Communication pour le développement Connaissance

Affiché le avril 2000

Méthodologie participative et interactive de la radio rurale

par Jean-Pierre Ilboudo
Spécialiste de la communication
Groupe de la Communication pour le développement
Service de la vulgarisation, de l'éducation et de la communication
Division de la recherche, de la vulgarisation et de la formation


INTRODUCTION

Pour la FAO, le programme d'appui aux radios rurales, situe la communication rurale à trois niveaux: national régional et local; trois types de radio, trois systèmes dont l'harmonieuse articulation permet une vraie communication rurale radiophonique.

L'objectif principal de notre stratégie est de rendre les activités de la radio rurale permanentes, autonomes et de les mettre au service des différentes actions de développement.

Pour ce faire, nos actions sont axées autour de quatre principes méthodologiques:

Ces principes méthodologiques ont été choisis de préférence à d'autres stratégies ou modalités d'exécution possible parce que les réponses que nous apportons à ces demandes doivent couvrir simultanément et de façon complémentaire trois domaines:

L'essentiel dans les activités de la radio rurale c'est de faire en sorte qu'une appropriation de l'outil soit opérée par les populations qui le transforme en une tribune d'expression sur les questions de développement, un instrument de dialogue social, de concertation.

Mais pour ce faire, seule la participation des communautés donnerait à l'outil toutes les dimensions ci-dessus citée ; rapprocher l'outil des auditeurs et auditrices permet leur implication à la conception, l'élaboration et la production des émissions ; et pour celà, il faut se rendre sur place dans les villages et utiliser les techniques de l'approche participative et les genres radiophoniques les plus appropriées en ce qui concerne l'implication des populations.

Méthodologie pour un usage participatif et interactif de la radio rurale

Organiser une sortie sur le terrain en radio rurale revient à organiser une collecte de l'information rurale ainsi que son traitement.

1. Et comme pour toute collecte de l'information, la phase préparatoire est capitale: informations, documentation sur tous les aspects, domaines et secteurs du monde rural. C'est pour cela qu'il est recommandé comme premier principe méthodologique, celui de l'INTERDISCIPLINARITE: l'équipe de la radio rurale doit comprendre des techniciens d'autres secteurs et domaines du développement intéressés par les activités de la radio rurale (Agriculture, Santé, Élevage, Eaux et forêts, Affaires sociales.)

2. LA PROSPECTION

Elle se situe en amont de la sortie sur le terrain: 4 à 3 semaines avant la sortie, une équipe restreinte s'y prépare en se rendant pendant 3 à 4 jours sur le site désigné.

Là l'équipe rassemble les données secondaires sur la localité et le village auprès des structures administratives, les institutions d'appui et d'assistance, s'entretient avec les couches sociales représentatives du village (chefs coutumiers, Imams, les groupements villageois...) pour collecter le maximum d'informations dans le but de connaître ceux avec lesquels on envisage réaliser une série d'émissions de radio rurale.

Il est nécessaire que l'équipe recueille l'historique du village et identifie avec les différents groupes sociaux, les thèmes que les villageois souhaiteraient discuter avec la radio rurale, les problèmes auxquels ils font face, leurs aspirations.

L'équipe devra faire le tour du village pour connaître ses limites, son organisation spatiale ...

Toutes ces données collectives devront être traitées et consignées dans un rapport qui servira à toute l'équipe de préparer la sortie en se partageant les tâches, en planifiant les activités.

Pendant la prospection, il est indispensable d'établir une première relation de qualité avec les populations et ses premiers responsables : le chef de village, le chef coutumier, l'IMAM, les responsables des groupements villageois et de Groupements d'Intérêt Economique, les responsables des associations, les responsables des services techniques décentralisés qui interviennent dans le village même si ces services se situent au niveau préfectoral, sous préfectoral ou départemental.

Savoir qui informer et avec qui négocier et ne pas oublier ceux qui décident. L'on prendra la précaution de préciser la période (date) de la sortie que la radio rurale souhaite faire, la durée du séjour (une semaine à 10 jours). Ces précisions permettent à la mission de prospection de discuter des contraintes qui pourraient survenir pendant la période (activités économiques importantes, cérémonie rituelle, fête religieuse, calendrier des travaux chargé...) avant de prendre une décision commune qui prenne en compte la disponibilité des deux parties. Le problème de logement de l'équipe pendant la sortie ainsi que la préparation des repas devront bien être discutés. L'équipe devra:

Types d'interviews
______________
Situation de terrain

Non directif

Directif

Semi-directif

Exploration

X

-

-

Exploration

-

X

X

Approfondissement

-

X

X

Ces techniques d'entretien serviront à faire l'historique du village (non directif), à connaître les données physiques (paysage, pluviométrie), les données sur la santé, l'agriculture, l'élevage, les types de cultures, la culture (groupes ethniques, relations de parenté, les coutumes, les intérêts.)

Elles permettront également de connaître les réalisations sociales (écoles, maternités, dispensaires) et les infrastructures (barrages), les problèmes que le village connaît etc. (directifs)

L'équipe devra aussi faire un tour du village pour avoir une idée de l'espace et la situation géographique des peuplements, des végétaux (jardins, bois, pépinières, barrages, cours d'eau).

Dès son retour à la station de radio rurale nationale ou régionale, l'équipe devra dépouiller toutes ces données, traiter l'information et la présenter sous forme de rapport monographique.

Cette monographie devra comprendre:

3. LA PREPARATION DE LA SORTIE SUR LE TERRAIN

Outre les précautions d'usage sur le plan technique (vérification du matériel et test de tous les équipements techniques), l'équipe de la radio rurale devrait avoir:

Elle doit définir les thèmes ou sujets à traiter basés sur le rapport monographique de la mission de prospection et sur l'analyse des informations recueillies.

La séance de travail préliminaire doit porter également sur les techniques de collecte de l'information, les outils de communication et les genres radiophoniques utilisables (émission publique, tradition orale, musique du terroir, contes proverbes...), causeries-débats, interviews, magazines d'informations et/ou à thèmes/programmes seront discutés et choisis.

Elle décide enfin les lots pour récompenser les meilleurs candidats des émissions publiques.

4. SORTIE SUR LE TERRAIN: SEJOUR DANS LE VILLAGE

Il s'agit bien d'un séjour dans un ou plusieurs villages. Il est vivement recommandé de choisir un ou plusieurs villages voisins et ayant les mêmes caractéristiques culturelles (linguistiques).

1er jour: le voyage se fera assez tôt le matin pour avoir le temps de faire les formalités d'usages (visite de courtoisie au Préfet, Sous-Préfet, Chef d'Arrondissement) avant de se rendre au village avant midi ou en tout cas avant la tombée de la nuit.

Une fois au village, on va saluer les autorités et responsables, puis on rejoint les cases ou les logements qui ont été désignés pour héberger l'équipe.

2e jour: on commence à s'intégrer au village. On assiste ou on participe aux événements ou activités en cours (baptêmes, obsèques, manifestations culturelles, travaux champêtres...) C'est l'observation participante qui sera utilisée par tous les membres de l'équipe. On découvre, on s'habitue aux visages, à l'environnement, on tisse les premières relations.

Pour la deuxième nuit on pourrait organiser une soirée culturelle pendant laquelle des enregistrements de musiques traditionnelles, de contes, et de proverbes seraient effectués; on utilisera la sonorisation pour permettre aux populations de suivre confortablement les éléments de la tradition orale recueillis, mais également pour créer une animation.

3e jour: L'équipe commence à mieux connaître leurs interlocuteurs au village, et à identifier les thèmes et les sujets qui pourraient faire l'objet d'émissions à produire (causeries-débats, émissions publiques, interviews, magazines d'information et/ou à thème, éléments pour micro-programmes...). Ce 3e jour sera consacré aux visites et aux discussions informelles en vue de préparer la production des émissions. L'on devrait commencer à préparer les guides d'entretien dès le soir.

4e jour: Soit l'on poursuit la préparation des entretiens informels et l'élaboration des guides d'entretien, soit l'on commence les premières interviews quand on sent que la relation de confiance minimale a été créée avec les populations. C'est seulement en ce moment qu'on fait sortir les enregistreurs, les micros, les cordons.

5e jour: Suite de la collecte des informations à travers différents genres radiophoniques; réaliser le maximum d'émissions sur les lieux de travail des populations.

6e jour: Le dernier jour de la sortie verra se poursuivre la collecte de l'information en utilisant les autres genres radiophoniques dont le magazine; du moins l'on recueillera les éléments nécessaires pour la confection de magazines d'information ou à thème (interview, musique, bruitage, témoignage, diction et proverbe).

L'équipe organisera dans l'après-midi ou dans la nuit, une dynamique de groupe sur le thème de la radio rurale (critiques des villageois et des villageoises sur les émissions de la radio rurale, sur les animateurs, les heures d'écoute, la réception du signal, les besoins des auditeurs en thème....)

7e jour: Fin du séjour de l'équipe de la radio rurale; l'équipe remerciera toutes les personnes clés du village, de la région. L'équipe laissera aux villageois le reste des vivres qu'elle a amené avec elle. Au cas où l'équipe déciderait de passer 10 jours sur le terrain, elle aura 2 jours de travail en plus qu'elle organisera en fonction de son programme.

Cette méthodologie est valable pour les radios rurales nationales (ou centralisées) et les radios rurales régionales. Elle est moins valable pour les radios rurales locales.

Elle a été mise au point par le CIERRO (Centre Inter-africain d'Etudes en Radio Rurale de Ouagadougou) au début des années 1980. Ce centre l'a utilisée pour la formation de ses étudiants en radio rurale.

Cette formation a également développé les journées radiophoniques rurales pendant lesquelles les villageois conçoivent et produisent eux-mêmes des émissions de la radio rurale après avoir démystifié l'outil radiophonique que représentent ici le micro, le cordon, l'enregistreur. Ce bel exemple de participation paysanne à la radio est à encourager.

EN CONCLUSION,

Il s'agit aujourd'hui de redonner un nouveau souffle à la radio rurale; que les émissions participatives et interactives deviennent réelles, plus nombreuses, systématiques sur les antennes de la radio rurale en étant rigoureux dans la préparation et l'exécution des sorties sur le terrain, en utilisant les techniques de collecte les plus vivantes, les plus interactives (émissions publiques, causeries-débats, interviews semi-directives).

La réflexion et la recherche sur la radio rurale en tant qu'outil d'enquête sociale devrait permettre une première utilisation des outils et techniques de l'approche participative (MARP, Diobass) pour enrichir la dimension interactive de la radio rurale dont la souplesse, le faible taux d'inertie, l'accessibilité, l'instantanéité lui confèrent les atouts de la participation physique, expressive et cognitive des populations rurales.

Détermination des similitudes entre la radio rurale et la MARP

A chaque outil présenté pour la MARP correspond à peu près son équivalent en Radio Rurale. Cette présentation est également intéressante du fait qu'elle met en valeur des outils de la MARP qui peuvent être utilisés par la Radio Rurale et inversement.

L'autre spécificité à souligner est la typologie de Radio ainsi que les genres de MARP qui peuvent leur convenir comme moyen d'enquête sociale. Ainsi:

Genre de Radio Rurale/Outils MARP
Genre de MARP
Radio Rurale
La Radio Rurale centrale: carte de ressources, carte sociale, l'ISS, transect, focus group Exploratoire Centrale, régionale et locale
La Radio Rurale régionale l'ISS, profil historique, le transect, focus group Thématique Sortie sur le terrain (prospection)
La Radio Rurale locale, l'ISS, profil historique, le transect Suivi-évaluation Evaluation du milieu

L'observation générale ici est que la Radio rurale centrale peut utiliser toutes les trois MARP, alors que par exemple la radio rurale locale n'aura pas besoin de MARP exploratoire.

REFLEXION CRITIQUE SUR LA MARP

*** Sur la MARP en général:

Il est apparu tout au long des échanges que la radio rurale gagnerait à s'inspirer des méthodes de la MARP, une méthode à laquelle il a été recommandé entre autres, pour une meilleure efficacité, la valorisation des moyens de communication traditionnelle (griots, crieurs publics, marionnettes), au lieu de se baser uniquement sur des instruments exogènes.

*** Sur les instruments de la MARP

Que ce soit pour le profil historique -dont on admet le degré tolérable d'imprécision, la matrice jugée trop compliquée pour les paysans car utilisant des dessins, le transect , l'observation directe ou le calendrier saisonnier -celui des paysans étant plus important que celui proposé par les bailleurs de fonds, la conclusion qui s'est imposée est qu'il faut trouver une nouvelle méthode pour l'utilisation de la radio rurale comme instrument d'enquête sociale, la MARP étant seulement un élément de cette démarche. Loin donc l'idée des participants à l'atelier la prétention d'être désormais des "marpistes" achevés.

*** Sur la MARP et la RADIO RURALE

  1. La radio rurale peut se servir de l'un ou l'autre genre de MARP (exploratoire, thématique, suivi-évaluation) selon qu'il s'agit de la radio rurale locale, régionale ou centrale.
  2. De tous les instruments de la MARP, la radio rurale peut emprunter efficacement pour une enquête valable en milieu rural:

*** OBSERVATIONS

Il est important de souligner que la radio rurale dans plusieurs de nos pays africains a été utilisée à des fins de campagne, ou comme diffuseur, au lieu d'accomplir sa vocation première d'être la propriété des ruraux. Dans le but de redresser la situation, il est nécessaire que les principes et les méthodes nouvelles d'investigation comme la MARP soient enseignées dans les écoles de journalisme et de communication, notamment au CIERRO de Ouagadougou, ainsi que dans d'autres séminaires et ateliers rassemblant journalistes et communicateurs. Le rôle des écoles de formation en communication serait entre autre d'arriver à renouveler les équipes actuelles de radio rurale et de rehausser leur niveau de base, afin de trancher avec la routine qui risque de s'installer dans nos stations de radio. C'est aussi une possibilité de redynamiser la radio rurale en lui donnant une nouvelle image par la production de bons magazines à partir des différentes méthodes MARP. Enfin, il faut noter l'importance accordée aux langues locales dans l'approche du monde rural autant par la MARP que par la RADIO RURALE. Mais l'on ne saurait tirer des leçons de la MARP si l'on ne va pas sur le terrain passer à l'application en rapport justement avec la pratique de la RADIO RURALE.

COMPARAISON CRITIQUE DES METHODES MARP ET RADIO RURALE

Dans leurs systèmes de collecte d'informations, les deux méthodes mettent en avant la connaissance du monde rural, le savoir des villageois. La thèse que les paysans connaissent mieux leur terroir que les experts venus d'ailleurs est également partagée par les "marpistes" et les communicateurs de la radio rurale. Bien entendu, pour pouvoir optimiser leurs résultats, dans les deux cas les chercheurs manient les deux savoirs: le savoir scientifique et structuré dispensé dans les écoles, et le savoir diffus et non structuré connu du paysan. La contingence de ce second savoir invite à accepter une marge tolérable d'imprécision; tout le savoir livré par le paysan au chercheur n'étant pas impérativement vrai. Par ailleurs, les deux systèmes cherchent à réunir dans un temps record le maximum d'informations possibles. Ce qui les invite à savoir d'avance et clairement ce qu'ils cherchent, les objectifs visés, c'est à dire en fin de compte savoir à l'avance ce que l'on veut apprendre du paysan. Dans les deux cas également, et cela est bien connu de tous les journalistes, les informations données par les interlocuteurs ne seront considérées comme véridiques que lorsqu'elles seront vérifiées sur plusieurs sources: C'est ce que la MARP appelle la triangulation. D'autre part, on notera que l'interaction et les différentes mises en commun entre le chercheur et la population préconisées par la MARP pour voir régulièrement les informations collectées, et s'il le faut redresser les erreurs constatées est aussi une préoccupation de la radio. Les deux systèmes sont également conscients des facteurs qui souvent constituent des obstacles ou des handicaps à la collecte d'une bonne information; ce que la MARP appelle les "biais". Cela a pu être vérifié également en radio rurale sur le terrain.

Cependant, il convient de souligner le fait que les animateurs de la radio rurale sont généralement connus par les auditeurs, et que donc ils sont mieux intégrés et acceptés. Ce qui constitue un avantage certain pour la collecte des informations. Par ailleurs, la radio connaît une forme d'interaction avec la population qui lui est particulière : l'émission publique. Pour le cas de la radio rurale, il s'est vérifié que ce genre de rencontre avec les paysans est vécue partout dans toute l'Afrique comme une véritable fête populaire. C'est ici alors que le chercheur recueille d'une façon très vivante des informations parfois rares sur les véritables préoccupations de la population. Ces jeux publics ne doivent pas obnubiler les objectifs recherchés, et qui vont être restitués par après sous différentes formes (cartes, diagrammes, calendrier, matrices, graphiques, tableaux, etc.)

Aussi, il a été possible de conjuguer certains outils de la MARP et ceux de la RADIO RURALE. Il ressort de cette expérience que par exemple le transect, peu connu ou peu usité par la radio rurale permet pourtant non seulement une très bonne connaissance du milieu dans lequel on effectue les investigations, mais en plus, bien qu'étant une méthode aléatoire d'échantillonnage, est un outil précieux d'endurance très utile et une mine dans laquelle on peut puiser bien des sujets pour la production d'autres magazines, ou planifier une enquête de l'auditoire.

Enfin, la radio rurale, s'inspirant de certaines techniques MARP et utilisant ses propres méthodes, se révèle être un outil précieux dont peuvent se servir les bailleurs de fonds qui voudraient commander des enquêtes sérieuses au sein du monde rural, avec la certitude d'avoir des résultats très proches des réalités vécues au quotidien par les populations concernées.

CONCLUSIONS

Le but ultime de la méthodologie étant en priorité de voir comment la radio rurale pourrait être utilisée dans un processus d'investigation en milieu rural pour des actions de développement, il apparaît que le travail fait a assez bien dégagé des éléments à prendre en compte pour l'élaboration d'une méthode participative en radio, et qui serait la suivante:

  1. Il faut que les équipes de radio rurale en charge d'une enquête sociale connaissent eux-mêmes les objectifs poursuivis pour qu'ils puissent à leur tour arriver à les expliquer aux populations concernées. C'est le travail préliminaire fait à la radio même.
  2. Des réunions communautaires avec la population, spécialement avec les notables sont impératives, avant même le début effectif de l'enquête pour connaître l'historique du village, les préoccupations des gens, les projets déjà en cours, la situation politique et sociale dans le village. C'est le moment de chercher des informations pour l'élaboration d'une carte du village, avec ses installations, ses activités, la taille de sa population, ses concessions, ses richesses.... C'est donc plus qu'un travail de repérage.
  3. La troisième étape consisterait à entrer véritablement au coeur de l'enquête, par une descente sur le terrain pour plusieurs jours, en se familiarisant sur place avec le terroir, ses problèmes et ses opportunités majeures grâce à des outils empruntés à la MARP, le transect avec les informateurs-clés, des interviews semi-structurées dans le terroir même. C'est également le moment de discuter avec les paysans de leurs problèmes, de les analyser avec eux, d'élaborer une carte réelle du terroir, de faire des interviews avec des personnes ressources.
  4. La quatrième étape consisterait alors à analyser véritablement les stratégies et les problèmes prioritaires, catégorie par catégorie grâce à des interviews individuels notamment- ce qui est une spécialité plutôt de la radio. C'est ici le moment de sortir les appareils d'enregistrement, les micros et les câbles...Des outils empruntés à la MARP, comme le diagramme de Venn seraient aussi d'un précieux secours pour connaître notamment les institutions du village et leurs inter-relations.
  5. Les équipes de radio rurale pourraient ensuite se retrouver entre elles pour les premières analyses des opportunités de recherche et d'action. Ces analyses participatives seraient focalisées sur les problèmes prioritaires évoqués par les paysans, leurs causes et leurs conséquences. Cette démarche pourrait être schématisée par l'arbre à problèmes.
  6. Cette étape précédente conduirait tout naturellement à l'analyse et à la hiérarchisation des possibilités de solution. Toujours dans le souci participatif, il est important d'obtenir le consensus des populations concernées sur les activités à mener, précisément leur part à apporter dans la résolution de leurs problèmes, et ce qu'elles demanderaient comme assistance extérieure. Dans la très pure tradition de la radio rurale, c'est dans une émission publique avec des prix à distribuer aux gagnants que se déroulerait cette étape.
  7. La dernière étape semble être la restitution synthétique, avec les notables ou interlocuteurs de tout ce qu'on se serait fixé, puis la finalisation d'un rapport de terrain fait par les chercheurs, suivi d'une évaluation interne du travail fait par les équipes d'investigation. On devrait conclure par la responsabilisation de chacun quant au suivi des actions décidées ensemble.

La prochaîne livraison concernera une application de la méthodolologie au Cameroun : Comment avons-nous utilisé la radio rurale comme outil d'enquête sociale pour connaître le niveau de connaissance, de perception et de compréhension que les jeunes ont sur des thèmes liés à la santé de la réproduction( MST-Sida, la scolarisation des jeunes filles, la parenté responsible..)


Pour informations ultérieures, écrire à:
Jean-Pierre Ilboudo, SDRE
JeanPierre.Ilboudo@fao.org



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