SOFA 2018 - La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture - Migrations, agriculture et développement rural

2018 La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture - Migrations, agriculture et développement rural

Ce que vous ne saviez pas sur la migration

Il existe beaucoup d’idées fausses au sujet de la migration. Testez vos connaissances tout au long du rapport.

QUESTION 1

Choisissez la bonne réponse:

Bien que les migrations internationales fassent aujourd'hui l'objet de beaucoup d'inquiétudes et d'attention, la migration a toujours fait partie de l'histoire de l'humanité et accompagne l'évolution des sociétés. Entre 1990 et 2015, le nombre de migrants internationaux a augmenté, passant de 153 millions à 248 millions. Toutefois, pour mettre les choses en perspective, cette augmentation n'est passée que de 2,9% à 3,3% en proportion de la population mondiale. Il est également important de savoir que les personnes migrent plus à l’intérieur de leur pays qu’à l’étranger.

Au niveau mondial, la migration internationale représente un phénomène significativement plus faible que la migration interne

Les chiffres reflétant les migrations internes sont en effet bien plus importants que ceux des migrations internationales. Selon la FAO, plus de 1,3 milliard de personnes vivant dans les pays en développement ont migré à l’intérieur de leur propre pays. Dans ces pays, le nombre de migrants internes (ayant vécu dans une région autre que leur lieu de naissance) est sept fois plus élevé que le nombre de migrants internationaux.

QUESTION 2

Combien de personnes migrent des pays en développement vers les pays développés?

Les migrants internationaux sont plus nombreux à se déplacer d’un pays en développement à un autre que des pays en développement vers des pays développés.

En dépit de nombreuses idées fausses, le nombre de migrants internationaux s’étant déplacés d’un pays en développement à un autre (38%) est plus important que le nombre de migrants s’étant déplacés d’un pays en développement vers un pays développé (35%).

Une partie importante de la migration internationale a lieu entre les régions et les pays Sud-Sud. Beaucoup de ces flux ont lieu dans des pays qui se trouvent dans un processus de transformation structurelle et d’urbanisation et dans lesquels les régions agricoles et rurales sont importantes en termes de proportion de la population et de contribution au PIB, mais dans le cadre de ce processus, les personnes s’orientent vers des secteurs non agricoles où la productivité et les salaires sont supposés être plus élevés.

Les personnes migrent pour différentes raisons. Dans des conditions normales, la décision de migrer peut être déterminée par la recherche de meilleures possibilités d’emploi, de métiers mieux payés, et de services publics plus nombreux et de meilleure qualité, par exemple, ceux liés à l’éducation ou la santé. Cependant, dans certaines situations, la décision de migrer peut être prise du fait de l’absence de meilleures alternatives ou par nécessité.

La migration n’est pas toujours un choix

Au cours des dix dernières années, le monde a été confronté à une augmentation accrue de crises en raison de conflits armés ou d’événements climatiques extrêmes, mettant en péril les moyens de subsistance de nombreuses personnes et provoquant une hausse du nombre de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Pas moins de 25 millions de réfugiés ont quitté leur pays en raison de conflits et de crises. En 2016, il y avait dans le monde 66 millions de personnes déplacées de force du fait des persécutions, des conflits, de la violence généralisée et des violations des droits de l’homme, dont 40 millions étaient des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI), les autres étaient des réfugiés ou des demandeurs d’asile.

«Même s’il m’est difficile de quitter mon pays et de m’intégrer dans une nouvelle communauté, c’est toujours mieux que de vivre sous les bombes et dans l’insécurité,»

dit Yunus.

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QUESTION 3

La plupart des réfugiés internationaux sont:

Environ neuf réfugiés sur dix sont accueillis par des pays en développement.

Les pays de destination à revenu élevé considèrent de plus en plus la migration internationale comme un enjeu majeur. Or, les réfugiés internationaux sont accueillis presque en totalité par des pays en développement (85%). Environ neuf réfugiés sur dix sont accueillis par des pays en développement.

Les populations rurales de ces pays en ressentent souvent les plus grandes conséquences. Au niveau mondial, au moins un tiers de la population de réfugiés se situe dans des régions rurales et la proportion dépasse les 80% dans le cas de l’Afrique subsaharienne.

La migration rurale constitue une composante importante de tous les mouvements nationaux et internationaux

La migration rurale est définie comme la migration qui a lieu vers, depuis ou entre les zones rurales, indépendamment de la destination, de l’origine ou de la durée du mouvement migratoire. La migration rurale est une composante importante de la migration qu’elle soit interne (au sein des pays) ou internationale (entre les pays).

QUESTION 4

Les migrants se déplacent uniquement des régions rurales vers les villes ou les zones urbaines.

Les migrants se déplacent également d’une zone rurale à une autre, et dans certains pays, les migrants qui se déplacent d’une zone rurale à une autre sont plus nombreux que ceux qui se déplacent des zones rurales vers les zones urbaines.

La migration rurale revêt habituellement différentes formes en raison de la complexité des facteurs qui en sont à l’origine. Elle peut être permanente ou temporaire, souvent sous la forme de mouvements saisonniers entre les régions urbaines et rurales de personnes à la recherche d’un emploi. Elle peut être volontaire ou forcée. Elle peut également prendre la forme d’une migration d’une zone rurale vers une autre zone rurale. En effet, en moyenne dans les pays en développement, une plus grande proportion de personnes migre d’une région rurale à une autre plutôt que d’une zone rurale vers une zone urbaine. La migration entre les régions rurales est particulièrement importante dans les sociétés majoritairement rurales telles qu’en Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l'Asie, alors que la migration des zones rurales vers des zones urbaines et la migration des zones urbaines vers d’autres zones urbaines est plus courante dans les sociétés plus urbanisées comme en Amérique latine et aux Caraïbes, et également dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord, lorsque l'on parle des pays en développement.

La migration interne et la migration internationale sont liées

La migration interne est souvent liée à la migration internationale en ce sens que les personnes qui ont déjà migré à l’intérieur de leur propre pays sont plus susceptibles de migrer à l'échelle internationale. Par exemple, un migrant peut initialement se déplacer en interne et plus tard migrer à l'étranger, ou l’inverse. En effet, dans l’ensemble des pays, quel que soit le groupe de revenus auxquels elles appartiennent, la proportion de personnes qui planifient de migrer à l’étranger est plus élevée pour celles qui se sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays au cours des cinq dernières années, que celles qui ne se sont pas déplacées.

QUESTION 5

Quel est le pourcentage des femmes parmi les migrants internationaux?

La moitié des migrants internationaux sont des femmes.

Les hommes ne sont pas les seuls à migrer

La participation des femmes aux migrations internationales augmente. Elles représentent désormais environ la moitié de l’ensemble des migrants internationaux. Toutefois, cette proportion varie selon la région, les hommes constituant la majorité des migrants internationaux en Afrique subsaharienne – de 60% en Afrique de l’Est à 80%en Afrique de l’Ouest. Elle varie également en fonction de l’âge: en Afrique de l'Ouest, les garçons de moins de 15 ans migrent rarement alors que les jeunes filles migrent souvent.

Pour ce qui est des migrations internes, il n’existe pas de données comparables par genre au niveau mondial. Cependant, les données au niveau des pays montrent que, dans de nombreuses sociétés, l’émigration des femmes est plus répandue que l’émigration des hommes. Sur les 31 pays considérés dans le rapport, plus de 50% de la population – 58% de femmes et 56% d’hommes – se sont déplacés au sein de leur propre pays au moins une fois.

«Lorsque nous sommes arrivés ici, il y a un an, j’étais détruite et complètement déboussolée. Et je ne savais pas comment je pouvais cultiver ici,» déclare Sarah Sikatenda, une agricultrice réfugiée, originaire de la République démocratique du Congo qui vit maintenant au Kenya.

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Ce que vous devez savoir sur la migration et l’agriculture

Ce ne sont pas seulement les pays de destination qui subissent les incidences de la migration

La migration rurale peut avoir des conséquences importantes sur le pays d’origine en termes de développement rural, de sécurité alimentaire et de nutrition. Il y a des avantages et des coûts. Ces impacts sont ressentis de trois façons principales:

«Mon mari a une grande famille. Pour soutenir tout le monde, il a dû aller à l’étranger pour y trouver du travail. Il pensait que le fait d’aller l’étranger pour gagner de l’argent me rendrait heureuse,» explique Laxmi.

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  1. Une perte pour le ménage dont le migrant est issu - Le ménage dont le migrant est issu se trouve privé d’un de ses membres (dont la main-d'œuvre était importante pour le ménage) et la composition du ménage change. Cela a également un impact sur le marché du travail des zones rurales. Faire face à la réduction de la main-d'œuvre familiale peut s’avérer difficile pour les ménages agricoles si cette main-d'œuvre ne peut pas être remplacée. La perte de main-d'œuvre familiale peut avoir une incidence négative sur les niveaux de production agricole et non-agricole du ménage, et peut pousser les ménages travaillant dans l'agriculture à réorienter la production vers des cultures et des activités exigeant moins de main-d'œuvre.
  2. Des transferts de fonds pour le ménage dont le migrant est issu - Les transferts de fonds des migrants peuvent aider les ménages confrontés à des difficultés financières à investir dans de nouvelles technologies. En diversifiant les revenus, les envois de fonds fournissent une assurance contre les risques et peuvent encourager les ménages à adopter des techniques de production avec un rendement agricole supérieur ou à se lancer dans des activités commerciales non agricoles. Ils peuvent également permettre aux ménages d’investir davantage dans l’éducation de leurs enfants, d’accroître leur patrimoine et d’investir dans des actifs.
  3. Les transferts d’ordre social - Ils peuvent également être non monétaires – que l’on désigne par transferts d’ordre «social» – tels que des idées, des compétences, des transferts de technologie et de nouveaux modèles sociaux ramenés ou transmis par les migrants de retour au pays.

Après des années d'études et de travail à l'étranger, il est rentré chez lui en Albanie il y a quatre ans. Il a ramené avec lui une expérience professionnelle, un diplôme universitaire et un profond désir de contribuer au développement de son pays. « Chaque soir, je me pose et je me mets à penser : comment puis-je donner à ma communauté les moyens d'agir. Que devons-nous faire pour améliorer la situation? »

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Les effets positifs de l’émigration peuvent s’étendre à des communautés rurales entières, car l'émigration pousse les salaires locaux vers le haut et les envois de fonds sont consacrés à des biens locaux et investis dans des activités économiques locales, ce qui engendre un accroissement des revenus et de l'emploi.

Toutefois, nous ne pouvons pas ignorer les enjeux et les coûts liés à la migration. Pour les personnes concernées, ces coûts peuvent être élevés aux niveaux économique, social et personnel. Cette situation peut s’avérer très déstabilisante pour les familles et pour les communautés d’origine, notamment lorsque cela engendre souvent la perte de la main-d'œuvre la plus dynamique, étant donné que ce sont généralement les plus jeunes et les mieux instruits qui migrent. La balance entre les avantages et les coûts n'est pas toujours positive pour ceux qui partent ou pour ceux qui restent.

QUESTION 6

En termes d’emploi, seuls les migrants eux-mêmes tirent des avantages de la migration.

Les migrants comblent souvent des pénuries de main-d'œuvre dans le pays ou la région de destination. Par exemple, dans de nombreux pays qui sont confrontés à un dépeuplement des régions rurales, les migrations permettent à ces pays d’obtenir de la main-d'œuvre pour soutenir leur production agricole.

La migration peut en outre aider les pays développés de destination

Pour de nombreux pays développés connaissant des problèmes de dépeuplement des régions rurales, les migrants internationaux peuvent contribuer au développement des zones rurales en comblant les pénuries de main-d'œuvre auxquelles est confronté le secteur agricole. En Amérique du Nord et en Europe par exemple, la main-d'œuvre étrangère constitue l'épine dorsale de la production agricole. Toutefois, la protection du droit du travail et les conditions de travail des migrants sont souvent mauvaises. Dans de nombreuses zones rurales, les ouvriers agricoles travaillent souvent de façon informelle, gagnent moins que le salaire minimal légal et sont souvent exploités. Le fait d’offrir des conditions de travail décentes aux travailleurs agricoles migrants peut rendre positive l’expérience de la migration tant pour les migrants que pour leurs pays hôtes.

Les contextes nationaux sont importants pour comprendre ce qui motive la migration

La migration revêt diverses formes et présente différents défis et possibilités pour les migrants et les sociétés en fonction du contexte national. Il y a cinq grands profils de pays et différents domaines d’action auxquels il faut accorder la priorité dans ces pays:

«Je dépendais de mes parents et je ne gagnais pas assez d’argent pour subvenir aux besoins de ma femme et de mon enfant. J’ai donc migré pour aider ma famille,» déclare Yiman.

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  1. Les Etats fragiles et touchés par des conflits - dans les contextes fragiles tels que les conflits prolongés et les crises de longue durée, les gens peuvent être forcés de se déplacer pour des raisons de sûreté et de sécurité. Cette situation présente d'énormes défis pour les régions d'origine et de destination. Dans ces cas, les flux migratoires commencent généralement par des déplacements internes de populations qui, selon l'intensité et la durée des conflits, deviennent plus fréquents et peuvent conduire à une émigration internationale massive.
  2. Les pays confrontés au défi relatif à l'emploi de la jeunesse rurale dans des contextes fragiles – Il s'agit notamment des pays où l'emploi de la jeunesse rurale est un enjeu de premier plan du fait qu’ils possèdent des populations de jeunes ruraux très importantes et/ou en augmentation, et qu’il n’y a pas de dynamisme de développement pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Cette situation est typique en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, où l’urbanisation ne s’est pas accompagnée d’une croissance comparable dans les secteurs manufacturier et des services modernes et où les personnes abandonnent l’agriculture à basse productivité pour passer la plupart du temps à des services informels à faible productivité, généralement dans les zones urbaines. Ce défi est d’autant plus complexe car selon les prévisions, dans les décennies à venir, l’Afrique subsaharienne en particulier sera confrontée à une grande augmentation de sa population de jeunes ruraux. La migration de survie est également fréquente en raison d’une forte incidence de l’extrême pauvreté et de l’insécurité alimentaire.
  3. Les pays qui ont une dynamique de développement, comprennent les pays qui possèdent un grand nombre de jeunes dans les zones rurales, mais également un degré raisonnable de dynamisme économique pour créer des emplois pour les jeunes, que ce soit dans les zones rurales ou dans les zones urbaines. La migration nette des zones rurales vers des zones urbaines est généralement positive, mais la migration des zones rurales vers d’autres zones rurales est considérable, au moins au sein des pays à forte vocation agricole. Actuellement, les pays de cette catégorie sont d’importants viviers d'émigration, qui pourrait s'accélérer si le développement économique augmentait. Même s’ils sont confrontés à un défi similaire (c.-à-d. un grand nombre de jeunes ruraux), les pays qui ont une dynamique de développement peuvent créer des emplois et utiliser le profil démographique à leur avantage.
  4. Les pays en transition sont ceux qui ont réalisé des progrès en matière de développement économique et de gouvernance. Cela se reflète dans leurs taux de naissance et d’urbanisation, dont l’une des conséquences est le fait qu’il y ait moins de jeunes par hectare de terres agricoles. Il existe diverses migrations internes, la migration des zones urbaines vers d’autres zones urbaines étant la plus importante. Nombreux de ces pays en transition sont à la fois des pays d’origine et de destination de la migration internationale. Si les tendances actuelles se poursuivent, certains d'entre eux rejoindront bientôt le groupe des «destinations convoitées».
  5. Destinations convoitées avec de hauts niveaux de développement - Un grand nombre de pays qui font désormais partie de cette catégorie étaient autrefois des pays d’origine de migrants, mais ils constituent désormais les principales destinations des migrations internationales. Certains de ces pays disposent désormais d’un faible nombre de jeunes dans les zones rurales, et ils auront souvent besoin des migrations vers ces régions afin de satisfaire la demande de main-d'œuvre dans l'agriculture et/ou il leur faudra investir massivement dans la mécanisation. La migration interne nette des zones rurales vers les zones urbaines est faible, étant donné que les régions rurales sont pour la plupart dépeuplées alors que la migration alternante et la mobilité circulaire sont particulièrement importantes. L’émigration à partir de ces pays concerne principalement les travailleurs hautement qualifiés – généralement qui migrent vers d’autres pays développés – ou des migrants qui retournent dans leurs pays d’origine après une période assez longue de migration.
QUESTION 7

Choisissez les mots manquants:

À différents stades de leur développement, ____ pays seront des régions d'origine, de transit ou de destination pour la migration internationale.

Tout comme les pays européens qui sont devenus des destinations pour les migrants après avoir été pendant longtemps source de migration, les pays émergents sont susceptibles de devenir des pôles régionaux et de recevoir plus d’immigrés au fur et à mesure qu’ils progressent dans leur développement.

Pour la plupart des pays, le type de développement dans lequel ils s'engagent déterminera quels liens ruraux-urbains sont pertinents pour leurs flux migratoires et leurs schémas de migration. Une approche de développement territorial qui se concentre sur ces liens peut contribuer à fournir des solutions à certains de ces défis.

Comment faire pour que la migration profite à tous

Les politiques doivent tirer profit des avantages de la migration rurale tout en en réduisant les impacts négatifs.

La répartition très inégale des chances dans le monde – tant au sein des pays qu’entre les pays – va continuer à persister et à guider les migrations, internes et internationales. La migration rurale demeurera une composante importante de ces flux migratoires. Les différences quant aux possibilités offertes laissent également entendre que les migrations peuvent contribuer au développement économique, social et humain. Le fait de transférer progressivement la main-d'œuvre des emplois à faible productivité, souvent dans les zones rurales, vers des secteurs plus productifs, surtout dans les zones urbaines, offre un énorme potentiel de gains économiques. Toutefois, la migration implique également des coûts pour les migrants eux-mêmes, ainsi que pour les régions ou les communautés d'origine et de destination.

«La situation empirait jour après jour du fait des violences toujours plus fréquentes qui nous ont contraints à abandonner nos terres. J’ai décidé de partir car j’étais marié et j’avais deux enfants. Robinson et sa famille ont essayé de rester sur leurs terres, mais à un certain moment, quand la situation est devenue trop dangereuse, ils ont été obligés d’abandonner leurs terres.

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Dans la mesure du possible, la migration doit être une décision volontaire prise par les migrants, basée sur des choix réels et éclairés. Concernant la migration rurale, cela implique de créer des possibilités de subsistance attrayantes. Cela nécessite également de supprimer les obstacles à la migration rurale et de faciliter la migration régulière pour ceux qui décident de se déplacer, ainsi que de développer le capital humain dans les régions rurales par le biais de formations et du développement des compétences, permettant ainsi à d’éventuels migrants de tirer parti des possibilités. En outre, il s'agit de prévenir des crises qui conduisent aux migrations forcées et de limiter les impacts négatifs sur les migrants et les communautés hôtes.

La migration doit être un choix

La circulation des personnes au sein des pays et entre les pays est une partie intégrante de la réussite du développement agricole et rural et est liée à des changements structurels dans l'économie.

Le principal objectif de la migration rurale doit être de veiller à ce que la migration représente une décision volontaire prise par les migrants et leurs familles - l'une basée sur des choix éclairés entre les différentes options et les possibilités réelles, et l’autre qui contribue au développement économique et social durable. Cela suppose l'atténuation dans la mesure du possible de tout élément de coercition, de sorte que les personnes qui ne sont pas bien préparées pour migrer ne soient pas obligées de le faire parce qu'elles n'ont pas d'autre option. En outre, cela implique également de réduire les contraintes pour les migrants qui sont bien placés pour tirer profit des possibilités offertes par la migration. Pour atteindre cet objectif, les politiques doivent aborder une série de défis fondamentaux, en tenant compte des priorités spécifiques, des conditions et des ressources disponibles de chaque pays.

Said - Dans le Nord-Ouest de la Tunisie, une région aride et isolée située à la frontière avec l’Algérie, Saïd avait une décision à prendre. «Cette région est isolée et la moitié de sa population est partie, mais moi j'ai décidé de rester dans mon pays. Je vis avec ma mère et je suis l’unique source de revenus de la maison. Je ne peux pas la laisser seule.» Grâce à un projet avec la FAO, Saïd a été en mesure de lancer sa propre ferme biologique d’élevage de moutons et de gagner sa vie sans être obligé de migrer.

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Le développement territorial: Une approche gagnant-gagnant

Une approche du développement territorial qui répond aux besoins des migrants potentiels avant qu'ils ne décident de partir et qui se concentre sur les liens ruraux–urbains peut contribuer à résoudre certains des dilemmes de la migration. Elle contribue à ce que les personnes migrent plus par choix que par nécessité.

QUESTION 8

Complétez l’énoncé suivant à l’aide d’une des réponses proposées

En investissant dans ____________ et en établissant des liens avec les zones rurales, les populations rurales disposent de plus de possibilités pour améliorer leurs moyens de subsistance et la migration devient ainsi plus un choix qu'une nécessité.

L'amélioration de la planification territoriale des zones métropolitaines, des petites villes et des villes, associée à l'amélioration de l'infrastructure connective, peuvent freiner les taux de migration vers les grandes villes surpeuplées ou vers d'autres pays en créant des débouchés plus près de zones rurales.

L'amélioration de la planification territoriale des zones métropolitaines, des petites villes et des villes, associée à l'amélioration de l'infrastructure connective, peuvent freiner les taux de migration vers les grandes villes surchargées ou vers d'autres pays en créant des débouchés plus près de zones rurales. Quand les emplois font défaut, les investissements dans d'autres aspects du système alimentaire – tels que l'entreposage, le stockage au froid et les marchés de gros – peuvent générer des emplois dans les secteurs de l'agriculture et de l'économie non agricole.

Les investissements dans l'éducation, la santé, la communication et les équipements de loisirs dans les petites villes et les villes réparties sur un territoire et à proximité de zones rurales, peuvent également réduire les taux d’émigration vers les grandes villes surpeuplées, étant donné que les personnes sont en général attirées par les conditions plus prospères des centres urbains.

Ces investissements dans les villes rurales et les petites villes avoisinantes peuvent les rendre plus attrayantes aux yeux des agriculteurs et des habitants des zones rurales et peuvent déboucher sur un plus large éventail de possibilités pour les habitants des zones rurales, qui peuvent alors choisir de faire la navette entre leur domicile et leur lieu de travail plutôt que de migrer vers d'autres régions. Pour les personnes qui considèrent encore la migration comme un choix préférable, ces investissements leur offrent des possibilités de créer un capital financier qui leur permettra de se déplacer au sein de leur pays ou à l’étranger.

La migration rurale continuera d’être un élément essentiel des processus de développement économique et social. Le développement de politiques claires et cohérentes, tant pour la migration que pour le développement rural plus large, est essentiel pour la réussite du processus de développement qui peut bénéficier aux migrants, à leurs régions d’origine et aux régions de destination.