Communication pour le développement Connaissance

Affiché le mars 2000

Pour une définition du contenu des télécentres: Commencer par les besoins et elargir l'audience des télécentres en les reliant à la radio rurale locale de type communautaire

par Jean-Pierre Ilboudo
Spécialiste de la communication
Groupe de la Communication pour le développement
Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication
Division de la recherche, de la vulgarisation et de la formation


I. Avant-propos

La FAO est engagée avec d'autres partenaires dans le projet pilote de télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou; ces partenaires sont l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), l'Union internationale des télécommunications (UIT), et le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI, Canada), l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le projet de télécentre se situe dans le cadre de l'initiative des Nations Unies pour l'Afrique et relatif au plan d'action de Buenos Aires (PABA) [Programme No 9- Développement rural intégré].

L'objectif global du PABA Programme No. 9. est de promouvoir un développement accéléré des télécommunications en milieu rural en exécutant un certain nombre de projets pilotes dans les pays de différentes régions, à des étapes variées de développement et avec des conditions géographiques, sociales, économiques et culturelles différentes.

L'UIT et l'UNESCO ont effectué des missions préliminaires au Mali en novembre 1996 et mars 1997 pour cerner l'intérêt et l'engagement des institutions nationales susceptibles de participer à un tel projet pilote. Lors de la seconde mission, les pouvoirs publics ont approuvé le principe de la participation du Mali et demandé à l'exploitant national- la Société de Télécommunication du Mali (SOTELMA), d'établir avec les partenaires un projet complet.

II. Les avantages comparatifs de la FAO

La FAO est en mesure d'apporter une assistance technique en matière de planification, de développement, d'adaptation, de mise en oeuvre et d'évaluation des applications pilotes et de contenu des télécentres.

La FAO soutient le développement rural du Mali notamment à travers la relance de la radio rurale, programme qui sera prochainement étendu au Nord du pays, y compris la région de Tombouctou pour laquelle une recherche de fonds est en cours. Les pouvoirs publics avec l'appui du PNUD et de la FAO, ont travaillé en 1993-1994, à la définition d'une politique nationale de communication pour le développement.

Il y a une grande densité et une grande richesse d'informations sur le développement agricole rural disponibles à la FAO, singulièrement au niveau de son Centre Mondial d'Informations Agricoles (WAICENT) qui peuvent être organisées, intégrées et disséminées à travers les télécentres.

Par le biais du WAICENT, la FAO peut fournir des informations techniques et "hyper-média" sur des thèmes portant sur l'agriculture, la foresterie, les pêches, la sécurité alimentaire et le développement durable, entre autres; les données statistiques sur la production et le commerce de produits agricoles, et les systèmes d'informations spécialisés traitant de l'alerte rapide.

Le projet pilote de télécentre permettra à la FAO, en collaboration avec des organismes partenaires nationaux et internationaux, d'atteindre une plus grande audience d'utilisateurs, depuis les décideurs jusqu'aux vulgarisateurs et aux paysans, avec des informations actualisées sur la production agricole et le développement rural; ces informations seront spécifiques au pays, pertinentes par rapport aux réalités locales et liées aux sources d'information générales. Ceci est conforme avec la mission de la FAO de renforcer et d'amplifier les circuits de l'information à destination ou à partir des pays membres.

L'expérience de la FAO en matière de développement participatif pourrait être appliquée en vue de définir et élaborer en commun les types d'activités suivants:

Une attention particulière doit être accordée à la participation des femmes et des organisations féminines au service des communautés rurales.

L'approche de la communication pour le développement de la FAO serait cruciale dans la formation, la mise à disposition des informations et services de communications, le contenu des informations sur le développement agricole et rural.

Une attention particulière sera accordée à la liaison des télécentres aux médias locaux en vue de réaliser un "effet multiplicateur" et rendre ainsi l'information plus accessible à de plus vastes audiences et élargir l'accès local aux télécentres.

La FAO pourrait aider les partenaires nationaux et internationaux dans le suivi et l'évaluation des services, technologies, applications et contenu des télécentres en termes de résultats économiques, sociaux, institutionnels, d'informationnels, communicationnels et d'apprentissage et aussi en termes de performance, de rentabilité et de durabilité du projet pilote.

La communication pour le développement est une composante essentielle d'une approche intégrée qui réunit les différents acteurs ou partenaires dans le développement agricole et rural.

La FAO est partisan de l'approche de la communication pour le développement depuis plus de vingt cinq ans. A travers des projets dans plusieurs pays, la FAO exécute des activités de communication pour le développement en se servant de médias tels que la radio rurale et la vidéo pour la formation paysanne dans les campagnes multimédias; pour comprendre les réseaux de communication des paysans; pour établir les liens entre les systèmes de connaissances agricoles, et en matière de vulgarisation participative des paysans.

III. L'expérience de la FAO dans le cadre du télécentre polyvalent communautaire de Tombouctou

La région deTombouctou est située dans la partie septentrionale du Mali. les ruptures sont importantes entre les ressources naturelles disponibles limitées (eaux, terre, pâturages, forêts) et les utilisateurs: 461.956 habitants ainsi que 331.500 bovins. 2100.000 ovins/caprins,137.000 asins et 107 000 camelins.

La région compte six (6) cercles et occupe une superficie totale de 504.776 km2, soit 40% du territoire national.

Dans la région de Tombouctou, il n'existe aucun journal (quotidien, hebdomadaire ou mensuel), ni aucune publication spécialisée éditée et distribuée dans la région; aucune chaîne de télévision ne produit et diffuse ses programmes dans la région de Tombouctou. Les publications et chaînes de télévision diffusées à Tombouctou sont donc conçues en dehors de cette région et ne tiennent pas compte des réalités de la région.

La mise en oeuvre d'un projet pilote de télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou vise cet objectif qu'est l'acquisition par les communautés locales résidentes de connaissances informationnelles et d'un système de communication efficace susceptibles de les aider à résoudre les problèmes de développement divers et spécifiques auxquels ils feraient face.

Il s'agit désormais par l'opérationnalité du TCP (voire d'autres moyens de communication) de doter les communautés rurales et urbaines de Tombouctou de moyens/capacité de rechercher et trouver l'information (juridique, technique, économique, etc.) là où elle se trouve (niveau local, régional, national, international), de la traiter en fonction de leurs objectifs et projets propres, et de les diffuser entre les différents utilisateurs du milieu.

IV. Les besoins en informations et communications des communautes "urbaines" et rurales de Tombouctou

Le télécentre implanté à Tombouctou, chef lieu de la 6ème région économique du Mali, permettra sans doute aux populations de cette région, économiquement faible et très enclavée, d'accéder à des services comme le courrier électronique, le traitement de textes, la consultation sur Internet des bases de données, le transfert de fichiers, etc.

Les populations urbaines de Tombouctou (habitants de la commune urbaine de Tombouctou) ont des besoins de communication. Avec un accès direct au télécentre, ces populations pourront bénéficier de cabines téléphoniques publiques, de services de fax et de messagerie électronique (envoi et réception de messages personnels).

Les populations urbaines ou rurales de Tombouctou pourront consulter les sites Internet ou les grands quotidiens d'information du monde.

Mais ces besoins virtuels, disons ces offres virtuelles, correspondent-ils à un besoin des populations rurales et urbaines de cette zone dans la mesure où il vient se greffer sur des systèmes d'information/communication déjà existants? Comment serait-il perçu par ces populations et leurs organisations? Quels sont les besoins réels de ces populations en information/communication par rapport au TCP? Quels sont les canaux viables de dissémination des informations collectées et traitées par le TCP?

Ce sont à ces questions que l'étude que la FAO a confiée à BECIS (Bureau d'Etudes, de Conseils et d'Interventions au Sahel, basé à Bamako), tente de répondre en utilisant la méthodologie MARP qui a permis de collecter, de traiter et d'analyser les éléments du questionnaire médias et des entretiens semi-structurés.

Sur la base d'un choix raisonné, le questionnaire média destiné à l'identification des besoins en information communautaire a été administré à 52 personnes se trouvant dans les localités suivantes: Tombouctou Ville 36, Toya 4, Koriomé 4, Agouni 3, Nébket Al ilk 2, Tin-Telout 2 et Tehirgui 1.

Les 52 personnes interrogées sont 38 hommes et 14 femmes dont l'âge est compris entre 26 et 60 ans. Leur niveau d'instruction est assez élevé. En effet, 44% d'entre elles ont achevé les études secondaires et 15% sont de niveau supérieur.

Les langues couramment parlées et maîtrisées sont: le français par 54% de l'effectif enquêté, l'arabe 31%, le songhoi 81% et le tamashèq 23%.

De l'étude que nous avons menée à Tombouctou en utilisant les méthodes et outils de l'approche participative (MARP, ISS....), il ressort que les besoins en information des populations urbaines et rurales se manifestent dans les différents secteurs suivants:

a) Les productions agro-hydro-sylvo-pastorales:

Il s'agit des informations sur:

b) La commercialisation des produits: agricoles, pastoraux et artisanaux

Il s'agit des informations sur:

c) Le financement:

Information pour créer des canaux financiers permettant des investissements productifs.

Il y a un problème de financement des activités. Des canaux existent mais mal connus au plan local. La disponibilité de telles informations sur les sources de financement, les modalités d'accès, les bailleurs de fonds impliqués, permettront d'élargir le cercle étroit du financement local.

d) La formation:

Transfert de connaissances nouvelles pour satisfaire les besoins de la clientèle.

e) La diversification du partenariat interne et externe:

f) Information juridique:

g) La Santé - éducation - alimentation:

h) Histoire des localités - monographies villageoises:

Informations sur:

Les besoins spécifiques en information des organisations locales s'expriment de la manière suivante:

Rubriques Besoins d'information des organisations locales:
Il s'agit d'informations sur:
Groupe des jeunes
  • financement des micro-entreprises: structures locales, régionales, nationales et internationales de financement des projets et activités des jeunes;
  • secteurs porteurs d'activités génératrices de revenus et créatrices d'emplois;
  • attribution des marchés publics sur appel d'offre;
  • rôles et place des partenaires d'appui au développement local;
  • éducation scolaire;
  • protection contre les MST/SIDA.
Groupe des femmes
  • promotion des activités économiques: commerce, transformations;
  • financement des activités;
  • nouvelles techniques ou technologiques de transformation des produits agro-pastoraux: (yaourt, fromage);
  • gestion d'entreprise;
  • santé maternelle et infantile;
  • éducation des enfants;
  • alimentation/nutrition des enfants;
  • droits et devoirs des femmes;
  • moyens de lutte contre les MST/SIDA.
Groupe des artisans
  • promotion des produits artisanaux: localisation des marchés régionaux, nationaux et internationaux demandeurs de produits artisanaux;
  • financement des matières premières;
  • stages, séminaires de formation/perfectionnement des artisans pour s'adapter aux exigences de la concurrence nationale et internationale.
Agriculteurs
  • protection/gestion des espaces agricoles;
  • organisation de la commercialisation des produits;
  • gestion des eaux de surfaces au niveau des périmètres irrigués;
  • vulgarisation des techniques agricoles.
Eleveurs
  • diversification des produits: embouche ovine/bovine; viande séchée;
  • techniques et technologies adaptées de transformation des sous-produits animaux: lait, yaourt, fromage;
  • calendrier des zones de parcours et de pâturage et sensibilisation des acteurs;
  • calendrier de transhumance, gardiennage des troupeaux;
  • gestion des points d'eau d'abreuvement des animaux;
  • système de lutte contre les épizooties et les fauves qui s'attaquent au cheptel local;
  • produits/médicaments contre les fauves;
  • santé animale.
Pêcheurs
  • vulgarisation des techniques de pisciculture

Les populations enquêtées ont hiérarchisé leurs besoins en information selon qu'elles habitent le milieu urbain ou le milieu rural:

a) En milieu urbain

Ce sont 96,3% des hommes qui envisagent de faire appel aux services du Télécentre. Parmi les groupes d'informations globalement exposés ci-dessus, leurs choix se hiérarchisent comme suit:

Développement général 29,6%
Développement économique 25,9%
Informations politiques et générales 14,8%
Santé hygiène 7, 4%
Nouvelles nationales 7,4%
Aspects spécifiques Agriculture, Elevage, Machinisme, etc. 3,7%

Quant aux femmes elles font le classement de leurs choix comme suit:

Développement économique 22,2%
Développement général 11,1%
Nouvelles nationales 11,1%
Informations rapides 1,1%
Agriculture, elevage 11,1%
Education 11,1%
Autres 11,1%

b) En milieu rural, la hiérarchisation se présente comme suit pour les hommes:

Développement économique 27,7%
Nouvelles nationales 27,7%
Téléconférence 9,1%
Courrier électronique 9,1%
Autres (informations) 9,1%

Les femmes préfèrent:

Développement économique 40 %
Autres (Information politique nationale, développement général, etc.) 20 %

Les résultats de l'enquête mettent en évidence que les populations en général et les producteurs ruraux en particulier, disposent de sources d'information/communication en particulier la communication interpersonnnelle qui, en milieu rural, est la première source d'information de la communauté villageoise. Ils sont en effet 17 individus, soit 33% de l'effectif enquêté à privilégier la communication interpersonnelle; et ensuite, les massmédias, notamment la radio et la télévision sont utilisées en milieu urbain pour obtenir des informations quotidiennes et sont la source d'informations privilégiée pour 67% des personnes interrogées.

La radio est écouté par 96% de l'effectif pour l'obtention des informations quotidiennes sur la politique nationale (88%) et internationale (79%). La station de radio la plus écoutée est l'ORTM avec 90% de l'effectif de l'échantillon enquêté.

A l'exception de l'ORTM qui couvre toute la région par les informations qu'il diffuse, les radios locales n'arrivent pas à couvrir le cercle de Tombouctou; ces radios locales ont une portée variant entre 15 et 30km. L'installation d'une radio rurale de portée plus grande (50 à 100km) et de gestion communautaire est vivement demandée. La Ville de Tombouctou compte quatre (4) radios locales: Radio Lafia, Radio Bouctou,Radio Al Farouk et Radio Binga. Dotées de petits émetteurs FM de 20 à 25 Watts, ces radios ont une portée maximale de 30 km au Sud de la ville de Tombouctou (zone inondée) et 15 km Nord de la ville de Tombouctou (zone de dunes de sable).

Aucune des quatre (4) radios locales de la région de Tombouctou ne peut efficacement servir de relais pour diffuser les informations du télécentre à une grande partie de la population et encore moins à la population rurale. Globalement les communautés locales privilégient la radio comme le principal moyen de communication.

En effet, les zones rurales et isolées des pays en développement sont caractérisées par une faible densité de la population et l'inexistence quasi totale d'infrastructures des télécommunications. L'accès aux services des télécommunications de base et à l'information sont pourtant une nécessité essentielle pour lutter contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations.

La communauté internationale se mobilise pour la promotion des "Autoroutes de l'Information" et des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Mais dans les pays en développement, en dehors des centres urbains, les conditions d'accès à l'information constituent parfois des obstacles insurmontables. Le fossé donc se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l'intérieur du Sud, entre notamment les élites et les classes moyennes des villes et les populations les plus défavorisées vivant dans les zones rurales.

Ces populations n'ont pas accès aux informations et aux ressources éducatives, nécessaires à l'expansion des connaissances et à la participation, au processus de prise de décision, pas plus qu'elles n'ont accès aux mécanismes qui permettent de communiquer avec les principaux acteurs d'un processus de développement. Par ailleurs, les connaissances et les qualifications disponibles dans les communautés rurales sont souvent négligées.

Les NTIC se présentent de plus en plus comme une solution pour faciliter l'intégration accélérée des zones rurales et permettent ainsi un meilleur développement de plusieurs secteurs tels que l'enseignement, la santé, les petites entreprises, l'agriculture etc. Mais ce développement ne peut être considéré comme durable que si les NTIC constituent des réseaux ruraux, reliés entre eux et avec les autres médias de communication nationaux et internationaux. Or, il se trouve que les principaux acteurs intéressés par cette acquisition de connaissances n'ont pas un accès direct à ces nouvelles technologies de communication. D'où la nécessité d'élaborer une stratégie de communication qui privilégie une approche intégrée centrée sur le rôle des moyens de communication "classiques", en particulier de la radio rurale, comme interface entre les NTIC et les communautés rurales.

La FAO, en vue de rendre accessible au plus grand nombre les informations contenues sur l'INTERNET, a proposé au Gouvernement du Mali une proposition de projet visant à relier la radio à l'INTERNET.

L'objectif global de cette proposition de projet est de promouvoir l'échange d'informations scientifiques et techniques parmi les agriculteurs et les agents de développement par la mise en place d'un système intégré d'information rurale. Ce système utilisera la radio rurale comme intermédiaire entre les communautés rurales et l'Internet ; la radio jouera le rôle d'interface entre les communautés rurales et les services offerts par l'INTERNET, singulièrement ceux relatifs à l'information Scientifique et Technique.

La proposition vise aussi à la création d'un milieu qui favorise une meilleure compréhension de l'importance de l'information et de la communication dans le processus de développement agricole et rural. En particulier le développement d'une certaine sécurité alimentaire, le développement de l'élevage et de la pêche, le relèvement du statut social des femmes, et la réinsertion des jeunes par la création d'emplois. En outre, les équipements télématiques installés dans chaque station radio peuvent faciliter l'accès aux services des télécommunications et multimédia et promouvoir une nouvelle culture des NTIC.

Les NTIC constituent aujourd'hui un formidable outil d'échange d'information et une source d'information. D'une part, elles permettent la diffusion de l'information, d'autre part, elles facilitent la recherche et la réception de l'information. Face aux deux contraintes majeures qui se posent (éloignement des communautés rurales des centres urbains et analphabétisme des populations quant aux langues de disponibilité de ces informations), la radio rurale est le seul outil capable de relayer les informations disponibles sur Internet et provenants des autres radios du système d'information proposé, aux populations rurales. En plus grâce aux équipements mobiles il y a l'avantage de faire remonter le feed-back des populations locales vers la radio et le WEB.

Il s'agit donc de lier les radios rurales entre eux et avec l'Internet à travers la mise en place d'un réseau (Intranet) géré par une équipe conjointe qui sera formée à l'utilisation et à la recherche de l'information pertinente sur Internet. L'équipe sera aussi chargée du traitement de cette information selon le contexte local et les techniques d'écriture et de mise en forme radiophonique; elle devra être capable d'utiliser les outils de l'étude de l'auditoire et de l'audience en vue de mieux connaître les publics auxquels elle adresse les messages et surtout de pouvoir susciter une interactivité à travers un feed-back permanent; cela permettra aux publics de produire en retour de l'information pour la radio et pour Internet, à travers la création d'un site.

L'équipe sera ainsi composée:

Le projet s'appuiera sur un serveur basé à Bamako qui initialement fera le lien entre les sites Web dont le contenu est consacré au développement rural et agricole (notamment les services de WAICENT - Centre Mondial d'Informations Agricoles de la FAO) et les radios rurales du projet Mali Sud (GCP/MLI/020/NET) dans les villes de Bla, Koutiala, Kolondieba et Bougouni ; dans un second temps, la liaison sera étendue aux services virtuels du Télécentre Communautaire Polyvalent de Tombouctou avec les radios installées dans cette zone.

Le schéma ci-après est révélateur des différentes liaisons et mécanismes à mettre en place dans le cadre de cette stratégie d'utilisation des NTIC au sein du projet radio rurale :

L'expérience de la FAO en matière de développement participatif peut être mise en pratique afin de définir et de développer avec les différents partenaires concernés des activités telles que l'identification, l'organisation et la compilation des informations et des bases de données existantes dans WAICENT afin de répondre aux besoins spécifiques du développement agricole et rural par l'intermédiaire du télécentre. Le projet pourrait également assurer la formation d'organismes nationaux associés, de sorte qu'ils puissent produire en format électronique leurs propres informations pour diffusion par l'Internet et la radio rurale.

V. WAICENT/Ressources Web de la FAO

La FAO est en mesure d'aider techniquement à la planification, au développement, à l'adaptation, à la mise en place et à l'évaluation des applications et du contenu du système d'information rurale (SIR). Il y a une grande richesse d'information agricole et de développement rural disponible au Centre Mondial d'Information Agricole (WAICENT) de la FAO, qui peut être organisée, intégrée et diffusée par des télécentres.

Par WAICENT, la FAO peut fournir des informations techniques et de hypermedia sur des sujets couvrant l'agriculture, l'élevage, la sylviculture, la pêche, la nutrition, la sécurité alimentaire, de même que le développement durable; les données statistiques sur la production et le commerce des produits agricoles; les systèmes d'information spécialisés traitant les situations d'urgence et de l'alerte rapide. Cette bibliothèque virtuelle de référence est disponible pour quiconque disposant d'une connexion à l'Internet.

Le projet proposé permettrait à la FAO, en collaboration avec des organismes nationaux et internationaux associés, d'atteindre une large audience, s'étendant aux décideurs, aux conseillers agricoles et aux agriculteurs.

Résultats attendus

Les objectifs du projet seront atteints à travers les résultats concrets suivants:


ANNEXE I

Attentes exprimees vis-à-vis du projet de télécentre

Rôle du télécentre communautaire polyvalent de Tombouctou

La mise en S.uvre d'un projet de Télécentre communautaire polyvalent à Tombouctou s'inscrit dans le but d'acquisition par les communautés locales résidentes de connaissances informationnelles et de système de communication efficaces susceptibles de les aider à résoudre les problèmes de développement divers et spécifiques qui se posent à elles.

En clair, il s'agit désormais par l'opérationnalité du TCP de doter les communautés (rurales et urbaines de la localité de Tombouctou de moyens/capacités de chercher et trouver l'information (juridique, technique, économique etc) là où elle se trouve (niveau local, régional, international), de la traiter en fonction de leurs objectifs et projets propres, et de la diffuser entre les différents utilisateurs de leur milieu. Globalement les communautés locales enquêtées accueillent favorablement la réalisation du projet de Télécentre dont les programmes d'activités devront correspondre aux besoins en information de celles-ci.

Les attentes exprimées vis-à-vis du projet Télécentre ressortent dans les tableaux ci-après:

Attentes d'informations des communautés locales vis-à-vis du Projet de Télecentre

Rubrique Attentes des communautés locales vis-à-vis du Projet Télécentre.
Il s'agit d'assurer le rôle d'interface en matière d'informations:
Commune de Tombouctou
  • réseaux de financement des activités de production
  • rôles et place des partenaires d'appui au développement des projets des jeunes
  • systèmes d'attribution des marchés publics sur appel d'offre
  • santé maternelle et infantile
  • protection/sensibilisation contre les MST/SIDA
  • éducation des femmes
  • vie des femmes d'autres localités, pays, continents
  • offre locale de produits artisanaux
  • localisation des marchés régionaux, nationaux, et internationaux de mandeurs de produits artisanaux,
  • centre de formation/perfectionnement du corps des artisans
  • agro-business
  • rôles et places des partenaires d'appui au développement du secteur rural,
  • expériences des institutions d'appui au monde rural dans d'autres localités, pays, continents
Commune de TOYA
  • diffusion d'informations scientifiques
  • expériences de réussites locales dans le domaine de l'agriculture, élevage, pêche
  • expériences de réussites dans le domaine de l'agriculture/élevage/pêche d'autres localités, pays, continents
  • santé animale: moyens de lutte contre les épizooties et les fauves
Commune de Nebket Al ILK
  • expériences d'élevage dans d'autres localités, pays, continents
  • potentialités locales d'élevage et gamme des offres: viande, cuirs, peaux, etc.
  • localisation des marchés régionaux, nationaux et internationaux demandeurs de produits animaux

Attentes différenciées d'informations vis-à-vis du Télécentre selon les catégories d'organisations

Rubrique Attentes d'informations des organisations
Groupe des jeunes
  • information sur les réseaux de financement des activités de production
  • rôles et places des partenaires d'appui aux projets des jeunes
  • systèmes d'attribution des marchés publics sur appel d'offre
Groupe des femmes
  • santé maternelle et infantile
  • protection/sensibilisation contre les MSD/SIDA
  • éducation des femmes
  • vie des femmes d'autres localités, pays, continents
Groupe des Artisans
  • offre locale de produits artisanaux
  • localisation des marchés régionaux, nationaux, et internationaux de mandeurs de produits artisanaux
  • centre de formation/perfectionnement du corps des artisans
  • sources de financement des activités; notamment le financement des achats de matières premières
Agriculteurs
  • agro-busness
  • rôles et places des partenaires d'appui au développement du secteur rural
  • expériences des institutions d'appui au monde rural dans d'autres localités, pays, continents
Eleveurs
  • expériences d'élevage dans d'autres localités, pays, continents
  • potentialités locales d'élevage et gamme des offres: viande, cuirs, peaux, etc.
  • localisation des marchés régionaux, nationaux et internationaux demandeurs de produits animaux

Source: Enquêtes BECIS/Tombouctou, 1998.


ANNEXE II

Problèmes ressentis et besoins exprimes

Les enquêtes menées au niveau des six (6) localités retenues sur les conditions de vie et les stratégies de survie, mettent en évidence la diversité des problèmes de production ressentis par les différents groupes sociaux:

- Pour les pasteurs touaregs, les problèmes sont notamment les risques inhérents au climat, l'insécurité alimentaire tant pour eux-mêmes que pour leurs troupeaux.

- Pour les pasteurs maures, qui, traditionnellement n'ont pas accès au fleuve (exception faite des Gouanines). C'est l'avenir de leur élevage camélin qui les préoccupe. En outre, ils souffrent de la rareté des pâturages et du rabattement des nappes souterraines exploitées par les puits.

- Concernant les agriculteurs de la vallée, la petitesse des parcelles octroyées sur certains périmètres, la faible capacité à contrôler les prédateurs des cultures, la faible puissance de l'outillage, le manque de moyen de transport, de main d'oeuvre sur les mares, l'absence de commerçants et les coûts élevés de transport, constituent leurs problèmes majeurs.

- S'agissant des femmes, les problèmes les plus importants sont: la faible consommation de services sociaux, l'absence d'accès à la propriété foncière et l'emploi du temps extrêmement chargé.

- En ce qui concerne les jeunes et ex-combattants: la recherche d'emploi et d'activités de services utiles à la région, la réinsertion sociale dans leur communauté, compte tenu des changements de mentalité, de l'expérience acquise, qui est sans rapport avec le milieu traditionnel.

L'ensemble des groupes marginalisés souhaite sortir de l'assistanat et retrouver un emploi et une place dans la société.

Les besoins exprimés

Les pasteurs nomades ayant des droits dans la vallée souhaitent d'abord pouvoir revenir dans leurs territoires traditionnels, y retrouver l'accès aux bourgoutières, en transformer certaines en champs de riz.

Sur le plan des investissements, ils souhaitent voir les principaux sites d'attache, habituels et fonctionnels. Les principaux services à assurer concernent:

i) l'eau pour couvrir les besoins:

ii) les vivres pour assurer les besoins à moindre coût:

iii) les soins de santé primaire:

iv) les services d'éducation à organiser , créant une demande, ce qui sous-tend:

v) l'énergie, solaire ou éolienne pour assurer au niveau des foyers:

vi) L'habitat, ce qui suppose:


ANNEXE III

Perception des moyens de communication par les membres des organisations des localites enquetees

Les avis des membres des organisations des localités enquêtées sur les moyens de communication sont:

Les radios communautaires de la région devront avoir accès aux informations de base afin d'en assurer la plus grande diffusion, ainsi le TCP sera accessible à une grande partie de la population.

Tombouctou ne compte aucun journal d'actualité écrit et diffusé dans la région. La presse écrite distribuée à Tombouctou (l'Essor lu par 38%, les Echos 31%, l'Indépendant 23%, le Républicain 10% et Info matin 06%) est éditée exclusivement à Bamako ou à l'étranger. Ces journaux parviennent avec un décalage assez important entre leur date de parution et celle de réception à Tombouctou.

Les informations recherchées sont surtout celles relatives aux actualités nationales et internationales pour 50% de l'effectif.

Les services d'encadrement, les ONG, les associations et les partenaires au développement représentent une source d'information/communication importante pour les populations et producteurs ruraux. Ils disposent de leurs propres matériels de communication(dépliants, affiches, etc) et d'un réseau d'agents chargés de l'encadrement des populations à travers des programmes d'IEC ( Information, Education, Communication) accompagnant chaque volet d'activité.

Plusieurs ONG travaillent dans le cercle de Tombouctou; il s'agit notamment de:

- APROMORS (Association pour la promotion du monde rural au Sahel) structure d'appui et conseil créée en 1994. Elle apporte son expertise pour le renforcement des capacités locales, la formation des populations pour une meilleure gestion de leurs terroirs, la promotion de groupements féminins, la gestion de caisses d'épargne et de crédit, la mise en place et le suivi de banques céréalières, etc.

- ACORD (Association de coopération et de la recherche pour le développement) ONG internationale, orientée vers le renforcement des structures communautaires: développement de la petite irrigation, alphabétisation et formation, animation coopérative, et sensibilisation des exploitants.

- VSF (Vétérinaires sans frontières) ONG internationale. Elle a plus de 10 ans d'expérience dans le cercle de Tombouctou et s'est fait apprécier.

- CICR (Comité International de la Croix Rouge), mène des actions en matière de développement économique et social.

- CARE, ONG internationale, financée en grande partie par les Etats Unis et les pays scandinaves, intervient plus au niveau de la vallée, dans le domaine de l'irrigation et de l'éducation.

Les services publics et privés d'encadrement, les ONG, associations et Agences de coopération estiment pouvoir tirer le maximum de chaque prestation offerte par le télécentre.

Certaines ONG (comme APROMORS) ont même acquis un parc de micro-ordinateurs multimédia pour être prêt à se connecter sur le télécentre et pouvoir le consulter de leurs sièges.

Les services publics ou privés d'encadrement, ONG et Agences de coopération ont souvent des besoins en documentation. L'absence de bibliothèque ou de centre de documentation sur l'agriculture, la santé, etc. est pour les populations locales un déficit d'information qui peut être comblé par les différents sites spécialisés d'Internet (exemple; WAICENT de la FAO).

Ces services d'encadrement, pourront également bénéficier du courrier électronique dont le coût est beaucoup moins élevé que celui du fax ou du télécentre. Enfin ces services pourront avoir un accès direct aux publications spécialisées et aux quotidiens d'information du monde au moment de leur parution.

Afin de rendre le TCP accessible à une grande partie de la population, les agents d'encadrement des ONG, services techniques et Associations Villageoises devront être fortement impliqués dans le traitement et la vulgarisation des données disponibles sur le WEB.

Les catégories d'informations recherchées par les populations enquêtées sont assez nombreuses; elles se présentent comme suit:

Puis les informations locales avec 65 % se classent 6ème. Ensuite les informations sur la santé, les faits de société et la culture s'équivalent avec 64%.

Enfin sont demandées: les informations sur l'agriculture (61%), les femmes (54%), la musique (40%), les échanges commerciaux (36%) et la messagerie (35%).

L'opportunité de l'opérationnalité du TCP doit permettre de créer un site WEB exclusivement consacré à la région de Tombouctou. Ce site agrémenté par la présentation touristique de la région aura comme base de données:



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