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Nouvelles du terrain

La mise en réseau physique des radios rurales au Niger et leur connexion a l'Internet est-elle possible ?

INTRODUCTION

Le Niger est un pays a vocation essentiellement agricole. Il est à 85% rural. La population active représente environ 87% de la population totale. Le monde rural est en majorité analphabète et marqué par une insuffisance d'accès aux infrastructures d'information et de télécommunication. Le seul moyen d'atteindre les populations isolées reste la radiodiffusion pour la transmission des informations nécessaires à l'amélioration des conditions de vie en milieu rural.

L'insuffisance des moyens (équipements logistiques) et le manque de diversification de l'information font que la radiodiffusion rencontre des difficultés en matière de couverture et de production.

Vis-à-vis de cet handicap, le Gouvernement du Niger a manifesté sa volonté de réorganiser le secteur de la communication de façon plus cohérente pour mieux affronter les exigences de la nouvelle société de l'information. L'objectif de cette nouvelle stratégie de communication est de permettre au secteur de la communication de jouer pleinement son rôle, celui d'aider les acteurs de la société nigérienne à avoir un meilleur accès à l'information et aux connaissances, source d'amélioration de condition de vie économique et sociale. Au niveau rural, le gouvernement souhaite développer des canaux de transmission qui pourront assurer tant dans le domaine de la production que celui de la diffusion des émissions thématiques sur le développement pour lutter contre la pauvreté et l'isolement. Il a privilégié la voie radiophonique.



C'est dans ce contexte que le gouvernement nigérien a demandé 1'assistance de la FAO et de 1'UNICEF pour la relance des radios rurales au Niger sous forme d'un projet, le projet TCP/NER/2903.

De son exécution, le projet a prévu huit (8) activités parmi lesquelles, deux portent sur la mise en réseau. Il s'agit précisément de:

1. la mise en réseau physique d'une vingtaine de radios et la création d'un réseau des radios rurales au Niger,
2. relier la radio rurale à l'Internet.

De l'exécution du projet, cette mise en réseau n'a pas eu lieu. Le projet ne peut pas relier dans l? immédiat les radios rurales à l'Internet. Il a donc été recommandé de préparer une proposition de projet qui prendrait en compte les conclusions de la mission effectuée par TREINEN.

Cependant, du dynamisme et de la vitesse de propagation qu'enregistrent les nouveaux développements de la technologie, n'est-il réellement pas possible de mettre en réseau toutes les radios rurales au Niger et les relier à l'Internet? Si oui, comment pourra t-on procéder?

L'objectif spécifique de cette présentation porte sur cette mise en réseau physique des radios rurales et leur connexion à l'Internet au Niger.

I. EXECUTION DU PROJET

Les dispositions du document de projet TCP/NER12903 ont prévu des consultations techniques (CTS) et des appuis techniques (STS) assurés par des fonctionnaires de la FAO siège. Les consultations doivent être effectuées successivement par un fonctionnaire de la division SDRE et un fonctionnaire de l'unité de diffusion de WAICENT (GILF).

Du 1er au 16 décembre 2003, la mission a eu lieu. Elle avait pour objectif en terme de mandat de:

- faire un état des lieux des stations radios concernées par le projet, de leur équipement, des dispositions prises pour se connecter à l'Internet, des connaissances du personnel chargé de la recherche d'information sur l'Internet;

- proposer un schéma et un mécanisme pour relier les radios rurales entre elles à travers l'Internet par la mise en place d'un réseau (Intranet) géré par une équipe conjointe qui sera formée à l'utilisation et a la recherche de l'information pertinente sur l'Internet.

A. RESULTATS DE LA MISSION (1-16 décembre 2004)

De sa visite de terrain, le fonctionnaire conclu qu'il n'est pas possible pour l'instant de relier entre elles toutes les radios rurales concernées par le projet et ce pour les raisons suivantes:

- missions différentes des radios publiques et privées (commerciales, associatives, ou communautaires) ;

- ligne téléphonique (indisponibilité, mauvaise qualité des liaisons),

- manque d'équipements informatiques ;

- dépannage informatique impossible au niveau local (en milieu rural),

- manque de formation en informatique (de base, maintenance, réparation) ;

- infrastructures peu adéquates pour les radios communautaires ;

- connexion à l'Internet au Niger (coûts élevés, faible débit, peu de centraux numériques) ;

- situation financière des radios (achats d'équipement impossible sur ressources propres) ;

- alimentation en énergie limitée pour les radios communautaires.

Compte tenu de la réalité du terrain, 1'auteur a trouvé important de procéder par étapes et dans cette optique a fait des propositions qui doivent être analysées.

- la mise en réseau physique des radios concernées par le projet avant leur mise en réseau via Internet. Cette mise en réseau permettrait de maintenir le contact entre les radios suite aux différentes formations reçues dans le cadre du projet en vue de favoriser des échanges et/ou la production en commun d'émissions 1iées à des thèmes de développement.

- l'appui à la mise en place d? une structure de coordination de ce réseau étant donné les différents statuts institutionnels des radios.

- la mise en place d'un cadre de partenariat entre l'UNICEF, la FAO et l'ACMAD qui définirait les modalités d'utilisation et d'alimentation du site RURANET.

- la formation des radios à l'utilisation des équipements et à la recherche de l'information et son traitement selon le contexte local.


Cependant, une deuxième mission a eu lieu du 25 juin au 16 juillet dans le même cadre. Il ressort de cette mission une nette amélioration du parc d'infrastructures technologiques dans le pays.

L'objectif de la mission a porté sur le bilan de toutes les activités du projet, de faire une étude de faisabilité de la mise en réseau physique des radios concernées par le projet et de faire des propositions pour leur mise en réseau Internet.


B. RESULTATS DE LA MISSION II (25 juin-16 juillet 2004)

De la visite de terrain et des résultats d'entretiens, il résulte qu'une mise en réseau physique est possible entre toutes les radios rurales concernées par le projet. L'argument de l'absence des statuts juridiques et cahiers de charges ne constitue pas un obstacle à cette mise en réseau pour des raisons suivantes :

* toutes les radios privées visitées possèdent au moins un ordinateur. Quelques unes ont un accès à l'Internet ;

* du projet SAT3 (projet, BOAD, Banque Ouest Africaine de Développement) sur la fibre optique qui doit relier le tronçon Cotonou-Niamey-Ouagadougou, tout est fait, il ne reste que le décaissement. Le projet est au stade du lancement des avis d'appel d'offre à Niamey sur le creusement et la pose de la fibre.

* La dorsale numérique Niamey-Konni-Zinder est faite.

* la libéralisation des télécommunications interviendra pour l'année 2005.

Cependant, des contraintes d'ordre financier, d'ordre organisationnel et d'infrastructure suffisante sont à prendre en compte en vue de la réalisation de 1'objectif.

Face à ces contraintes et considérant les résultats de la mission, le statut juridique et le cahier de charges ont constitué des points sur lesquels les responsables des radios souhaitent des clarifications.

Le statut juridique et le cahier de charges constituent des éléments fondamentaux pour un meilleur partage de flux d'information entre les radios. Ils contribuent à une organisation efficace dans la répartition des responsabilités de chaque type de radio. De ce fait, ils peuvent constituer un pilier, un chantier fédérateur pour le projet principal, mais n'entravent pas la mise en réseau des radios et leur connexion a l'Internet. Il faut simplement clarifier les définitions des types de radios existants, passer de la radio comme simple outil à la radio comme concept, et définir chaque concept. A partir de ces nouveaux concepts, il peut être relativement aisé d'élaborer le statut juridique et les cahiers de charges de chaque type de radio puis chercher une bonne harmonisation. Pour cette dernière une table ronde serait souhaitable. Elle réunira les différents bailleurs de fonds, les intervenants du développement et les responsables des radios rurales. Ainsi les propositions du réseautage peuvent s'appliquer facilement.

II. PROCEDURE, ETAPES ET METHODOLOGIE

L'objectif poursuivi est celui de proposer un système de transmission d'information horizontale. Un certain nombre d'interrogations se posent. Comment relier la radio a l'Internet? Par quels moyens et quelles procédures? Est-ce réellement le meilleur moyen pour véhiculer l'information? Comment procéder?

A. ACTIVITES PROPOSEES

Sont présentés ci-dessous quelques activités à mener par étape :

- créer un réseau téléphonique ou sans fil, entre les villages ;

- mettre en réseau les radios par le système de mailing ou de CD-ROM logiciels, en utilisant le service du téléphone ou le service satellitaire ;

- ensuite ouvrir l'accès à tout le réseau Internet ;

- construire des noeuds de relais reliant les sept régions du pays à partir de la capitale ;

- commencer d'abord par relier entre elles les radios rurales privées (1) ;

- ensuite étendre le réseau aux radios communautaires (2).

B. METHODOLOGIE

Il s'agit de raccorder tous les villages enclavés ou isolés au réseau téléphonique ou au satellite à partir d? un village déjà raccordé prit comme pilote. Une étude technique sur le terrain avec des données chiffrées serait nécessaire à entreprendre. Pour l'efficacité du réseau et la réussite de l'opération, il peut être plus efficace de procéder par un système de zonage, découper le pays en zones composées de régions. Dans chaque zone une région doit être choisie comme lieu d'implantation d'une antenne VSAT. Au niveau de chaque région un état des lieux des radios rurales permettra de désigner celle habilitée à jouer le rôle de relais. Elle sera choisie en fonction de ses potentialités à savoir son degré d'infrastructure, sa rigueur, sa position et la qualité de sa reproduction.
Le découpage suivant peut être analysé :

Zone 1 : Agadez - Diffa - Zinder
Zone 2 : Maradi - Tahoua - Agadez
Zone 3: Tillabery - Niamey - Dosso

Un système de quatre antennes VSAT peut donc être installé. Niamey peut servir de central, elle reçoit les données et les distribue. Le choix des noeuds de relais sera fonction des potentialités d'accès à l'Internet de la région. Le choix de la station régionale sera fonction de son positionnement et de sa capacité à couvrir un rayon important. Les mêmes critères seront appliqués au niveau des radios rurales et des offices de poste et télécommunication (OPT). Après une phase expérimentale du réseau, une extension sous régionale et mondiale peut être envisagée. A titre d'exemple, Diffa peut servir de relais avec le Tchad. Maradi, Zinder et Tahoua s'ouvriront vers le Nigeria. Dosso servira de lien avec le Bénin et le Nigeria. Tillabery sera en liaison avec le Burkina Faso et le Mali (cf. Schéma 1).

L'objectif final est de développer un système d'information horizontale entre les paysans et les producteurs d'information et entre les paysans eux-mêmes. Un intermédiaire polyvalent pourra servir de traducteur d'information en langue du village au niveau des radios communautaires. La proposition serait de former une personne capable d'assurer la traduction en langue ou dialecte du village, qu'elle soit compétente en technique de communication, en informatique et en électronique. Mais qui va assurer le financement de cette formation et la rémunération de cette personne? Pour la pérennisation du système, une sorte de contrat incitatif reliant entre eux, l'intermédiaire, la population paysanne, les vulgarisateurs et l'Etat pourra être analysé.

Schéma : Proposition de liaison et fonctionnement au niveau local (voir le link)

L'efficacité dans le système de transmission de l'information vers les radios rurales serait d'assurer un échange réciproque instantané. On parle de système d'information horizontal. La bande unique latérale (BLU) peut permettre la transmission d'information chaude au profit des villages isolés. La mise en réseau et la connexion Internet peut le faire.

Des potentialités actuelles, l'objectif poursuivi est possible. En utilisant la liaison par satellite directement et les plaques solaires, et en tenant compte des avancés sur la numérisation et la pose de la fibre optique, toutes les radios rurales privées ou communautaires peuvent être connectées au Niger. Les liaisons spéciales Internet seront bientôt accessibles à l'intérieur du pays. Ce qui va améliorer la vitesse de navigation.

 

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