Land tenure Institutions

Posted May 2000

Land Reform Bulletin: 1999/1-2
Réforme agraire: 1999/1-2
Reforma Agraria: 1999/1-2

Abstracts


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Recent changes in agrarian reform and rural development strategies in the Near East

by M. Riad El-Ghonemy
Fellow in the Department of Economics, American University, Cairo, and Senior Research Associate at the International Development Centre at Queen Elizabeth House, University of Oxford, United Kingdom

Since the 1950s, the Near East region has witnessed two development strategies with different objectives and intended beneficiaries. The first was an anti-poverty scheme designed to benefit poor peasants (fellaheen). Its core was a distributive land reform and large-scale public land reclamation and settlement schemes. The second development strategy emerged around the mid-1980s in response to the foreign debt relief programmes that were being adopted and the conditions that these programmes imposed with regard to macrostabilization policy and structural adjustment programmes prescribed by powerful Western creditors and designed by the World Bank and the Internationl Monetary Fund (IMF). The distributive impacts of these economic reforms had adverse effects on the rural poor, small farmers who were net food buyers and the increasing numbers of landless workers. Real wages and per caput income also declined. The most worrying aspect of the available estimates is a projected increase in the number of people living in absolute poverty in the predominantly affluent Near East (excluding Pakistan, Afghanistan and Somalia), from 80 million in 1990 to nearly 110 million in 2000. Given the increasing scarcity of cultivable land in the arid Near East, which is caused by serious water shortage and the high costs of irrigation, the prospects for the present generation of rural poor are gloomy if the current trend continues.

Évolution récente des stratégies de réforme agraire et de développement rural au Proche-Orient

Depuis les années 50, deux stratégies de développement avec objectifs et groupes cibles différents sont appliquées dans la région du Proche-Orient. La première consiste en un programme de lutte contre la pauvreté qui s'adresse aux paysans pauvres (fellahin) et dont les principales composantes sont une réforme agraire fondée sur une redistribution des terres, et des projets publics de mise en valeur des terres et de colonisation rurale à grande échelle. La seconde stratégie de développement a été lancée vers le milieu des années 80 en liaison avec les programmes étrangers d'allégement de la dette, assortis de certaines conditions en matière de politique de stabilisation, ainsi qu'avec les programmes d'ajustement structurel conçus par la Banque mondiale et le FMI sous la pression des puissants créanciers occidentaux. L'analyse des effets de ces réformes économiques en ce qui concerne la répartition des terres montre qu'elles ont des conséquences négatives pour les ruraux pauvres ainsi que pour les petits agriculteurs, les acheteurs nets de nourriture et sur le nombre croissant de travailleurs agricoles sans terre et qu'elles entraînent une diminution des salaires réels et du revenu par habitant. Les estimations disponibles révèlent une situation plus inquiétante encore: l'augmentation prévue du nombre de personnes vivant en situation de pauvreté absolue dans un Proche-Orient majoritairement riche (Pakistan, Afghanistan et Somalie exclus), qui devrait passer de 80 millions en 1990 à près de 110 millions en l'an 2000. Les terres cultivables étant aujourd'hui - elles le seront plus encore demain - de plus en plus rares dans un Proche-Orient au climat aride, en raison d'une grave pénurie d'eau et du coût élevé de l'irrigation, l'avenir de la génération actuelle des ruraux pauvres risque d'être sombre si la tendance présente se maintient.

Cambios recientes en las estrategias de reforma agraria y desarrollo rural en el Cercano Oriente

Desde la década de los años cincuenta, en la región del Cercano Oriente se han observado dos estrategias de desarrollo con objetivos y beneficiarios contrapuestos. La primera fue un plan de lucha contra la pobreza concebido para beneficiar a los campesinos pobres (fellaheen). Consistía en una reforma de distribución y en grandes planes públicos de rehabilitación y colonización de tierras. La segunda estrategia surgió a mediados de la década de los ochenta, en conjunción con los programas de alivio de la deuda, las condiciones de la política de macroestabilización y los programas de ajuste estructural introducidos por los poderosos acreedores occidentales y formulados por el Banco Mundial y el Fondo Monetario Internacional. Del examen de los efectos distributivos de estas reformas económicas se desprenden consecuencias desfavorables para los pobres rurales y los vendedores netos de alimentos, que forman parte de los pequeños agricultores, y los trabajadores sin tierras, grupo cada vez más numeroso, cuyos salarios e ingresos reales por persona han disminuido. Se estima que aumentará el número de personas que viven en la pobreza absoluta en una región (con exclusión del Pakistán, Afganistán y Somalia) como el Cercano Oriente donde predomina la opulencia y cuya población pasará de 80 millones en 1990 a casi 110 millones en el año 2000. Si perduran las tendencias actuales, además de la escasez presente y futura de tierras cultivables en la parte árida de la región y de agua, y los elevados costos del riego, las perspectivas para los campesinos pobres son sombrías.


Land reform and administration with private-public sector partnerships: lessons from the Black Sea region

by S. Nichols, J. Riddell and P. Toselli
Sue Nichols is at the Department of Geodesy and Geomatics Engineering, University of New Brunswick, PO Box 4400, Fredericton, New Brunswick, Canada. Jim Riddell is Chief of the Land Tenure Service in FAO's Rural Development Division. Paolo Toselli is a Land Tenure Consultant in the same service.

The concept of land as property has gone through unprecedented changes in recent history, especially in Central and Eastern European countries (CEEC). At the beginning of the twentieth century, most people in these countries still lived under some residual form of feudal land tenure; the great land reforms of the nineteenth century had only affected about 40 percent of the rural population. These were followed by decades of socialist experimentation in the twentieth century. Now the CEEC are entering the new millennium with the challenge of, once again, redefining the property relationships between people and the land. This article highlights experiences in countries that have participated in the FAO seminars on private and public partnerships in land tenure and administrative reform, held at Bertinoro1. Bertinoro is a small mountain village in northern Italy with a panoramic view of ancient agricultural holdings, modern cooperative vineyards and individual farms which are now increasingly subject to European Union regulation. With these multiple tenure relationships as a backdrop, representatives from the CEEC and the Commonwealth of Independent States (CIS) have come to Bertinoro to reflect upon the changes occurring in their own countries. In 1998, the focus of the Bertinoro seminars was the Black Sea region. Together with representatives from Australia, North America and Western Europe, participants from the region shared experiences on the development of land administration in their countries. The main objective of this article is to summarize and expand upon the seminar discussions relating to private sector participation in land administration. In order to put the Black Sea region into context, the article first considers the objectives of the seminars and then briefly explores the enormity of the land tenure challenges and current developments in land administration.

Réforme agraire et administration des terres dans le cadre de partenariats secteur public/secteur privé: l'expérience de la région de la mer Noire

Au cours de l'histoire récente, la notion de terre en tant que bien a évolué d'une manière inconnue jusque-là, notamment dans les pays de l'Europe centrale et orientale (PECO). Au début du siècle, le régime foncier auquel étaient assujetties la plupart des populations de ces pays restait imprégné de féodalité. Les grandes réformes agraires du XIXe siècle n'ont touché que quelque 40 pour cent des populations rurales. Au XXe siècle, le système a fait l'objet pendant plusieurs dizaines d'années d'expérimentations de type socialiste. Les PECO abordent aujourd'hui le nouveau millénaire en étant de nouveau confrontés à la nécessité de redéfinir les liens de propriété qui unissent les hommes à la terre. Le document met en lumière l'expérience acquise par les pays ayant participé aux séminaires de la FAO sur les partenariats établis entre le secteur privé et le secteur public en matière de réforme des régimes fonciers et des structures administratives, tenus à Bertinoro. Bertinoro est un petit village de montagne du nord de l'Italie offrant une vue panoramique sur des exploitations agricoles anciennes, des coopératives vinicoles modernes et leurs vignobles, ainsi que des petites exploitations, qui sont de plus en plus assujetties à la réglementation de l'Union européenne. C'est face à ces différents types d'exploitation qui représentent autant de modes de faire-valoir que des représentants des PECO et de la Communauté des États indépendants (CEI) ont engagé une réflexion sur l'évolution en cours dans leurs pays d'origine. En 1998, les séminaires de Bertinoro ont porté plus particulièrement sur la région de la mer Noire. Des représentants de cette région, avec des participants venus d'Amérique du Nord, d'Australie et d'Europe occidentale, ont pu confronter leurs expériences en ce qui concerne la mise en place de services de gestion des terres dans leurs pays.

Reforma y administración agrarias con la colaboración de los sectores público y privado: enseñanzas extraídas de la región del mar Negro

La noción de tierra como propiedad ha atravesado por cambios sin precedentes en la historia reciente, especialmente en los países de Europa central y oriental. A comienzos del siglo, la mayoría de la población de estos países seguía viviendo bajo alguna forma residual de tenencia feudal de la tierra. Las grandes reformas agrarias del siglo XIX afectaron solamente a un 40 por ciento de la población rural. En el siglo XX la experimentación socialista duró décadas. Ahora estos países entran en el nuevo milenio con el reto de tener que volver a definir una vez más las relaciones de propiedad entre personas y tierras. En este artículo se ponen de relieve las experiencias vividas en países que han participado en los seminarios de la FAO sobre colaboración pública y privada en materia de reforma de la tenencia y administración agraria que se realizaron en Bertinoro, pequeña aldea de montaña del norte de Italia cercana a antiguas explotaciones agrícolas, modernos viñedos en régimen de cooperativa y explotaciones individuales, que actualmente están cada vez más reglamentadas por la Unión Europea. Con estas relaciones múltiples en materia de tenencia de tierras como telón de fondo, representantes de los países de Europa central y oriental y de la Comunidad de Estados Independientes acudieron a Bertinoro para reflexionar sobre los cambios que se están verificando en sus propios países. En 1998, en los seminarios se estudió la región del mar Negro. Junto con representantes de Australia, América del Norte y Europa occidental, los participantes procedentes de aquella región compartieron sus experiencias sobre el desarrollo de la administración agraria en sus respectivos países.


Making land registration more effective

by D. Palmer
David Palmer is a Land Registration and Cadastre Officer in FAO's Land Tenure Service

Land registration systems in many developing countries are notoriously inefficient and expensive. Much of the debate on improving systems has centred on changes to legislation to allow the conversion from "deeds" systems to "title" systems. However, when administrative and technical reforms are introduced, the distinction between deeds and titles systems can become indistinct at the operational level, despite any differences in the legal principles that underpin them. Moreover, reforms within registries and survey offices are not likely to bring benefits if the interagency processes that cut across other land administration agencies remain inefficient and if agency officials continue to regard users of registration systems as applicants rather than customers or clients.

Améliorer l'efficacité des systèmes de registre

Dans maints pays en développement, les systèmes cadastraux sont notoirement inefficaces et coûteux. Une grande part des débats sur l'amélioration des systèmes a été consacrée aux modifications à apporter à la législation pour remplacer des systèmes fondés sur la possession d'actes de propriété par des systèmes fondés sur la possession de titres. Toutefois, lorsque des réformes administratives et techniques sont introduites, la distinction entre les deux systèmes peut s'estomper dans la pratique en dépit des différences entre les principes juridiques qui les sous-tendent. De surcroît, les réformes du cadastre et des offices du cadastre risquent de rester lettre morte si les autres services d'administration des terres ne suivent pas et si leurs responsables continuent de considérer les utilisateurs des systèmes de cadastre comme des demandeurs au lieu de voir en eux des clients ou des usagers.

Aumentar la eficacia del registro predial

Los sistemas catastrales son en muchos países en desarrollo muy ineficaces y costosos. Los esfuerzos para mejorar los registro prediales se han centrado en cambios de legislación para permitir la transformación de las escrituras en títulos de propiedad. Sin embargo, cuando se implantan reformas administrativas y técnicas, puede esfumarse la distinción entre escrituras y títulos a nivel práctico, a pesar de que haya diferencias en los principios jurídicos que sustentan unas y otros. No es probable que las reformas de los registros y oficinas catastrales acarreen beneficios si los procedimientos que afectan a otros organismos de la administración agraria siguen siendo ineficientes, y si los funcionarios siguen considerando a los usuarios del registro predial como «solicitantes» en lugar de «clientes».


The promulgation of good practice guidelines for private sector agricultural leasing arrangements

by N. Ravenscroft and S. Lastarria-Cornhiel
Neil Ravenscroft is at the University of Surrey, United Kingdom, and Susana Lastarria-Cornhiel is at the University of Wisconsin-Madison, United States

This article is based on work undertaken for FAO and considers the constituent elements of good practice guidance for leasing arrangements on private land. The article suggests that there are three principal areas of activity that need to be considered when promulgating such guidance: the policy arena, in which the macroscale policy framework is established and maintained; the technical arena, in which the essential elements of leases, share-farming agreements and other arrangements are set out; and the operational arena, in which the necessary steps for the effective realization of tenancy reform are discussed. The article concludes that, while all three arenas are significant for the full and effective realization of tenancy reform, improvements in each can be incremental. Equally, while initiatives within the policy arena are seen to be aspirational in nature and those in the technical arena are viewed as normative, implementation is ultimately dependent on the pragmatism with which steps are taken within the operational arena.

Énoncer des principes de bonne pratique pour les accords de location applicables au secteur privé dans le domaine agricole

Cet article, inspiré des travaux de la FAO, examine les éléments à la base des principes de bonne pratique applicables aux accords de location concernant les terres privées. L'article précise qu'il convient de considérer trois grands domaines d´activité lorsqu'on édicte de tels principes: le domaine des orientations, qui définit le cadre général des politiques; le domaine technique, dans lequel sont définis les principaux éléments des locations, les accords de métayage et d'autres accords; et le domaine opérationnel, dans le cadre duquel sont examinées les mesures nécessaires pour procéder à une réforme effective des régimes d'occupation. L'article conclut que si ces trois domaines revêtent une grande importance pour la réalisation complète et efficace de la réforme des régimes fonciers, des améliorations restent possibles dans chaque cas. De même, si les initiatives en matière d'orientation apparaissent comme une question de volonté, et si celles relevant du domaine technique sont considérées comme étant de type normatif, la mise en oeuvre dépend en dernier ressort du pragmatisme avec lequel sont adoptées les mesures dans le domaine opérationnel.

Formulación de directrices prácticas para el arrendamiento agrícola en el sector privado

Este artículo se basa en unos trabajos realizados para la FAO, y en él se analizan los elementos constitutivos de las buenas orientaciones prácticas para arrendamientos de tierras privadas. Hay tres sectores principales de actividad que hay que tener en cuenta cuando se formulan las directrices: el plano político, que establece el marco macropolítico; el plano técnico, que contiene los elementos esenciales de los arriendos, de los acuerdos de aparcería y otros arreglos, y el plano operativo, que es el ámbito en que se decide la realización eficaz de la tenencia. Aunque los tres planos son importantes para la ejecución de una reforma de la tenencia, las mejoras en cada uno de ellos pueden incrementar los resultados globales. Si bien las iniciativas que se desarrollan en el plano político se contemplen como el objetivo al cual se aspira, y las del plano técnico se consideren de carácter normativo, la ejecución depende en última instancia del pragmatismo con que se tomen las medidas en el plano operativo.


Issues and problems related to impact assessment of agrarian reform programmes: the Philippines case

by H. Meliczek
Professor at the Institut für Rurale Entwicklung, Waldweg 26, D 37073 Göttingen, Germany

Despite decades of research on agrarian reform, there is apparently still no consensus about the role agrarian reforms play in achieving the overall development goal of growth with equity and participation. In order to be able to formulate an appropriate policy for the benefit of the rural population in developing countries, politicians, local leaders, administrators and social scientists need objective and reliable studies and accurate information about the potential and actual impacts, as well as the advantages and disadvantages, of programmes as drastic and controversial as agrarian reforms. In this article, the author stresses the need for impact assessment in order to provide decision-makers with arguments in support of agrarian reform. It seems, however, rather doubtful that these arguments will be convincing. If there is no real drive for reform, experts can produce expensive demonstration projects, but they will not be able to achieve any general and genuine improvement in the position of cultivators. This can only come from pressure groups, such as members of advocacy non-governmental organizations (NGOs) and political organizations and sympathetic reform officials. In the author's opinion, these two groups are in urgent need of arguments and facts that prove that agrarian reform will, at least in the long run, alleviate rural poverty and benefit the rural communities and, therefore, the country as a whole.

Problèmes liés à l'évaluation de l'impact des programmes de réforme agraire: l'expérience des Philippines

Malgré plusieurs dizaines d'années de recherche sur la réforme agraire, il semble que l'on ne se soit toujours pas accordé sur le rôle de celle-ci dans la réalisation de l'objectif général de développement que représente la croissance fondée sur la justice et la participation. Pour être en mesure de formuler une politique en faveur de la responsabilisation des populations rurales dans les pays en développement, politiciens, responsables locaux, administrateurs et spécialistes des sciences sociales ont besoin d'études objectives et fiables, ainsi que d'informations précises sur ses effets possibles et effectifs, ainsi que sur les avantages et les inconvénients de programmes aussi radicaux et sujets à controverse que les réformes agraires. Dans cet article, l'auteur souligne qu'il importe de procéder à des études d'impact afin de donner aux décideurs des arguments en faveur d'une réforme agraire. Il est toutefois difficile de savoir si ces arguments convaincront ou pas. En l'absence d'une véritable volonté de réforme, même si les experts peuvent toujours concevoir des projets de démonstration coûteux, ils ne parviendront pas à obtenir une amélioration généralisée du sort des cultivateurs. Cette amélioration ne pourra être obtenue que par des groupes de pression tels que les membres d'ONG spécialisées dans la défense d'intérêts particuliers ou d'autres organisations ainsi que par des responsables convaincus. Selon l'auteur, ces deux groupes ont un besoin urgent d'arguments et de faits capables de prouver que la réforme agraire est à même - en tout cas à terme - d'atténuer la pauvreté dans les campagnes et d'avoir des retombées bénéfiques pour les communautés rurales et, partant, pour le pays dans son ensemble.

La evaluación del impacto de los programas de reforma agraria: el caso de Filipinas

La investigación sobre las reformas agrarias se ha llevado a cabo durante varias décadas, pero todavía no hay un consenso sobre el propósito de estas reformas, que es conseguir un desarrollo con equidad y participación. Con el fin de poder formular una política adecuada para el mejoramiento de la población rural en los países en desarrollo, políticos, dirigentes locales, administradores y sociólogos necesitan un objetivo, estudios fiables y una información precisa sobre el potencial, los efectos reales y las ventajas e inconvenientes de programas tan drásticos y controvertidos como las reformas agrarias. Es necesario evaluar el impacto de las reformas agrarias para ofrecer a los responsables de la toma de decisiones los argumentos para llevarlas a cabo. Parece, sin embargo, bastante dudoso que estos argumentos sean convincentes. Si no existe una iniciativa real de reforma, los expertos pueden presentar costosos proyectos de demostración, pero no estarán en condiciones de conseguir mejoras generales y auténticas en la situación de los cultivadores. Estas mejoras sólo pueden provenir de grupos de presión como las ONG y de funcionarios que simpaticen con las reformas. Ambos grupos necesitan argumentos que demuestren que la reforma agraria aliviará a la larga la pobreza rural y beneficiará a las comunidades rurales y al país en su conjunto.


Les Chambres d'agriculture - modèle de représentation et outil de participation des agriculteurs

par M. T. Nadir
Fonctionnaire principal, Service des institutions rurales et de la participation, Division du développement rural

La participation des agriculteurs au développement exige que ceux-ci disposent d'une institution capable de les représenter et de faire connaître leurs points de vue; elle requiert en outre qu'ils aient les informations leur permettant d'accéder dans de meilleures conditions aux marchés et aux biens et services de production; elle exige enfin qu'on leur procure les appuis leur permettant de renforcer leurs capacités de gestion. Les Chambres d'agriculture représentent un modèle pour remplir ces fonctions car ce sont des institutions professionnelles, décentralisées et autonomes. Elles obéissent au principe d'universalité suivant lequel elles représentent l'ensemble de la profession. Elles reflètent en outre la diversité des agriculteurs et de leurs organisations qui sont représentées dans les différents collèges qui les composent. Elles sont constituées à partir d'élections locales et régionales, et elles forment un réseau à échelle nationale, destiné à faciliter les échanges d'informations et d'expériences entre elles. En tant que porte-parole des agriculteurs, elles les représentent dans les instances de décisions aux niveaux local, régional et national et assurent aussi leur participation à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques agricoles et des programmes de développement rural.

Chambers of agriculture: a model of farmer representation and participation

The participation of farmers in development requires that they have at their disposal an institution that is able to represent them and voice their views; supply them with information that will give them access to markets and inputs under best possible terms; and provide them with support to strengthen their management capacity. Chambers of agriculture represent a model that can perform such functions.These are professional, decentralized and independent institutions. They adhere to the principles of universality whereby they represent the profession in its entirety. Their different constituent colleges reflect the diversity of farmers and farmers' associations.Their membership is determined by local and regional elections. Together, they form a national network that serves to facilitate the mutual exchange of information and experiences. As mouthpieces of the farming profession, they represent farmers in local, regional and national decision-making bodies and ensure their participation in the formulation and implementation of agricultural policy and rural development programmes.

Las cámaras agrarias, un modelo de representación y un instrumento de participación de los agricultores

La participación de los agricultores en el desarrollo lleva consigo la necesidad que tienen de disponer de una entidad capaz de representarlos y dar a conocer sus puntos de vista; proporcionarles informaciones para acceder en mejores condiciones a los mercados y a los bienes y servicios de producción; y procurarles los apoyos que les permitan reforzar sus capacidades de gestión. Las cámaras agrarias son un modelo para cumplir esas funciones. Son instituciones profesionales, descentralizadas y autónomas. Obedecen a los principios de universalidad según los cuales representan al conjunto de la profesión, reflejando la diversidad de los agricultores y de sus asociaciones, y los diferentes colegios que las componen. Se constituyen mediante elecciones locales y regionales. Forman entre ellas una red a escala nacional, con el propósito de facilitar los intercambios de información y de experiencias. Como portavoces de los agricultores, los representan en las instancias decisorias locales, regionales y nacionales, y aseguran también su participación en la elaboración y aplicación de las políticas agrarias y de los programas de desarrollo rural.


Cooperatives, communities and the state: the recent development of Chinese rural cooperatives in transition

by Z. Xiaoshan
Professor at the Rural Development Institute, Chinese Academy of Social Sciences

New cooperative organizations, including rural community cooperatives, rural cooperative foundations (RCFs), rural shareholding cooperative enterprises (RSCEs) and farmers' specialized associations (FSAs), have mushroomed since the reform in rural China and play a very important and indispensable role in promoting the Chinese rural economy. However, when comparing the Chinese rural cooperatives with standardized foreign cooperatives, in terms of the controlling decision-making power and residual claimant right, only a small number of cooperative-oriented RSCEs and FSAs are similiar to their foreign counterparts. Furthermore, some of the Chinese rural cooperatives could be regarded as quasi-cooperatives, while some so-called cooperatives are, in fact, investor-oriented firms (IOFs). Since there is no legislation that covers cooperatives in China, governments at different levels may vary in their attitudes and behaviours towards different types of rural cooperatives. In addition, the existing national income distribution system and macro-economic framework, which are biased towards urban areas and urban industry, together with the imperfect commodity and production factors market, make governments intervene directly in the economic activities of rural cooperatives in order to realize their macro-economic goals. Meanwhile, rural cooperatives, out of concern for their own economic interests, sometimes actively seek protection from the state.

Coopératives, communautés et État - l'évolution récente des coopératives rurales chinoises dans une période de transition

Les nouvelles organisations coopératives, y compris les coopératives communautaires rurales, les fondations coopératives rurales, les entreprises coopératives rurales de mise en commun des exploitations et les associations spécialisées d'agriculteurs, qui se sont multipliées depuis la réforme dans les campagnes chinoises, ont joué un rôle essentiel et indispensable dans la promotion de l'économie rurale en Chine. Toutefois, lorsqu'on compare les coopératives rurales chinoises aux coopératives étrangères standardisées, il n'existe qu'un petit nombre de coopératives rurales fondées sur la mise en commun des exploitations et d'associations spécialisées d'agriculteurs qui leur sont semblables du point de vue du contrôle du pouvoir de décision et des droits résiduaires des demandeurs. Certaines des coopératives rurales chinoises peuvent être considérées comme des quasi-coopératives tandis que certains organismes ne sont en fait que des sociétés d'investissement. En l'absence de législation sur les coopératives, les gouvernements doivent à divers niveaux modifier leur comportement vis-à-vis de différents types de coopératives rurales. Or, le système national de distribution des revenus en place et l'environnement macroéconomique qui privilégient les zones urbaines et le secteur industriel des villes, de même que les insuffisances des marchés des produits et des facteurs de production, poussent les gouvernements à intervenir directement dans les activités économiques des coopératives rurales pour atteindre les objectifs macroéconomiques. Parallèlement, il arrive aux coopératives rurales, soucieuses de défendre leurs intérêts économiques propres, de rechercher activement la protection de l'État.

Las cooperativas, las comunidades y el Estado: el desarrollo reciente de las cooperativas rurales chinas en transición

Las nuevas asociaciones cooperativas, incluidas las de la comunidad rural, las fundaciones cooperativas rurales, las empresas cooperativas de accionistas rurales y las asociaciones especializadas de agricultores, que desde la reforma se han multiplicado rápidamente en la China rural, han desempeñado una función muy importante a la hora de promover la economía rural del país. Sin embargo, cuando se comparan las cooperativas rurales chinas con las cooperativas extranjeras ordinarias, por lo que se refiere al control del poder decisorio y a los derechos de los solicitantes, sólo existe un pequeño número de empresas cooperativas y de asociaciones de carácter cooperativo que son similares a aquéllas. Además, algunas de las cooperativas rurales chinas pueden considerarse como cuasicooperativas y algunas de las así llamadas son en realidad empresas orientadas a los inversores. Dado que no existen actualmente leyes que las regulen, la actitud de las administraciones públicas puede variar respecto a los distintos tipos de cooperativas. El actual sistema nacional de distribución de los ingresos, que está sesgado a favor de las zonas urbanas y la industria, hace que las administraciones intervengan directamente en las actividades económicas de las cooperativas rurales para realizar los objetivos macroeconómicos. Entretanto, las cooperativas rurales, al margen de sus intereses económicos, piden en algunas ocasiones la protección activa del Estado.


La dualité vive entre les normes juridiques et les pratiques coutumières en République centrafricaine

par Jean-Paul Danagoro, Dominique Malo Marcel Serekoisse Samba, sous la coordination de Alphonse Blague
Alphonse Blague, docteur en sociologie, est l'ancien recteur de l'Université de Bangui et coordonnateur de l'étude; Marcel Serekoisse Samba, juriste magistrat, Président de la chambre judiciaire à la Cour suprême de Bangui, est spécialiste du droit coutumier; Jean-Paul Danagoro, docteur en sociologie, est maître-assistant à la Faculté des lettres et des sciences humaines à l'Université de Bangui; et Dominique Malo, agroéconomiste titulaire d'un diplôme d'études approfondies d'économie rurale est assistant à la Faculté de droit et des sciences économiques à l'Université de Bangui.

Les faibles densités de population et l'absence générale de pression sur les terres caractérisant la République centrafricaine ont permis de préserver les régimes fonciers et systèmes de gestion des terres coutumiers, tandis que dans le même temps les lois modernes, en théorie en tout cas, en ont usurpé les fonctions. Il y a donc dualité entre normes juridiques et pratiques coutumières. L'absence d'expression des normes juridiques dans la pratique contribue à expliquer l'inexistence des classes sociales qui sont apparues ailleurs: gros propriétaires terriens et paysans sans terre, facteur qui explique le degré élevé de cohésion sociale caractéristique de la République centrafricaine. Néanmoins, les auteurs de l'étude voient dans le mode de faire-valoir fondé sur l'exploitation individuelle privée un modèle de plus en plus populaire, dans les faits sinon en droit, car il offre plus d'avantages qu'un système d'exploitations collectives. La propriété privée - y compris d'un point de vue non statutaire - offre la liberté de choisir les méthodes de production, confère davantage de prestige aux propriétaires, laisse plus de place à l'initiative personnelle et à la promotion de l'individu, permet un niveau de participation populaire accrue, outre qu'elle renforce la cohésion sociale et garantit plus d'équité, dans la mesure en tout cas où la terre est abondante. En dépit de cette tendance qui privilégie les droits individuels, il n'existe pas de frontière claire entre mode de faire-valoir individuel et collectif en République centrafricaine. On trouve dans le cadre du système coutumier, des droits individuels à propos de ressources détenues de façon collective telles que la terre, et les uns et les autres peuvent être indépendants de la réglementation statutaire. C'est l'État qui est officiellement propriétaire de toutes les terres dépourvues de titres. Il est actuellement très difficile en fait au producteur rural moyen d'acquérir le statut officiel d'exploitant privé et la procédure reste coûteuse et complexe pour la plupart des utilisateurs de ressources naturelles.

The duality between judicial norms and traditional practices in the Central African Republic

Low population densities and the general absence of land pressure in the Central African Republic have helped to preserve customary land tenure and land management systems at the same time as modern laws, at least on paper, have been usurping these functions. The duality, then, is between judicial norms and traditional practices. The lack of expression, in practice, of the judicial norms helps to explain the absence of the social classes that have appeared elsewhere - large landholders and landless peasants - and this, in turn, explains the high degree of social cohesion in the Central African Republic. Nevertheless, a tenure system based on individual private holdings is seen by the article's authors as increasingly popular in the de facto if not in the de jure sense, since it offers more advantages than would a system based on collective holdings. Private property, even in the non-statutory sense, offers freedom of choice concerning production practices, increased personal status of the property holder, more latitude for personal initiative and self-promotion and high levels of popular participation. It is also conducive to social cohesion and justice, at least as long as there remains an abundance of land. In spite of the noted trend that favours individual rights, there is no clear line separating individual from collective tenure in the Central African Republic. Within the customary system, individual use rights exist within the context of collectively held resources such as land, and both can be independent of statutory regulations. The state is legally the owner of all "untitled" lands. It is currently extremely difficult for the average rural producer to obtain legal status as a private landholder, and too expensive and complicated for most natural resource users.

Normas jurídicas y prácticas consuetudinarias en la República Centroafricana

Una baja densidad demográfica y la falta de presión sobre la tierra en la República Centroafricana han contribuido a preservar la tenencia consuetudinaria de tierras y los sistemas de administración rural, al propio tiempo que la legislación moderna, al menos sobre el papel, ha usurpado esas funciones. Existe pues una dualidad entre las normas judiciales y las prácticas tradicionales. La no expresión de las normas judiciales en la vida práctica contribuye a explicar la ausencia de clases sociales que han hecho su aparición en todas partes -grandes terratenientes y campesinos sin tierras-, lo que a su vez explica el alto grado de cohesión social que es característica de la República Centroafricana. Sin embargo, un sistema de tenencia basado en las explotaciones privadas es cada vez más popular de facto cuando no de jure, ya que ofrece más ventajas que un sistema basado en explotaciones colectivas. La propiedad privada, incluso en el sentido no estatutario, ofrece libertad de elección por lo que respecta a las prácticas de producción, una posición personal más elevada del titular, un mayor margen para la iniciativa personal y la autopromoción, altos niveles de participación popular, y se presta a la cohesión y justicia sociales, al menos mientras haya abundancia de tierras. A pesar de la tendencia observada a favor de los derechos personales, en la República Centroafricana no existe una clara línea divisoria de la tenencia colectiva. En el sistema consuetudinario cabe encontrar derechos individuales de uso en el contexto de los recursos de posesión colectiva como la tierra, y en ambos casos éstos pueden ser independientes de los reglamentos estatutarios. El Estado es legalmente propietario de todas las tierras de las que no exista título de propiedad. De hecho, actualmente es difícil que el productor rural medio obtenga la condición jurídica de propietario privado: la titulación sigue siendo el único instrumento para que la tierra se transfiera de la propiedad pública al dominio privado; es un procedimiento costoso y complicado y no está al alcance de la mayoría de los usuarios de recursos naturales.


L'état, la tenure communautaire et la participation populaire au Burkina Faso

par Djibril Traoré
Directeur général, Études et réalisation de projets d'aménagement et de développement (ERPAD),Ouagadougou

Ce sont davantage la religion et la culture que la loi et une volonté de développement qui ont fixé les régimes fonciers coutumiers au Burkina Faso, si l'on compare la situation avec les autres pays d'Afrique. Toutefois, des idéologies officielles divergentes se sont affrontées depuis l'arrivée du colonisateur: une première idéologie privilégiant la propriété privée et la capitalisation des terres puis, dans le cas du Burkina Faso, des réformes du système agraire et des régimes fonciers lancées par l'État à partir de 1984 sous le gouvernement révolutionnaire. Régime foncier coutumier ne veut pas dire régime collectif. Dès 1953, Clausson établissait une distinction entre la tenure communautaire primaire, fondée sur une identité religieuse et la tenure communautaire secondaire reposant sur le consensus ou la loi et revêtant la forme de coopératives, privées ou publiques. Depuis 1984, c'est le second système qui est privilégié au Burkina Faso, le droit coutumier étant considéré comme un obstacle au développement économique et un facteur de stagnation sociale. L'institutionnalisation d'un régime foncier collectif décidé et parrainé par l'État s'est imposée comme une composante essentielle des réformes des systèmes agraires et des régimes fonciers lancées en 1984 même si elle a été quelque peu tempérée par un certain retour à la propriété privée, réintroduite à l'occasion des réformes de 1991 (qui resteront purement théoriques tant qu'une législation habilitante n'aura pas été adoptée). Bien que l'État burkinabè doive encore trouver le modèle le plus efficient nécessaire à sa mise en oeuvre, il semblerait qu'une recherche par l'État d'un régime foncier collectif constitue un élément essentiel du régime le plus approprié pour promouvoir la modernisation des techniques de production agricole, l'accès aux capitaux et aux intrants ainsi que la réalisation d'objectifs tels que l'équité et la cohésion sociale.

The state, collective tenure and community participation in Burkina Faso

Religion and culture, rather than laws or a preoccupation with development, have established customary tenures in Burkina Faso as has been the case elsewhere in Africa. Nevertheless, opposing official ideologies have existed since colonization; support of private property and capitalization of land was replaced, in the case of Burkina Faso, by the state-centred agrarian and tenure reforms of the revolutionary regime, beginning in 1984. Customary tenure is not synonymous with collective tenure. As early as 1953, Clausson articulated the distinction between primary collective tenure, built on a shared religion, and secondary collective tenure, based on consensus or law, and manifested as cooperatives, collectives or states. Policy in Burkina Faso since 1984 strongly favours the latter, since customary law is viewed as an obstacle to economic development as well as being held responsible for general social stagnation. The institutionalization of a state-defined and sponsored collective tenure regime became a central element of the agrarian and tenure reforms of 1984, although it was diluted somewhat with the reintroduction of private property in the reforms of 1991 (even though it remains a mere legislative principle until the appropriate enabling legislation is enacted). Although the Burkina Faso state has yet to find the most efficient model for its implementation, a state-directed effort towards a collective tenure regime is suggested to be an essential part of the most appropriate package to promote modernization of agricultural production techniques, access to capital and inputs, and social goals such as justice and social cohesion.

El Estado, la tenencia de tierras comunitarias y la participación popular en Burkina Faso

La religión y la cultura, más que las leyes o la preocupación por el desarrollo, han ido creando tenencias consuetudinarias en Burkina Faso, cosa que también ha ocurrido en otras partes de África. Sin embargo, han existido ideologías oficiales contrapuestas desde la llegada del colonizador: en primer lugar, una ideología que preconiza la propiedad privada y la capitalización de la tierra, y, en el caso de Burkina Faso, las reformas públicas centrales del Estado en materia agraria y de tenencia de tierras por parte del régimen revolucionario que inició en 1984. La tenencia consuetudinaria no es sinónimo de tenencia colectiva. Ya en 1953, Clausson formuló la distinción entre tenencia colectiva primaria, basada en creencias religiosas compartidas, y tenencia colectiva secundaria, basada en el consenso o en la ley, como las cooperativas y granjas colectivas o estatales. Desde 1984, la política de Burkina Faso favorece mucho esta última posibilidad, ya que las leyes consuetudinarias se consideran como un obstáculo al desarrollo económico y responsables del estancamiento social general. La institucionalización de un régimen de tenencia de tierras colectivo definido y patrocinado por el Estado se ha convertido en un elemento central de las reformas agraria y de tenencia de 1984, aunque un tanto diluido con la reintroducción de la propiedad privada en las reformas de 1991 (sigue siendo un mero principio hasta que se promulgue la legislación que lo haga posible). Aunque el Estado tiene todavía que encontrar el modelo más eficaz para su aplicación, un régimen colectivo de tenencia de tierras es parte esencial del paquete de medidas de modernización de las técnicas de producción agraria, el acceso al capital y a los insumos, así como la justicia y la cohesión social.


Irrigation et développement durable - le besoin de recherche

par Véronique de La Brosse
Université Paris I

La question du développement durable se pose avec force sur des périmètres soudanais, éthiopiens et érythréens qui traversent une période de transition: régionalisation et privatisation dans les deux premiers cas, intégration dans l'économie d'un État nouvellement indépendant dans le cas de l'Érythrée. Dans les trois pays, l'heure est au bilan, à la prospective et à la négociation. D'après l'auteur, le besoin pour les intervenants extérieurs de comprendre la spécificité de l'interaction de la nature et de la société en un lieu donné, la nécessité pour les collectivités locales de se ressaisir de leur patrimoine culturel et naturel, ne sont pas un constat nouveau. Sans même parler de développement, la méthodologie et les bases conceptuelles qui permettront tout simplement de restaurer un milieu dévasté par l'approche technocratique de la modernité restent à découvrir.

Irrigation and sustainable development: the need for research

The reflections reported in this article draw on the experience of the author as the coordinator of a comparative research project on the large hydro-agricultural systems of Eastern Africa (Eritrea, Ethiopia, the Sudan) involving researchers and field personnel. The issue of sustainable development is highly topical for irrigated areas of the Sudan, Ethiopia and Eritrea, which are going through a period of transition - regionalization and privatization in the case of the first two, integration into the economy of a newly independent state, in the case of Eritrea. In all three countries, the time has now come to take stock, to look to the future and to engage in negotiation. The author argues that the need for external players to understand the specifics of the interlinkage between nature and society in any given area, and the need for local communities to regain control over their cultural and natural heritage are not new. Even when development is not considered, there is still a need to determine methodologies and conceptual bases that will restore an environment that has been devastated by contemporary technocratic policy.

Riego y desarrollo: la necesidad de la investigación

Las reflexiones recogidas en este texto se nutren de la experiencia de la autora como coordinadora de una iniciativa de investigación comparada sobre las grandes obras hidroagrícolas en África oriental (Eritrea, Etiopía, Sudán) que reagrupan a estudiosos y a expertos sobre el terreno. La cuestión del desarrollo sostenible se plantea con fuerza en el Sudán, Etiopía y Eritrea, países que atraviesan un período de transición: de regionalización y privatización en el primer y segundo casos; de integración en la economía de un Estado recientemente independientemente, en el tercero. En los tres países ha llegado la hora de hacer balances, de trazar perspectivas y de entablar negociaciones. No es nueva la necesidad de interlocutores externos que comprendan la especificidad de la interacción de la naturaleza y de la sociedad en un determinado lugar, así como la de las colectividades locales de recuperar su patrimonio cultural y natural. Sin tan siquiera hablar de desarrollo, quedan por descubrir la metodología y las bases teóricas que permitirán pura y simplemente restablecer un medio devastado por el enfoque tecnocrático de la modernidad.



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