Land tenure Institutions

Land Reform Bulletin: 1996
Réforme agraire: 1996
Reforma Agraria: 1996

Preface


We are pleased to bring you this issue of Land reform, land settlement and cooperatives which is organized around three axes: the first axis covers the elaboration of methodologies for sustainable development and natural resources management; the second one analyses specific cases of land tenure and land leases; and the third one provides a revision of rural development from two complementary perspectives. Professors Alain de Janvry and Elisabeth Sadoulet take a global view in reviewing assumptions and presenting the findings of their recent research in the form of theses, while the Director of the Rural Development Division of FAO, Mr Gustavo Gordillo de Anda, reflects on aspects of rural institutions and their reconstruction.

This issue will be released following the World Food Summit, organized by FAO in Rome. In the final declaration it has been recognized that poverty is the primary cause of food insecurity, which affects more than 800 million people in the world, because they do not have the sufficient economic means to satisfy their basic nutritional needs. This situation has multiple origins, reflecting a triple crisis of relations and change: between societies, between individuals, between humans and their way of living. Access to natural resources, productive resources, employment, income and social services is limited. This is the cause of a critical vision of western society and a development model which by a blending of constraints and attractions in a few centuries has imposed on the world's nations; a modern model whose two pilasters - freedom of exchange and science - are nowadays more and more criticized.

Certainly science is a source of knowledge and the capacity to act and is of an exceptional creativity; but if it can be mobilized for the better, the same might happen for worse. Equally, the market is an irreplaceable instrument to establish flexible contacts between different actors, each with their needs, their desires and their capacity to offer and exchange; but deprived populations, non-monetary basic needs, the ecological risks and the interest of future generations are out of the market's objective. Science and the market are important, indeed, only in relation to the choices and objectives of the societies that have instituted them. They will have to find their right function, which is certainly essential, but they are no more than a tool which provides services and not a mean itself.

The development of science and the market has been followed by an important crisis of values. Both science and markets have largely contributed to this crisis. Science and technology have imposed on and manipulated humans and their decisions. They have encouraged predatorial attitudes, depleted nature and reduced the living world and other humans to an instrument. They have forced the abandonment of a associative, modest, respectful impulse that will be imperative in the search for better harmony and solidarity between humanity and its habitat.

This is the path to which we would like to draw attention in this issue, within a historical context of sustainable development, with the aim of highlighting the richness of the context in which people work and need to join efforts within the environment. To contribute to this construction, that has not been drawn in detail as yet, as we have told you in the previous issue, is our goal.

I would like to take the opportunity to announce that the next issue of the Bulletin will pick up on the major themes of the World Food Summit and its follow-up. We are hoping to prepare a special issue of the Bulletin on the Summit, putting together material provided by policy-makers, academics and practitioners within the general theme of "Food Security and Food Policies".

Paolo Groppo
Editor


Préface

Nous avons le plaisir de vous présenter ce numéro de Réforme agraire, colonisation et coopératives agricoles, qui est organisé autour de trois axes: le premier aborde l'élaboration de méthodologies pour un développement durable et la gestion des ressources naturelles; le deuxième analyse des études de cas spécifiques de régimes fonciers et de contrats de fermage. Quant au troisième axe, il nous propose une révision du développement rural à partir de deux perspectives complémentaires. Les Professeurs Alain de Janvry et Elisabeth Sadoulet apportent une vision globale en révisant les hypothèses et en présentant les résultats d'un récent travail sous la forme de thèses, tandis que le Directeur de la Division du Développement rural de la FAO, M. Gustavo Gordillo de Anda, réfléchit sur les aspects des institutions rurales et leur reconstruction.

Cenuméro sortira peu de temps après le Sommet mondial de l'alimentation, organisé par la FAO à Rome. Dans le projet de déclaration il est reconnu que la pauvreté est la cause première de l'insécurité alimentaire qui touche plus de 800 millions de personnes dans le monde, car elles n'ont pas les moyens économiques suffisants pour satisfaire leurs besoins nutritionnels les plus élémentaires. Cet état de fait, aux causes multiples, reflète une triple crise des relations et de l'échange: entre les sociétés, entre les individus, entre les hommes et leur milieu de vie. L'accès aux ressources naturelles, aux ressources productives, aux emplois, aux revenus et aux services sociaux s'en trouve limité d'autant. Cela renvoie à une vision critique du modèle occidental de développement et de société qui, par un mélange de contrainte et d'attrait s'est, en quelques siècles, imposé dans l'ensemble des pays du monde; modèle de modernité dont les deux piliers - la liberté des échanges et la science - sont aujourd'hui de plus en plus critiqués.

Certes, la science est une source de compréhension, de capacité d'agir et de créativité exceptionnelle; mais, si elle peut être mobilisée pour le meilleur, elle peut l'être aussi pour le pire. De même, le marché est un instrument irremplaçable pour mettre en relation de façon souple une multitude d'agents ayant chacun des besoins, des désirs et des capacités à offrir en échange; néanmoins les populations démunies, les besoins fondamentaux non solvables, les risques écologiques, les intérêts des générations futures sont hors de son propos. Science et marché ne valent en définitive que par rapport aux choix et aux finalités des sociétés dans lesquelles ils se développent. Ils doivent retrouver leur juste place d'outils; outils essentiels certes mais outils mis au service d'autres finalités qu'eux mêmes.

Or, la diffusion de la science et du marché s'est accompagnée d'une grave crise des valeurs. Elle y a même largement contribué. La science et la technologie, en permettant la maîtrise et manipulation des hommes et des choses, ont encouragé des attitudes prédatrices, réduisant la nature, le monde vivant et les autres hommes à l'état d'instruments, délaissant les démarches associatives, plus modestes et plus respectueuses qu'exigerait la recherche d'une harmonie et d'une solidarité entre les hommes et leur milieu.

C'est à ces démarches que nous voulons céder le pas dans ce numéro, dans un contexte historique du développement durable, insistant sur l'importance d'un enracinement dans le milieu où l'on opère et la nécessité de travailler avec les gens qui vivent dans et de ce milieu. Contribuer à cette construction nouvelle, dont nous n'avons pas encore le plan détaillé, ainsi que nous le disions lors de notre dernier numéro, tel est donc notre propos.

Nous profitons de l'occasion pour annoncer que le prochain numéro de ce bulletin reprendra les thèmes majeurs du Sommet mondial de l'alimentation et son suivi. Nous comptons baser ce numéro spécial sur le Sommet, à partir de matériel fourni par des responsables politiques, des académiciens et des praticiens. Il tournerait autour du thème général de la "sécurité alimentaire et politiques alimentaires".

Paolo Groppo
Rédacteur en chef


Prefacio

Nos complace presentar a ustedes esta edición de Reforma agraria, colonización y cooperativas, que está organizada alrededor de tres ejes principales: primero, la elaboración de metodologías para el desarrollo sostenible y la gestión de los recursos naturales; segundo, el análisis de casos específicos de tenencia o de propiedad de la tierra; tercero, una revisión del desarrollo agrícola desde dos perspectivas complementarias. Los profesores Alain de Janvry y Elisabeth Sadoulet hacen un análisis global de los temas y presentan, en forma de tesis, los resultados de un estudio reciente, mientras que el Director de la Dirección de Desarrollo Rural de la FAO, Señor Gustavo Gordillo de Anda, propone una reflexión sobre los roles de las instituciones rurales y su reconstrucción.

Este número saldrá poco tiempo después de la Cumbre Mundial sobre la Alimentación, organizada en Roma por la FAO. En la declaración final se reconoce la pobreza como la causa principal de la inseguridad alimentaria para 800 millones de personas en el mundo, las cuales no tienen recursos económicos suficientes para satisfacer sus necesidades nutritivas básicas. Este contexto, originado por causas múltiples, refleja una triple crisis de las relaciones y del intercambio: entre las sociedades, entre los individuos, y entre los hombres y sus formas de vida.

El acceso a los recursos naturales, a los recursos productivos, al empleo, a los ingresos y a los servicios sociales se encuentra limitado. Todo esto nos lleva a un examen crítico del modelo occidental de desarrollo y de sociedad que, por una mezcla de constricciones y atracciones, se ha impuesto, en pocos siglos, al conjunto de los países del mundo; modelo de modernidad cuyos dos pilares: - la libertad de intercambio y la ciencia - son, hoy en día, más y más criticados.

Seguramente la ciencia es una fuente de comprensión, de capacidad de acción y de creatividad excepcional, pero así como puede ser movilizada para lo mejor, también lo puede ser para lo peor. De la misma forma, el mercado es un instrumento insustituible para poner en relación ágilmente una multitud de agentes, cada uno con sus propias necesidades, deseos y capacidad de oferta e intercambio; pero las poblaciones desfavorecidas, las necesidades fundamentales no solventes, los riesgos ecológicos, los intereses de las generaciones futuras están fuera de su alcance. Ciencia y mercado valen, en definitiva, solamente en relación a las elecciones y a las finalidades de las sociedades en las cuales se han desarrollado. Por eso deben encontrar su funcíon correspondiente que es la de ser instrumentos: instrumentos necesarios, es cierto, pero instrumentos que deben ofrecer servícios y no ser un fín en sí mismo.

La difusión de la ciencia y del mercado ha traído como consecuencia una grave crisis de valores, a la que ambos han contribuido notablemente. La ciencia y la tecnología, al permitir el control y la manipulación de los seres humanos y de las cosas, han estimulado estas actitudes predatorias, reduciendo la naturaleza, el mundo viviente y los otros seres humanos a un estado de instrumentos, abandonando las prácticas asociativas, más modestas y más respetuosas, exigidas para la búsqueda de la armonía y solidaridad entre los seres humanos y su medioambiente.

Estos son los aspectos que hemos puesto en evidencia en el presente número de la revista, en el marco de un contexto histórico del desarrollo sostenible, insistiendo sobre la importancia de arraigarse en el medioambiente en el cual nos encontramos y la necesidad de trabajar con la gente que vive en este medioambiente o que proviene de él. Contribuir a esta construcción nueva, de la que no tenemos todavía el plan detallado, así como lo hemos indicado en el último numero, constituye nuestra meta.

Aprovecho la oportunidad para anunciar que el próximo número de la Revista tendrá como tema principal la Cumbre Mundial sobre la Alimentación y su seguimiento. Es nuestras intención presentar un número especial de la Revista sobre la Cumbre, utilizando documentos elaborados por políticos, académicos y profesionales sobre el tema general de "Seguridad y Políticas Alimentarias".

Paolo Groppo
Redactor en Jefe



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