4. Applications des technologies des SIG


Une des manières les plus intuitives pour aborder les domaines d'application des SIG consiste à formuler les questions auxquelles serait confronté un utilisateur potentiel. Comme nous l'avions déjà mentionné lors du chapitre précédent, il est essentiel que ces utilisateurs potentiels définissent de manière la plus précise et exhaustive possible leur besoin en information et leur besoin de traitement de cette information (par exemple envisager les différents croisements).

L'utilisation plus poussée de SIG  repose en grande partie sur ses capacités de modélisation: construire un premier modèle avec des données du monde réel sous forme numérique et employer ce modèle pour  simuler l'effet d'un processus spécifique dans le temps et selon un scénario défini. La modélisation est un outil puissant pour analyser les tendances et identifier les facteurs clés, ou pour afficher les éventuelles conséquences de décisions ou de projets de planification sur l'utilisation et la gestion de ressources naturelles.

Au niveau continental, par exemple, des cartes de terrain peuvent être combinées avec des cartes hydrologiques et des données climatologiques pour produire des cartes d'aptitudes des terres pour de différents modes ou intensité d'exploitations ou de cultures spécifiques. Des données démographiques et administratives peuvent être ajoutées pour établir des scénarios d'offre et de demande futur par région ou par pays.

Au niveau national et local, les applications possibles de SIG sont presque infinies. On peut citer  par exemple celui d'un planificateur agricole qui rechercherait de ce fait les sites potentiellement les plus favorables pour développer une certaine culture de rente. L'usage de bases de données géographiques qui combinent les sols, la topographie et les précipitations, déterminerait la taille et l'emplacement des zones biologiquement favorables. Un ultérieur croisement avec des données concernant les propriétés des terres, et des capacités de transport et de diffusion de ces nouvelles productions (proximité au réseau de transport et de commercialisation) donnerait des indications ultérieures quant à l'augmentation de la marge brute du profit. Les charactéristiques des différents attributs de chaque scénario prospectif peuvent être modifiées dans le temps pour prendre en compte de nouvelles variables comme, par exemple, l'impact des périodes de sécheresse, la fluctuation des prix domestiques et mondiaux, ou le développement de nouvelles infrastructures.

Modéliser, suppose souvent le recours à des analyses de proximité et l'interpolation. La figure ci-dessus illustre un exemple d'analyse de proximité basée sur une représentation par des polygones de Voronoi. L'Afrique australe a été divisée dans ce cas en polygones de Voronoi (ou de "tessellation"),  avec au centre de chaque polygone une station météorologique. Chaque polygone représente la zone d'affectation à une station météo donnée, compte tenu du fait qu'elle est la plus proche à vol d'oiseau. Ce diagramme a été utilisé pour estimer des ressources d'eau. Pour de plus amples informations sur les programmes d'évaluation de ressources en eau menés par la FAO, voir Service des eaux de la FAO.

Les applications potentielles des SIG dans le domaine des pêches sont très variées. Il est utile de les classer par catégorie: capture de ressources halieutiques et aquaculture. Pour la capture des ressources halieutiques, les SIG peuvent aider à aborder les trois aspects spatiaux: l'environnement marin, les ressources halieutiques et les pêcheries. Cet outil, en utilisant des sources de données variées (dont la télédétection passive et active), peut servir pour la prévision de l'emplacement des stocks, ainsi que pour aider à la gestion, le contrôle et la surveillance du mouvement de ces stocks (pêcheries par écran) pour optimiser les prises selon la distance des liens de pêche par rapport aux marchés de commercialisation.

En aquaculture, les SIG sont utilisés pour prévoir des perspectives de développement selon des indicateurs spatiaux. Fondamentalement, ce genre d'application se résume à deux questions:

Les SIG peuvent aider également à résoudre l'accès compétitif aux ressources en eau dans l'hypothèse d'un développement de nouvelles zones aquicoles. La question est de fixer une limite à partir de laquelle les conséquences de l'utilisation de cette ressource en eau deviennent préjudiciables pour l'économie locale, voir non rentable.

La carte ci-dessous a été produite par le projet de pêches continentales de la FAO.

Pour de plus amples informations sur le projet, téléchargez la réévaluation stratégique du potentiel piscicole en Afrique (résumé - MS-Word 6.0)

Les planificateurs silvicoles peuvent employer les SIG pour surveiller les impacts du déboisement, et pour optimiser les coupes, pour adapter le développement de la filière bois, ou bien encore pour évaluer l'impact de ces coupes sur le paysage, selon les types de sol, les espèces, la croissance et le rendement.

Le gestionnaire de faune sauvage peut employer les SIG pour déterminer la taille et l'emplacement des groupes d'animaux pour cartographier les relations d'offre et de la demande des besoins de la consommation, ou pour déterminer des zones offrant des conditions favorables (habitat et chaîne alimentaire) pour des espèces spécifiques.

En résumé, le SIG permet d'intégrer, sous  forme numérique, des données spatiales issues de thématiques variées. Celles-ci  peuvent alors être affichées, manipulées, modifiées et analysées rapidement dans un nouveau format, disponible pour la visualisation ou la production de nouvelles cartes. La cartographie traditionnelle (sur papier), par contre, est relativement longue à préparer (parce que manuelle) et  ne peut pas prendre en compte des paramètres environnementaux variables rapidement dans le temps, si ce n'est que par un travail manuel ultérieur, et n'offrant pas la même possibilité de synthèse et de comparaison entre plusieurs ensembles de données cartographiques.

Cette information numérique issue de la mise en oeuvre d'un SIG,  se prête en outre très facilement à une large diffusion, facilitée notamment par le dévelopement récent de supports numériques tels que les lecteurs de CD-ROM ou l'internet. Au fur et à mesure que les cartes digitales deviennent d'utilisation courante, les coûts de digitalisation peuvent être partagés entre plusieurs usagers.


< Précédente Page d'accueil Suivante >