Land tenure Institutions

Land Reform Bulletin: 1997/1
Réforme agraire: 1997/1
Reforma Agraria: 1997/1

Editorial


FIFTY YEARS AGO, Primo Levi (1919-1987) wrote:
"If it is a man: You who live in complete peace/ Nice and warm in your home/ You who on returning home at night will find/ The table set and friendly faces/ Consider if it is a man/ He who labours in the mud/ Who knows no rest/ Who fights for a crust of bread/ Who dies at a Yes or a No/ Consider if it is a woman/ She who has lost her name and her hair/ And even the power to remember/ With empty eyes and a cold breast/ Like a frog in winter/ Do not forget that this happened/ No, do not forget:/ Engrave these words in your heart/ Think about them at home, in the street/ When you go to bed, when you get up;/ Repeat them to your children/ When your house falls around you/ When you are overcome by illness/ When your children turn away from you".

It was the end of the war and, for the first time in history, the issue of hunger became a worldwide public fact, so shocking that many UN agencies, including FAO, were set up to deal with the scourge. And yet, today, the hungry can still be counted in their hundreds of millions: 900 million according to FAO, while UNDP puts the number of destitute at 1 300 million. To cite our former President of the Council, Josué de Castro, we can identify two types of hunger: one resulting from sudden natural or social disasters ­p; the catastrophes; the other originating from human-created structures, which de Castro used to call endemic hunger, attributable to the type of development chosen for, and mostly imposed on, the rural populations.

The connection between food and rural development is the motif of this issue. In the wake of the World Food Summit, held in Rome last year, we wanted to pause for a moment to take stock of the situation and look at FAO's activities (see the article by the Secretariat of the Special Programme for Food Security) and, more particularly, those of our Rural Development Division. The leading articles describe the new orientations of the Division's groups in the light of the programme of action endorsed by the Summit. We also wanted to give more space to non-governmental organizations and provide the reader with a clearer idea of their operational priorities. This issue opens with an article by Marcel Mazoyer, in which he summarizes the book he has just published on the origins of current land crises. The issue closes with a contribution by René Dumont, one of the surviving elders of a generation that alerted the general public to the need to find solutions to the problems of land tenure. René Dumont starts his most recent book thus: "I was between 10 and 14 years old at the time of the Great War and it was in the midst of those horrors that, for the first time, I became acquainted with hunger. As soon as I could, I went to study this problem in Morocco and Tunisia. It was 1923-24...".

Naturally, we make no pretence of knowing the solution to the food problem. But we do believe we can make some contribution to intellectual and practical considerations, and while there may be no "single" answer, we must bow to the evidence that the historical origins of hunger are many and that we must therefore begin by studying the causes (nutritional but also factors related to social structures) if we are to be able to anticipate the effects.

Finally, we would like to remind our readers that the next issue of Land Reform, Land Settlement and Cooperatives, planned for the end of the year, will be dedicated to urban and peri-urban agriculture, access to and use of land, water and other inputs, and to how FAO's technical units are preparing to intervene in agro-economic production in the urban and peri-urban sector.


Editorial

Il y a 50 ans, Primo Lévi (1919-1987) écrivait ces mots:
«Si c'est un homme: Vous qui vivez en toute quiétude/ Bien au chaud dans vos maisons,/ Vous qui trouverez le soir en rentrant/ La table mise et des visages amis,/ Considérez si c'est un homme/ Que celui qui peine dans la boue,/ Qui ne connaît pas de repos,/ Qui se bat pour un quignon de pain,/ Qui meurt pour un oui ou pour un non./ Considérez si c'est une femme/ Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux/ Et jusqu'à la force de se souvenir,/ Les yeux vides et le sein froid/ Comme une grenouille en hiver./ N'oubliez pas que cela fut,/ Non, ne l'oubliez pas:/ Gravez ces mots dans votre coeur. / Pensez-y chez vous, dans la rue,/ En vous couchant, en vous levant;/ Répétez-les à vos enfants./ Ou que votre maison s'écroule, / Que la maladie vous accable, / Que vos enfants se détournent de vous.»

On sortait de la guerre et la question de la faim, pour la première fois dans l'histoire, devenait un fait public mondial, si choquant qu'il provoqua la naissance des multiples institutions des Nations Unies, dont la FAO, appelées à trouver une réponse à ce fléau. Et pourtant, aujourd'hui encore les affamés se comptent par centaines de millions: 900 d'après la FAO. Quant au PNUD, il évalue à 1,3 milliard les personnes qui vivent dans la plus grande misère. A la suite de notre ancien Président du Conseil Josué de Castro, nous identifions deux types de faim: l'une qui résulte d'un désastre naturel ou social immédiat, celle des catastrophes, et puis l'autre, créée à partir de structures résultant de l'action humaine, celle que de Castro appelait la faim endémique, attribuable au type de développement choisi ou, plus souvent, imposé aux paysans.

Le lien entre la question alimentaire et le développement rural est à l'origine de ce numéro. A partir du Sommet mondial de l'alimentation, tenu l'an dernier à Rome, nous avons voulu nous arrêter un instant pour faire le point de la situation, des actions engagées par la FAO (d'où l'article écrit par le Secrétariat du Programme spécial pour la sécurité alimentaire), et plus particulièrement celles de notre Division du développement rural. Les articles centraux décrivent les nouvelles orientations des différents groupes de la Division suite au programme d'action qui a été approuvé lors du Sommet. Nous avons également voulu donner la parole à des organisations non gouvernementales pour que le lecteur puisse se faire une idée plus précise de leurs orientations. En prologue au présent numéro, un article de Marcel Mazoyer résume le livre qu'il vient de faire paraître. Il traite de l'origine des crises agraires actuelles. Le numéro se clôt par une intervention du vénérable René Dumont, l'un des derniers anciens de cette génération d'hommes et de femmes qui ont dévoilé au grand public la nécessité d'apporter des solutions aux problématiques agraires. René Dumont entame ainsi son dernier livre: «J'avais entre 10 et 14 ans au moment de la Grande Guerre et c'est au milieu de ses horreurs que j'ai, pour la première fois, connu les difficultés alimentaires. Dès que j'ai pu, je suis allé les étudier au Maroc et en Tunisie. Nous étions en 1923-1924...».

Nous n'avons évidemment pas la prétention d'indiquer le chemin à suivre pour trouver la bonne solution à la question alimentaire. Mais si nous croyons pouvoir en quelque sorte aider à la réflexion intellectuelle et pratique, s'il est vrai qu'il n'y a pas «une» solution, il faut bien se rendre à l'évidence que les origines historiques de ces faims sont différentes et qu'il faudra commencer par s'attaquer aux causes (nutritionnelles mais aussi liées aux structures sociales) pour pouvoir en prévenir les effets actuels.

Finalement, nous rappelons que le prochain numéro de "Réforme agraire, colonisation et coopératives agricoles", prévu pour la fin de l'année, sera consacré au thème de l'agriculture urbaine et périurbaine, à l'accès et à l'utilisation de la terre, de l'eau et d'autres facteurs de production et à la question de savoir comment les différentes unités techniques de la FAO s'organisent pour intervenir dans la production agroéconomique dans les secteurs urbain et périurbain.


Editorial

Hace 50 años, Primo Levi (1919-1987) escribía estas palabras:
«Si esto es un hombre: Tú que vives seguro/En la tibieza de tu hogar/Y que al volver, por la noche/ Encuentras la mesa puesta, rostros amigos:/Considera si esto es un hombre,/Que trabaja en el fango/Que nunca tiene paz/Que lucha por un mendrugo/Que muere por un sí o un no./Considera si esto es una mujer,/Sin nombre y sin cabello/Y sin más fuerzas para recordar/Con los ojos vacíos y el vientre frío/Como una rana en invierno./Medita en que esto ha sido:/Te ordeno estas palabras./Grábalas en tu corazón/Cuando estés en casa o por la calle,/Cuando te acuestes o te levantes:/Repítelas a tus hijos./Si no lo haces, que tu casa se derrumbe/Que la enfermedad te postre/Que tus hijos te vuelvan la cara.»

Acababa de terminar la guerra, y por primera vez en la historia el problema del hambre adquiría relieve mundial como hecho público, un hecho tan chocante como para provocar la creación de los diversos organismos de las Naciones Unidas, entre ellos la FAO, llamados a encontrar una respuesta para este flagelo. Y sin embargo, aún hoy las personas aquejadas por el hambre se cuentan por centenares de millones: más exactamente 900 millones, según estimaciones de la FAO. Por su parte, el Programa de las Naciones Unidas para el Desarrollo calcula que las personas que viven en la pobreza absoluta suman 1 300 millones. De acuerdo con el antiguo Presidente del Consejo de la FAO, Josué de Castro, se identifican dos tipos de hambre: uno que es consecuencia inmediata de un desastre natural o social, el hambre de las catástrofes, y otro determinado por estructuras resultantes de la acción humana, la que de Castro llamaba hambre endémica, que puede atribuirse al tipo de desarrollo que los campesinos han elegido o que, con más frecuencia, se les ha impuesto.

Este número se centra en la vinculación entre cuestión alimentaria y desarrollo rural. Partiendo de la Cumbre Mundial sobre la Alimentación celebrada en Roma en noviembre de 1996, hemos querido detenernos un momento a examinar la situación actual, las actividades emprendidas por la FAO (de ahí el artículo de la Secretaría del Programa Especial para la seguridad alimentaria) y especialmente las de la Dirección de Desarrollo Rural: los artículos de las páginas centrales describen las nuevas orientaciones adoptadas por los distintos grupos de la Dirección como consecuencia del Plan de Acción aprobado en la Cumbre. Asimismo hemos querido dar la palabra a algunas organizaciones no gubernamentales, a fin de que el lector pueda formarse una idea más exacta de sus puntos de vista. Como prólogo del presente número, el profesor Marcel Mazoyer resume en un artículo el libro que acaba de publicar y que trata del origen de las crisis agrarias actuales. Por último, el número se concluye con una intervención del profesor René Dumont, uno de los últimos representantes de esa generación de hombres y mujeres que reveló al gran público la necesidad de encontrar soluciones para los problemas agrarios.

Naturalmente, no tenemos la pretensión de indicar el camino que ha de seguirse para encontrar la solución adecuada al problema alimentario. Pero si consideramos que podemos contribuir de algún modo a la reflexión teórica y práctica y si es verdad, además, que no existe una solución única, habrá que rendirse ante la evidencia de que estos tipos de hambre tienen orígenes históricos diferentes, y que si se desea prevenir sus efectos será preciso, antes que nada, atacar sus causas (que son en parte nutricionales, pero también se relacionan con las estructuras sociales).

Por último, deseamos recordar a nuestros lectores que el próximo número, cuya publicación está prevista para finales de este año, estará consagrado al tema de la agricultura urbana y periurbana, del acceso y la utilización de la tierra, el agua y otros factores de producción, y de la manera en que las distintas dependencias técnicas de la FAO se organizan para intervenir en la producción agroeconómica en los sectores urbano y periurbano.



SD Homepage Back to Top FAO Homepage