Posted April 1998
Michel Coquery
Professeur à lInstitut français durbanisme
Université Paris VIII
Il serait irréaliste daborder la question des systèmes de distribution des produits alimentaires dans les villes africaines sans avoir présent à lesprit ce «climat» densemble, a fortiori si, par delà constats et analyses, on souhaite formuler des recommandations, préconiser des appuis et voir se définir des politiques.
Le commerce de détail des produits alimentaires sinscrit pour bonne part dans la sphère de linformel: cest une réalité incontournable au plan économique comme à celui des pratiques sociales urbaines, au point quil symbolise même, très concrètement, ce secteur informel dans son ensemble, illustrant sa capacité permanente dadaptation et domniprésence dans la ville. Son inexistence institutionnelle rend a priori difficile toute intervention directe et autoritaire et les mesures de simple police nont jamais réglé les problèmes de fond. Cest donc principalement par des mesures indirectes, négociées avec les réels acteurss, quil est concevable daméliorer les conditions de distribution des produits alimentaires dans des villes où la population ne cesse daugmenter. Cela conduit à un réexamen des formes de gestion et de planification urbaines où la distribution alimentaire soit mieux intégrée, en termes despaces et dorganisation des flux, aux priorités reconnues (eau, assainissement, voiries, collecte et traitement des déchets). Même sil apparaît que ces priorités focalisent lattention sans pour autant pouvoir mobiliser les moyens adéquats, le moment semble opportun de prôner une vision moins strictement sectorielle des équipements et services urbains. La mise en uvre dun Programme de développement municipal (PDM), à léchelle de lAfrique de lOuest et du centre, témoigne de lintérêt désormais porté aux collectivités locales et de leur aspiration à mieux définir leurs missions et leurs moyens, à échanger aussi leurs expériences en matière de gestion urbaine. Avant dévoquer plus concrètement certains des obstacles quune démarche de cette nature ne manquera pas de rencontrer, il convient de préciser les limites du champ de réflexion proposé ici.
Même sils participent à lévidence des systèmes de distribution, les commerces de détail de produits alimentaires en boutiques et magasins, inscrits de plus ou moins longue date dans le bâti urbain, selon des modalités généralement réglementées (propriété foncière, propriété commerciale, droit au bail, patentes, etc.) ne seront pas retenus dans la problématique envisagée. Dispersées ou densément juxtaposées à dautres magasins (non alimentaires), le long des rues commerçantes significatives de centralités urbaines, ces activités sont sédentaires. Le statut de leurs propriétaires ou gestionnaires ne diffère pas sensiblement de formes classiques relevées ailleurs dans le monde, même si les circuits dapprovisionnement peuvent être spécifiques et soumis aux conditions locales. Rares sont les grandes villes africaines qui ne disposent pas aussi de commerces de grande surface en libre-service, filiales de chaînes dorigine étrangère, de réseaux nationaux ou plus souvent fondés sur des investisseurs isolés mais assez riches, parfois libano-syriens, soucieux de capter une clientèle relativement aisée ou expatriée (Joigny-Grupp, 1988). Certes, des pratiques déviantes peuvent sinstaurer. Dès louverture de lhypermarché Mbolo, par exemple, à Libreville en 1975, on a vu nombre de petits vendeurs de rue venir sy approvisionner, en achetant 4 à 5 kg de sucre, revendus ensuite par lots de quelques morceaux, ce qui pouvait conduire à tripler le prix de cette denrée; mais quelle famille pauvre des quartiers périphériques peut sacheter plus que ce qui est nécessaire à la consommation du jour ou du lendemain?
On névoquera pas non plus ici la question des commerces de gros des produits alimentaires, même si leur fonction est cruciale. Consommateurs despaces aménagés pour laccès et le stockage des denrées (grains et farine, viande et poisson, huiles et boissons et vaste éventail des produits dits «dépicerie sèche»), ils peuvent appeler, pour leurs transformations ou leur extension, lattention conjointe des opérateurs (regroupés ou non au sein de la chambre de commerce et dindustrie de la place) et des autorités administratives (services techniques et financiers, direction de lurbanisme, etc.). Il sagit, en principe, dactivités formelles, soumises à certaines tutelles de droit, même si des pratiques déviantes existent parfois. Cest à ce niveau quil convient, le cas échéant, dexaminer leurs fonctions. La question nen demeure pas moins ouverte pour nombre dintermédiaires et semi-grossistes, intégrant au reste souvent la distribution de détail, qui opèrent aux marges du secteur formel et jouent parfois sur la contrebande (Ellis et Gaffey, 1997).
On sen tiendra donc ici aux formes de distribution finale des produits alimentaires qui concernent directement la plus large partie des populations urbaines, notamment les plus pauvres et les plus vulnérables face au problème de lalimentation quotidienne: marché et commerces de rue (ambulants et «tabliers»).
Les marchés municipaux représentent une forme déquipement commercial relativement ancienne. Dans la plupart des villes notables, les autorités coloniales avaient assez systématiquement veillé à conforter ou à créer ces marchés, même sous la forme de hangars sommairement aménagés, mais parfois aussi en faisant construire des édifices plus élaborés, en briques et maçonnerie, avec stalles et remises individualisées. Liconographie coloniale nest pas avare de ces bâtisses (Archives nationales du Togo, 1996) symbolisant, avec celles affectées à ladministration, à larmée et à quelques résidences de fonction, le pouvoir discrétionnaire du contrôle de la métropole sur ses territoires, à partir de chefs-lieux où lurbanisme colonial avait pour mission de rendre «visible» ce pouvoir.
Les marchés répondaient toutefois à lobjectif élémentaire, mais important, dassurer lapprovisionnement alimentaire de la population, toutes catégories confondues, dans un contexte où ladministration coloniale légiférait aussi pour que les producteurs de denrées soient contraints de fournir ces marchés. Dévidentes préoccupations de sécurité ont donc présidé à la création ou au développement de ces marchés. Ils ont été soumis, dès lorigine, à des réglementations plus ou moins directement calquées sur celles de longue date en usage en France: jours et heures douverture, surveillance, agents chargés de la perception des «droits de place» auprès des commerçants admis à vendre leurs produits au marché. Avec la mise en place, difficile et souvent remise en question (Goerg, 1996) de taxes appelées à nourrir les budgets communaux (impôts fonciers, licences, patentes, etc.), les droits de place des marchés ont souvent représenté lessentiel de la trésorerie courante disponible des autorités locales, quelles aient, ou non, un semblant dindépendance municipale.
Les indépendances, à partir des années 60, nont presque pas modifié ce schéma. LEtat central a le plus souvent hérité des structures mises en place sous le régime colonial, sans les modifier radicalement: sauf cas spécifique (les quatre «communes» du Sénégal, par exemple), les statuts communaux sont, dans lensemble, restés assez étroitement soumis aux autorités centrales, par «délégations spéciales» interposées. Il fallut attendre les années 80 pour que sengage un mouvement de décentralisation administrative accordant aux autorités locales de véritables statuts municipaux et une certaine autonomie de gestion des villes. Encore faut-il rappeler lambiguïté de réformes que naccompagnait généralement pas le transfert aux communes des moyens correspondant aux pouvoirs et missions quelles étaient désormais censées exercer.
Dans ce contexte, aux multiples variantes selon les pays, les «droits de place» perçus sur les marchés représentent encore souvent aujourdhui lun des postes clés de rentrée dargent «frais» dans les caisses communales. Comme tels, ils sont convoités, même sils sont affectés en partie au fonctionnement et à la maintenance de ces marchés.
Léquilibre est fragile et menacé, pour de multiples raisons. Dune part, lextension urbaine ne sest pas accompagnée de la création dun nombre suffisant de marchés, au sens classique envisagé ici. Certes, études et projets nont pas manqué, mais se sont souvent enlisés, faute dune volonté politique clairement exprimée ou admise et, bien sûr, faute de moyens pour construire ces équipements. On peut même voir le grand marché de Bamako (détruit par un incendie en 1993) à létat de terrain vague envahi dimmondices, au cur de la capitale. A lautre extrême, on peut voir aussi la spectaculaire bâtisse de béton du nouveau marché de Hedzranawoe en périphérie de Lomé, quasiment désertée depuis son ouverture en 1987. Investissement fort coûteux, sinon somptuaire, offert par lEtat en «cadeau aux femmes togolaises». Lesquelles, en réalité? Et pourquoi nont-elles pas investi et valorisé un équipement pourtant apparemment justifié par lextension de la ville capitale, alors que, près de la cathédrale, les abords du marché central reconstruit en 1957 sont congestionnés en permanence?
Dautre part les dérives dans la gestion même des marchés existants semblent sêtre multipliées, sous diverses formes. Que la perception des droits de place soit organisée en régie directe, ou quelle soit le fait de concessionnaires, largent collecté est en partie détourné avant même dêtre reversé dans les caisses communales, au gré de pratiques certes répréhensibles et parfois sanctionnées sévèrement, mais de plus en plus courantes et ingénieuses. Il peut être admis que les «collecteurs» ou «percepteurs», peu payés par leur employeur (municipalité ou concessionnaire) se rémunèrent à la source, de même que les «placières» occasionnelles quils recrutent eux-mêmes le matin pour couvrir le marché et ses abords immédiats. Le billet de place est vendu par exemple 250 FCFA et, selon le cas, le collecteur restituera 150 ou 200 FCFA au concessionnaire (qui lui-même gardera une marge variable, mais confortable, puisquil nest soumis quà un forfait, négocié avec la municipalité) ou directement au Service des marchés (régie). Mais il existe des pratiques plus nettement délictueuses et plus difficiles à détecter. Celle qui consiste, par exemple, à étendre (au gré du «collecteur») le périmètre de perception des droits de place en taxant (à moindre tarif) des tabliers informels quon aura «convaincus» de ne pas revenir sils ne sacquittent pas de ce droit de place, en réalité clandestin, et qui va entièrement dans la poche du collecteur. Processus sournois de «régularisation» de linformel aux abords des marchés, mais à linsu et au détriment de la municipalité, ou grâce à des connivences ou tolérances, bien entendu rémunérées. Les tabliers ainsi taxés, au nom des règlements et par les agents officiellement chargés de cette tâche, seraient à juste titre étonnés dêtre considérés comme irréguliers ou illégaux. Lambiguïté est totale à première vue, mais ce peut être un moyen, pour une collectivité locale informée et décidée, de prendre réellement en main, sous des formes appropriées, la régularisation de linformel marchand dans certains lieux sensibles. Cela ne saurait tarder. Nombre de commerçants, qui payaient une place entière au marché, ont en effet vite compris quen se déplaçant un peu, ils pourraient ne payer que la moitié de la taxe, voire encore moins, ne se souciant pas de savoir où et à qui cet argent est finalement versé.
Dautres pratiques sont encore plus délictueuses. On a pu relever récemment dans une ville-préfecture frontalière, le cas dagents municipaux qui utilisaient de faux carnets à souches, parfaitement imités, en plus des carnets numérotés remis chaque jour par les Services de la ville qui finirent par sinterroger sur la baisse anormale des rentrées dargent. Les coupables purent senfuir à létranger avant dêtre arrêtés: ils étaient 11 sur 26 agents collecteurs!
En dautres termes, les autorités locales ont souvent à faire face à de sérieux problèmes de gestion de lune des activités pourtant inscrites de longue date dans leurs prérogatives. Et lorsquelles souhaitent trancher dans le vif, cest une levée de boucliers, potentiellement porteuse de troubles et de dysfonctionnements graves, comme cela sest produit (certes, hors Afrique francophone) à Kampala, au début des années 90 (Gombay, 1994).
Cest bien, en effet, à lextension du commerce informel, ambulants et tabliers, que sont confrontées les villes africaines qui ne pourraient survivre sans lui, et cest bien là lapparent paradoxe. Secteur refuge pour les sans-emplois ou, à tout le moins, source dun complément de revenu, il assure lapprovisionnement au quotidien de la ville tout entière, même sil se concentre en des lieux densément fréquentés. Il ne concerne certes pas que le commerce des produits alimentaires, même si celui-ci revêt, par nature, certaines spécificités, dont la moindre nest pas le caractère souvent périssable des produits offerts à la vente. Si le commerce des produits non alimentaires (quincaillerie, mécanique, mobilier, objets ménagers, confection, etc.) est souvent le fait des hommes, en liaison étroite avec linformel artisanal et parfois confondu avec lui, le commerce alimentaire (boucherie exceptée) est principalement le domaine des femmes. Quelles soient spécialisées (fruits, tubercules, légumes, poisson séché, huile, grain, etc.), en raison de liens particuliers avec des producteurs (pêcheurs, jardiniers, paysans de lintérieur proche ou moins proche) (Schilter, 1991) ou quelles agrémentent leur étal de conserves et dépices, de pain et de biscuits, quelles se procurent par dautres canaux, réglementés ou non, les femmes sont au cur du système et le régentent avec fermeté (Bonnardel, 1992). Elles savent défendre ce quelles estiment leurs droits, leurs espaces et valoriser, au besoin, partie de leur assortiment ou de leurs invendus en sentendant avec des «cantinières» ou en vendant elles-mêmes, aux heures et dans les lieux adéquats, des produits cuisinés, agrémentés ou non de boissons. Sans ces cantines sommaires foisonnant dans les centres-villes, ou à la porte des administrations, des entreprises, des hôpitaux, des établissements scolaires, etc., on voit mal de quel repas de demi-journée pourraient disposer nombre de citadins peu fortunés.
Il sagit moins de contrôler ces marchandes, voire de les expulser de certains lieux (qui oserait ou pourrait le faire sans risques de destabilisation communautaire?) que daménager, avec elles, les conditions dexercice de leur profession. Cela suppose une connaissance de leur organisation, une reconnaissance de leurs associations, quand elles existent (ce qui est souvent le cas), et beaucoup de doigté dans le choix des personnes appelées à prendre officiellement contact avec elles. Bon gré mal gré, certaines municipalités ont su sengager dans cette voie de la négociation, ne serait-ce que pour des raisons dordre public. Mais on peut faire davantage.
La démarche suggérée conduit à engager ou à confirmer et renforcer des structures de dialogue plus horizontales, associant élus administratifs et techniciens des diverses tutelles (Etat, région ou département, municipalité) dès lors quils ont à connaître des champs sectoriels où leur action, conjointe et coordonnée, dans la ville de référence, peut contribuer à améliorer la distribution des produits alimentaires.
Ce nest pas une démarche facile, indépendamment même des conditions à remplir pour que le dialogue sinstaure et se poursuive avec les commerçants et leurs associations, eux-mêmes souvent soumis à une vision strictement corporatiste des choses. On peut certes imaginer et souhaiter que prérogatives sectorielles (eau, santé, voirie, police, etc.) et hiérarchies administratives ne président pas a priori le débat et il faudra, dans chaque cas, trouver la personne capable de conduire la réflexion, en lui conférant le pouvoir dimpulser des actions. Tutelles techniques et financières risquent fort de saffronter dès quil faudra identifier des priorités et programmer leur mise en uvre: aménagement et/ou mise en réserve despaces destinés à faire office de marché, aménagement de trottoirs ou dallées appelés à accueillir les vendeuses, éclairage public, latrines et points deau, reprise et aménagement des lieux de rupture de charge, où affluent les taxis-brousse chargés de produits (INRETS, 1986), desserte des espaces affectés au commerce par les transports en commun existants ou à créer, etc.
Aucun de ces aménagements ne peut être a priori réalisé au seul bénéfice des marchandes, ni même de lensemble du commerce non sédentaire: quand bien même on le souhaiterait, ce serait irréaliste et les détournements dusage seraient instantanés. Leur finalité ne peut être envisagée que dans loptique de services dusage offerts à la population urbaine dans son ensemble et non à lintroduction de zones et de barbelés qui seraient vite caducs. Dautres priorités peuvent dès lors être rappelées, de même que les logiques propres aux services de la voirie, aux services sanitaires, aux transports publics etc., on voit mal comment on pourrait aménager les lieux de convergence et de rupture de charge des minibus et taxis sans en référer aux associations (reconnues ou de fait) des chauffeurs de taxi (formels ou informels) qui ont souvent déjà réglementé eux-mêmes lusage de ces espaces, pris ou non sur des espaces publics. On peut certes concevoir, et cela existe dans certaines villes, des collectes des déchets et ordures des marchés et de leurs abords, mais en coordination avec les services ou concessionnaires opérant sur ce front particulièrement sensible. Et ainsi, du reste, indépendamment de la difficulté à dissocier (est-ce même opportun ou réaliste) le commerce des produits alimentaires du commerce informel en général, leur clientèle étant la même.
Il faudrait en réalité constituer, avec laccord et lappui des différentes parties prenantes, une équipe de responsables, opérant sur objectifs, au sein ou au nom de la municipalité ou avec son aval formel. Cela pose demblée la question des pouvoirs (Jaglin et Du Bresson, 1993) ou du moins celle des modalités de leur délégation ou de leur adaptation (McCarney, 1996; Koffy, 1996). Lexpérience montre que la voie est ouverte (Stren et White, 1993). Dans le même temps, et en coordination avec une telle équipe (ou conseil, ou comité), le Service des marchés municipaux entreprendrait, si cela se révélait nécessaire, la remise «à plat» de son système de gestion pour en corriger les éventuelles dérives et tenter de le rendre acceptable, dans loptique dun accroissement du nombre de commerçants assujettis au «droit de place», en échange de meilleures conditions offertes à lexercice de leur profession. Suggérer cette voie est sans doute faire preuve dun optimisme que certains ne manqueront pas de qualifier dutopique, tant sont fortes les pesanteurs des habitudes acquises, des méfiances et des contraintes.
Ce pari ne peut être tenu quavec des moyens spécifiques (en compétences et en financements). Cela suppose dabord une réflexion sur la réaffectation et la redéfinition des lignes budgétaires existantes (au plan local, régional et national), condition à remplir pour que lappel à des bailleurs de fonds extérieurs soit crédible. Cela suppose aussi, et préalablement, quun programme, inscrit dans un calendrier et évalué en continu et où les responsabilités de chaque partenaire soient clairement établies et coordonnées, soit défini. Il y faut donc une volonté politique mais aussi communautaire et associative: cest la condition pour instaurer le climat de confiance, la mobilisation des énergies et des fonds requis par un tel projet, qui ne saurait se concevoir en cabinet ou bureau dexperts.
En fait, rien ninterdit dopérer dabord, ou conjointement, de façon expérimentale ou ponctuelle. Des expériences réussies de cette nature, qui ont su éviter lenlisement, linefficacité ou le détournement de projets souvent coûteux et insuffisamment préparés, tout en suscitant enthousiasme, participation et mobilisation citoyenne, pourraient être évoquées. Dans tel ou tel quartier de grande ville, les exemples ne manquent pas de «marchés» fonctionnant dans les pires conditions dhygiène et de salubrité; certains pourraient appeler, à moindre coût social et financier, des mesures dassainissement et daménagement convenues avec les marchandes, avec la participation des techniciens de la municipalité, de la population locale et détudiants. Cest, par exemple, ce quont fort bien compris enseignants et élèves de lEcole africaine des métiers de larchitecture et de lurbanisme (EAMAU) de Lomé engagés cette année dans un projet de réhabilitation dun marché populaire de quartier fonctionnant dans un environnement particulièrement ingrat.
La FAO pourrait, sous des formes à définir, encourager de telles initiatives à la base. Au sommet, on sait que les grandes organisations internationales telles que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et lOrganisation mondiale de la santé (OMS), etc., se sentent désormais fortement concernées par le devenir des villes et des populations urbaines du sud. La conférence Habitat, qui sest tenue à Istanbul en 1996, a confirmé lampleur des problèmes et lurgence à dégager des fronts communs dintervention (Le Bris, 1996). Le présent séminaire sinscrit bien dans ce mouvement mobilisateur.
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