3. Aspects techniques des SIG
Quelques fonctions de base des SIG
Le SIG est essentiellement un outil qui facilite l'intégration de
données diverses, et qui permet de les transformer selon des formats
compatibles, de les croiser, de les analyser et enfin d'afficher le résultat
de ces analyses sous forme cartographique. Les fonctionnalités de
base des SIG sont les suivantes:
-
production de cartes synthétiques, à différentes
échelles, et selon différents systèmes de projections
-
changement d'échelle, de projections, de légendes,
d'annotations, etc.
-
extraction de cartes issues du croisement de plusieurs informations et
qui représente l'ensemble des attributs issus des cartes de base.
Cette fonction est illustrée par le schéma 3, ci-dessous.
La carte de la page précédente fournit un exemple de résultat
de ce croisement: cette carte de synthèse illustre conjointement
les zones climatiques du golf du Bengale, ainsi que les périodes
de croissance végétative. Elle fournit de ce fait une carte
d'aptitude des terroires au développement d'une culture donnée.
-
création de zones tampon ou de proximité, correspondant à
la distance par rapport à des objets graphique de type linéaire
ou surfacique. Cette technique est utilisée notamment pour la recherche
de zones favorables à une distance donnée de réseaux
de communication (voies ferrées, autoroutes, routes, etc.) ou de
ressources hydriques (fleuves, canaux d'irrigation). Ces zones tampons
peuvent alors être utilisées dans de nouveaux croisements.
-
requête de type spatiale ou attributaire, ou conjointe (quels sont
les parcelles présentant une aptitude au développement d'une
culture X, qui sont situées à moins de Y kilomètres
d'une ressource en eau, et qui possèdent un ensoleillement supérieur
à Z heures par jour en moyenne).
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Illustration simple de la fonction de croisement.
Une carte avec trois polygones (zones) et 3 classes, à savoir 1,
2 et 3 est recouverte avec une autre carte contenant, elle aussi, 3 polygones
et 3 classes A, B et C. La couche résultante de croisement contient
8 polygones avec les noms de classe suivants: A1, A2, A3, B1, B2, B3, C2
et C3. |
Les principales composantes d'un SIG
Les systèmes d'information géographique sont composés
de trois éléments: l'ordinateur, les logiciels, et la composante
humaine (personnel et organisation) qui font fonctionner le système.
a) Le matériel informatique du SIG
Le matériel informatique nécessaire pour faire tourner un
SIG inclue des unités communes à n'importe quel système
de gestion automatisé de base de données, un ordinateur central,
plusieurs unités de disques pour enregistrer des données
et des programmes, un système de bandes magnétiques pour
la sauvegarde de données, des unités de visualisation de
graphique en couleur, et autres éléments périphériques
commun aux ordinateurs.
Un SIG possède, en outre, plusieurs composantes spécifiques,
incluant: un convertisseur analogique/numérique ou un scanner, qui
est employé pour convertir l'information géographique des
cartes sous forme numérique; un traceur, qui imprime les cartes
et d'autres sorties graphiques du système, et pour finir, une table
à digitaliser à option.
b) Les logiciels du SIG
Les logiciels assurent les suivantes fonctions principales:
-
entrée de données: numérisation ou scannérisation
et enregistrement de données attributaires à partir du clavier
-
gestion de base de données
-
analyse et traitement de données
-
interaction avec l'utilisateur (correction cartographique)
-
sortie de données et présentation (traçage)
L'entrée de données implique la conversion
des données cartographiques d'observations terrestres, d'images
satellitaires ou bien encore de photographies aériennes dans des
formats numériques compatibles avec le système.
La plupart de SIG sont équipés de table numériques
qui permettent à l'aide d'un curseur, de créer directement
de nouveaux plans d'information à partir de cartes papiers. Ce travail
nécessite une certaine expérience et requiert parfois un
travail ultérieur de structuration et/ou de nettoyage des fichiers
résultants (pour fermer par exemple les surfaces ou résoudre
des intersections erronnées).
L'utilisation de scanner est un moyen de plus en plus utilisé
pour automatiser la numérisation de grandes quantités d'information.
Ce système élimine le travail de digitalisation manuelle
des lignes et assure une bonne qualité géométrique.
Bien que cette méthode soit plus rapide que la digitalisation manuelle,
elle n'est pas adaptée à tous les cas de figure et nécessite
d'une carte d'origine peu chargée, au risque de numériser
une partie des informations toponymique ou d'un long travail de nettoyage
des fichiers scannés.
La qualité des sources des données et la méthode
d'intégration choisie pour ces données, affecteront la qualité
des produits finaux issus du SIG; et ceci quelque soit la sophistication
du matériel ou des logiciels utilisés. Il est fréquent
que les inventaires des ressources naturelles soient incomplets ou anciens,
il est alors préférable de mettre à jour cet inventaire
avant de commencer toute la phase de numérisation de ces données.
La gestion de base de données comprend principalement
les fonctions suivantes: structuration, requête, analyse et enregistrement des données attributaires.
Le traitement des données couvre deux types d'exécution:
-
la préparation des données par l'élimination d'erreurs
ou la mise à jour
-
l'analyse des données pour fournir des réponses aux questions
que l'utilisateur pose au SIG.
Le traitement, selon sa nature, peut opérer conjointement
sur les données spatiales et attributaires ou sur seulement l'un
des types de données. On peut citer quelques traitements classiques
tels que le croisement de différentes cartes thématiques,
traitement des superficies et des distances, aquisition d'information statistique
à partir de données attributaires; changement des légendes,
le changement d'échelle et de projection, la création d'une
zone tampon, ou bien encore la représentation en trois dimensions
à partir d'un modèle numérique de données d'élévation
de terrain tel que celui de la figure à droite.
La restitution des données et leur présentation
peut être sous forme d'affichage écran par l'intermédiaire
d'un moniteur couleur, cette visualisation pouvant elle même être
exportée sous forme de fichiers graphiques, soit sous forme de sortie
cartographique papier.
c) Ressources humaines et organisation
Il est courant de présenter un SIG en ne décrivant que les
aspects logiciels et matériels de celui-ci. On oublie alors l'une
des composante essentielle: la composante humaine, la seule à même
de faire fonctionner et de piloter le système de manière
pertinente et efficace.
Le SIG ne doit être perçu comme un "outil miracle"
par le gestionnaire de ressources. La qualité des données
qu'il produit sera à la hauteur de la qualité des données
sources et de leur pertinence vis à vis de la problématique
posée. Le résultat sera donc à l'image de la maîtrise
des outils et concepts des SIG et de leur bonne application dans un cadre
thématique donné, et cela quelque soit le niveau de complexité
des outils utilisés.
Comme pour tout travail cartographique, la collecte de données
et la création de nouvelles base de données géoréférencées,
exigent des niveaux de compétence pointus, une formation adaptée
des personnels chargés de cette collecte et de la saisie,
et un contrôle qualité à toutes les étapes.
En d'autres termes, outre la qualité du matériel et
des logiciel acquis, l'utilisation pertinente d'un SIG requiert un effort
en matière de formation, de planification, d'organisation et de
suivi afin d'assurer une bonne qualité et l'intégrité
du produit final.
La coordination entre des spécialistes d'horizons divers est
également un des éléments clés de cette réussite.
L'expertise spécifique, apportée par des thématiciens
(ex: production vivrière, gestion de forêt, aquaculture) devra
être mise à profit tout au long du développement d'applicatifs
"métiers" et permettra aux informaticiens et spécialistes
de base de données, de construire un modèle de données
adapté à ces contraintes thématiques. Les cartographes
et spécialistes en télédétection peuvent être
également associés à certaines phases de développement.
Dans la plupart des pays en voie de développement, la collecte
d'information sur les ressources naturelles et le recensement des systèmes
de traitement existant, restent toujours relativement peu développés.
Par conséquent, le développement d'une nouvelle application
à un niveau national ou régional requiert, dans bien des
cas, l'amélioration des systèmes existants de collecte, voir
la création de nouveaux réseaux de collecte. La FAO, comme
les autres agences d'assistance technique, se doit donc de développer
sa propre compétence en matière de SIG, ainsi que dans les
domaines associés (télédétection, cartographie),
afin de fournir l'expertise technique requise au niveau national.
Formats ou modèles de données:
vecteurs et rasters
Au sein d'un SIG, le monde réel est représenté
généralement à partir de l'un des deux grands modèles
de données suivants: le modèle vecteur ou le modèle
raster.
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 |
| Modèle vecteur : l'ensemble
des objets sont représentés à partir de points, lignes
ou surfaces, définies en coordonnées réelles ( X,Y).
Chaque ligne étant définies par une succession de points
appelés vecteurs, et chaque surface étant définie
par les arcs qui tracent ses limites. |
Modèle raster ou maillé:
le monde réel est représenté par une succession régulière
de cellules, selon un maillage défini. A chaque cellule est associée
une valeur donnée. |
La plupart des SIG ont la capacité de transformer les données
d'un format à l'autre. Les figures suivantes illustrent le passage
d'une représentation selon le modèle vecteur, vers le modèle
raster:
Chaque modèle a ses propres avantages et inconvénients
| |
Avantages |
Inconvénients |
| Raster |
-
Il est plus facile d'écrire des programmes pour traiter
les données
-
Modèle assurant une meilleure compatibilité
avec les données maillées telles que images satellitaires
numériques
-
Meilleure compatibilité avec certaines sorties
du type traceurs à jet d'encre ou terminaux graphiques
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-
Requiert beaucoup de mémoire pour des
bases de données contenant beaucoup d'attributs
-
Difficultés à représenter exactement
les lignes (lignes topographiques, route, chemins de fer, etc.) à
moins que la taille de la cellule soit petite.
-
Nécessité de disposer d'un dispositif de conversion
vecteur raster pour intégrer des données vecteur (ex: banque
de données topographique nationale)
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| Vecteur |
-
Beaucoup moins de mémoire requise
-
Possibilité de représenter la carte dans sa
résolution initiale
-
Possibilité de représentation d'attributs multiples.
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Les fonctions spatiales d'analyse sont beaucoup plus complexes
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Certaines données de variable continues (ex: altitude,
images satellitaires) ne peuvent être représentées
sans traitement préalable (classification ou discrétisation)
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