FAO au Sénégal

La FAO et l’USAID appuient le dispositif national de contrôle de l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1 au Sénégal

(c) Ousmane Gaye
26/01/2021

Cette souche d'influenza aviaire, apparue au Sénégal pour la première fois, représente une menace pour la santé publique

Dans le cadre du Programme de sécurité sanitaire mondiale (GHSA), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) au Sénégal ont procédé à la remise officielle d’une dotation de matériel de prélèvement, d’équipements de protection individuelle, des réactifs et consommables de laboratoire (poudre désinfectante de haut niveau,  rubans indicateurs stériles et flacons cryogéniques) à la Direction des services vétérinaires (DSV) et au Laboratoire national d'élevage et de recherches vétérinaires (LNERV) afin de poursuivre les investigations et la riposte face à la souche de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1. 

Pour la première fois, le Sénégal a notifié, à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’apparition de l’influenza aviaire hautement pathogène H5N1 qui est une zoonose majeure. Le virus a été détecté dans un élevage commercial de volaille situé à Pout dans la région de Thiès, à 60 km de Dakar. Cinquante-huit mille (58 000) pondeuses sur 100 000 ont été infectées et toutes sont mortes avec un taux de létalité de 100 pourcent). Les 42 000 autres ont été tuées, les œufs et les aliments détruits. Les ouvriers agricoles ont été testés et sont heureusement négatifs pour l'instant. 

Cette souche d'influenza aviaire est l'une des plus dévastatrices en raison des très lourdes pertes qu'elle induit souvent (comme l'illustre ce cas), de la menace qu'elle représente pour la santé publique (c'est une zoonose majeure), des restrictions qu'elle impose au commerce régional/international, ainsi que de la peur de consommer des produits avicoles et de l'impact terrible qu'elle a sur l'ensemble de la chaîne de valeur avicole. 

Cette dotation s’inscrit dans le cadre du projet dénommé «Soutien au Programme de sécurité sanitaire mondiale (GHSA) dans la lutte contre les zoonoses et le renforcement de la santé animale en Afrique, mis en œuvre par le Centre d'urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières (ECTAD) de la FAO à travers le financement de l'USAID, qui s’est engagée à renforcer les capacités des services vétérinaires et à doter le Sénégal de laboratoires vétérinaires performants  à la hauteur des défis qui l’attendent. 

Le GHSA, à travers la plateforme nationale «Une Seule Santé», a pour but d’assurer un monde sécurisé contre les menaces de maladies infectieuses et d’élever le niveau de sécurité de la santé afin d’en faire une priorité au niveau des gouvernements. À travers le GHSA, la FAO a soutenu un exercice conjoint de simulation sur le terrain afin d'améliorer la capacité du Sénégal et du Mali à prévenir les foyers d’influenza aviaire et à y répondre. L'exercice a été mené à la frontière avec le Mali en 2018 et a permis d'améliorer le contrôle des foyers d'IAHP dans les élevages de volailles, les basses-cours, les fermes avicoles et les marchés aux volailles dans les communes frontalières de Kidira (Sénégal) et Diboli (Mali). La FAO a aussi mis à jour neuf procédures opérationnelles standard sur l'IAHP suite à la révision du plan d'intervention d'urgence. 

Dans son allocution, Le Ministre de l’Élevage et des Productions Animales, Aly Saleh Diop, a signalé que «la haute portée sociale et économique de cet important appui ne fait l’ombre d’aucun doute, eu égard aux nombreuses populations qui tirent leurs revenus de cette activité et des investissements importants consentis par le secteur privé depuis 2005, année de fermeture de nos frontières, au nom du principe de précaution, pour se prémunir de cette redoutable maladie aux conséquences économiques et sanitaires désastreuses». 

Le Représentant de la FAO au Sénégal, Bintia Stephen Tchicaya, a félicité le Gouvernement pour sa collaboration et ses efforts dans la lutte contre cette maladie et a réitéré l’engagement de l’Organisation à accompagner le Gouvernement dans la réponse aux menaces posées par les maladies zoonotiques émergentes en général. «Ce lot de matériel qui sera mis à votre disposition ce matin fait suite à une première dotation de matériel de protection individuelle qui a eu lieu au mois de Septembre 2020» a-t-elle  souligné. 

À son tour, le Représentant de l’USAID, Peter Tronchard, a affirmé que «la prévention, la détection et la réponse aux épidémies de maladies infectieuses telles que la grippe aviaire aujourd’hui sont une priorité que nous partageons tous. Ce don s’inscrit dans notre effort de partenariat multisectoriel pour faire avancer l’initiative du GHSA». 

Une préoccupation majeure concerne le risque de voir la maladie devenir endémique dans toute la région de nature à voir l’influenza aviaire profondément ancrée dans les systèmes de production et de commercialisation des volailles. C'est pourquoi FAO ECTAD au Sénégal a travaillé avec l’Interprofession avicole du Sénégal (IPAS) pour mieux prendre en charge le rapportage et mieux comprendre les symptômes de la maladie, savoir comment et à qui les signaler, et pour appliquer également les bonnes pratiques d'hygiène afin d'arrêter sa propagation. 

Une collaboration stratégique avec les ministères concernés a permis d'élaborer des plans de surveillance multisectoriels de l'IAHP dans le cadre d'une approche «Une Seule Santé». Dans ce contexte, la plateforme «Une Seule Santé» du Haut conseil national de la sécurité sanitaire mondiale, sous le leadership de son Secrétariat permanent, a  réuni en urgence le groupe technique de travail sur les zoonoses afin  de travailler sur un plan d’action budgétisé pour assurer une riposte prompte et appropriée ainsi que la coordination, le suivi et l’évaluation des opérations à tous les niveaux. 

Grâce aux fonds alloués par l’USAID, cette action de FAO ECTAD, qui s’inscrit dans la mise en œuvre du GHSA, vise à renforcer les capacités des laboratoires nationaux dans la surveillance des maladies et contribuera certainement à lutter plus efficacement contre cette souche d’influenza aviaire hautement pathogène, une des six maladies zoonotiques prioritaires au Sénégal.