développement, une seconde phase pour projet national d'appui aux services agricoles (PNASA II).
Le PNASA II comportant quatre (4) composantes:
- ANADER: Vulgarisation agricoleLe PNASA II est un programme à long terme sur 11 ans dont la première phase de trois ans (1998-2001) vise à améliorer l'efficacité et la viabilité financière des services de recherche et de vulgarisation agricoles en Côte d'Ivoire.
L'objectif à moyen et long terme du projet est de mettre en place des systèmes de recherche et de vulgarisation viables orientés vers la demande et pour lesquels les bénéficiaires contribueraient de manière significative au financement des services pendant que l'Etat mettra l'accent sur le renforcement des compétences et sur la fourniture des services publics.
La restructuration de l'ANADER et la création du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) seront finalisés au cours de la 1ère phase du projet de trois ans. Cette première phase de trois ans (1998-2001) est financée par:
- Gouvernement République de Côte d'Ivoire: 88,55 millions $Le coût de l'appui à l'ANADER est de 116,58 millions $.
Objectifs du PNASA IIL'objectif global du PNASA II est de lutter contre la pauvreté et plus spécifiquement, d'accroître la production et la productivité de façon durable.
Objectifs de la composante ANADER (structure de vulgarisation)L'objectif général de l'ANADER est de fournir des services agricoles efficaces aux exploitants.
Le système actuel de diffusion des messages techniques en faveur des exploitations marginales (irrigation, apiculture, petits ruminants) et exploitations de rente ( café, cacao, coton) repose sur une approche à deux dimensions:
Cette approche s'applique aux petites exploitations pratiquant les cultures vivrières tournées vers l'autoconsommation. Cette approche est basée sur le principe de groupe de contact de producteurs bénéficiant d'une assistance technique des vulgarisateurs chargés d'apporter des solutions techniques aux contraintes relevées lors des Diagnostics Participatif Village (DPV).
L'apprentissage des techniques est réalisé à l'aide des parcelles de démonstration installées à cet effet. Il est admis d'apporter le thème technique à un groupe de contact composé de 10 à 15 agriculteurs. La périodicité de visite des agriculteurs aux démonstrations est de 15 jours.
Cette démonstration est le fait d'un conseiller agricole, maillon de base en contact avec le terrain.
Depuis 1994, le Conseil Spécialisé conduit par l'ANADER s'adresse aux grandes exploitations de culture de rente (café, cacao, palmier, élevage laitier).
Le Technicien Spécialisé de l'ANADER intervient sur l'exploitation suivant un contrat-développement élaboré d'accord-partie avec le paysans après un diagnostic des contraintes et des atouts de l'exploitant.
Dans le contrat développement figurent les éléments suivants:
- contraintes relevéesLes bénéficiaires au conseil spécialisé regroupent:
- les agri-managersLe système de diffusion des technologies s'applique aux périmètres irriguées sur lesquels les agriculteurs reçoivent des observations et une formation hebdomadaire dispensée par un agent de vulgarisation.
Elles offrent la possibilité aux agriculteurs d'acquérir une technologie déjà testée et vulgarisée. Elles sont organisées par la structure de vulgarisation ou par les organisations des agriculteurs.
La stratégie de diffusion des technologies éprouvées, sur les spéculations particulières (telles que la pêche, l'élevage, foresterie) doit s'adapter au groupe cible et à son environnement. A ce titre, une approche en direction des agriculteurs doit tenir compte des plusieurs facteurs, entre autres:
- la réaction des groupes cibles face aux messages techniquesLa stratégie à développer s'appuiera sur les méthodes et outils de diffusion des messages techniques.
Les méthodes et outils de diffusion des messages adaptées aux spéculations particulières peuvent se regrouper en deux catégories selon le groupe cible et les spéculations pratiquées.
5.1.1. L'encadrement lié aux groupes d'exploitantsL'encadrement de masse est basé sur la diffusion de technologies simples aux bénéficiaires regroupés en groupement naturels ou groupes de contact constituées autour des spéculations telles que les cultures maraîchères, l'agroforesterie, les thèmes de santé animale pratiquées par les femmes et les jeunes.
Les outils permettant une rapide adoption des messages techniques sont les parcelles de démonstration ou les champs communautaires des femmes ou des jeunes.
Les bénéficiaires reçoivent un thème ou un itinéraire technique à travers une formation hebdomadaire visant à améliorer les compétences techniques des agriculteurs.
Les champs-écoles-paysans permet un diagnostic hebdomadaire de l'exploitation et une formation in-situ des bénéficiaires sont orientés vers le petit élevage et les cultures maraîchères et sont mieux adaptés aux agriculteurs analphabètes. Les riziculteurs ont été formés sur les champs-écoles-paysans à cet effet.
Les journées paysannes constituent une méthode privilégiée d'échange entre vulgarisateur-chercheur et agriculteur. Cette méthode convient mieux à l'apprentissage des techniques sur l'apiculture et l'agro-foresterie ainsi que la petite irrigation.
Dans le cadre de la formation des groupes cibles sur l'apiculture, l'agroforesterie et le petit élévage, une formation de courte durée (2 semaines) alternant la théorie et la pratique peut permettre à l'apprenant de mieux maîtriser les aspects théoriques et pratiques et d'être opérationnel à court terme sur son exploitation. Il s'agit de développer des modules pour des groupes d'agriculteurs de 15 à 20 personnes.
Cette formation comprend deux parties:
- une partie théorique dans un centre de vulgarisation ou de formation agricole;Cette méthode a l'avantage de diffuser les technologies simples aux groupements naturels de femmes et jeunes en activité dans le milieu.
Ces groupements naturels mis en exergue au cours des Diagnostics Participatifs Village seront assistés techniquement selon une périodicité définie d'accord partie avec le vulgarisateur de base ou d'un technicien spécialiste dans la discipline. Sur les périmètres irrigués exploitées par les femmes, une formation hebdomadaire peut améliorer les compétences des productrices.
La formation des jeunes apiculteurs se déroule au Centre apicole de KATIOLA selon cette démarche.
5.1.2. L'encadrement individuelL'encadrement individuel consiste à assister un producteur à la demande et est adapté aux exploitations agricoles pratiquant le petit élevage (les petits ruminants et les élevages non conventionnels tels que l'apiculture, l'héliciculture).
Selon un contrat développement établi entre l'éleveur et le technicien de l'ANADER précisant les actions à conduire et les périodes d'exécution des tâches, l'encadrement intervient pour lever les contraintes relevées.
Deux types d'outils permettant de répondre à l'attente des producteurs.
2.1. Le Conseil de GestionC'est un outil d'orientation de l'exploitant et d'analyse technico-économique des activités de l'exploitation.
L'enregistrement des données précises sur l'exploitation peut permettre de diagnostiquer les contraintes et apprécier la rentabilité à travers les calculs de marges brutes. Dans l'avenir, l'ANADER se propose de mettre en place des Centres de gestion dans les grandes régions.
2. Le Conseil SpécialiséIl s'agit d'apporter un conseil technique à la demande par un technicien spécialisé. Le conseil spécialisé est adapté pour la petite irrigation, le petit élevage, l'apiculture.
En vue d'atteindre une large diffusion des technologies diffusées, l'ANADER accompagne sa stratégie par les supports appropriés:
Les « producteurs parlant aux producteurs » constitue un puissant moyen de diffusion des expériences. Des visites d'échanges d'expériences seront organisées entre les exploitants au sein d'une zone et entre des régions sur des points d'observation de la recherche, dans les villages témoins et sur les unités de démonstrations.
Le champs modèle est un champ appartenant soit à un groupement informel, soit à une coopérative, de taille réelle, d'accès facile, situé aux abords du village, dans lequel l'agent technique intervient et fait la démonstration de l'itinéraire technique. Il sert de lieu d'apprentissage des exploitants agricoles pour améliorer leur savoir et savoir-faire, de chantier de démonstration de résultats et de sites de visite.
Dans les zones où des possibilités existent, des contrats de partenariat sont négociés avec les radios rurales et les radios de proximité.
Dans ce cadre, des plages d'intervention sont animées par les agents de vulgarisation et d'appui aux organisations paysannes.
La radio rurale est essentiellement exploitée pour répéter des messages techniques vulgarisées et donner des informations aux producteurs et coopérateurs sur les intrants agricoles et les débouchés de produits en matière de marketing et de commercialisation.
Des bulletins de liaison, du genre « les paysans parlent aux paysans », "réseau de filières" sont édités par chaque région pour permettre aux producteurs et aux agents d'échanger leurs expériences.
L'ANADER, dans ce cadre, dispose d'un organe d'information intitulé le « Partenaire du monde rural » chargé d'informer les agriculteurs et les autres opérateurs du monde rural. Sa périodicité de parution est trimestielle.
Les grands enseignements tirés de l'expérience ivoirienne en matière de vulgarisation agricole sont multiples et se regroupent en plusieurs chapitres:
La suppression des duplications des structures d'encadrement, source de surcoût et de complexité pour les exploitants ont permis une amélioration de l'efficacité des agents de vulgarisation.
La participation des producteurs agricoles au financement des organismes publics de services de vulgarisation à travers un mécanisme autonome de prélèvement de type professionnel pourrait remédier aux difficultés pour l'Etat d'assurer un financement continu et adapté aux organismes de vulgarisation agricole.
La formation continue et adaptée du personnel de vulgarisation à la demande paysanne et le statut de l'ANADER de société d'Economie mixte à participation minoritaire devraient permettre d'améliorer la qualité de la prestation du personnel technique.
L'évolution d'un type d'encadrement dirigiste et sectoriel vers un encadrement polyvalent et unifié prenant en compte la globalité de l'exploitation agricole et orienté vers la résolution des contraintes du monde rural à travers le Diagnostic Participatif Village restaure un climat de confiance entre les producteurs et les agents d'encadrement.
L'encadrement accorde un intérêt à la notion genre à travers une forte implication des agricultrices aux activités de vulgarisation et la diffusion des messages intéressant les femmes telles que la transformation des produits, la commercialisation, le transport etc. ...
Les technologies proposées au monde rural contribuent à la préservation de l'environnement: agroforesterie, IPM etc. ...
Malgré les efforts des structures de vulgarisation en matière de formation technique du personnel de vulgarisation, les agents de vulgarisation présentent quelques lacunes en matière de pédagogie rurale et d'animation pour un meilleur transfert des messages techniques aux agriculteurs.
Le personnel de vulgarisation disposent peu de capacités techniques en matière de mesure d'impact des actions menées par la vulgarisation. Au niveau de l'ANADER, des dispositions en matière de formation sont envisagées en vue de rendre les agents opérationnels au plan de l'évaluation qualitative et quantitative des recommandations techniques.
En vue de répondre à la demande diversifiée du monde rural, les organismes de vulgarisation doit bénéficier d'un financement pérenne avec la participation des bénéficiaires des messages techniques.
La motivation du personnel de vulgarisation basée sur la formation et leur responsabilisation constitue un facteur important d'efficacité d'une structure de vulgarisation. Le financement des intrants agricoles, la commercialisation, le marketing sont les mesures d'accompagnement dont il faut tenir compte pour la réussite des activités de vulgarisation.
|
Nombre de conseillers étude d'évaluation (1) |
Nombre de conseillers agricoles 1988 (2) |
Nombre conseillers agricoles 1989 (3) |
Ecart 89 (3-1) | ||
| CIDV |
350 |
275 |
263 |
87 |
75 |
| SATMACI |
1 150 |
713 |
584 |
566 |
51 |
| CIDV |
1 450 |
1 470 |
1 470 |
20 |
101 |
| Ensemble structure PVA |
2 950 |
2 458 |
2 317 |
94 |
79 |
|
Nombre d'exploitation potentiel |
Objectifs encadrement fin projet (50%) |
Réalisation encadrement 1988 |
Réalisation encadrement 1989 |
Nombre exploitation 1988 |
Nombre exploitation 1989 |
|||
|
|
|
|
|
% du potentiel |
% de l'objectif |
% du potentiel |
% de l'objectif |
|
| CIDV |
98 376 |
49 188 |
65 000 |
68 995 |
66 |
132 |
70 |
140 |
| SATMACI |
370 083 |
185 041 |
343 957 |
200 792 |
93 |
186 |
54 |
109 |
| CIDV |
3 355 38 |
167 819 |
167 819 |
169 256 |
50 |
50 |
50 |
101 |
| Ensemble structure |
804 097 |
402 048 |
578 179 |
439 043 |
72 |
144 |
55 |
109 |
Sources: DGCTX: rapport PVA 89
|
1988 |
1989 |
|||||
|
CIDV |
SATMACI |
CIDT |
CIDV |
SATMACI |
CIDV |
|
| Nombre conseillers agricoles |
275 |
713 |
1 470 |
263 |
584 |
1 470 |
| Nombre d'exploitants |
65 000 |
343 917 |
169 216 |
68 995 |
200 792 |
169 256 |
| Nombre d'exploitants/conseillers agricoles |
286 |
482 |
115 |
262 |
344 |
115 |
| Nombre de groupes de contact |
9 301 |
23 885 |
11 760 |
5 834 |
19 382 |
11 760 |
| Nombre de groupes/ conseillers agricoles |
34 |
34 |
16 |
22 |
33 |
16 |
| Libellé |
1994/1995 |
1995/1996 |
1996/1997 |
1988 |
| Nombre de CA |
1 439 |
1 429 |
1 577 |
143 |
| Population agricole recentrée |
361 865 |
446 687 |
601 950 |
778 022 |
| Population encadrée |
204 088 |
162 371 |
240 780 |
323 289 |
| Nombre de GC |
21 571 |
14 036 |
24 001 |
24 368 |
| Nombre de UD |
14 019 |
61 460 |
90 982 |
|
| Nombre d'exploitant par CA |
141 |
114 |
152 |
224 |
Source: ANADER 1999
|
Cultures |
Rendement (T/ha) |
| Riz pluvial |
1,6 |
| Riz irrigué |
2,7 |
| Maïs |
2,3 |
| Manioc |
6,7 |
| Igname |
12,9 |
| Banane plantain |
4,7 |
| Aubergines |
6,9 |
Source: ANADER 1999
|
1994/1998 |
1996/1997 |
1998 |
Taux d'encadrement 1995 |
Taux d'encadrement 1996 |
Taux d'accroissement 1997 |
|
| Population recensée |
43 424 |
69 379 |
146 753 |
60 |
112 |
112 |
| Population agricole encadrées |
24 491 |
27 154 |
55 842 |
106 |
106 |
74 |
Source: ANADER 1999