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Suivi des progrès accomplis dans le cadre des indicateurs des objectifs de développement durable liés à l’alimentation et à l’agriculture en 2020

Rapport sur les indicateurs sous la responsabilité de la FAO

SDG 2 Target SDG 5 Target SDG 6 Target SDG 12 Target SDG 14 Target SDG 15 Target

Avant-propos

En septembre 2019, le Forum politique de haut-niveau a fait remarquer que le monde «n’était pas en voie» d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD). Ce constat fait écho à la principale conclusion tirée de l’édition précédente du présent rapport, publiée en juillet 2019, selon laquelle le monde n’atteindrait pas la plupart des cibles des ODD liées à l’alimentation et à l’agriculture d’ici 2030.

La situation n’a pas vraiment changé cette année, qui marque le début du compte à rebours pour la décennie restante avant la date à laquelle le Programme de développement durable à l'horizon 2030 (Programme 2030) devrait s’achever. Selon les données récentes, qui figurent dans le présent rapport et qui ont été collectées avant la pandémie de covid-19, les progrès demeurent insuffisants dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture et le monde est loin d’atteindre les cibles y afférentes d’ici 2030.

Aujourd’hui, en raison de la covid-19, une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent menace les vies et les moyens de subsistance, ce qui rend la réalisation de ces cibles encore plus difficile.

Selon, les dernières estimations, qui datent de 2019, avant la pandémie, 690 millions de personnes environ, soit 8,9 pour cent de la population mondiale, souffraient de la faim, soit une hausse annuelle de 10 millions de personnes et d’environ 60 millions en cinq ans. À l’échelle de la planète, l’insécurité alimentaire modérée ou grave a enregistré une hausse entre 2015 et 2019 et touche à présent 25,9 pour cent de la population mondiale, soit environ deux milliards de personnes, les femmes étant plus exposées que les hommes à une insécurité alimentaire modérée ou grave.

En moyenne, la productivité et les revenus des petits producteurs alimentaires sont systématiquement inférieurs à ceux des producteurs alimentaires à plus grande échelle. Cette décennie, les dépenses publiques pour l’agriculture ont relativement stagné par rapport à la part de PIB mondial que représente l’agriculture, celles-ci étant bien plus faibles au début des années 2000.

La proportion de pays exposés à une forte volatilité générale des prix des produits alimentaires a baissé en 2017-2018, mais plus d’un quart d’entre eux ont continué d’en pâtir.

Seule une infime partie (1,3 pour cent) des quelque 7 600 races de bétail locales que compte la planète disposent d’un stock de matériel suffisant pour assurer leur reconstitution en cas d’extinction: une situation inappropriée étant donné que 73 pour cent du bétail local évalué est menacé d’extinction.

Si une augmentation du nombre mondial d’accessions de ressources génétiques végétales destinées à l’alimentation et à l’agriculture a été signalée, celles-ci passant de 4,21 millions en 2005 à 5,43 millions en 2019, le travail abattu pour garantir la diversité des cultures laisse encore à désirer, surtout pour les variétés sauvages apparentées à des variétés cultivées et les espèces cultivées sous-utilisées.

En ce qui concerne les droits fonciers, les inégalités hommes-femmes sont omniprésentes: sur 9 des 10 pays évalués, le nombre de femmes qui bénéficient d’un droit de propriété ou de contrôle sur des terres agricoles est relativement inférieur à celui des hommes. Les cadres juridiques garantissant aux femmes les mêmes droits fonciers que les hommes ont une portée qui varie de très faible à moyenne dans plus de 60 pour cent des pays évalués.

Le niveau de stress hydrique dans le monde se situe au niveau acceptable de 17 pour cent, mais des régions telles que l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’Afrique du Nord enregistrent des niveaux de stress hydrique très élevés, avec des taux supérieurs à 70 pour cent.

Par ailleurs, il est impossible d’estimer le taux de gaspillage des produits alimentaires aux stades de la vente au détail et de la consommation, mais le taux de denrées perdues après récolte aux stades de l’exploitation, du transport, du stockage et de la transformation s’établit à 13,8 pour cent à l’échelle mondiale, ce qui représente 400 milliards de dollars USD.

De façon générale, la plupart des pays ont nettement progressé dans la mise en œuvre des instruments internationaux visant à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR) et à soutenir la pêche artisanale. Cependant, la proportion de stocks de poissons dont le niveau est biologiquement viable n’a cessé de décliner, passant de 90 pour cent en 1974, à 65,8 pour cent en 2017, soit une baisse de 1,1 point de pourcentage par rapport à 2015.

La superficie forestière continue de diminuer dans le monde, bien qu’à un rythme légèrement plus lent qu’au cours des dernières décennies. La superficie forestière est passée de 31,9 à 31,2 pour cent de la surface terrestre mondiale entre 2000 et 2020, ce qui constitue une perte nette de presque 100 millions d’hectares de forêts dans le monde.

En dépit de la perte globale de forêts, le monde a progressé vers la réalisation de la gestion durable des forêts. La biomasse forestière aérienne par hectare, la proportion de la superficie forestière située à l’intérieur d’aires protégées et soumise à des plans de gestion à long terme et la superficie des forêts certifiées ont augmenté ou sont restées stables dans le monde en général ainsi que dans la plupart des régions du monde.




Incidences de la covid-19 sur les statistiques relatives à l’alimentation et à l’agriculture

La pandémie de covid-19 exacerbe les problèmes liés au manque de données dans un contexte où il est devenu plus que jamais essentiel de disposer d’informations fiables rapides pour apporter des réponses politiques immédiates et assurer le suivi des programmes de développement nationaux et internationaux. Nombre d’activités de collecte de données reposant sur des interviews directes ou en face à face ont dû être reportées ou suspendues en raison du confinement des pays.

Dans le même temps, des plans d’atténuation et des plans d’urgence sont mis en place dans de nombreux pays. Les producteurs de données ont revu leurs stratégies, principalement en optant pour d’autres moyens de collecte et en appliquant de nouvelles méthodes statistiques, afin de combler les lacunes en matière de données et réduire l’incidence de ce déficit sur la qualité des données.

Les outils et méthodes disponibles n’ont pas totalement tenu le rythme face à une situation qui évolue rapidement.

La FAO est l’organisme responsable de la collecte, de la validation et de la diffusion à l’échelle mondiale des données et des informations relatives à l’alimentation et à l’agriculture, y compris les 21 indicateurs liés aux ODD dont la FAO est responsable. L’Organisation collecte régulièrement les informations et statistiques nationales pertinentes et envoie des questionnaires selon le calendrier qu’elle a convenu.

Elle coordonne et prête également son appui à la conduite d’enquêtes et de recensements nationaux sur le secteur agricole, mais leurs planification et mise en œuvre ont été mises à mal par la pandémie. L’ampleur de l’impact dépend du stade auquel se trouvaient les enquêtes et les recensements au moment du confinement (à savoir la planification, les activités sur le terrain, le traitement ou l’analyse de données).

Effets des activités de recensement de l’agriculture

La FAO coordonne le Programme mondial du recensement de l’agriculture (FAO, 2015), qui vise à appuyer les pays dans la réalisation de leurs recensements agricoles nationaux au cours du cycle 2016-2025. Les pays planifient soigneusement leurs activités de recensement de l’agriculture afin que les données sur les cultures et l’élevage soient recueillies en temps utile au cours d’une campagne agricole donnée. Un retard des activités de recensement peut se traduire par le report du dénombrement d’une année entière si la saison agricole est manquée.

Alors que la pandémie se poursuit, la distanciation physique, les restrictions de mouvement et d’autres mesures correctives prises par les pays ont eu des incidences sur les activités de recensement (FAO, 2020a). La FAO les surveille afin de prêter son appui aux pays en temps utile.

Après un examen rapide et des consultations officieuses (FAO, 2020b) avec les autorités chargées du recensement de l’agriculture dans 150 pays, il apparaît qu’à la fin juillet 2020, les activités de recensement avaient été:

  • retardées dans 27 pour cent des pays;

  • reportées dans 22 pour cent des pays;

  • suspendues dans 4 pour cent des pays.

Par ailleurs, 9 pour cent des pays participants ont achevé leur recensement sans avoir été perturbés (hormis les pays ayant terminé leur recensement plus tôt et ayant planifié d’en mener un deuxième, plus tard dans le cycle). Par ailleurs, 38 pour cent des pays ont indiqué que leurs activités de recensement de l’agriculture n’avaient pas encore été perturbées. Les deux-tiers de ces pays se situent à un stade précoce de planification.

La pandémie continue de faire apparaître des incertitudes concernant les activités de recensement de l’agriculture et accroît les inquiétudes quant au financement, aux périodes de référence du recensement de l’agriculture, à la qualité des données et au dénombrement par sondage pour les enquêtes agricoles à venir. Les retards pris dans le recensement de la population pourraient également se répercuter sur les plans nationaux de recensement de l’agriculture dont la base de sondage repose sur le recensement de la population.1.

Pour remédier à cette situation, la FAO fournit un appui technique à distance aux pays qui mènent des recensements de l’agriculture. Un nombre croissant de pays renoncent à la collecte de données porte-à-porte et s’orientent vers des méthodes informatiques. Les activités de recensement se poursuivent par le biais du télétravail et de cours de formation en ligne destinés aux formateurs, superviseurs et enquêteurs, tandis que les activités de collecte de données sont menées via des entretiens sur le web et des interviews téléphoniques assistés par ordinateur, parallèlement aux activités de recherche dans les archives administratives.

Un bilan des enseignements tirés de la crise met en lumière certaines mesures d’atténuation conformes aux recommandations présentées dans les directives relatives au Recensement mondial de l’agriculture 2020 (FAO. 2015, 2018).

1 Pour consulter un aperçu des effets de la covid-19 sur le Programme mondial de recensements de la population et des logements 2020: https://unstats.un.org/unsd/demographic-social/census/COVID-19/

Incidences sur les enquêtes agricoles

En raison des interruptions partielles ou totales des systèmes nationaux de statistiques, les activités liées aux enquêtes agricoles ont été restreintes (FAO, 2020). Selon une récente enquête mondiale en ligne menée par le Département des Nations Unies pour les affaires économiques et sociales et le Groupe de gestion des données sur le développement de la Banque mondiale (UNDESA et BM, 2020), pour 25 pour cent des pays participant à l’évaluation (122 pays au total), les enquêtes agricoles ont été reportées ou suspendues (figure B.1).

L’enquête ayant pour but de suivre les incidences de la covid-19 sur les opérations des agences nationales de statistiques en général, elle couvre d’autres sources de données clés qui concernent les indicateurs relatifs aux ODD dont la FAO est l’organisme responsable (enquête sur le budget des ménages/enquête revenus-dépenses, enquête sur la population active, par exemple). Les résultats révèlent que la quasi-totalité des moyens permettant de collecter les données clés sont compromis. Il s’agit d’un défi majeur et persistant car les données qui permettent de compiler les indicateurs des ODD reposent essentiellement sur ces sources de données.

En raison des difficultés opérationnelles, des restrictions de financement et des nouveaux besoins en matière de données, il est vital de fournir une assistance technique et des ressources financières aux bureaux nationaux de statistiques, notamment à l’intention des pays à revenu faible et ceux à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Figure B.1: Pourcentage des pays ayant suspendu ou reporté leurs activités de terrain relatives aux enquêtes nationales planifiées en raison de la pandémie de covid-19

  • Maintenue
  • Reportée à plus tard en 2020
  • Reportée à 2021 et au-delà
  • Reportée pour une période indéfinie
  • Reportée jusqu’à la fin de la crise

Source (en anglais): https://unstats.un.org/unsd/covid19-response/covid19-nso-survey-report.pdf

Comment la FAO soutient les pays pendant la pandémie de covid-19

Afin de lutter contre l’incidence de la pandémie sur la collecte des données et les moyens d’existence en termes d’insécurité alimentaire et de perturbations des systèmes alimentaires, la FAO apporte une assistance technique et aide au renforcement des capacités nationales dans plusieurs régions.

Pour suivre l’impact socioéconomique de la covid-19, la FAO a adapté son module d’enquête utilisant l’échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (échelle FIES) dans le but de répondre au besoin urgent de mesurer et de suivre l’insécurité alimentaire dans le contexte de la pandémie et d’évaluer rigoureusement son impact. L’échelle FIES a été adaptée pour répondre à la nécessité d’obtenir des renseignements rapides et fiables.

De plus, la FAO exploite également d’autres sources de données permettant d’aider les pays à évaluer en temps réel l’incidence de la pandémie sur les systèmes alimentaires et, parallèlement, de compenser les restrictions liées à la collecte de données sur le terrain. Les séries chronologiques de données par satellite servent à identifier et surveiller les risques de perturbation de la production de végétaux et des chaînes de valeur induite par la pandémie de covid 19.

Une fois que les données satellitaires sont analysées, d’abord pour identifier les types de plantes, puis pour évaluer le stade de leur croissance, les modèles d’apprentissage automatique sont ajustés de manière à les classifier pour l’année en cours et les années précédentes. Ensuite, les informations spatiales et autres données connexes (cartes sur les types de culture, superficie et rendement des cultures) sont superposées aux données ventilées par région géographique (par exemple, nombre de mesures de restrictions imposées par les autorités publiques, nombre de cas de covid-19) afin que la prise de décisions soit éclairée et fondée sur des données probantes.

Voici certaines des grandes initiatives de la FAO visant à suivre l’incidence de la covid-19 sur l’alimentation et l’agriculture:

  1. L’outil de collecte de mégadonnées du Laboratoire de données de la FAO permet de recueillir, d’organiser et d’analyser en temps réel les informations relatives aux chaînes de valeur alimentaires, aux prix des denrées, à la sécurité alimentaire et aux mesures adoptées en la matière.

  2. L’outil de suivi et d’analyse des prix alimentaires de la FAO comprend les dernières informations et analyses concernant les prix intérieurs des produits alimentaires de base, principalement dans les pays en développement, et complète l’analyse de la FAO sur les marchés internationaux. L’outil permet d’alerter rapidement lorsque les prix élevés des denrées à l’échelle des pays constituent une menace pour la sécurité alimentaire.

  3. Le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) est une plateforme interinstitutions qui a pour but d’améliorer la transparence des marchés internationaux des produits alimentaires et les mesures prises par les pouvoirs publics en matière de sécurité alimentaire. Le système évalue les disponibilités alimentaires (surtout le blé, le maïs, le riz et le soja) et offre une plateforme permettant de coordonner l’action publique en période d’incertitude des marchés.

Références:



SDG 2 Target

Objectif de développement durable 2

Faim zéro

Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable.


table_view TABLEAU RÉCAPITULATIF

INDICATEURS


Aperçu

L’élimination de la faim, la réalisation de la sécurité alimentaire et la promotion d’une agriculture durable restent un enjeu de taille, à plus forte raison dans le sillage de la crise covid-19. Partout dans le monde, la faim et l’insécurité alimentaire ont légèrement augmenté, et la malnutrition touche encore des millions d’enfants. La situation risque d’empirer en raison des ralentissements économiques et des perturbations causées par une récession, elle-même déclenchée par la pandémie.

Les pays doivent redoubler d’efforts pour soutenir les petits producteurs alimentaires, conserver les ressources génétiques végétales et animales destinées à l’alimentation et à l’agriculture, adopter des mesures visant à lutter contre la volatilité des prix des denrées alimentaires et allouer une plus grande part des fonds publics à l’agriculture, proportionnellement à sa contribution au PIB.

Indicateur 2.1.1 des ODD

Prévalence de la sous-alimentation (PoU)

Situation actuelle: Proche de la cible
Évaluation de la tendance = Stagnation

Cible 2.1

D’ici à 2030, éliminer la faim et faire en sorte que chacun, en particulier les pauvres et les personnes en situation vulnérable, y compris les nourrissons, aient accès toute l’année à une alimentation saine, nutritive et suffisante.

Le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde est en lente augmentation depuis 2014. Actuellement, près de 690 millions de personnes dans le monde auraient faim, soit 8,9 pour cent de la population mondiale, ou 10 millions de personnes de plus en un an et presque 60 millions en cinq ans.

Cette année, des données plus récentes sur la consommation alimentaire de nombreux pays ont permis d’estimer plus précisément la prévalence de la sous-alimentation. En particulier, des données nouvellement accessibles ont permis de revoir l’ensemble des estimations annuelles de la sous-alimentation en Chine en remontant jusqu’à 2000, ce qui a entraîné une importante révision à la baisse du nombre de personnes sous-alimentées dans le monde.

Néanmoins, la version révisée confirme les éléments suivants:

  • Le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde augmente modérément depuis 2014.

  • Près de 690 millions de personnes dans le monde ont faim, soit 8,9 pour cent de la population mondiale, ou 10 millions de personnes de plus en un an et près de 60 millions en cinq ans.

  • Aujourd’hui, il y a près de 60 millions de personnes sous-alimentées de plus qu’en 2014, année où la prévalence était de 8,6 pour cent, et 10 millions de personnes de plus qu’en 2018.

  • Le monde n’est pas près d’atteindre l’ODD 2.1 «Faim Zéro» d’ici à 2030.

Figure 1: Nombre et pourcentage de personnes sous-alimentées dans le monde, 2005-2019

  • Nombre de personnes sous-alimentées (en millions)
  • Prévalence de la sous-alimentation (pourcentage)

Sur le plan régional, la prévalence de la sous-alimentation en Afrique subsaharienne était estimée à 22 pour cent de la population en 2019, soit près de 235 millions de personnes sous-alimentées, contre 21,2 pour cent en 2015. Ce chiffre, qui représente plus du double de celui de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du Nord (soit 9 pour cent, un taux proche de la moyenne mondiale), est le plus élevé de toutes les régions. Cependant, ces deux régions ont connu une détérioration marquée depuis 2015, la prévalence de la sous-alimentation passant de 8,6 à 9 pour cent.

Plus de 37 pour cent des personnes sous-alimentées dans le monde vivent en Asie centrale et en Asie du Sud, un nombre estimé à 259 millions de personnes en 2019. Pourtant, la proportion de personnes sous-alimentées dans la région est de 13 pour cent, soit moins qu’en Afrique subsaharienne. Ces dernières années, la région a progressé dans la réduction du nombre de personnes souffrant de la faim, avec une baisse de 5,8 millions depuis 2015.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, la prévalence de la sous-alimentation représentait 7,4 pour cent en 2019, un chiffre en deçà du taux mondial de 8,9 pour cent, qui correspond à 48 millions de personnes sous-alimentées. Ces dernières années, la faim a connu une hausse dans la région, 9 millions de personnes sous-alimentées sont venues s’ajouter entre 2015 et 2019.

Il existe de nombreux facteurs à l’augmentation de la faim ces dernières années. Les ralentissements et les fléchissements économiques, en particulier la crise financière de 2008-2009, ont exacerbé la pauvreté et la sous-alimentation. Beaucoup de pays parmi les plus pauvres du monde ont accompli des progrès considérables, mais près de 10 pour cent de la population mondiale vit encore avec 1,90 USD ou moins par jour, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Les grandes inégalités en matière de répartition des revenus, des actifs et des ressources, combinées à l’absence de politiques de protection sociale efficaces, compromettent l’accès à la nourriture, en particulier chez les personnes pauvres et vulnérables. Une grande dépendance à l'égard des exportations et des importations de produits de base accroît la vulnérabilité de plusieurs pays et régions aux chocs extérieurs.

Figure 2: Pourcentage des personnes sous-alimentées, par région, en 2015 et en 2019

  • 2015
  • 2019*

Note: *L’Amérique du Nord et l’Europe sont absentes car la prévalence de la sous-alimentation y est inférieure à 2,5 pour cent. Source: FAO.

La fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes, l’altération des conditions environnementales et la propagation des ravageurs et des maladies qui en découle depuis 15 ans contribuent à maintenir les cercles vicieux de la pauvreté et de la faim, en particulier lorsqu’ils sont exacerbés par des institutions fragiles, des conflits, de la violence et des déplacements massifs de populations. La course aux ressources essentielles telles que les terres et l’eau ont joué un rôle prépondérant dans la montée de la violence et des conflits armés dans certains pays.

Les petits agriculteurs et les communautés qui dépendent directement de leur capacité à produire leur propre nourriture sont les plus touchés par ces phénomènes. La prévalence de la faim est également plus élevée dans les pays où la population croît rapidement et où l’accès aux soins de santé et à l’éducation est médiocre. Tout ceci démontre que la sécurité alimentaire, la nutrition et les conditions sanitaires de la population sont directement liées, et que ces liens jouent sur les perspectives de croissance économique et de développement.


Indicateur 2.1.2 des ODD

Prévalence d’une insécurité alimentaire modérée ou grave au sein de la population, évaluée selon l’échelle de mesure du sentiment d’insécurité alimentaire (FIES)

Situation actuelle: Loin de la cible
Évaluation de la tendance: Détérioration

Cible 2.1

D’ici à 2030, éliminer la faim et faire en sorte que chacun, en particulier les pauvres et les personnes en situation vulnérable, y compris les nourrissons, aient accès toute l’année à une alimentation saine, nutritive et suffisante.

On estime que 2 milliards de personnes dans le monde n’avaient pas un accès régulier à une alimentation sûre, nutritive et suffisante en 2019, ce qui les expose davantage à diverses formes de malnutrition et de mauvaise santé.

L’indicateur 2.1.2 des ODD est la prévalence d’une insécurité alimentaire modérée ou grave au sein de la population, évaluée selon l’échelle de mesure du sentiment d’insécurité alimentaire (FIES).

Les dernières estimations en date indiquent que 9,7 pour cent de la population mondiale (soit 746 millions de personnes) a été exposée à des niveaux d’insécurité alimentaire grave en 2019. L’insécurité alimentaire grave et la sous-alimentation (indicateur ODD 2.1.1) sont des concepts connexes proches de celui de la faim chronique. Dans l’ensemble des régions, hormis l’Amérique du Nord et l’Europe, ainsi que l’Asie de l’Ouest et l’Afrique du Nord, la prévalence de l’insécurité alimentaire grave a augmenté entre 2015 et 2019.

Seize pour cent supplémentaires de la population mondiale, soit plus de 1,25 milliard de personnes, ont été en situation d’insécurité alimentaire modérée. Les personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire modérée n’ont pas régulièrement accès à une nourriture nutritive et suffisante, même si elles ne souffrent pas nécessairement de la faim.

En 2019, la prévalence des niveaux modérés et graves d’insécurité alimentaire (indicateur 2.1.2 des ODD) est estimée à 25,9 pour cent, soit 2 milliards de personnes pour l’ensemble du monde. En cinq ans, l’insécurité alimentaire totale (modérée ou grave) a augmenté dans le monde, principalement en raison de la hausse de l’insécurité alimentaire modérée.

Si l’Afrique subsaharienne est la région où l’on observe les niveaux les plus élevés d’insécurité alimentaire totale, c'est en Amérique latine et dans les Caraïbes que celle-ci augmente le plus rapidement, le taux étant passé de 22,9 pour cent en 2014 à 31,7 pour cent en 2019, en raison d’une nette hausse enregistrée en Amérique du Sud.

D’après la figure ci-dessous, environ deux tiers des personnes souffrant d’insécurité alimentaire totale (modérée ou grave) dans le monde se trouvaient soit en Asie centrale ou occidentale, soit en Afrique subsaharienne. Plus particulièrement, l’Asie centrale et l’Asie du Sud abritent 702 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire (soit 35 pour cent du total mondial), tandis que 605 millions de personnes (soit 30 pour cent du total mondial) en situation d’insécurité alimentaire vivent en Afrique subsaharienne.

Figure 3: Répartition des personnes souffrant d’insécurité alimentaire modérée ou grave, par région, 2019 (en millions)

  • Océanie
  • Asie centrale et du Sud
  • Afrique subsaharienne
  • Amérique latine et Caraïbes
  • Europe et Amérique du Nord
  • Afrique du Nord et Asie de l’Ouest
  • Asie de l’Est et du Sud-Est

À l’échelle mondiale, la prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou grave (au niveau le plus grave uniquement) est plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Le fossé entre les hommes et les femmes en matière d’accès à la nourriture s’est creusé entre 2018 et 2019, notamment au niveau modéré ou grave.

Il existe de nombreuses preuves sur les liens entre l’insécurité alimentaire et les formes de malnutrition, y compris le surpoids et l’obésité. Ces liens peuvent s’expliquer par le fait que l’insécurité alimentaire – même à des niveaux modérés de gravité – nuit à la qualité du régime alimentaire. Ce constat va dans le sens du fondement théorique de l’échelle de mesure du sentiment d’insécurité alimentaire (FIES), selon lequel les personnes en situation d’insécurité alimentaire modérée font face à des incertitudes concernant leur capacité à obtenir des produits alimentaires et ont dû réduire la qualité nutritionnelle et/ou la quantité de la nourriture qu’elles consomment.

Ce constat fait ressortir un lien important entre les cibles 2.1 et 2.2 des ODD, qui visent à mettre fin à toutes les formes de malnutrition.

Figure 4: Prévalence d’une insécurité alimentaire grave ou modérée, par région, en 2015 et en 2019

  • Grave
  • Modérée

Source: FAO


Indicateur 2.3.1 des ODD

Indicateur 2.3.2 des ODD

2.3.1 - Volume de production par unité de travail, en fonction de la taille de l’exploitation agricole, pastorale ou forestière

2.3.2 - Revenu moyen des petits producteurs alimentaires, selon le sexe et le statut d’autochtone

Les données permettant d’évaluer l’évolution à l’échelle mondiale sont insuffisantes.

Cible 2.3

D’ici à 2030, doubler la productivité agricole et les revenus des petits producteurs alimentaires, en particulier les femmes, les autochtones, les exploitants familiaux, les éleveurs et les pêcheurs, y compris en assurant l’égalité d’accès aux terres, aux autres ressources productives et intrants, au savoir, aux services financiers, aux marchés et aux possibilités d’ajout de valeur et d’emploi autres qu’agricoles.

La productivité moyenne des petits producteurs est systématiquement inférieure à celle des producteurs alimentaires à plus grande échelle. En outre, dans la plupart des pays, les revenus des petits producteurs alimentaires n’atteignent pas la moitié de ceux des producteurs alimentaires de plus grande taille. Il est trop tôt pour se faire une idée des progrès accomplis.

Pour suivre les progrès accomplis en vue d’atteindre la cible 2.3 des ODD, il est indispensable de mesurer la productivité et les revenus des petits producteurs alimentaires. En effet, cette cible reconnait qu’ils jouent un rôle essentiel au service de la production alimentaire mondiale mais qu’ils éprouvent aussi de plus grandes difficultés à accéder aux terres, aux autres ressources productives, aux intrants, aux connaissances, aux services financiers, aux marchés et à d’autres opportunités. À cet égard, il est de la plus haute importance de renforcer la résilience et la capacité d’adaptation des petits producteurs alimentaires pour inverser la tendance à la hausse de la faim et réduire le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait quelque 570 millions d’exploitations agricoles, dont la majorité est de petite taille. Dans certains pays, les petits producteurs représentent jusqu’à 85 pour cent des producteurs alimentaires dans leur ensemble. La notion de petits producteurs alimentaires ayant été définie au niveau international, la FAO est en mesure de calculer la productivité moyenne de leur main-d’œuvre ainsi que leurs revenus moyens.

Seuls 11 pays ont présenté des données sur la productivité de la main-d’œuvre des petits producteurs alimentaires. Et pour cause, de nombreuses enquêtes ne rendent pas compte de façon comparable de l’apport de main-d’œuvre dans l’agriculture et, lorsque c’est le cas, les informations sont limitées à la production végétale. Si l’on tient compte de ces restrictions, la productivité moyenne de la main d’œuvre des petits producteurs est systématiquement inférieure à celle des producteurs alimentaires à plus grande échelle, et ce dans tous les pays.

On dispose d’informations relativement plus substantielles (38 pays) sur les revenus des petits producteurs alimentaires. À nouveau, ceux-ci sont systématiquement en-deçà de ceux des grands producteurs alimentaires. En effet, dans la plupart des pays, les revenus des petits producteurs alimentaires n’atteignent pas la moitié de ceux des producteurs plus importants. Cette affirmation vient renforcer l’appel essentiel de la cible 2.3 des ODD, à savoir doubler les revenus et la productivité des petits producteurs alimentaires.

Figure 5: Production agricole par jour de travail pour un échantillon de pays, par taille d’exploitation, en PPA (USD constants de 2011)

  • Producteurs à grande échelle
  • Petits producteurs

Figure 6: Revenu annuel moyen tiré de l’agriculture pour un échantillon de pays, par taille d’exploitation, en PPA (USD constants de 2011)

  • Producteurs à grande échelle
  • Petits producteurs

Indicateur 2.5.1.a des ODD

Nombre de ressources génétiques végétales destinées à l’alimentation et à l’agriculture sécurisées dans des installations de conservation à moyen ou à long terme

Évaluation de la tendance = Amélioration

Cible 2.5

D’ici à 2020, préserver la diversité génétique des semences, des cultures et des animaux d’élevage ou domestiqués et des espèces sauvages apparentées, y compris au moyen de banques de semences et de plantes bien gérées et diversifiées aux niveaux national, régional et international, et favoriser l’accès aux avantages que présentent l’utilisation des ressources génétiques et du savoir traditionnel associé et le partage juste et équitable de ces avantages, ainsi que cela a été décidé à l’échelle internationale

Malgré la hausse du nombre d’accessions de ressources génétiques végétales destinées à l’alimentation et à l’agriculture enregistrée dans le monde en 2019, le travail abattu pour garantir la diversité des cultures laisse encore à désirer, surtout pour les variétés sauvages apparentées à des variétés cultivées et les végétaux sauvages constituant une source d’aliments, ainsi que pour les espèces cultivées négligées et sous-utilisées.

Les ressources phytogénétiques sous-tendent la sécurité alimentaire mondiale, la nutrition et les moyens d’existence de millions d’agriculteurs. Elles sont cruciales pour adapter les cultures aux conditions environnementales changeantes et permettre l’intensification durable de la production agricole.

À la fin de l’année 2019, le matériel détenu par les banques de gènes à moyen ou à long terme dans 103 pays et 17 centres de recherches régionaux et internationaux était estimé à 5,43 millions d’accessions, soit une augmentation de 1 pour cent par rapport à l’année précédente. Ces estimations ont été établies sur la base des rapports actualisés de 59 pays et 15 centres de recherches, représentant 75,2 pour cent des accessions au total, et sur les rapports de l'année précédente pour les autres pays et centres.

Augmentations nettes du matériel détenu par les banques de gènes. Dans presque toutes les régions du monde, le matériel détenu a augmenté entre 2015 et 2019. L’Asie centrale et l’Asie du Sud, ainsi que l’Afrique du Nord et l’Asie occidentale ont enregistré les plus fortes augmentations relatives. Au cours de l’année, le germoplasme conservé a augmenté dans 40 des 59 pays et dans 7 des 12 centres internationaux.

Diminutions nettes du matériel détenu par les banques de gènes Des diminutions nettes (supérieures à 1 pour cent) ont été observées dans six pays: trois en Europe, une en Asie occidentale (-1,7 pour cent), une autre en Afrique de l’Est (-10,7 pour cent) et une dernière en Amérique du Sud (-11,4 pour cent). Ces pertes ont été attribuées à l’insuffisance des ressources humaines et financières en Afrique de l’Est et en Europe de l’Est et, dans les régions restantes, au fait que les doublons aient été identifiés et éliminés.

Au mois de décembre 2019, 290 banques de gènes dans le monde entier conservaient approximativement 96 000 échantillons appartenant à plus de 1 700 espèces classées dans des catégories de l’UICN indiquant une situation très préoccupante au niveau mondial, notamment des espèces sauvages apparentées à des cultures vivrières particulièrement importantes pour la sécurité alimentaire mondiale et locale.

Ces dernières années, l’action mondiale pour préserver la diversité des cultures dans des installations ex situ conformes aux normes n’a pas suffi à suivre le rythme alarmant des menaces que fait peser le changement climatique sur la diversité des cultures et des espèces qui leur sont associées dans des conditions agricoles et sauvages, surtout pour les variétés sauvages apparentées à des variétés cultivées et les végétaux sauvages constituant une source d’aliments, ainsi que pour les espèces cultivées négligées et sous-utilisées. Soit ces groupes de plantes ne figurent pas dans les collections des banques de gènes, soit leur diversité intraspécifique, à savoir les variations au sein de la population d’une même espèce, y est faiblement représentée.

Figure 7: Nombre d’accessions de ressources génétiques végétales sécurisées dans des installations de conservation à moyen ou à long terme, 2000-2019

Figure 8: Nombre d’accessions de ressources génétiques végétales sécurisées dans des installations de conservation à moyen ou à long terme, par région, en 2000 et en 2019

  • 2019
  • 2000

Indicateur 2.5.1.b des ODD

Nombre de ressources génétiques animales destinées à l’alimentation et à l’agriculture sécurisées dans des installations de conservation à moyen ou à long terme

Les données permettant d’évaluer l’état et l’évolution à
l’échelle mondiale sont insuffisantes

Cible 2.5

D’ici à 2020, préserver la diversité génétique des semences, des cultures et des animaux d’élevage ou domestiqués et des espèces sauvages apparentées, y compris au moyen de banques de semences et de plantes bien gérées et diversifiées aux niveaux national, régional et international, et favoriser l’accès aux avantages que présentent l’utilisation des ressources génétiques et du savoir traditionnel associé et le partage juste et équitable de ces avantages, ainsi que cela a été décidé à l’échelle internationale

Tout comme les ressources génétiques végétales, les ressources génétiques animales sont indispensables à la sécurité alimentaire et aux moyens d’existence. Elles permettent au bétail d’évoluer et de s’adapter aux conditions environnementales changeantes et renforcent ainsi la résilience des systèmes alimentaires face au changement climatique.

Le décompte du nombre de races locales de bétail (c’est-à-dire les races présentes dans un seul pays) dont le matériel stocké dans les banques de gènes est suffisant pour permettre leur reconstitution en cas d’extinction est un bon moyen de mesurer la conservation des ressources génétiques animales pour l’alimentation et l’agriculture. Chaque année, les points focaux désignés par les pays transmettent ces informations au Système d'information sur la diversité des animaux domestiques (DAD-IS).

Entre 2010 et 2019, le nombre de races locales qui disposaient d’un stock de matériel suffisant dans les banques de gènes est passé de 10 à 101. Cette augmentation peut paraître importante, mais elle ne représente qu’une infime partie des quelque 7 600 races recensées dans le monde et demeure bien loin de la cible ODD qui appelle la communauté internationale à mettre fin à la perte des ressources génétiques animales destinées à l’alimentation et à l’agriculture.

D’après les données reçues, dans le monde, seules 400 races locales sur 7 643 au total (en ce compris, les éteintes) disposent de matériel génétique stocké. Sur celles-ci, 101 seulement (soit 1,3 pour cent) disposent d’un stock de matériel suffisant pour assurer leur reconstitution en cas d’extinction. Ces chiffres traduisent un progrès minime par rapport à l'année précédente, où seulement 3,3 pour cent des races animales locales disposaient de matériel stocké, et à peine 0,9 pour cent disposait de matériel suffisant pour assurer leur reconstitution en cas d’extinction.

Difficultés rencontrées pour mesurer les ressources génétiques animales dans les banques de gènes

Le volume insuffisant d’informations communiquées lors des inventaires nationaux empêche de mesurer avec précision les efforts déployés à l’échelle mondiale pour conserver les ressources génétiques animales dans les banques de gènes. On ne dispose d’aucune donnée sur l’état de conservation de 94,5 pour cent des races de bétail locales, ce qui représente un chiffre effarant. Environ 30 pays seulement – pour la plupart en Europe occidentale – communiquent des données sur cet indicateur, et ces données ne sont pas mises à jour régulièrement puisque approximativement la moitié de ces pays n’a pas fourni de données nouvelles depuis 2015. Les efforts déployés actuellement pour préserver les ressources génétiques animales ne sont pas à la hauteur au regard du changement climatique et de la demande croissante de produits issus de l’élevage.

Figure 9: Nombre de races de bétail locales disposant de ressources génétiques sécurisées dans des installations de conservation à moyen ou à long terme, 2019

  • Races disposant de matériel suffisant
  • Races disposant de peu de matériel
  • Races ne disposant d’aucun matériel
  • Informations absentes

Indicateur 2.5.2 des ODD

Proportion de races locales classées comme étant menacées d’extinction

Les données permettant d’évaluer l’état et l’évolution
à l’échelle mondiale sont insuffisantes

Cible 2.5

D’ici à 2020, préserver la diversité génétique des semences, des cultures et des animaux d’élevage ou domestiqués et des espèces sauvages apparentées, y compris au moyen de banques de semences et de plantes bien gérées et diversifiées aux niveaux national, régional et international, et favoriser l’accès aux avantages que présentent l’utilisation des ressources génétiques et du savoir traditionnel associé et le partage juste et équitable de ces avantages, ainsi que cela a été décidé à l’échelle internationale

Un nombre alarmant de races de bétail locales est menacé d’extinction

La diversité génétique des races animales vivantes est essentielle à l’agriculture et à la production alimentaire. En effet, elle permet d’élever du bétail dans des environnements divers pour fournir une large palette de produits et de services (alimentation, fibres, fumier, traction animale, etc.). Alors que l’indicateur 2.5.1.b des ODD révèle que seule une infime proportion des races de bétail locales dispose d’un stock de matériel suffisant en cas d’extinction, l’indicateur 2.5.2 mesure le risque réel d’extinction de chacune d’entre elles.

Il est inquiétant de constater que les ressources génétiques animales ne sont pas suffisamment conservées dans des installations à moyen ou à long terme. En effet, selon les derniers rapports nationaux, une proportion alarmante de races locales est menacée d’extinction.

En 2019, 73 pour cent des races de bétail locales évaluées (soit 2 025 races sur 2 761) ont été jugées menacées d’extinction, compte tenu de la taille de leur population, de leurs taux de reproduction et d’autres caractéristiques biologiques. Ce résultat est légèrement meilleur que l’année précédente durant laquelle 78 pour cent des races évaluées avaient étaient jugées menacées d’extinction. Toutefois, les résultats varient d’une région à l’autre. Les races dont on connait la situation et qui sont considérées comme étant en danger se répartissent comme suit:

  • 84 pour cent en Europe;

  • 44 pour cent en Amérique du Sud;

  • 71 pour cent en Afrique australe.

En raison du peu d’informations communiquées, les résultats des autres régions ne sauraient être représentatifs.

Pour la majorité des races locales dans le monde, la situation demeure méconnue, faute de données. Seuls 77 pays ont communiqué des données pour l’année 2020, soit sept de plus que l’année précédente.

Figure 10: Degré de risque des races de bétail locales dans le monde, 2019

Degré de risque des races de bétail locales

  • Connu
  • Non connu
  • En danger
  • Pas en danger

Encadré: Mesurer les ressources génétiques aquatiques destinées à l’alimentation et à l’agriculture

Actuellement, le suivi des progrès accomplis en vue de la cible des ODD relative à la conservation des ressources animales et végétales destinées à l’alimentation et à l’agriculture ne concerne que les espèces terrestres et ne comprend pas les ressources génétiques aquatiques telles que les poissons, les crustacés, les mollusques et les algues marines. Or, près de 700 espèces ou catégories d’espèces sont utilisées dans l’aquaculture, dont beaucoup sont domestiquées, et un nombre croissant d’entre elles sont représentées par des organismes d’élevages améliorés.

En Août 2019, la FAO a publié la première évaluation mondiale sur les ressources génétiques aquatiques dans son rapport intitulé L’État des ressources génétiques aquatiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde. Après avoir recensé 694 espèces cultivées dans les 92 pays ayant communiqué des données, le rapport indique que des espèces sauvages apparentées à ces espèces sont encore présentes dans la nature. Les pays ont recensé 2 300 aires aquatiques protégées qui, pour la plupart, contribuent efficacement à la conservation in situ des espèces sauvages apparentées à des ressources génétiques aquatiques pour l’alimentation et l’agriculture. En outre, les pays ont déclaré la présence de 690 banques de gènes ex situ in vivo, qui protègent approximativement 290 espèces et leurs organismes d’élevage, et 295 autres banques de gènes ex situ in vitro comprenant 133 espèces.

La FAO élabore un système d’information sur les organismes d’élevage appartenant aux ressources génétiques aquatiques pour l’alimentation et l’agriculture, qui permettra d’effectuer un suivi plus précis du développement et de l’état de conservation des espèces aquatiques cultivées. Un prototype de registre à cet égard devrait être lancé fin 2020.


Indicateur 2.a.1 des ODD

Indice d’orientation agricole des dépenses publiques

Évaluation de la tendance – Détérioration depuis l’année de référence

Cible 2.a

Accroître, notamment dans le cadre du renforcement de la coopération internationale, l’investissement en faveur de l’infrastructure rurale, des services de recherche et de vulgarisation agricoles et de la mise au point de technologies et de banques de gènes de plantes et d’animaux d’élevage, afin de renforcer les capacités productives agricoles des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés

Depuis 2000, l’investissement en faveur de l’agriculture par rapport à la contribution de celle-ci à l’économie a diminué dans la plupart des régions du monde, mais il semble s’être stabilisé depuis 2010.

L’investissement public en faveur de l’agriculture peut renforcer la productivité, attirer les investissements privés et aider à réduire la pauvreté et la faim. L’indice d’orientation agricole des dépenses publiques (IOA) est un outil de mesure clé de l’investissement public dans le secteur agricole. Il compare les moyens que le gouvernement central consacre à l’agriculture à la part du PIB que ce secteur représente.

  • Un IOA inférieur à 1 traduit une orientation plus faible du gouvernement central en faveur du secteur agricole comparativement à la contribution de ce dernier à l’économie.

  • Un IOA supérieur à 1 traduit une orientation plus grande du gouvernement central en faveur du secteur agricole comparativement à la contribution de ce dernier à l’économie.

Depuis 2000, l’investissement en faveur de l’agriculture par rapport à la contribution de celle-ci à l’économie a globalement diminué dans la plupart des régions du monde, mais il semble s’être stabilisé depuis 2010.

De 2001 à 2018, l’indice d’orientation agricole des dépenses publiques:

  • a chuté, passant de 0,42 à 0,28 à l’échelle de la planète;

  • a fortement diminué en Asie de l’Est et en Asie du Sud-Est, passant de 0,96 à 0,33;

  • est passé de 0,58 à 0,43 en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord.

Actuellement, les régions qui présentent l’IOA le plus élevé sont l’Amérique du Nord et l’Europe, ainsi que l’Asie de l’Ouest et l’Afrique du Nord. Seules deux régions ont enregistré une forte hausse de l’indice: l’Asie du Sud et l’Océanie*. Ces deux régions, qui enregistraient les indices les plus faibles en 2001, ont réussi à relever leur IOA en renforçant en investissant davantage dans l’agriculture.

L’indice d’orientation agricole des dépenses publiques a également baissé depuis 2015, lorsque la communauté internationale a adopté le programme relatif aux objectifs de développement durable. À l’échelle mondiale, l’IOA a diminué, passant de 0,31 en 2015, à 0,28 en 2018. Le monde ne semble dès lors pas en voie d’atteindre la cible 2.a des ODD, qui appelle à investir davantage dans l’agriculture. Dans la majorité des régions, l’IOA est inférieur à 0,5, ce qui traduit un sous-investissement dans l’agriculture par rapport à la contribution de cette dernière au PIB.

Plutôt qu’une diminution de la contribution du secteur agricole à l’économie, c’est généralement une réduction des dépenses que les gouvernements allouent à l’agriculture qui explique la baisse mondiale de l’IOA. Depuis 2015, la contribution du secteur agricole au PIB mondial est passée de 5,54 à 5,28 pour cent. Cependant les dépenses publiques pour l’agriculture ont enregistré une baisse plus importante, en passant de 1,73 à 1,48 pour cent, ce qui a provoqué une diminution globale de l’Indice d’orientation agricole.

*Exception faite de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Figure 11: Indice d’orientation agricole des dépenses publiques dans le monde, 2001-2018

Figure 12: Indice d’orientation agricole des dépenses publiques, par région, en 2001 et en 2018

  • 2001
  • 2018

Indicateur 2.c.1 des ODD

Indicateur des anomalies tarifaires pour les denrées alimentaires

Il est impossible de mener une évaluation mondiale en raison
des caractéristiques méthodologiques de l’indicateur

Cible 2.c

Adopter des mesures visant à assurer le bon fonctionnement des marchés de denrées alimentaires et de produits dérivés et à faciliter l’accès rapide aux informations relatives à ces marchés, y compris le niveau des réserves alimentaires, afin de contribuer à limiter l’extrême volatilité des prix alimentaires

Au niveau mondial, la proportion de pays touchés par la hausse des prix des aliments a diminué en 2017 - 2018, mais plus d’un quart d’entre eux ont pâti d’une forte volatilité des prix.

Entre 2017 et 2018, la proportion de pays touchés par des prix anormalement ou modérément élevés des aliments a baissé par rapport à 2015-2016. La baisse la plus importante a été enregistrée en Asie de l’Est et en Asie du Sud-Est, provoquée par la diminution des cours des produits agricoles, dans un contexte d’appréciation des monnaies, notamment en Asie du Sud-Est.

En revanche, parmi les pays touchés par des prix anormalement ou modérément élevés des aliments, ceux d’Asie centrale et d’Asie du Sud ont enregistré une hausse, accentuée par la réduction des produits de base disponibles et la dépréciation des monnaies dans certains pays d’Asie du Sud.

De façon générale, les prix sont plus faibles qu’en 2015-2016, mais ils ont continué de peser sur plus d’un tiers des pays en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord en 2017-2018 en raison de l’effet conjugué de la dépréciation des monnaies, de la baisse des récoltes et d’un rebond des cours mondiaux du pétrole entre la mi-2017 et la mi-2018.

L’instauration de mesures fiscales en Asie de l’Ouest en 2018 a fait grimper les prix dans un certain nombre de pays. En Afrique subsaharienne, la proportion de pays ayant pâti de prix anormalement ou modérément élevés des aliments a baissé en 2017-2018, car la production agricole s’est redressée et a permis d’alléger la pression interne provoquée par l’offre qui avait fait grimper les prix en 2015 et 2016. Les prix sont restés élevés dans près d’un tiers des pays de la région pendant la période 2017-2018, en raison des déficits de production, des dépréciations monétaires et de l’incidence de l’insécurité sur les marchés alimentaires.

Les prix alimentaires élevés ont touché une proportion relativement plus faible de pays en Amérique du Nord et en Europe, ainsi qu'en Amérique latine et dans les Caraïbes, où la part des pays en proie à des prix anormalement ou modérément élevés a globalement reculé en 2017-2018, grâce à une production satisfaisante de produits agricoles de base. En Océanie, les indices des prix ne sont disponibles que pour une poignée de pays. Il est par conséquent impossible de tirer des conclusions sur la volatilité des prix des denrées alimentaires de la région dans son ensemble.

Figure 13: Proportion de pays touchés par des prix élevés ou modérément élevés des aliments en 2015-2016 et en 2017-2018, par région

  • Prix alimentaires anormalement élevés
  • Prix alimentaires modérément élevés


SDG 5 Target

Objectif de développement durable 5

Égalité entre les sexes

Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles


INDICATEURS


Aperçu

Les engagements internationaux en faveur de l'égalité des sexes ont permis d’améliorer certains domaines: le mariage d’enfants et les mutilations sexuelles féminines ont reculé ces dernières années, et le degré de représentation des femmes au niveau politique n’a jamais été aussi élevé.

Cependant, la vision d’une pleine égalité entre les hommes et les femmes reste à concrétiser et a probablement subi un revers durant la pandémie de covid-19. En effet, la crise a fait grimper le nombre de signalements des violences faites aux femmes et aux filles. Par ailleurs, les femmes sont en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, puisqu’elles représentent près de 70 pour cent des agents de santé et des travailleurs sociaux dans le monde.

Les femmes constituent aussi une part importante de la main-d’œuvre agricole dans les pays en développement, or elles sont relativement moins nombreuses que les hommes à avoir des droits de propriété ou des droits garantis sur des terrains agricoles. Il reste encore beaucoup à faire pour ce qui est des cadres juridiques et de leur mise en œuvre afin que les femmes puissent jouir de leurs droits fonciers.

Indicateur 5.a.1 des ODD

(a) Proportion de la population agricole totale ayant des droits de propriété ou des droits garantis sur des terres agricoles, par sexe

(b) Proportion de femmes parmi les titulaires de droits de propriété ou de droits garantis sur des terrains agricoles, par types de droit

Les données permettant d’évaluer l’évolution à l’échelle
mondiale sont insuffisantes.

Cible 5.a

Entreprendre des réformes visant à donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété et au contrôle des terres et d’autres formes de propriété, aux services financiers, à l’héritage et aux ressources naturelles, dans le respect du droit interne

Un nombre relativement plus faible de femmes par rapport aux hommes jouissent de droits de propriété et/ou de droits garantis sur des terres agricoles

La terre est l’un des principaux moyens de soutenir la production agricole et d’assurer la sécurité alimentaire et la nutrition. Les données indiquent que le fait de jouir de droits de propriété ou de droits garantis sur des terrains permet aux femmes d’être moins dépendantes de leurs partenaires et parents masculins, et d’avoir un pouvoir de négociation plus important dans le domaine économique et au sein de leur ménage. Ces droits améliorent leurs chances d’accès aux services de vulgarisation et au financement, et les encouragent à réaliser des investissements et à les accroître, ainsi qu’à rejoindre des organisations de producteurs.

Il ressort de certaines études que si les femmes bénéficiaient d’un accès égal à la terre, la pauvreté et l’insécurité alimentaire diminueraient fortement dans le monde.

Les données existantes – encore limitées à quelques pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie – montrent que les hommes comme les femmes travaillant dans la production agricole ne disposent pas de droits de propriété et/ou de droits garantis sur des terrains agricoles.

Dans la majorité des pays, moins de la moitié des agriculteurs et des agricultrices bénéficient de droits de propriété et/ou de droits garantis sur des terrains agricoles. Les données dont on dispose révèlent que les inégalités hommes-femmes en matière d’accès aux droits de propriété foncière et/ou à des droits fonciers sûrs sont omniprésentes. En effet, dans 9 des 10 pays évalués, les femmes sont relativement moins nombreuses que les hommes à détenir des droits de propriété et/ou des droits garantis sur des terrains agricoles (figure 14).

Cela dit, dans les quelques pays qui disposent de plus d’un point de données, on peut observer que l’écart se réduit entre le pourcentage d’hommes et celui de femmes ayant des droits de propriété et/ou des droits garantis sur des terrains agricoles.

Figure 14: Pourcentage de la population agricole adulte (18+) ayant des droits de propriété ou des droits garantis sur des terrains agricoles dans un échantillon de pays, par sexe [SDG5a1-partie a]

  • Hommes
  • Femmes

Note: *Il est possible que les données ne soient pas entièrement comparables entre les pays car chaque enquête analysée a fait l’objet d’un ensemble de questions différentes.

Figure 15: Part des femmes titulaires de droits de propriété ou de droits garantis sur des terrains agricoles pour un échantillon de pays [SDG 5a1-partie b]

Note: *Il est possible que les données ne soient pas entièrement comparables entre les pays car chaque enquête analysée a fait l’objet d’un ensemble de questions différentes.

Cela ne signifie pas nécessairement que les hommes accèdent plus à la propriété que les femmes. La proportion de femmes travaillant dans le secteur agricole peut être plus forte que celles des hommes dans un pays donné, comme c’est souvent le cas dans les pays en développement. Ainsi, dans 3 pays sur 10, les femmes possédant des terres sont plus nombreuses que les hommes (figure 15). La part relative des femmes propriétaires ne dépasse 55 pour cent que dans le cas du Malawi. En revanche, la part d’hommes propriétaires dépasse 65 pour cent dans 5 pays sur 10.

Indicateur 5.a.2 des ODD

Proportion de pays dotés d’un cadre juridique (y compris le droit coutumier) garantissant aux femmes les mêmes droits que les hommes en matière d’accès à la propriété ou au contrôle des terres

Les données permettant d’évaluer l’évolution à l’échelle mondiale sont insuffisantes.

Cible 5.a

Entreprendre des réformes visant à donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété et au contrôle des terres et d’autres formes de propriété, aux services financiers, à l’héritage et aux ressources naturelles, dans le respect du droit interne

Les cadres juridiques ne fournissent pas de garanties suffisantes pour assurer l’égalité entre les hommes et les femmes en matière d’accès à la propriété ou au contrôle des terres. Il est primordial de progresser davantage dans l’élaboration et la mise en œuvre de cadres juridiques afin que les femmes disposent de leurs droits fonciers.

Il est essentiel d’établir un cadre juridique solide afin de renforcer les droits fonciers des femmes et de venir à bout des modèles inégalitaires et discriminatoires existants. Les cadres juridiques, qui garantissent aux femmes les droits d’accès à la propriété ou au contrôle des terres, permettent de protéger et de renforcer les droits fonciers des femmes en fixant une réglementation des droits fonciers et des droits à la propriété dans le cadre de mariages ou d’unions informelles, ainsi que des droits de succession.

La première évaluation mondiale portant sur 16 cadres juridiques nationaux montre que les dispositions juridiques de nombreux pays dans le monde ne permettent pas de protéger les droits des femmes de façon adéquate. La capacité du cadre juridique à garantir les mêmes droits fonciers aux femmes qu’aux hommes varie d’un degré très faible à un degré moyen dans plus de 60 pour cent des pays évalués. Seuls 12 pour cent de ces pays garantissent un très haut niveau de protection de l’égalité des sexes en matière de propriété ou de contrôle des terres.

Les données ventilées par six indicateurs clés pour ce type de cadre juridique indiquent qu’il n’existe aucune disposition légale qui impose ou encourage l’enregistrement conjoint des titres fonciers par les couples mariés dans la plupart des pays. Sans la mention des noms et des droits des femmes dans les registres fonciers, leur situation demeure incertaine, notamment pour les femmes qui se séparent, divorcent, sont abandonnées ou deviennent veuves. Dans ces situations, les femmes peuvent être contraintes d’engager des actions en justice coûteuses pour faire valoir leurs droits.

Dans les pays où le pluralisme juridique prévaut (c’est-à-dire où la loi officielle et le droit coutumier coexistent), les droits fonciers des femmes sont moins protégés. À titre d’exemple, les pays ou certains aspects du droit coutumier priment sur les dispositions constitutionnelles, les droits fonciers des femmes sont moins bien protégés, notamment lorsqu’il s’agit des droits successoraux ou matrimoniaux. De la même façon, lorsque le droit coutumier est admis, très souvent, les droits fonciers des femmes ne sont pas protégés lorsqu’ils se heurtent à la loi officielle et sont plus à même d’être fragilisés par des normes patriarcales bien ancrées.

Mesurer la mise en œuvre des politiques en faveur de l’égalité des sexes en matière d’accès à la propriété et au contrôle des terres

Pour appuyer la mise en œuvre des politiques et des législations et accélérer les progrès en matière d’égalité des sexes s’agissant de l’accès à la propriété et au contrôle des terres, une mesure clé consiste à adopter des mesures particulières temporaires qui peuvent prendre la forme de dispositions légales visant à:

  • allouer les ressources financières qui facilitent l’acquisition de terres par les femmes, ou

  • établir des quotas obligatoires qui favorisent la représentation des femmes dans les institutions de gouvernance foncière.

Néanmoins, peu d’éléments attestent que de telles mesures positives soient intégrées aux cadres juridiques. Même lorsque les droits successoraux des femmes et des filles sont protégés par la loi, les normes socioculturelles constituent un obstacle de taille à la revendication de ces droits.

Toutefois, nombre de pays ont amélioré leur législation en vue de renforcer l’égalité entre les sexes ces trente dernières années, mais il faut progresser davantage pour faire valoir les droits fonciers des femmes dans les cadres juridiques et les faire appliquer.

Figure 16: Niveau de garantie de l’égalité des droits à la propriété ou au contrôle des terres pour les femmes, dans le cadre juridique national, dans un échantillon de pays, 2020 (1= le plus bas, 6=le plus élevé)

SDG 6 Target

Objectif de développement durable 6

Eau propre et assainissement

Garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable.


table_view TABLEAU RÉCAPITULATIF

INDICATEURS


Aperçu

La crise du coronavirus a mis en lumière l’importance cruciale de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène pour protéger la santé des êtres humains. Malgré les progrès réalisés, des milliards de personnes dans le monde ne bénéficient toujours pas de ces services de base, ce qui compromet les efforts déployés pour contenir la propagation de la covid-19. L’eau est non seulement essentielle pour garantir la santé, mais aussi pour réduire la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire, garantir la paix et les droits de l’homme et améliorer les écosystèmes et l’éducation.

Or, les pays doivent faire face à des défis grandissants liés à la pénurie et à la pollution de l’eau, à la dégradation des écosystèmes liés à l’eau et à la coopération relative aux bassins hydrographiques transfrontaliers. Le niveau de stress hydrique demeure alarmant dans nombre de régions et risque de réduire à néant les progrès réalisés sur la voie du développement durable. La pénurie d’eau qui en résulte, et qui risque de frapper de plein fouet les populations les plus vulnérables, pourrait engendrer des perturbations socioéconomiques généralisées si des mesures urgentes ne n’étaient pas prises.

Indicateur 6.4.1 des ODD

Variation de l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau

Les données permettant d’évaluer l’évolution à l’échelle mondiale sont insuffisantes

Cible 6.4

D’ici à 2030, augmenter considérablement l’utilisation rationnelle des ressources en eau dans tous les secteurs et garantir la viabilité des retraits et de l’approvisionnement en eau douce afin de tenir compte de la pénurie d’eau et de réduire nettement le nombre de personnes qui souffrent du manque d’eau

L’utilisation des ressources en eau a gagné en efficacité dans la plupart des régions, mais le taux de progrès est extrêmement variable

Améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau est une mesure essentielle qui permet de réduire le stress hydrique général au sein d’un pays, à condition qu’elle s’accompagne de la réduction des prélèvements d’eau. On entend par améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau au fil du temps le fait d’en utiliser moins pour produire autant, en découplant efficacement la croissance économique de l’utilisation de l’eau dans les principaux secteurs qui en consomment.

À l’échelle de la planète, l’efficacité d’utilisation des ressources en eau est passée de 12,58 USD/m3 en 2000 à 18,17 USD/m3 en 2017. Les estimations sur l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau varient de 0,2 USD/m3 seulement pour les pays dont l’économie dépend fortement de l’agriculture, à 1 197 USD/m3 pour les économies très axées sur l'industrie et les services, moins tributaires des ressources naturelles. Pour la majorité des pays (soit les deux tiers), l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau se trouve entre 5 et 100 USD/m3.

Au niveau régional, en 2017, l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau est comprise entre 2,2 USD/m3 en Asie centrale, et 62,2 USD/m3 en Océanie, ce qui traduit, à nouveau, les énormes disparités qui existent dans le monde (figure 17). D’après les chiffres, plusieurs régions ont réussi à accroître l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau plus rapidement au fil du temps. Les hausses proportionnelles les plus importantes ont été enregistrées en Asie centrale et en Asie du Sud, tandis qu’en Océanie et en Afrique du Nord les progrès étaient moins marqués. En Amérique latine et dans les Caraïbes l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau a reculé (figure 18).

L’efficacité de l’utilisation des ressources en eau a tendance à être plus faible dans le secteur agricole comparativement aux autres secteurs de production, ce qui signifie que la structure économique d’un pays détermine généralement l’efficacité globale de l’utilisation des ressources en eau. Par conséquent, il est primordial d’accroître la productivité de l'eau à usage agricole pour en améliorer l’efficacité d’utilisation. Il importe également de prendre des mesures permettant de réduire les pertes d’eau en s’attaquant aux fuites dans les réseaux municipaux de distribution et en optimisant les processus de refroidissement industriels et énergétiques.

Figure 17: Efficacité de l’utilisation des ressources en eau, par région, en 2000 et en 2017 (USD/m3)

  • 2017
  • 2000

Figure 18: Variation de l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau au fil du temps, par région (2001-2017)

  • Asie du Sud
  • Asie centrale
  • Amérique du Nord et Europe
  • Asie de l’Ouest
  • Afrique du Nord
  • Afrique subsaharienne
  • Amérique latine et Caraïbes
  • Océanie
  • Monde

Indicateur 6.4.2 des ODD

Niveau de stress hydrique: prélèvements d’eau douce en proportion des ressources en eau douce disponibles

Cible 6.4

D’ici à 2030, augmenter considérablement l’utilisation rationnelle des ressources en eau dans tous les secteurs et garantir la viabilité des retraits et de l’approvisionnement en eau douce afin de tenir compte de la pénurie d’eau et de réduire nettement le nombre de personnes qui souffrent du manque d’eau

Le niveau de stress hydrique reste alarmant dans nombre de régions et risque de réduire à néant les progrès réalisés sur la voie du développement durable.

Le stress hydrique est l’une des menaces les plus graves qui pèsent actuellement sur le développement durable. Un stress hydrique élevé – c’est-à-dire le fait de prélever des sources naturelles une quantité d’eau douce trop importante par rapport à l’eau douce disponible – peut avoir des conséquences désastreuses pour l’environnement et compromettre, voire inverser, le développement économique et social. La pénurie d’eau qui en résulte, qui tend à toucher de plein fouet les populations les plus vulnérables, pourrait causer le déplacement d’environ 700 millions de personnes d’ici à 2030.

À l’échelle de la planète, le stress hydrique s’est stabilisé à 17 pour cent. Toutefois, la moyenne mondiale ne rend pas compte des énormes variations entre les régions.

  • En effet, l’Asie centrale et l’Asie du Sud, ainsi que l’Afrique du Nord, enregistrent des taux de stress hydrique extrêmement élevés (70 pour cent), le niveau de stress hydrique ayant connu un rebond dans les deux premières régions entre 2015 et 2017.

  • Viennent ensuite l’Asie de l’Ouest et l’Asie de l’Est, avec des niveaux de stress hydrique compris entre 45 et 70 pour cent, ces deux régions enregistrant un niveau de stress hydrique stable ou en baisse depuis 2015.

C’est pourquoi l’augmentation constante du stress hydrique dans le monde ces 20 dernières années traduit une hausse dans plusieurs régions du monde, que les diminutions dans d’autres régions du monde ne sont pas en mesure de compenser.

Par contre, le stress hydrique de certaines régions telles que l’Afrique subsaharienne, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud est assez faible pour permettre à certains pays d’augmenter durablement leur consommation d’eau, à condition que les précautions nécessaires soient prises. Dans les régions en proie à un stress hydrique élevé, il faut prendre des mesures urgentes et concrètes pour économiser l’eau et améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources en eau.

Figure 19: Niveau de stress hydrique dans le monde, 2000-2017 (%)

Figure 20: Niveau de stress hydrique, par région, en 2015 et en 2017 (%)

  • 2017
  • 2015
SDG 12 Target

Objectif de développement durable 12

Consommation et production responsables

Établir des modes de consommation et de production durables


INDICATEUR


Aperçu

La consommation et la production sont les fondements de l’économie mondiale, mais leurs schémas actuels nuisent à la santé de la planète.

L’empreinte matérielle mondiale augmente plus rapidement que la croissance démographique et la production économique. L’amélioration de l’efficacité des ressources dans certains pays est compromise par l’augmentation de l’intensité des matières dans d’autres. Les subventions aux combustibles fossiles demeurent une préoccupation majeure. Une proportion inacceptable de denrées alimentaires est perdue tout au long de la chaîne d’approvisionnement, soit un montant de 400 milliards d’USD chaque année. Ce chiffre équivaut au montant de certains plans de relance économique nationaux et régionaux au lendemain de la pandémie de coronavirus.

Parallèlement, cette dernière offre la possibilité d’élaborer des plans de redressement qui inverseront les tendances actuelles et orienteront nos modes de consommation et de production vers un modèle plus durable.

Indicateur 12.3.1 des ODD

(a) Indice mondial des pertes alimentaires et (b) indice du gaspillage alimentaire

Les données permettant d’évaluer l’évolution à l’échelle mondiale sont insuffisantes.

Cible 12.3

D’ici à 2030, réduire de moitié à l’échelle mondiale le volume de déchets alimentaires par habitant au niveau de la distribution comme de la consommation et réduire les pertes de produits alimentaires tout au long des chaînes de production et d’approvisionnement, y compris les pertes après récolte

Une proportion inacceptable de denrées alimentaires est perdue le long de la chaîne d’approvisionnement, avant même d’arriver au consommateur

La réduction des pertes et du gaspillage de nourriture est cruciale pour diminuer les coûts de production et améliorer l’efficacité des systèmes alimentaires, renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition, et contribuer à la durabilité environnementale.

Il n’est pas encore possible d’estimer le pourcentage de produits alimentaires gaspillés aux stades de la vente au détail et de la consommation, mais la FAO a réalisé des estimations modélisées des pertes de nourriture dans les principales régions du monde à partir d’un ensemble limité de données disponibles au niveau national. Sur la base de ces estimations, le taux de denrées perdues après récolte aux stades de l’exploitation, du transport, du stockage et de la transformation s’établit à 13,8 pour cent, soit plus de 400 milliards d’USD à l’échelle mondiale.

Afin de mieux cerner le lieu et l’étendue des pertes et du gaspillage de nourriture, la FAO a également réalisé une méta-analyse d’études existantes qui mesuraient ces pertes et ce gaspillage dans différents pays du monde et l’a versée dans la base de données spécialisée. Cette méta-analyse illustre comment les pertes et le gaspillage varient selon les stades de la chaîne d’approvisionnement, mais aussi d’une région et d’un groupe de produits à un autre.

Voici les résultats de l’analyse:

  • Tous groupes de produits de base confondus, l’Asie centrale et l’Asie du Sud enregistrent la part des pertes de produits alimentaires la plus importante, celle-ci s’élevant à 20,7 pour cent de la production agricole mondiale. À l’inverse, c’est en Océanie – qui comprend les îles du Pacifique, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – que les taux sont les plus faibles, soit 9,8 et 5,8 pour cent, respectivement.

  • S’agissant des céréales et des légumes secs, le groupe de produits de base pour lequel il existe des données relativement nombreuses et fiables, ce sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie de l’Est et du Sud-Est qui affichent des pourcentages élevés, tandis que les pertes sont limitées en Asie centrale et en Asie du Sud.

  • De façon générale, le pourcentage de pertes est plus élevé pour les fruits et légumes que pour les céréales et légumes secs.

Les causes qui sous-tendent les pertes et le gaspillage alimentaires sont très variables d’un bout à l’autre de la chaîne d’approvisionnement. Les pertes enregistrées sur les exploitations s’expliquent en grande partie par:

  • l’inadaptation des calendriers de récolte;

  • les conditions climatiques;

  • l’inefficacité des pratiques de récolte et de manutention;

  • les difficultés de commercialisation des produits.

Des infrastructures de transport et des conditions de stockage inadéquates sont aussi à l’origine de pertes importantes, de même que certaines décisions, prises à des stades antérieurs de la chaîne d’approvisionnement, qui réduisent la durée de conservation des produits. Plus précisément, un entreposage frigorifique approprié peut être indispensable pour prévenir les pertes tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Il est primordial d’adopter de bonnes pratiques lors du maniement des denrées afin de réduire les pertes alimentaires. Cela suppose donc de renforcer les capacités à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement. De meilleurs circuits de commercialisation et des chaînes d’approvisionnement raccourcies peuvent contribuer à établir une meilleure coordination entre producteurs et consommateurs et à réduire les pertes alimentaires, tandis que les étapes de transformation et de conditionnement peuvent aider à mieux conserver les denrées.

Les études sur le gaspillage au stade de la consommation sont réalisées pour la plupart dans des pays à revenu élevé; elles font état de gaspillages importants pour tous les types d’aliments, mais en particulier pour les aliments hautement périssables, comme les produits d’origine animale et les fruits et légumes. Au stade du commerce de détail, le gaspillage peut s’expliquer par:

  • une durée de conservation limitée;

  • le fait que l’aspect de certains produits ne correspond pas aux attentes concernant la couleur, la forme et la taille;

  • la variabilité de la demande.

Le gaspillage imputable au consommateur découle souvent:

  • de mauvaises pratiques d’achat et d’une planification inefficace des repas;

  • d’achats excessifs influencés par la taille également excessive des portions mises en vente;

  • d’une confusion entre la date limite d’utilisation optimale et la date de péremption;

  • d’un stockage inapproprié.

Il est urgent de fournir des efforts pour ce qui est de la collecte de données afin que les pays ciblent les interventions qu’ils mèneront à des étapes clés de la chaîne de valeur et qu’ils réduisent ainsi les pertes et le gaspillage alimentaires.

Figure 21: Pourcentage de pertes de denrées alimentaires, par région, 2016

* sauf Australie et Nouvelle-Zélande

SDG 14 Target

Objectif de développement durable 14

Vie aquatique

Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines.


table_view TABLEAU RÉCAPITULATIF - 14.4.1 table_view TABLEAU RÉCAPITULATIF - 14.6.1, 14.7.1 and 14.b.1

INDICATEURS


Aperçu

Les océans, qui abritent près d’un million d’espèces connues, forment le plus grand écosystème du monde et jouent un rôle essentiel dans la régulation du système climatique mondial. Cependant, ils risquent de ne plus pouvoir continuer de répondre aux besoins économiques, sociaux et environnementaux de la population mondiale.

Malgré les quelques efforts déployés pour la conservation des océans, des décennies d’exploitation irresponsable ont conduit à un niveau de dégradation alarmant. Les ressources halieutiques mondiales ne cessent de se détériorer, bien qu’à un rythme réduit; et si de nombreux pays ont accomplis des progrès dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, un effort concerté à cet égard reste nécessaire.

Compte tenu de la pandémie de coronavirus, il sera essentiel de porter un soutien accru aux petits pêcheurs pour leur permettre de continuer à gagner leur vie et à nourrir les communautés locales.

Indicateur 14.4.1 des ODD

Proportion de stocks de poissons dont le niveau est biologiquement viable

Évaluation de la tendance – Détérioration depuis l’année de référence

Cible 14.4

D’ici à 2020, réglementer efficacement la pêche, mettre un terme à la surpêche, à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et aux pratiques de pêche destructrices et exécuter des plans de gestion fondés sur des données scientifiques, l’objectif étant de rétablir les stocks de poissons le plus rapidement possible, au moins à des niveaux permettant d’obtenir un rendement constant maximal compte tenu des caractéristiques biologiques

La durabilité des ressources halieutiques mondiales ne cesse de décliner, bien qu’à un rythme plus lent

Les débarquements de poissons marins dans le monde se sont relativement maintenus autour de 80 millions de tonnes depuis 1995, mais les ressources halieutiques mondiale n’ont cessé de se détériorer. La proportion de stocks de poissons dont le niveau est biologiquement viable a diminué, passant de 90 pour cent en 1974, à 65,8 pour cent en 2017, soit une baisse de 0,82 point de pourcentage par rapport à 2015 (figure 22).

Malgré cette détérioration continue, le déclin a ralenti au cours de la dernière décennie.

D’une région géographique à l’autre, la proportion de stocks ichtyologiques durables varie considérablement. Certaines régions enregistrent une augmentation nette de la pression exercée par la pêche sur les stocks. D’autres présentent de bons niveaux de reconstitution. Il importe au plus haut point que les pouvoirs publics et les institutions concernées améliorent la gestion de la pêche afin d’améliorer la durabilité des ressources halieutiques.

En 2017, la Méditerranée et la mer Noire continuaient d’afficher le pourcentage le plus élevé de stocks exploités à des niveaux non durables (62,5 pour cent), suivies par le Pacifique sud-est (54,5 pour cent) et l’Atlantique sud-ouest (53,3 pour cent).

En revanche, dans les zones centre-est, sud-ouest, nord-est et centre-ouest du Pacifique, la proportion de stocks exploités à des niveaux biologiquement non viables était la plus faible (entre 13 et 22 pour cent).

Le fait d’améliorer à la fois la réglementation et les infrastructures des pêcheries gérées de manière intensive s'est révélé efficace pour ramener certains stocks surexploités à des niveaux biologiquement viables. Toutefois, l'adoption de ces mesures a globalement été lente, notamment dans de nombreux pays en développement.

Figure 22: Proportion de stocks ichtyologiques dont le niveau est biologiquement viable, 1974-2017

Figure 23: Niveau de viabilité des stocks ichtyologiques dans les principales zones de pêche

  • Viable
  • Non viable

Indicateur 14.6.1 des ODD

Progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre des instruments internationaux visant à combattre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée

Situation actuelle: Très près de la cible
Évaluation de la tendance = Légère amélioration

Cible 14.6

D’ici à 2020, interdire les subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche, supprimer celles qui favorisent la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et s’abstenir d’en accorder de nouvelles, sachant que l’octroi d’un traitement spécial et différencié efficace et approprié aux pays en développement et aux pays les moins avancés doit faire partie intégrante des négociations sur les subventions à la pêche menées dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce

Les pays ont progressé dans leur combat contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR), mais une action davantage concertée reste nécessaire.

La pêche INDNR constitue une menace de taille pour la durabilité et la rentabilité du secteur halieutique. La pêche INDNR a des répercussions économiques, sociales et environnementales négatives et sape la capacité des pays à gérer leurs pêcheries de manière durable et responsable.

Coopération, transparence et respect des règles sont les clefs qui permettront de mettre un terme à la pêche INDNR.

  • La coopération entre l’ensemble des acteurs et le renforcement des efforts individuels est nécessaire. Cela commence, au niveau national, par la coopération entre les institutions et va jusqu’à la coopération entre les différents États, les organisations intergouvernementales et les ONG œuvrant pour atteindre cet objectif commun.

  • La transparence est primordiale: les États partagent les données sur l’identité et les antécédents des navires de pêche concernant leur respect des règles, ainsi que d’autres informations permettant de garantir la traçabilité des produits halieutiques tout au long de la filière.

  • Le respect des règles est nécessaire dans ce vaste cadre international qui englobe l’ensemble des étapes, allant de la pêche en mer à l’assiette. Cela implique également de se doter de capacités de suivi et de surveillance solides, ainsi que de moyens de mise en œuvre importants, car ils sont essentiels pour assurer l’application des instruments internationaux visant à combattre la pêche INDNR.

Instruments internationaux visant à combattre la pêche INDNR

Élaboré au cours des dernières décennies, le cadre international des instruments internationaux visant à combattre la pêche INDNR fournit une série d’outils puissants, qui concernent les responsabilités des États en tant qu’États du pavillon, États côtiers, États du port et États chargés du respect des règles commerciales. L’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port est le premier accord international contraignant qui cible spécifiquement la pêche INDNR. Il fixe un ensemble minimal de mesures à prendre par les Parties lorsque des navires de pêche étrangers cherchent à entrer dans leurs ports ou lorsqu’ils s’y trouvent.

En juin 2016, l’Accord est entré en vigueur et, au 3 juillet 2020, il comptait 66 Parties, dont l’Union européenne, considérée comme une seule Partie représentant ses États membres. Ce taux d’adhésion remarquable démontre l’importance que portent les États à la lutte contre la pêche INDNR.

Entre 2018 et 2020, le niveau moyen de mise en œuvre des instruments internationaux visant à combattre la pêche INDNR a progressé dans le monde. Mesure composite permettant d’évaluer le niveau de mise en œuvre des cinq principaux instruments, le score mondial de l’indicateur 14.6.1 est passé de 3 sur 5 à 4 sur 5 au cours de cette période.

Les rapports communiqués par les États indiquent qu’ils ont globalement bien progressé dans la mise en œuvre des mesures recommandées pour combattre la pêche INDNR, avec un score élevé pour la mise en œuvre des instruments internationaux pertinents pour près de 75 pour cent d’entre eux en 2020, contre 70 pour cent en 2018.

Les petits États insulaires en développement (PEID) sont confrontés à des difficultés particulières qui les empêchent de mettre pleinement en œuvre ces instruments en raison des grandes étendues d’eau relevant de leur juridiction et ont ainsi enregistré un niveau moyen tant en 2018 qu’en 2020.

Dans les pays les moins avancés (PMA), le niveau de mise en œuvre n’a pas bougé entre 2018 et 2020, car ces pays doivent souvent faire face à des difficultés liées à la mise en œuvre.

La majorité des régions sont restées au même niveau de mise en œuvre ou se sont améliorées, exception faite de l’Océanie (hormis l’Australie et la Nouvelle-Zélande) et de l’Afrique subsaharienne. Actuellement, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’Europe et l’Amérique du Nord, ainsi que l’Asie de l’Est et du Sud-Est ont toutes obtenu le score maximal de mise en œuvre des instruments visant à combattre la pêche INDNR.

Figure 24: Progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre des instruments internationaux visant à combattre la pêche INDNR, 2018-2020

  • 2018
  • 2020

Niveau moyen de mise en œuvre: 1 le plus faible – 5 le plus élevé


Indicateur 14.7.1 des ODD

Proportion du PIB correspondant aux activités de pêche viables dans les petits États insulaires en développement, les pays les moins avancés et tous les pays

Évaluation de la tendance = Légère amélioration

Cible 14.7

D’ici à 2030, faire mieux bénéficier les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines, notamment grâce à une gestion durable des pêches, de l’aquaculture et du tourisme

La pêche durable apporte une contribution essentielle au PIB des pays les moins avancés et des PEID.

La pêche et l’aquaculture offrent de nombreuses possibilités d’atténuer la pauvreté, la faim et la malnutrition, de stimuler la croissance économique et de garantir une meilleure utilisation des ressources naturelles. Mais seule une gestion prudente des stocks ichtyologiques qui évite la surexploitation et l’épuisement pourra faire perdurer ces avantages.

Alors que la demande mondiale de poissons ne cesse de croître, l’offre a également augmenté, passant de 20 millions de tonnes en 1950 à 178,5 millions de tonnes en 2018, dont 96,4 millions provenant des pêches de capture et 82,1 millions de tonnes de l’aquaculture.

Entre 2017 et 2018, le volume des pêches de capture maritimes a augmenté de 3,9 pour cent. L’aquaculture continue de se développer plus rapidement que la pêche de capture, et représente une part grandissante de la production mondiale destinée à la consommation humaine.

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture, qui ne cesse de progresser, contribue à augmenter les bénéfices économiques du secteur, tout comme il a contribué à soutenir la croissance économique. Globalement, la valeur ajoutée de ce secteur a augmenté de façon constante, de plusieurs points de pourcentage d’une année sur l’autre, et cette tendance s’est confirmée récemment.

La production devrait poursuivre sa tendance à la hausse, pour atteindre un volume estimé à 204 millions de tonnes d’ici 2030. Par conséquent, il importe au plus haut point de trouver un équilibre entre les objectifs de développement et la gestion des stocks de poissons pour éviter la surexploitation et l’épuisement, et ainsi permettre au monde de répondre aux besoins d’aujourd’hui sans pour autant compromettre la capacité des générations futures à faire de même.

Mesurer les progrès accomplis vers une pêche durable

Pour mesurer les progrès accomplis en vue d’atteindre cet objectif, il convient de se pencher sur la part du PIB correspondant aux activités de pêche de capture marine durable. Cette nouvelle mesure regroupe des éléments tels que la gestion de la pêche, la politique gouvernementale et le rôle sociétal de la pêche. Elle permet d’analyser les interactions et les corrélations existant entre les préoccupations économiques, sociales et environnementales et de mieux comprendre la nature complexe et imbriquée du secteur halieutique.

Ces dernières années, la contribution de la pêche durable au PIB mondial s’est maintenue à un niveau assez stable d’environ 0,1 pour cent par an, ce qui reflète l'interaction de deux tendances opposées: d’une part, la valeur ajoutée du secteur de la pêche est en constante augmentation, d’autre part, les stocks ichtyologiques déclinent de manière continue dans le monde.

Par rapport à la moyenne mondiale, la pêche de capture marine durable contribue considérablement aux PIB des petits États insulaires d’Océanie et aux pays les moins avancés, où les activités de pêche sont vitales pour les communautés locales et les populations autochtones.

La part de la pêche durable par rapport au PIB est la plus élevée en Océanie (excepté l’Australie et la Nouvelle-Zélande), soit 1,33 pour cent, suivie par les PMA avec 1,06 pour cent, mais cette part a diminué dans ces deux régions en 2015. La part de la pêche durable par rapport au PIB a également reculé en Asie centrale, du Sud, de l’Est et du Sud-Est, ainsi qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande (M49) en 2015.

En Afrique subsaharienne, bien que le chiffre global soit inférieur à celui de l’Océanie et des PMA, la contribution économique de la pêche durable a augmenté de façon notable dans la région, puisqu’elle est passée de 0,25 à 0,46 pour cent du PIB. La contribution de la pêche durable au PIB a enregistré une hausse en Amérique du Nord et en Europe, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu’en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord.

La gestion efficace des pêches et la mise en œuvre de politiques gouvernementales favorables sont essentielles pour accroître la contribution de la pêche durable au PIB, en particulier dans les pays où la pêche est indispensable aux économies locales, à la sécurité alimentaire et aux communautés vulnérables.

Figure 25: Pêche durable en pourcentage du PIB par région, 2011-2017

  • 2017
  • 2015
  • 2013
  • 2011

Indicateur 14.b.1 des ODD

Progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre d’un cadre juridique, réglementaire, politique ou institutionnel reconnaissant et protégeant les droits d’accès des petits pêcheurs

Situation actuelle: Très près de la cible
Évaluation de la tendance = Légère amélioration

Cible 14.b

Garantir aux petits pêcheurs l’accès aux ressources marines et aux marchés

Il est crucial de soutenir les petits pêcheurs dans le contexte de la pandémie de coronavirus

Alors que le monde est tourné vers l’Année internationale de la pêche et de l’aquaculture artisanales (2022), l’engagement des pays à garantir aux petits pêcheurs artisanaux l’accès aux ressources et aux marchés marins se confirme.

Les petits pêcheurs représentent plus de 50 pour cent de la production totale de la pêche de capture dans les pays en développement, or ils continuent de compter parmi les producteurs d’aliments les plus marginalisés. La communauté internationale doit donc agir. Les données indiquent que la crise du covid 19 a des répercussions négatives sur leurs moyens d’existence car la demande mondiale de produits de la mer est en baisse et les restrictions de transport empêchent l’accès aux marchés.

Parallèlement, ces petits producteurs remplissent un rôle essentiel puisqu’ils nourrissent les populations tributaires de ce secteur et les communautés locales pendant la crise actuelle. Plus que jamais, il importe que les pays prêtent leur appui aux petits pêcheurs, car leur contribution aux systèmes alimentaires durables est essentielle.

Adopter des directives et des cadres internationaux

Un telle action peut être renforcée par l’adoption d’initiatives spécifiques visant à mettre en œuvre les Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté, un instrument convenu au niveau international qui encourage une meilleure gouvernance de la pêche artisanale, notamment aux stades des chaînes de valeur, des opérations postrécolte et du commerce, et qui comprend également un chapitre consacré aux risques de catastrophes et au changement climatique.

Depuis 2015, la plupart des régions ont renforcé l’adoption de cadres réglementaires visant à soutenir la pêche artisanale et à promouvoir des processus de prise de décisions participatifs, y compris les petits États insulaires en développement (PEID), où pas moins de 70 pour cent des personnes travaillant dans le secteur halieutique pratiquent la pêche artisanale.

Le score mondial de l’indicateur ODD 14.b.1 – un score composite qui porte sur la mise en œuvre d’un cadre juridique, réglementaire, politique ou institutionnel reconnaissant et protégeant les droits d’accès des petits pêcheurs – est passé de 3 sur 5 en 2018 à 4 sur 5 en 2020.

L’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest illustrent bien cette hausse, tandis que l’Asie du Sud et l’Amérique latine et les Caraïbes ont vu leur moyenne régionale passer de 3 sur 5 à 2 sur 5 et de 4 sur 5 à 3 sur 5, respectivement, ce qui souligne la nécessité d’intensifier leurs efforts de mise en œuvre. La moyenne des autres régions s’est stabilisée à 4 sur 5.

Parmi les principaux éléments constituant la moyenne composite de l’indicateur 14.b.1 des ODD, l’engagement des pays est le plus faible, malgré leur capacité à encadrer les actions menées en faveur de la protection de la pêche artisanale, en particulier dans les circonstances actuelles. À l’échelle mondiale, environ 50 pour cent des pays seulement ont pris des mesures particulières afin de mettre en œuvre les Directives volontaires. Le manque de ressources financières et de structures organisationnelles chez les petits pêcheurs constitue une entrave majeure, aggravée par le fait que le public soit peu sensibilisé à l’importance de la pêche artisanale et que la coordination entre les institutions soit faible.

Figure 26: Progrès réalisés dans la mise en œuvre des instruments internationaux visant à promouvoir et protéger la pêche artisanale, par région, 2018-2020

  • 2018
  • 2020

Niveau moyen de mise en œuvre: 1 le plus faible – 5 le plus élevé

SDG 15 Target

Objectif de développement durable 15

Vie terrestre

Gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.


table_view TABLEAU RÉCAPITULATIF

INDICATEURS


Aperçu

La conservation des écosystèmes terrestres n’est pas en voie de devenir durable. Les superficies forestières ne cessent de décliner, quoique plus lentement par rapport aux décennies précédentes, les zones protégées ne sont pas concentrées sur des sites connus pour leur diversité biologique, et d’innombrables espèces restent menacées d’extinction.

En outre, l’augmentation de la criminalité liée aux espèces sauvages, les changements dans l’utilisation des terres et l’empiètement sur les habitats sont les principales voies de transmission des maladies infectieuses émergentes, y compris la covid-19, qui menacent la santé publique et l’économie mondiale.

La communauté internationale devra intensifier ses efforts pour protéger les écosystèmes terrestres, notamment en continuant à étendre la gestion durable des forêts et la couverture des zones protégées pour les zones terrestres, les zones d’eau douce et les montagnes, ainsi qu’en agissant davantage pour garantir l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages qui en découlent.

Indicateur 15.1.1 des ODD

Surface des zones forestières, en proportion de la surface terrestre

Évaluation de la tendance – Détérioration depuis l’année de référence

Cible 15.1

D’ici à 2020, garantir la préservation, la restauration et l’exploitation durable des écosystèmes terrestres et des écosystèmes d’eau douce et des services connexes, en particulier des forêts, des zones humides, des montagnes et des zones arides, conformément aux obligations découlant des accords internationaux.

La perte de forêts se poursuit dans le monde, mais à rythme plus lent

Selon les dernières données tirées de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2020, la proportion de superficie forestière par rapport à la surface terrestre mondiale a progressivement diminué, passant de 31,9 pour cent en 2000 (soit 4,2 milliards d’hectares) à 31,5 pour cent en 2010, pour enfin retomber à 31,2 pour cent (soit 4,1 milliards d’hectares) en 2020. La perte des superficies forestières s’élevait à presque 100 millions d’hectares, ces deux dernières décennies. Toutefois, le taux de perte a légèrement ralenti au cours de ces dix dernières années.

Ces tendances mondiales traduisent des dynamiques opposées selon les régions:

  • Dans la plupart des régions d’Asie, ainsi qu’en Europe et en Amérique du Nord, la superficie forestière a globalement augmenté entre 2000 et 2020, en raison des efforts déployés en faveur du boisement et de la restauration des paysages et de l’expansion naturelle des forêts dans ces régions. L’expansion de la superficie forestière a néanmoins ralenti entre 2010 et 2020, par rapport à la période 2000-2010.

  • Ces vingt dernières années, la perte de superficie était particulièrement marquée en Amérique latine et dans les Caraïbes, et en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. Ces pertes s’expliquent en grande partie par la conversion des forêts en terres agricoles destinées aux cultures ou aux pâturages. Les pays les moins avancés (PMA) et les pays en développement sans littoral (PDSL) sont frappés de plein fouet par la perte des superficies forestières. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les pertes ont diminué en 2010-2020 par rapport à la décennie précédente, tandis qu’elles étaient en hausse en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est.

Les forêts sont importantes pour les moyens d’existence et le bien-être des populations rurales et urbaines. Elles contribuent à réguler le cycle de l’eau, atténuer les effets du changement climatique et abritent l’essentiel de la biodiversité terrestre mondiale. La perte des forêts participe au réchauffement de la planète et a des retombées négatives, en particulier, sur les moyens d’existence des personnes les plus pauvres, sur l’exploitation interdépendante des terres comme l’agriculture et sur la faune et la flore sauvages, ainsi que d’autres services environnementaux. Mettre un terme à la déforestation reste un défi majeur, en particulier dans les Tropiques et les pays les moins avancés.

Figure 27 : Surface des zones forestières, en proportion de la surface terrestre, par région, 2000-2020 (en pourcentage)

  • 2000
  • 2010
  • 2020

Indicateur 15.2.1 des ODD

Progrès vers la gestion durable des forêts

Cible 15.2

D’ici à 2020, promouvoir la gestion durable de tous les types de forêt, mettre un terme à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et accroître nettement le boisement et le reboisement au niveau mondial

Des progrès importants ont été accomplis dans le monde entier en matière de gestion durable des forêts, mais la perte forestière reste élevée

L’indicateur 15.2.1 indique que des progrès manifestes ont été réalisés en matière de gestion durable des forêts dans le monde. Des tendances positives se dégagent de la plupart des sous-indicateurs, lorsque l’on compare la période 2010-2020 à 2000-2010. Ceci prouve que les efforts de conservation et d’utilisation durables des forêts ont été couronnés de succès. À l’échelle mondiale, les sous-indicateurs suivants ont augmenté dans la plupart des régions et comprennent:

  • La superficie de forêts certifiées

  • La proportion de la superficie forestière soumise à des plans de gestion à long terme

  • Le stock forestier de biomasse aérienne par hectare

Si les efforts dans ce sens n’ont pas réussi à faire cesser la perte forestière, ils semblent avoir réduit le taux de perte. En effet, le taux de perte forestière nette a sensiblement diminué sur la période allant de 1990 à 2020.

Néanmoins, il ressort des dernières données qu’en Afrique et en Asie du Sud-Est la perte forestière s’est accentuée en 2010, par rapport à la décennie précédente.

La perte forestière reste élevée en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais elle est plus lente. Dans ces régions, celle-ci s’explique principalement par la conversion des forêts à des fins de cultures à grande échelle (surtout en Amérique latine et en Asie du Sud-Est), de pâturage et d’agriculture de subsistance (en Afrique). À l’échelle de la planète, le niveau de modification des superficies forestières n’affiche qu’une légère diminution des pertes forestières et reste préoccupant.

La déforestation et la dégradation des forêts restent des défis de taille, notamment dans les tropiques, les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral (PDSL) et les petits États insulaires en développement (PEID).

Les forêts constituent les plus grands réservoirs de carbone et de biodiversité de la planète. Elles constituent une source essentielle de nourriture, de biens et de services et sont indispensables aux moyens de subsistance des populations les plus pauvres et des communautés rurales. Par conséquent, les efforts mondiaux et régionaux visant à préserver et à rendre pérennes les forêts et leur rôle sur les plans social, économique et environnemental doivent continuer et être axés sur les tropiques et les pays en développement.

Figure 28: Progrès vers la gestion durable des forêts, par région, 2010-2020

Région des ODD
Taux de changement annuel net
de la superficie forestière3
Stock forestier de biomasse
aérienne exprimé (T/ha)
Proportion de la superficie forestière située à
l’intérieur d’aires protégées légalement constituées
Proportion de la superficie forestière soumise à
un plan de gestion à long terme
Superficie de forêts certifiées
Monde
Asie centrale et du Sud
Asie centrale
Asie du Sud
Asie de l’Est et du Sud-Est
Asie de l’Est
Asie du Sud-Est
Afrique du Nord et Asie de l’Ouest
Afrique du Nord
Asie de l’Ouest
Afrique subsaharienne
Europe et Amérique du Nord
Europe
Amérique du Nord
Amérique latine et Caraïbes
Océanie
Océanie (exception faite de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande)
Australie et Nouvelle-Zélande
Pays en développement sans littoral (PDSL)
Pays les moins avancés (PMA)
Petits États insulaires en développement (PEID)
  • Changement positif
  • Aucun changement ou changement mineur
  • Changement négatif

2Calculé selon la formule des intérêts composés.


Indicateur 15.4.2 des ODD

Indice de couvert végétal montagneux

Il est impossible de mener une évaluation mondiale car les données
nationales sont en cours de validation

Cible 15.4

D’ici à 2030, assurer la préservation des écosystèmes montagneux, notamment de leur biodiversité, afin de mieux tirer parti de leurs bienfaits essentiels pour le développement durable.

Les montagnes sont particulièrement vulnérables au changement climatique, ce qui pose un risque pour la biodiversité et les moyens d’existence des populations de montagne

Les montagnes recouvrent environ 27 pour cent de la surface terrestre, abritent 1,1 milliard de personnes et couvrent environ 30 pour cent des surfaces terrestres totales déclarées zones clés pour la biodiversité.

Cependant, les écosystèmes montagneux sont particulièrement vulnérables au changement climatique, qui menace leur capacité à offrir des services écosystémiques et à servir de refuge. Cette situation est d’autant plus alarmante que les populations des montagnes comptent parmi les personnes souffrant le plus d’insécurité alimentaire. En effet, une personne sur trois se heurte à des difficultés d’accès aux aliments. Cette réalité est encore plus marquée dans les régions montagneuses rurales des pays en développement, où une personne sur deux est exposée à l'insécurité alimentaire.

De nouvelles données s’appuyant sur l’imagerie satellitaire montrent que 73 pour cent des montagnes dans le monde sont recouvertes de végétation verte (forêts, prairies et terres cultivées).

  • En Asie de l’Est et du Sud-Est, le couvert végétal montagneux est le plus élevé et culmine à 87 pour cent.

  • L’Asie de l’Ouest et l’Afrique du Nord affichent le couvert le plus faible, avec 63 pour cent.

  • L’Océanie* et l’Amérique latine et les Caraïbes présentent un couvert végétal montagneux de 86 pour cent et 82 pour cent, respectivement, suivies par l’Afrique subsaharienne (80 pour cent) et l’Australie et la Nouvelle-Zélande (78 pour cent).

  • Les zones montagneuses d’Amérique du Nord et d’Europe, d’Asie centrale et d’Asie du Sud présentent des couverts végétaux compris entre 68 et 69 pour cent.

Interprétation du couvert végétal des zones montagneuses

Étant un indicateur agrégé, le couvert végétal des zones montagneuses doit être interprété avec prudence. L’indice de couvert végétal ne donne pas de détails sur l’évolution des espèces ni sur la modification de limite forestière.

Il importe de comprendre les variations dans la composition des espèces et la limite forestière afin de déterminer les effets qu’aura le changement climatique sur les zones montagneuses à long terme. Par conséquent, l’analyse des variations dans chacune des zones d’altitude au fil du temps sera déterminante pour définir les mesures de gestion et d’adaptation appropriées.

3 Les améliorations qui seront apportées en termes de précision, de fréquence et de résolution géospatiale des données permettront de produire une analyse affinée de l’évolution du couvert végétal selon les classes d’altitude et les types de couverts.

Figure 29: Couvert végétal montagneux, par région, 2018

Données par type de couvert végétal et par niveau d’altitude

Les données ventilées par type de couvert végétal et par niveau d’altitude permettent de mettre en lumière d’importantes caractéristiques concernant les montagnes dans le monde.

Forêts: À la plus basse altitude, les forêts sont le type de couvert végétal prédominant, et recouvrent plus de 50 pour cent de la surface. Comme on peut s’y attendre, plus on monte en altitude, plus la part du couvert forestier recule, et devient presque nulle à plus de 4 500 mètres d’altitude.

Prairies et autres terres: La proportion de zones montagneuses recouvertes par des prairies ou d’autres terres (telles que les couches de glace, les glaciers et les terres dénudées) augmente avec l’altitude. Les prairies constituent le type de couverture terrestre prédominant au-dessus de 3 500 mètres.

Terres cultivées: Selon les zones d’altitude, les terres cultivées s’étendent entre 1 500 et 2 500 mètres, ce qui illustre probablement le fait qu’à plus basse altitude les montagnes sont aussi caractérisées par un dénivelé et une variation locale d’altitude (LER), ce qui ne permet pas d’offrir un environnement propice à la culture des terres. Au-delà de 2 500 mètres d’altitude, la couverture végétale des terres cultivées diminue, elle aussi, progressivement.

Établissements et terres humides: La part du couvert montagneux des établissements et des terres humides est infime quelle que soit l’altitude, mais elle a tendance à reculer aux altitudes les plus hautes.

Figure 30: Couvert végétal montagneux, par type de couvert et par classe d’altitude, 2018

Classe 1Classe 2Classe 3Classe 4Classe 5Classe 6
> 4500 m3500 - 4500 m2500 - 3500 m1500 - 2500 m1000 - 1500 m LER > 300m300 - 1000 m LER > 300m

Indicateur 15.6.1 des ODD

Nombre de pays ayant adopté des cadres législatifs, administratifs et opérationnels destinés à assurer un partage juste et équitable des bénéfices

Il est impossible de mener une évaluation mondiale en raison
des caractéristiques méthodologiques de l’indicateur

Cible 15.6

Favoriser le partage juste et équitable des bénéfices découlant de l’utilisation des ressources génétiques et promouvoir un accès approprié à celles-ci, ainsi que cela a été décidé à l’échelle internationale

Un nombre croissant de pays prennent des mesures visant à garantir l’accès et le partage des avantages tirés des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, mais cela ne saurait suffire

Dans le cadre du Traité international sur les RPGAA, qui relève de la FAO, les parties contractantes présentent régulièrement un rapport national sur les mesures qu’elles ont prises pour s’acquitter de leurs obligations, notamment des dispositions relatives à l’accès et au partage des avantages.

En février 2020, 56 parties sur 146 ont présenté dans leurs rapports nationaux des informations sur leurs mesures d’accès et de partage des avantages liées aux ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (RPGAA), contre 12 pays seulement en 2016.

Figure 31: Nombre de pays ayant déclaré des cadres ou des mesures législatifs, administratifs et opérationnels par l’intermédiaire du Système de présentation des rapports en ligne du Traité international

Dans les grandes régions du monde:

  • L’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine et les Caraïbes sont les régions dont le nombre de pays déclarant leurs mesures d’accès et de partage des avantages liées aux RPGAA a le plus augmenté.

  • En Asie centrale et du Sud, ainsi qu’en Asie de l’Est et du Sud-Est, quatre pays ont présenté leurs rapports sur leurs mesures d’accès et de partage des avantages, au titre du Traité international; alors qu’il n’y en avait aucun en 2016.

  • En Océanie (excepté l’Australie et la Nouvelle-Zélande) et en Australie et Nouvelle-Zélande, seul un pays a rendu compte de ses mesures d’accès et de partage des avantages liées au RPGAA.

Faciliter l’accès aux ressources végétales

Le Système multilatéral d'accès et de partage des avantages prévu par le Traité international propose un mécanisme qui permet aux parties contractantes et aux acteurs concernés de faciliter l’accès aux ressources végétales nécessaires pour reproduire des cultures qui soient adaptées aux changements environnementaux et socioéconomiques et favoriser une agriculture plus diversifiée.

D’après le rapport soumis à l’organe directeur du Traité international à sa huitième session, tenue en novembre 2019, qui portait sur la mise en œuvre du Système multilatéral d’accès et de partage des avantages, 2,2 millions de RPGAA étaient disponibles à des fins de recherche, de formation et de reproduction. À ce jour, plus de 5,5 millions d’échantillons ont été transférés dans le monde dans le cadre de plus de 76 000 accords types de transfert de matériel.

Figure 32: Nombre de pays ayant déclaré des cadres ou des mesures législatifs, administratifs et opérationnels par l’intermédiaire du Système de présentation des rapports en ligne du Traité international, par région, en 2016 et en 2019

  • 2019
  • 2016

À sa huitième session, l’organe directeur a indiqué qu’il était nécessaire d’améliorer le fonctionnement du Système multilatéral car il constitue un enjeu important pour développer son pool, échanger davantage de types de cultures et de ressources génétiques dans le monde entier et accroître le partage des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques de manière plus prévisible et plus durable. Le renforcement du Système multilatéral facilitera et encouragera l’échange de RPGAA entre les parties contractantes de manière efficace, juste et équitable.

Figure 33: Nombre d’accords types de transfert de matériel (ATTM) signés pour le transfert de ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde, 2012-2019