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FAO au Sénégal

Le Sénégal accueille le plus grand atelier de formation régional pour l’Afrique sur le Traité international de la FAO

(c)FAO/Ami Vitale
29/07/2019

Conservation et utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture et droits des agriculteurs

Les représentants de 30 pays africains et 17 Organisations non gouvernementales sont réunis à Dakar à l’occasion du plus grand atelier de formation régional jamais organisé pour l’Afrique sur la conservation et l’utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (RPGAA) et les droits des agriculteurs.

«Les ressources phytogénétiques constituent la base de notre nourriture, notre nutrition et notre santé», a déclaré le Représentant et Conseiller technique du Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural du Sénégal, Mamadou  Diallo, lors de la cérémonie d'ouverture de l'atelier de trois jours. «Nous devons tous prêter attention à ces ressources, notamment en cette période de perte de la biodiversité, marquée par la diversité des cultures vivrières qui diminue alors que nos populations continuent à augmenter», a-t-il ajouté.

«L’objectif principal du Traité international est de préserver les cultures du monde et de faire en sorte que ces plantes continuent d’exister et d’être utiles aux générations futures, en fournissant alimentation et nutrition à tous», a déclaré Kent Nnadozie, Secrétaire du Traité international de la FAO sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture. «Sans le Traité international, la diversité de nos cultures continuerait à diminuer, laissant de plus en plus de personnes dépendantes de cultures vivrières de moins en moins nombreuses», a-t-il souligné.

S'adressant aux 60 participants réunis à Dakar, le Secrétaire Nnadozie a également souligné l'importance de la contribution des communautés autochtones et des petits agriculteurs. «Depuis des millénaires, les peuples autochtones et les petits exploitants agricoles ont été les gardiens des cultures vivrières dans le monde. Leurs connaissances traditionnelles en matière de conservation et de gestion des semences et du matériel végétal sont aussi précieuses au XXIe siècle qu’il y a 1000 ans», a-t-il déclaré.

Le Traité international est le premier instrument international juridiquement contraignant à reconnaître officiellement l’énorme contribution des petits agriculteurs et des communautés autochtones et appelle les pays à protéger et à promouvoir les droits des agriculteurs, notamment leur droit de conserver, d’utiliser et d’échanger leurs semences.

Dans son allocution d'ouverture, Gouantoueu Robert Guei, Coordinateur sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest et Représentant de la FAO au Sénégal, a souligné le rôle important du Traité international en tant qu’«instrument fondamental de la FAO visant à faciliter l'échange d'informations et de connaissances relatives aux ressources phytogénétiques en Afrique et dans le monde, et à appuyer les agriculteurs qui fournissent de la nourriture pour nous tous.»

L’atelier de formation est conçu pour offrir une plateforme d’échange de données d’expériences, de pratiques optimales et d’enseignements en matière de conservation et d’utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, ainsi que de droits des agriculteurs. Il est conduit par le personnel du Secrétariat du Traité international en étroite collaboration avec le bureau de la FAO au Sénégal et le Ministre de l'Agriculture et de l’Equipement Rural du Sénégal. Il comprendra des discussions et des exposés interactifs, allant de l'utilisation de variétés de cultures locales pour affronter le changement climatique et répondre aux besoins nutritionnels, la sélection participative, les banques communautaires de semences et l’amélioration des cultures, aux questions qui seront débattues à la huitième session de l’Organe directeur du Traité international. Le dernier jour de l’atelier comprendra une visite de terrain à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre d’études régional pour l'amélioration de l'adaptation à la sécheresse (CERAAS).

L'atelier réunit des participants provenant des pays suivants: Angola, Botswana, Cameroun, République Centrafricaine, Comores, Congo (République Démocratique), Côte d’Ivoire, Égypte, Erythrée, Éthiopie, Ghana, Kenya, Lesotho, Libye, Madagascar, Mali, Mauritanie, Maroc, Namibie, Niger, Sao Tome et Principe, Sénégal, Afrique du Sud, Soudan, Tanzanie, Togo, Tunisie, Ouganda, Zimbabwe. L’atelier réunit également des représentants de l’Agence nationale Suisse de collaboration et de développement, International SwissAid et 16 Organisations non gouvernementales / Organisations de la Société civile à savoir :  Centre Africain pour la biodiversité, La Via Campesina, Gestion écologique participative de l’utilisation des sols, Commons for Eco-Justice, Fonds pour le développement de la Norvège, Organisation Des Ruraux pour une Agriculture Durable, Raya Karkara, Pour le Droit à l’alimentation et à la nutrition, Association Sénégalaise pour les Semences Paysannes, Réseau pour la justice sociale, Réseau National pour une Gestion Durable des Ressources Génétiques, Biodiversité Échange et  Diffusion d’expériences, Association Alternative Espaces Citoyens, Comité Ouest-Africain des Semences Paysannes, Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain et Alliance pour la Souveraineté en Afrique.