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Gestion Durable des Forêts (GDF) Boîte à outils

Finances forestières

Ce module a pour objectif d’aider les gestionnaires d’entreprises forestières communautaires, les entrepreneurs ou les gouvernements à mieux comprendre les questions liées au financement de la gestion durable des forêts (GDF). Il explique la notion de finances forestières et fournit un aperçu des besoins financiers des entreprises forestières et des facteurs qui les régissent. Le module présente les principales contraintes et suggère des moyens pour les surmonter, notamment en ce qui concerne la planification financière ; la surveillance économique ; la réduction des coûts ; l’augmentation des gains et l’accès au financement.

Finances forestières contribue aux ODD:

Les principales contraintes des finances forestières

Les finances forestières concernent toutes les mesures nécessaires pour assurer les ressources financières servant à la gestion d’une entreprise forestière et à garantir sa viabilité financière et sa rentabilité.

Les entreprises forestières ont besoin d’une planification financière adaptée et des réserves financières suffisantes pour combler les fluctuations de recettes inhérentes au secteur forestier. De nombreuses opérations forestières sont saisonnières ce qui signifie que leurs revenus sont souvent irréguliers au cours de l’année. La récolte forestière pourrait aussi être entravée par les incendies, la bureaucratie ou des événements météorologiques extrêmes qui posent de nouvelles menaces à la rentrée des fonds. Il faut parfois plusieurs années pour qu’un investissement dans une forêt plantée commence à produire des revenus.

Les nombreuses exigences techniques de la GDF sont contraignantes pour les finances forestières. Les activités qui augmentent le coût de la GDF comprennent : la préparation et la planification des opérations conformément aux normes de la GDF ; l’établissement d’une infrastructure permanente ; la surveillance ; l’achat ou la location de matériel, y compris pour la récolte, le débardage et le transport ; la gestion à long terme de la ressource forestière, y compris les opérations sylvicoles et la protection des zones exploitées ; et, dans la mesure du possible, la vérification de la légalité et la certification. D’autres aspects de la GDF, comme la protection des aires destinées à la conservation, des espèces rares et des arbres semenciers, peuvent entraîner le renoncement à des revenus potentiels. Il ne faut pas non plus oublier les coûts découlant de l’engagement et de la formation de personnel  à la manœuvre d’engins ainsi que l’adhésion aux directives de la GDF et, dans le cas de forêts naturelles tropicales, la commercialisation d’une large gamme d’essences. Ces exigences liées à  la GDF nécessitent un fond de roulement adapté et, dès lors, un financement immédiat. Elles accroissent également les risques pour les investisseurs et de ce fait, la difficulté d’obtenir des fonds.

Les petites et moyennes entreprises forestières pourraient  avoir des difficultés pour obtenir suffisamment de crédits pour leurs opérations. En effet, celles qui nécessitent des services extérieurs comme la préparation de plans de gestion et leur autorisation, ou l’emploi de machines pour le débardage et le transport des billes, dépassent souvent les capacités financières des opérateurs locaux.

Que faut-il financer ?

Que faut-il financer ?

Les gestionnaires forestiers font des investissements dans les trois grandes catégories suivantes :

  1. Investissements initiaux pour créer une entreprise forestière ou pour rendre durables les opérations. La mise en place d’une forêt plantée ou l’exploitation d’une forêt naturelle entraîne des coûts. Ceux-ci sont généralement couverts par des prêts, induisant des dettes à long terme qui doivent être remboursées moyennant les recettes produites par l’entreprise.
  2. Dépenses occasionnées dans les opérations forestières ordinaires financées grâce aux revenus tirés de la vente des produits forestiers.
  3. Investissements de substitution pour remplacer, par exemple, de vieux engins et d’autres biens usagés, qui doivent être financés grâce à  l’épargne accumulée au fur et à mesure par la vente des produits forestiers.

Qu’est-ce qui déterminent les besoins en financement ?

Qu’est-ce qui déterminent les besoins en financement ?

Les dépenses augmentent généralement avec la taille de l’opération, et elles sont aussi influencées par le type, le mode et l’intensité de l’opération et la qualité de la gestion. L’approche adoptée pour surmonter les problèmes liés au processus de production (retards dus au mauvais temps, par exemple) a un impact crucial sur les coûts. Dans les opérations d’exploitation forestière faiblement mécanisées, la main-d’œuvre (y compris les frais de  sécurité sociale) représente souvent le coût le plus important. Dans  les opérations d’exploitation plus mécanisées, le coût des machines peut constituer jusqu’à 80 pour cent des coûts totaux. Certaines entreprises sous-traitent certaines opérations, comme l’exploitation, pour réduire les coûts liés à l’emploi direct de personnel et l’achat ou la  location d’engins, modifiant ainsi profondément la structure des coûts et la flexibilité financière de l’entreprise. Dans de nombreux cas, les coûts du transport peuvent être considérables, en fonction de la distance de la main-d’œuvre, des intrants, des services et des produits.

Possibilités d’intervention

Possibilités d’intervention

Les gestionnaires des entreprises forestières doivent savoir combien de fonds sont nécessaires,  et quand et comment les obtenir de diverses sources, et faire en sorte qu’ils soient disponibles en temps opportun. Cela impose une planification vigilante. Les opérations devront être organisées en fonction des moyens financiers, en tenant compte des estimations des revenus à court et long terme. Il faudra éviter les évaluations exagérément optimistes de la rentrée des fonds et étudier avec attention les risques potentiels.

Si, malgré une planification correcte, les ressources financières disponibles et les recettes escomptées ne suffisent pas à financer une opération rentable, trois mesures peuvent être prises :

  1. réduire les coûts en modifiant l’opération et en renforçant l’efficacité ;
  2. chercher à obtenir des financements à des taux d’intérêt compétitifs auprès, par exemple, des gouvernements, des banques et des entreprises privées; et
  3. augmenter les revenus en diversifiant les produits, en améliorant la commercialisation et en adoptant de nouvelles approches de la commercialisation (ex : prix par lots, négociation, changement d’échelle et contrats).

Capacités de gestion

Capacités de gestion

La gestion financière est un processus complexe qui exige des compétences et des connaissances notamment en matière de loi, d’administration, de comptabilité, d’économie et de commercialisation.  De nombreuses entreprises manquent en partie ou complètement de ces qualifications, et il pourrait être nécessaire de recourir à des services spécialisés. Pour les petites et moyennes entreprises, la  participation à des associations ou coopératives ou à des entreprises similaires (souvent désignées comme organisations de producteurs) peut réduire le coût de ces services. Dans certains pays, les organisations gouvernementales et non gouvernementales fournissent aussi (ou aident à financer) des services de vulgarisation ou des programmes de développement pour les entreprises forestières engagées dans la GDF, y compris en ce qui concerne les finances forestières.