
Transformer la vulgarisation agricole en Afrique
Résumé de la conférence, Conclusions et Recommandations
Accra, Ghana
24 - 28 novembre 2003
Background
La conférence internationale de cinq jours sur « Transformer la vulgarisation agricole en Afrique » a eu lieu à Accra du 24 au 28 Novembre 2003 sous les auspices du Ministère Ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture. Elle a été supportée par la Coopération allemande pour le Développement à travers son agence GTZ, par le bureau régional de la FAO pour l’Afrique, et par l’Agence Canadienne pour le Développement International.
La conférence, destinée aux acteurs africains de la vulgarisation, est une suite de l’atelier international tenu à Washington en 2002 sur « Vulgarisation et développement rural ». Plus de soixante dix participants, venus de treize pays, ont adapté les recommandations de l’atelier de Washington aux conditions spécifiques de l’Afrique et ont échangé les expériences dans le domaine de « la vulgarisation et la pauvreté », la décentralisation et le partenariat entre le secteur privé et le secteur public dans la vulgarisation.
Résumé de l’allocution de bienvenue
Kwaku Owusu-Baah, Directeur de l’Agriculture, Ghana.
Dans son allocution de bienvenue, le Directeur Ghanéen de l’agriculture, Kwaku Owusu-Baah, a fait remarquer que tous les pays africains ont suivi des voies semblables de développement agricole. Il a rappelé quelques faits historiques marquants du système de vulgarisation agricole et a fait comprendre que l’atelier sur la transformation de la vulgarisation en Afrique intervient au moment où la vulgarisation agricole fait face à un certain nombre de défis et au moment où de nouvelles voies sont recherchées pour aider les producteurs africains de produire et de vendre plus afin d’améliorer leurs conditions de vie. L’atelier est alors une opportunité pour les chercheurs, les acteurs de la vulgarisation, les politiciens et les partenaires au développement d’échanger sur l’environnement changeant et les défis afférents afin de développer des stratégies efficaces pour orienter la vulgarisation agricole en Afrique.
Résumé de l’allocution d’ouverture
Joseph Tchicaya, ADG/RR de l’Office regional de la FAO pour l’Afrique
Au cours de son allocution, Joseph Tchicaya, ADG/RR de l’Office Régional de la FAO pour l’Afrique, a attiré l’attention des participants sur la contribution importante de la FAO pour les progrès de l’agriculture et la vulgarisation rurale à travers les conférences internationales, les échanges d’information, les programmes et projets de terrain. Il a mis l’accent sur le fait que l’élimination de la pauvreté et la sécurité alimentaire sont les principales préoccupations de la FAO et que la vulgarisation agricole était l’un des moyens disponibles pour aider à l’élimination de la pauvreté et l’amélioration de la sécurité alimentaire dans notre région.
Il a remarqué que le changement aujourd’hui est global et rapide et qu’un nouveau paradigme orienté sur le marché émerge, l’agro – industrie mettant l’accent sur les avantages comparatifs dans un marché global hautement compétitif. Dans ce contexte, il exhorte les participants à aboutir à des moyens de rajeunir la vulgarisation agricole afin que nos populations rurales aient accès à la connaissance nécessaire dont elles ont besoin pour la stabilité économique. Selon lui, cette conférence est très importante et il promet un support sans réserve de la FAO avec l’espoir que les discussions aboutiront à des recommandations et des stratégies utiles pour la Vulgarisation Agricole en Afrique.
Résumé de l’allocution d’ouverture
Dorothea Groth, Conseiller pour la Coopération économique et le Développement de l’ambassade d’Allemagne, Ghana
Dans son discours, Dorothea Groth, Conseiller pour la Coopération économique et le Développement de l’ambassade d’Allemagne au Ghana a fait ressortir l’importance de la coopération entre le Ghana et l’Allemagne et a observé que la coopération en développement de l’Allemagne a une longue tradition de s’impliquer dans l’agriculture. Elle a attiré l’attention sur les projets bilatéraux entre le Ghana et l’Allemagne qui sont en train d’œuvrer pour l’amélioration de l’agriculture, de la vulgarisation agricole et du développement rural. Elle a aussi dit qu’il y a une évolution pour une intégration des projets bilatéraux germano – ghanéens en 2004 pour répondre aux besoins de transformation, de marketing et de sources alternatives de revenus en milieu rural. Madame Groth a exprimé sa satisfaction par rapport au fait que la stratégie du gouvernement Allemand pour l’élimination de la pauvreté soit reflétée dans la Stratégie Ghanéenne de Réduction de la Pauvreté ; Stratégie élaborée avec la participation de la société civile, et des femmes en particulier.
Elle a dit que l’Allemagne continuera de supporter le développement agricole en Afrique à travers une contribution substantielle aux organisations internationales et aux institutions de recherche impliquées dans l’agriculture, de même que le développement et la diffusion effective de technologies et de stratégies appropriées. Elle a ajouté que pour une production agricole plus orientée sur le marché, les producteurs doivent avoir un meilleur accès aux informations sur le marché, sur les prix et sur les technologies innovantes et appropriées de production.
Résumé de l’allocution d’ouverture
H.E. Jean-Pierre Bolduc Canadian High Commissioner au Ghana
Dans son allocution, H.E. Jean-Pierre Bolduc, Haut Commissaire Canadien au Ghana a parlé du partenariat entre le Canada et le Ghana dans la sécurité alimentaire et a dit que le thème de l’atelier, « Transformer la Vulgarisation agricole en Afrique », vient à point nommé. Il a fait savoir que l’intérêt du Canada de supporter le présent atelier vient de la conviction que le meilleur espoir Africain pour le développement proviendrait de l’Afrique elle – même.
Il a souligné que c’était encourageant que cette conférence se tienne au Ghana suite à la conférence de Washington. Il a invité les participants à capter les nouvelles idées générées et d’en faire aussi, de retour dans leurs pays respectifs, un débat national dans leurs contextes spécifiques.
Il a exhorté les participants (comme ils discuteront de nouvelles approches de vulgarisation et d’information) à ne pas perdre de vue les préoccupations des paysans vivant dans des milieux éloignés et qui ont besoin des informations pour, avant tout, survivre et quitter le statut de pauvreté.
Résumé de l’allocution d’ouverture
Major Courage Quashigah (Rtd.), Ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Ghana
Dans cet important discours, Major Courage Quashigah (Rtd), le Ministre Ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture a indiqué que l’atelier était pertinent, vue l’importance que tous les gouvernements Africains accordent à l’agriculture, la considérant comme étant à la base de l’alimentation durable et contribuant au revenu national. Il attira l’attention sur le fait que l’agriculture africaine fait face à plusieurs défis dont les précipitations irrégulières, l’insuffisance et l’utilisation de technologies appropriées, la non disponibilité et la cherté des intrants, la faible valeur ajoutée, l’accès au marché, les infrastructures rurales défectueuses, tout ceci concourant à la faible productivité et l’accroissement de la pauvreté parmi les producteurs. Il a dit que nous avons besoin d’améliorer l’agriculture et la vulgarisation comme les autres disciplines a un rôle à jouer car, elle est critique dans le processus d’apprentissage et de prise de décision des producteurs et des autres acteurs de l’industrie agricole. De son point de vue, notre vulgarisation orientée sur la production a besoin de s’ouvrir sur un système de vulgarisation qui pourrait aider les producteurs à prendre des décisions en toute connaissance de cause et se basant sur leurs compréhensions des relations entre la production et les demandes du marché.
Le Ministre a mentionné la nécessité pour la vulgarisation de faciliter la formation et le renforcement des organisations des paysans, de développer et d’utiliser des approches de vulgarisation qui facilitent la participation des paysans et des autres parties prenantes dans la planification des programmes de vulgarisation agricole. Il a fait remarquer que, comme des efforts sont en cours pour améliorer le commerce des produits agricoles, il y a une nécessité pour la vulgarisation d’œuvrer pour encourager les paysans à saisir (à répondre aux) les opportunités créées par les marchés croissants et de développer les capacités de négocier et de gérer les incertitudes du commerce international.
Il a aussi abordé les nouveaux défis que sont la dégradation environnementale, le VIH/SIDA et le travail des enfants dans l’agriculture et a invité la vulgarisation et ses divers réseaux à diffuser des messages poignants en direction de nos paysans et nos ruraux pour aider à limiter la pandémie. Une autre préoccupation soulevée par le Ministre est le financement de la vulgarisation car selon lui, la plupart des pays Africains sont incapables de supporter les coûts de la recherche et de la vulgarisation. Il a plaidé pour la nécessité d’explorer d’autres mécanismes de financement pour supporter les services de vulgarisation afin de d’assurer que les services offerts aux producteurs répondent à leurs besoins. Sachant que les questions soulevées sont assez complexes et dynamiques, il a espoir que les meilleurs cerveaux venus de notre cher continent et d’ailleurs, seront capables de bien traiter les divers thèmes proposés et proposer des stratégies pour relever les défis auxquels l’Afrique est confrontée.
Présentations en plénière
Les présentations en plénière de l’atelier ont trait aux thèmes suivants:
- Les évolutions actuelles de la vulgarisation en Afrique ;
- La participation des secteurs publics et privés dans la vulgarisation ;
- La vulgarisation et la réduction de la pauvreté ; et
- Les aspects institutionnels.
Les présentations en plénières ont fait ressortir que dans la plupart des pays africains, l’effort de la vulgarisation a porté initialement sur les cultures de rente pour leur exportation vers d’autres pays. Les discussions en plénière, des discussions et des analyses de groupe et des tours de table ont suivi les présentations en plénière afin d’échanger sur les questions soulevées et d’élaborer des conclusions.
Discussions lors de la Table Ronde
Le troisième jour de l’atelier a été marqué par un panel de discussion dirigé par le Directeur de la vulgarisation agricole du Ghana, M. Osei Frimpong. Le panel s’est penché sur le thème, « Réformes institutionnelles pour la vulgarisation en Afrique. Quelle voie suivre? » Après les brèves affirmations des leaders de discussion, des contributions ont été faites par le reste des participants.
Voici le résumé des principales questions discutées.
1- Le rôle du secteur prive
Le rôle du secteur privé se résume à des aspects tels que :
L’approvisionnement des services aux membres. La provision de services aux paysans constitue un stimulant direct dont l’effet permet d’obtenir l’accord des paysans (membres). De tels services comprennent :
- La création des relations commerciales;
- Le plaidoyer en techniques de négociation ;
- L’accès à un crédit favorable et aux subventions ;
- L’établissement d’un réseau fonctionnel, des partenariats commerciaux et en général la sauvegarde des intérêts des membres ;
- Le transfert de technologie et de l’information reste une activité de collaboration entre les acteurs du secteur agricole.
2- Le renforcement de capacité des producteurs et des organisations paysannes est nécessaire pour rallier les intérêts des paysans à ceux des opérateurs privés. Les organisations de base devraient s’efforcer pour renforcer les capacités au niveau des paysans à travers la vulgarisation qui vise à :
- Outiller les paysans des méthodes analytiques qui sont applicables au niveau de leurs champs ;
- Organiser et gérer les organisations paysannes de manière durable ;
- Prendre conscience des activités qui doivent être entreprises pour un avantage comparatif ;
- Sélectionner les technologies désirées et les adopter;
- Voir les démarches méthodologiques qui conviennent aux paysans en tenant compte du genre ;
- Fournir un support qui permettra aux paysans de réaliser leurs potentiels et de faire un meilleur usage des ressources disponibles. Cet objectif pourra être atteint avec le développement de systèmes d’information et des canaux de communication en utilisant les structures institutionnelles existantes ;
- Développer un mécanisme de suivi et d’évaluation comme un processus continu.
3- L’appui du secteur public
En ce qui concerne le secteur public, les rôles suivants ont été envisagés comme siens :
- Le secteur public doit s’efforcer à créer un environnement favorable aux organisations paysannes en formulant des politiques qui visent leur promotion et mettre en place des mécanismes de régulation conformes aux normes standard de travail ;
- Le secteur public doit coordonner et maintenir des relations viables entre les acteurs du secteur agricole ;
- Le secteur public doit jouer un rôle de premier plan dans la gestion des ressources naturelles et les autres biens publics qui touchent directement ou indirectement au secteur agricole ;
- Le secteur public doit faciliter, par des méthodes participatives, le développement des modules de formation qui correspondent à l’intérêt des bénéficiaires à différents niveaux;
- Développer des stratégies pour stimuler le changement de comportement au niveau des agents de vulgarisation des structures privées et publiques. Les acteurs doivent être amenés à créer des richesses, c’est le premier pas dans le processus de développement d’une nation.
4- Vulgarisation et réduction de la pauvreté en Afrique
Concernant la vulgarisation et la réduction de la pauvreté en Afrique, on s’accorde qu’il est possible de faire quelque. Il était important de conclure que les gouvernants doivent créer un environnement favorable à travers des politiques et des stratégies permettant d’aborder la question de la pauvreté. Aussi, les gouvernements doivent-ils faciliter l’implication d’autres acteurs dans un effort concerté sur la question de la pauvreté.
Les points suivants ont été jugés d’une importance critique dans le processus de réduction de pauvreté en Afrique :
- La focalisation des stratégies sur les conditions de vie en général au lieu de se concentrer uniquement sur l’agriculture. La création de richesses avec pour corollaire la génération de revenu et d’emploi doit être l’outil central pour la réduction de la pauvreté en passant par la vulgarisation agricole ;
- La mise en place d’une panoplie d’options afin de permettre aux populations d’en choisir ;
- Le renforcement des capacités des couches pauvres afin d’être en mesure de réclamer de leurs droits et d’opérer un bon choix des produits ;
- Le renforcement de capacité des agents compétents de vulgarisation pour répondre aux défis posés par la pauvreté.
Ceci appelle à l’élaboration d’un curriculum adéquat au sein des institutions de formation qui répondent aux besoins des paysans et des utilisateurs finaux de la vulgarisation.
Il est aussi jugé important de considérer les maladies pandémiques comme le VIH/SIDA dans l’élaboration des plans d’intervention pour combattre ou pour réduire la pauvreté. Toutes les interventions doivent tenir compte des impacts du VIH/SIDA sur la vulgarisation et sur la provision de technologies adéquates.
Quelques questions clés soulevées lors des discussions en plénière et au cours de la Table Ronde
- L’appui des bailleurs dans le développement agricole est plausible, mais est-il durable ? Ne sommes-nous pas en train de tomber dans le bourbier de la théorie de dépendance ? Comment doit-on gérer l’appui des bailleurs sans en être dépendant ?
- Comment accommoder les coûts élevés de la vulgarisation à la réduction de la pauvreté ? Comment accommoder la dimension sociale de la vulgarisation comme un bien public aux approches de privatisation de la vulgarisation orientée vers le marché? En d’autres termes, comment peut-on concilier la privatisation des services de la vulgarisation et l’amélioration du bien-être des paysans et la pauvreté rurale ?
- Comment mettre l’accent sur les conditions de vie des populations en général au lieu de se concentrer sur l’agriculture uniquement ?
- Comment mettre le paysan au centre des objectifs poursuivis ?
- Comment démontrer l’impact de la vulgarisation ? Il apparaît nécessaire d’établir des critères clairs et des indicateurs de mesure de l’impact de la vulgarisation dans la vie des populations pauvres.
- Les points de vue des paysans sont-ils réellement perçus ? Il faut les sensibiliser sur le sujet. Dégager leur opinion, leurs contributions sur la décentralisation, à travers les méthodes/approches participatives de vulgarisation.
- Comment engager les institutions de formation, spécifiquement les universités et les collèges dans le processus de transformation des systèmes de vulgarisation agricole au Ghana ?
- Comment établir des partenariats entre la vulgarisation et les organisations pertinentes pour un service efficace de vulgarisation ?
- Comment délivrer une vulgarisation effective à des groupes ambulants tels que les éleveurs ?
- Sommes-nous en train d’adopter les meilleurs « Arrangements Institutionnels » ou sommes-nous en train de les accepter pour des facilités financières attrayantes?
- Comment faire face aux interventions des bailleurs à multiples facettes et exigences contradictoires ?
Quelques défis de la vulgarisation soulevés lors de la table ronde
- La transformation de la vulgarisation doit nécessairement prendre en compte les relations existantes avec d’autres partenaires au développement et en particulier la recherche.
- Les services publics de vulgarisation doivent cibler et concentrer plus leurs actions sur les petits exploitants qui n’ont pas les moyens au lieu des grands exploitants commerciaux qui sont en mesure de se payer les services. Toutefois, les exploitants commerciaux qui sont indépendants peuvent assister.
- L’Etat doit travailler avec les ONGs beaucoup plus efficacement pour assurer la continuité dans le service de la vulgarisation en direction des pauvres.
- La création de richesse à travers la génération de revenu et d’emplois doit être l’outil central de réduction de la pauvreté par le personnel de vulgarisation agricole, et l’accent ne doit pas être mis sur l’agriculture seule.
- La vulgarisation doit jouer un rôle dans l’assurance des responsabilités sociale et environnementale du secteur privé ou des opérateurs agricoles commerciaux. La vulgarisation doit s’assurer que les paysans connaissent ces responsabilités et que les conséquences réelles de l’implication du secteur privé, spécialement là où elles sont effets néfastes sur les ressources de pauvres gens, sont connues. Un mécanisme et un cadre légaux doivent être mis en place pour assurer les responsabilités sociales.
- Le secteur privé doit aussi s’investir dans la formation des agents de terrain qu’il souhaiterait employer.
- L’organisation de solides groupes des communautés à la base pour le développement (y compris la vulgarisation) s’avère plus efficace et certainement moins coûteuse pour la vulgarisation des paquets technologiques appropriés (lorsque les organisations paysannes sont bien organisées). Le micro-crédit, qui est aussi un important outil de développement économique des pauvres, est plus performant lorsqu’il est conduit par les communautés à la base.
- Le rôle de la vulgarisation va au-delà de la production agricole. Il y a la nécessité de former les agents de vulgarisation pour une meilleure identification de ceux qui sont pauvres et leurs besoins spécifiques. Il faut alors initier des programmes pour répondre à ces besoins tels que l’alphabétisation et la comptabilité.
- Amener en milieu rural des opportunités extra-agricoles qui permettent d’augmenter le revenu des paysans (augmenter leur habileté à faire des profits).
- La vulgarisation visant une réduction durable de la pauvreté doit prendre pour point de départ les systèmes de connaissance endogène et les mécanismes par lesquels les paysans obtiennent les informations, les services, les intrants etc. Les paysans pourront être alors supportés/appuyés pour renforcer ces systèmes et mécanismes afin de les rendre plus efficaces, plus accessibles et plus pertinents.
- Le problème de la pauvreté doit être abordé si les services de vulgarisation sont équipés de manière adéquate avec l’aptitude d’identifier ses causes profondes; déterminer les indicateurs réels de la pauvreté et des stratégies appropriées en collaboration avec « la pauvre » pour l’aborder.
Les stratégies d’intervention de la vulgarisation doivent être spécifiques selon l’environnement.
Discours de clôture
En marge de la session de clôture, le Ministre Ghanéen de l’Agriculture, Maj. Courage Quashigah (Rtd), a demandé à chacun des participants de dire le point qu’il retient en quittant cet atelier. Ce qui suit est un échantillon des réponses données par les participants :
- La pauvreté est une question cruciale que la vulgarisation doit aborder. Pour y parvenir, la vulgarisation doit subir une transformation holistique afin de pouvoir l’aborder.
- La transformation de la vulgarisation agricole est nécessaire et c’est un processus qui mérite une réflexion à fond avec la participation de tous les acteurs.
- La transformation de la vulgarisation agricole implique le renforcement des capacités des paysans et des populations rurales à travers l’éducation et la formation non seulement dans les activités agricoles, mais aussi dans les activités génératrices de revenu pour réduire la pauvreté.
- La transformation de la vulgarisation agricole requiert un staff compétent qui peut répondre aux nouveaux et émergents défis, ce qui rendra la transformation de la vulgarisation agricole plus renforcée.
- La vulgarisation doit être une initiative de développement communautaire holistique qui embrasse non seulement la production et la productivité, mais aussi des infrastructures de marketing, les institutions et le renforcement de capacités et doit toucher également le genre, la santé publique, l’alimentation, l’eau et la santé.
- La vulgarisation agricole africaine a besoin d’être transformée. Le changement institutionnel requis comme base pour une telle transformation doit être développée par les Africains eux-mêmes (en partenariat avec les bailleurs de fonds) et non par les bailleurs de fonds qui vont financer le processus.
- La vulgarisation doit s’élever et faire face aux nouveaux défis de la globalisation, de la libéralisation, de la décentralisation, de la dégradation de l’environnement et la gestion des ressources naturelles.
- La transformation de la vulgarisation agricole en Afrique requiert des personnes compétentes pour s’y pencher, par conséquent, il est nécessaire d’inclure l’enseignement de la vulgarisation dans les programmes des universités et collèges en charge.
- Pour moi, le principal problème lié à la transformation de la vulgarisation agricole porte sur le comportement des individus. Si les individus sont honnêtes, transparents et responsables, il y aura des résultats positifs.
- Les rôles des organisations paysannes en vulgarisation deviennent de plus en plus importants au point où de véritables efforts doivent être faits pour les renforcer.
- Nous devons former les vulgarisateurs à être plus aptes pour les défis du 21e siècle. Il s’agit là d’une entreprise. La vulgarisation doit faire son travail et les paysans doivent être formés pour pouvoir demander les services dont ils ont besoin.
- J’ai été motivé par l’engagement du groupe présent ici pour continuer à travailler sur la vulgarisation agricole.
- Nous avons besoin des rencontres du genre pour échanger nos expériences ; le problème concerne divers domaines et va au-delà de la pure agriculture.
- J’ai appris beaucoup sur les autres pays africains durant cet atelier.
- La conférence a été une bonne opportunité pour partager les réflexions sur :
- L’engagement du Gouvernement à financer la vulgarisation et à garantir le fonctionnement des institutions de la vulgarisation agricole.
- Le rôle des bailleurs de fonds pour un appui à la transformation et au développement de la vulgarisation.
- Le rôle du secteur public dans un environnement actuel caractérisé par plusieurs changements économiques et politiques.
Les mots de fin du Ministre à la clôture
Dans ses mots de fin, le Ministre ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture, Maj. Courage Quashigah (Rtd), a remercié les participants pour avoir travaillé de façon assidue et a fait observer que l’agriculture à elle seule, gérée correctement, peut employer tout le monde, de la production jusqu’à la consommation en passant par la transformation. Il à fait remarquer ce qui suit l’amélioration continue de la vulgarisation agricole :
- Il est nécessaire de définir clairement la sécurité alimentaire de telle manière que cela puisse nous permettre d’évaluer la portée des progrès effectués en matière de réduction de la pauvreté. Il a défini la sécurité alimentaire comme étant la disponibilité d’aliments de bonne qualité (sains), convenablement présentés, disponibles à plein temps, accessibles à un prix abordable.
- L’éducation agricole et la formation doivent être correctement gérées pour obtenir des agents de vulgarisation compétents du fait qu’ils sont à l’avant-garde dans notre lutte contre la pauvreté.
- La vulgarisation doit être liée à la commercialisation et à l’agribusiness. La production doit être liée au marketing et nous devons nous assurer que l’agriculture est rémunératrice à travers le marketing. Voilà une voie qui pourrait encourager les gens à s’y engager.
- Nous devons considérer nos avantages compétitifs et comparatifs afin de concentrer la vulgarisation sur ceux-ci.
- La décentralisation doit être aussi bien physique que fiscale. Elle doit entraîner la délégation de pouvoir.
- Finalement, un système pourrait être établi afin de permettre aux praticiens de communiquer et d’échanger les idées.
Conclusions et recommandations
Les points suivants représentent les principales conclusions de l’atelier sur « la transformation de la vulgarisation agricole en Afrique ».
- Cette conférence est organisée par les africains et pour les africains et pourrait devenir cyclique (annuel). En outre, il a été suggéré que chaque pays face suivre ce atelier de son propre « atelier national ».
- Plusieurs aspects tels que la décentralisation, la privatisation ou la commercialisation des services agricoles sont recommandés par les bailleurs de fonds, parfois sans tenir compte des contraintes et des besoins locaux. Il est temps que les pays africains se décident et mettent en œuvre des approches convenables à leurs conditions respectives. Des conférences telles que celle-ci sont des cadres appropriés.
- Nous devons accepter les aides directement ou indirectement pour des groupes de producteurs; le paiement des services par les bénéficiaires n’est pertinent que pour les cultures de rente et pour les grandes exploitations.
- Le processus de prise de décision concernant les services doit inclure les bénéficiaires ; ceci est particulièrement important pour les représentants francophones.
- La participation effective de tous les acteurs doit toujours être recherchée et des stratégies efficaces doivent être utilisées pour encourager l’approche « bottom-up » en vulgarisation.
- La décentralisation des services et des responsabilités est importante et nécessaire, mais manque toujours de support au niveau national ; un aspect important est l’inadéquate décentralisation fiscale. En plus, le personnel local a besoin de renforcement de capacité en ce qui concerne les services qui vont au-delà de l’information sur la production. Les instituts et les universités doivent inclure le savoir-faire en communication et en management dans leurs programmes de formation.
- Une grande implication des femmes et des jeunes doit être considérée du fait qu’ils gagnent d’intérêts dans tous les secteurs, par exemple, le secteur des petites unités de transformation.
- Les services publics doivent assister le secteur privé (incluant les organisations paysannes) dans l’organisation de la vulgarisation et la transformation des produits agricoles en milieu rural pour apporter de la valeur ajoutée à la production, améliorer les possibilités de commercialisation et réduire les pertes occasionnées dans transport des produits.
- L’éducation agricole et la formation doivent être appropriées pour que la transformation nécessaire en vulgarisation s’obtienne. Le coût de l’éducation agricole ne doit pas être pris comme un argument à utiliser contre l’investissement dans l’éducation. Un nombre important de personnes éduquées est indispensable pour le développement des nations africaines.
- Il est important d’impliquer des hommes politiques dans la transformation de la vulgarisation agricole pour faciliter l’appréciation et la compréhension de la transformation de la vulgarisation agricole dans le but d’encourager leur engagement personnel ; spécialement en termes de financement.