RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: Étude sur les besoins en information/communication et formation des groupes concernés par les activités du projet «création d'un centre communautaire multimédia au sein de la CEMAC»
L'étude «Besoins en Information/Communication et Formation des Groupes Cibles» a été mise en place en RCA à cause de la carence en information et communication du monde rural qui le maintient en marge des progrès réalisés ailleurs dans le secteur agricole. En effet, très peu d'émissions et d'articles sont consacrés au monde rural alors que l'agriculture, l'élevage et la pêche sont les éléments essentiels de l'economie Centrafricaine.
La tranche de la population lettrée des zones rurales n'a pas accès aux rares analyses de la presse relatives au monde rural. Cette étude relève d'une part une faible couverture du territoire national par les médias publics et la presse écrite, et d'autre part, une carence sensible en lois pour réglementer définitivement le secteur de l'information et de la communication et libérer le secteur.
Cependant, les agriculteurs sont conscients de l'importance des informations pour le développement de leurs activités; cela s'explique par le nombre assez important d'agriculteurs alphabétisés. Les populations rurales ont pourtant accès à d'autres canaux selon les situations socio-professionnelles, tels que les rares journaux amenés par les voyageurs, les films, les affiches et les prospectus.
Les principales émissions produites par la Radio Rurale sont la monographie des régions (situation géographique socio-économique et culturelle de chaque région) et les chroniques consacrées à chaque catégorie socio-professionnelle: agriculteurs, éleveurs, femmes productrices etc.
C'est ainsi que cette étude vise à promouvoir le développement rural qui s'articule sur l'amélioration de niveau de vie de la grande masse, de la population à faible revenu résidant dans les zones rurales et la possibilité de faire durer ce développement grâce à l'implication de la population.
La RCA, pays essentiellement agricole et doublement enclavé de l'extérieur comme de l'intérieur reconnaît que son développement ne peut se concevoir que dans un grand ensemble. A l'heure actuelle, elle est un pays membre de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Le secteur agricole est l'une des priorités de la CEMAC, car ce secteur fait travailler plus de 66% des populations de la Communauté. En outre, La Cebevirha, organe spécialisé de la CEMAC dans les domaines de l'élevage et de la pêche, a déduit que la faible capacité des pays membres en information/communication, est un grand handicap pour la mise en oeuvre des activités de développement.
Afin de pallier à cette insuffisance, la Cebevirha a envisagé la création d'une structure régionale susceptible de procéder au transfert des connaissances, et qui vise à l'augmentation globale de la production, et à l'amélioration des conditions de vie des populations.
En conséquence, la Cebevirha a programmé pour la première phase de la réalisation de ce projet, une enquête, afin d'identifier les moyens d'information et communication existants, et les besoins en formation des groupes concernés dans chaque pays de la CEMAC.
Cependant, le développement endogène mené par cette étude, est une stratégie de développement économique qui privilégie la création et le renforcement d'un système productif local avant d'affronter les paramètres extérieurs.
En outre, la classification des besoins dans l'ensemble fait ressortir la grave carence en information/communication des groupes concernés, source de tous les maux qui minent la vie des paysans: pauvreté, difficultés pour accéder aux soins, à une bonne habitation, à une bonne alimentation. En dépit des nombreuses contraintes, à travers l'animation rurale, les encadreurs peuvent réduire la portée et le poids des carences et déficits par la formation des producteurs à:
- une bonne gestion des groupements;
- des nouvelles techniques culturales;
- la transformation et conservation des produits;
- le traitement du cheptel;
- l'utilisation des nouvelles technologies;
- les techniques pour une pêche rentable;
- la gestion des crédits et subvention.
Le Gouvernement Centrafricain a déduit que cette situation découle de l'absence d'information et de communication adéquates aux activités de développement. C'est ainsi que le Gouvernement va opter de faire de la communication un facteur essentiel de développement économique, social et culturel en prenant la décision de doter la RCA d'un Programme National de Communication pour le Développement(PNCD).
Malheureusement, la dégradation du contexte socio-politique du pays ne permettra pas au processus d'aboutir malgré la disponibilité du PNCD.
Subséquemment, le Gouvernement demande en 1995 à la FAO de l'appuyer en moyen humain, matériel et financier afin d'atteindre son objectif.
Il a été recommandé à la Communauté Economique du Bétail, de la viande et des ressources halieutiques (Cebevirha), qui a initié le processus de l'implantation d'un Centre Multimédia en Afrique centrale de tout mettre en oeuvre afin que ce centre soit installé dans un meilleur délai pour un développement rapide des pays de la Sous région.
Ce centre contribuera à l'information, la communication et la formation des producteurs économiques en coopération avec les médias existants notamment la Radio Rurale en réalisant par exemple, réalisant des affiches, des prospectus et des boîtes à images pour la sensibilisation, l'information et la formation des agriculteurs, des éleveurs, des pêcheurs, des femmes productrices et commerçantes.
De même au gouvernement de la RCA, de par exemple faire établir un programme annuel des réunions périodiques de sensibilisation, de formation et des campagnes relatives aux secteurs agro-pastoraux et les autres producteurs économiques par le Département en charge.
Finalement, il a été aussi recommandé à la FAO, de continuer à apporter son appui matériel, financier et technique à ce projet d'installer des bibliothèques dans les inspections décentralisées et les doter de documentations spécialisées et de matériaux de sensibilisation (boîte à images, prospectus etc.) et de doter ces inspections de matériels de projections et de films réalisés sur l'agriculture, l'élevage, la pêche, les activités du monde rural en général, notamment celles des femmes productrices et commerçantes.
En conclusion, toutes les parties prenantes au développement doivent donner la priorité à l'information et communication en participant à l'amélioration des canaux et supports d'information, mettre ensemble les données sur les recherches afin de révolutionner le secteur du développement rural et mutualiser les moyens pour plus d'efficacité.