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FAO au Sénégal

Les Champs écoles de producteurs, une approche participative de renforcement des capacités pour des systèmes de production alimentaires performants, durables et inclusifs

Champ Ecole de Producteurs (CEP) coton dans le cadre du programme GIPD. © FAO/Makhfousse Sarr
12/12/2015

 

La FAO crée des réseaux régionaux pour rendre l’agriculture plus durable et renforcer les capacités d’adaptation au changement climatique

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et ses partenaires ont opté, depuis plusieurs années, pour une approche «Produire plus avec moins», un modèle de production agricole basé sur une intensification agricole durable, qui permet d’améliorer à la fois les revenus, l’environnement et la santé des producteurs et des communautés rurales. Les Champs écoles de producteurs (CEP) contribuent, dans ce sens, à doter des millions de petits producteurs des connaissances et des aptitudes pour mettre en pratique cette approche et améliorer leurs conditions de vie.

Sur le continent africain, les Champs écoles de producteurs ont déjà fait leur preuve sur des programmes d’intensification agricole durable, telles que la Gestion Intégrée de la Production et des Déprédateurs (GIPD).

Tata Djire Coulibaly, coordonnatrice GIPD à l’Association des Producteurs de Coton Africains (APROCA), est ainsi convaincue de l’intérêt de l’approche CEP pour les producteurs. « Au Mali, la culture du coton est surtout une affaire des sociétés cotonnières : toutes les décisions viennent d’en haut. Avec les Champs écoles de producteurs, c’est le producteur qui décide de ce qu’il va faire sur sa parcelle. C’est une responsabilisation pour qu’on puisse prendre les décisions appropriées. Et c’est fondamental pour, nous, producteurs ».

La démarche participative des Champs école de producteurs offre donc des outils de renforcement de capacités et d’éducation tout à fait précieux pour la FAO dans le cadre de ses objectifs stratégiques, plus particulièrement pour l’Objectif stratégique 2 «Accroître et améliorer de manière durable la fourniture de biens et services issus de l’agriculture, des forêts et des pêches». Dans sa contribution à l’atteinte des Objectifs de développement durable, la FAO poursuivra notamment l’objectif numéro 2 qui vise à «Mettre un terme à la faim, assurer la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition et promouvoir l’agriculture durable».  

« Dans le contexte actuel, celui des Objectifs de développement durable, mais aussi celui de la lutte contre le changement climatique, nous - acteurs du développement agricole et rural - nous nous devons de montrer que l’agriculture n’est pas, et ne doit plus être, une partie du problème, mais faire partie de la solution. Le renforcement des capacités des Agriculteurs, est aujourd’hui plus qu’une nécessité si nous voulons atteindre ces objectifs ambitieux », a déclaré Vincent Martin, le Représentant de la FAO au Sénégal, en ouvrant les travaux d’un atelier organisé par la FAO à Dakar.

Des réseaux régionaux pour des systèmes de production durables

L’objectif de cet atelier sous-régional sur l’approche Champs écoles de producteurs en Afrique de l’Ouest et centrale est de favoriser la mise en place d’un réseau régional de spécialistes, constitué de la FAO et des acteurs locaux, et de s’accorder sur une compréhension commune de l’approche CEP.

Pour Modou Mboup, Conseiller technique du Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural du Sénégal, « les champs écoles pourront permettre aux communautés de base d’adopter des pratiques agro-sylvo-pastorales résilientes au changement climatique. Il est heureux de constater que la FAO, par une approche innovante que sont les champs écoles de producteurs, accompagne les pays à travers le monde pour assurer aux agriculteurs une acquisition de connaissances techniques et un renforcement des dynamiques organisationnelles. »

A l’issue de la rencontre, les participants se sont accordés sur une déclaration finale en faveur de la promotion de la qualité de l’approche auprès des décideurs et sur un mécanisme de coordination régionale afin d’en assurer la mise à l’échelle dans la région.

Ces cinq jours de travaux ont réuni quelques cinquante experts, venus de 22 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, représentants de la FAO, gouvernements, d’associations de producteurs, de la société civile, mais aussi de chercheurs, de formateurs, de gestionnaires de projets, ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La rencontre, qui s’est tenue du 7 au 11 décembre 2015 à Dakar, est la troisième du genre, après un premier atelier organisé en Zambie, en Décembre 2014, pour la sous-région d’Afrique Australe, et un autre dans la région d’Afrique du Nord/proche orient en Novembre dernier. D’autres ateliers sous-régionaux suivront pour initier ce même type de réseaux en Afrique de l’Est, Amérique du Sud et Asie.

A propos des Champs écoles de producteurs (CEP)

L’approche Champs écoles de producteurs (CEP) est une approche participative pour le renforcement des capacités des communautés en vue d’augmenter leur production agricole et leurs moyens d’existence de manière adaptée au contexte local.

Lieu d’échange d’expériences et de connaissance, les champs écoles permettent aux producteurs d’apprendre en pratiquant et les dote d’outils pour analyser leurs pratiques et identifier des solutions à leurs problèmes.

L’approche CEP a été initiée en Asie, il y a 25 ans, dans le cadre d’un programme FAO sur plusieurs pays pour la lutte intégrée dans le riz et les cultures maraichères. Depuis, de nombreux projets et programmes ont eu lieu dans plus de 90 pays en voie de développement, y compris en Asie, Afrique, Amérique du Sud et Europe de l’Est. Elle offre un très bon exemple de succès de la collaboration Sud-Sud, grâce à la mobilisation d’experts locaux expérimentés pour initier les projets dans de nouveaux pays.

 

Plus d’informations :

-      Sur les Champs écoles de producteurs 

-      Sur le travail de la FAO en matière de changement climatique 

-      Sur les pratiques agroécologiques en Afrique 

 

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