COMITÉ DE L'AGRICULTURE

Quinzième session

Rome, 25-29 janvier 1999, Salle Rouge

PERSPECTIVES À MOYEN TERME 2000-2005

Point 5 de l'ordre du jour provisoire


Table des matières


I. INTRODUCTION

1. La quinzième session du Comité de l'agriculture coïncide avec l'exercice capital pour la FAO qu'est la formulation d'un cadre stratégique à long terme. En fait, deux versions préliminaires successives de ce cadre (1.0 et 2.0) ont été fournies au Comité. En même temps, l'Organisation introduit une nouvelle méthode de programmation visant à améliorer la planification et la présentation des programmes. Ces deux exercices tendent à promouvoir l'interdisciplinarité et à faciliter l'intervention de la FAO dans des questions intersectorielles.

2. L'exercice de planification stratégique ne devrait pas, toutefois, affecter la structure organisationnelle, essentiellement par discipline, des départements, divisions et services. Pour pouvoir continuer à fournir des conseils techniques et politiques judicieux à ses pays membres, la FAO doit absolument disposer d'une masse critique de connaissances dans les disciplines liées à l'alimentation et à l'agriculture. Une approche plus nettement thématique, accompagnée d'une organisation plus interdisciplinaire du travail, exigera une plus grande coopération entre les services techniques aux niveaux divisionnaire, interdivisionnaire et interdépartemental.

3. Il n'est pas possible pour l'instant de présenter au Comité des propositions détaillées concernant le Programme de travail et budget 2000-2001, dans la mesure où de nouveaux éléments de programme liés à la nouvelle méthodologie de programmation ne sont pas encore définitivement mis au point. Tout en tenant compte des résultats du travail analytique accompli à l'occasion de l'élaboration des premières versions du Cadre stratégique, il a fallu, pour formuler les propositions à court et moyen termes (c'est-à-dire pour le prochain exercice biennal), s'appuyer sur les orientations fournies à ce jour par les organes directeurs de la FAO. Celles-ci incluent des décisions spécifiques de la Conférence, notamment celles prises par le Conseil au nom de la Conférence en juin 1994 et les décisions des conférences et réunions au sommet internationales pertinentes.

4. Le présent document concerne les activités de trois grands départements s'occupant d'agriculture, d'élevage et d'alimentation, à savoir le Département de l'agriculture (AG), le Département économique et social (ES) et le Département du développement durable (SD), avec leurs structures décentralisées. Il ne se contente pas de décrire les principaux éléments par discipline du programme de travail, selon les divisions ou les programmes, mais développe les principaux thèmes correspondant aux objectifs à moyen terme de chaque département.

5. Les tendances générales du développement et les principaux facteurs extérieurs auxquels l'Organisation sera confrontée à moyen et à long termes sont examinés de manière assez détaillée dans la version 1.0 du Cadre stratégique1. Le Sommet mondial de l'alimentation ayant proposé de réduire l'insécurité alimentaire à un rythme accéléré, les réalités ci-après ont largement influencé les priorités de la FAO:

6. Les tendances et les facteurs identifiés entraîneront à leur tour une modification des régimes alimentaires et des modes de consommation et sensibiliseront le public aux questions d'alimentation et d'environnement. Ces changements se produisent sur un fond de mondialisation continue et d'évolution des rôles et fonctions de l'Etat, donnant à penser que les gouvernements continueront à se retirer des domaines d'activité où le secteur privé et les marchés se révèlent plus efficaces. En outre, la libéralisation du commerce des produits agricoles devrait se poursuivre dans le sillage des accords de Marrakech.

7. L'écart entre riches et pauvres ne cesse de s'accroître et il est à craindre qu'à moyen terme, la pauvreté continue à progresser. Alors même que l'urbanisation se poursuit à un rythme rapide, de larges sections des populations urbaines et rurales continueront à souffrir de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire aiguës si des efforts extraordinaires ne sont pas faits pour lutter contre cette situation. Malgré les progrès réguliers de la recherche-développement technologique et l'impact croissant des technologies de l'information et de la communication, l'inégalité en matière d'accès à la nourriture, aux ressources productives, aux connaissances et aux technologies ne cesse de s'accentuer.

II. PRINCIPALES QUESTIONS ET PRIORITÉS QUI EN DÉCOULENT

8. Le document présentant les perspectives à moyen terme soumis au Comité de l'agriculture à sa quatorzième session, en 1997, traitait, en s'appuyant sur les tendances en matière de développement, quelques "grandes questions" comme le soulagement de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la nutrition; l'amélioration du capital humain et des processus participatifs, l'amélioration durable de la production, l'amélioration du suivi et de l'évaluation, la remise en état et la mise en valeur des ressources naturelles abiotiques et biotiques; et le commerce des denrées agricoles. Par ailleurs, dans le sillage du Sommet mondial de l'alimentation tenu en novembre 1996, ce document du Comité de l'agriculture ajoutait un certain nombre de dimensions nouvelles importantes, notamment les notions de sécurité alimentaire durable et d'intensification durable.

9. Les objectifs prioritaires qui devraient orienter les activités à moyen terme des départements susmentionnés peuvent être résumés comme suit:

A. AMÉLIORATION DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ RURALE

10. Les tendances démographiques des pays en développement, conjuguées à l'insuffisance actuelle de la consommation alimentaire par habitant, rendent nécessaire une forte croissance des approvisionnements alimentaires. Malheureusement, tous ces besoins supplémentaires ne font pas une demande effective, dans la mesure où de nombreuses familles parmi les plus démunies n'ont tout simplement pas les moyens d'acheter ce dont elles ont besoin. Les grands problèmes sociaux découlant de cette situation prendront un caractère de plus en plus urbain, ce qui ne veut pas dire que les populations rurales ne continueront pas à constituer une forte proportion des groupes victimes de l'insécurité alimentaire dans la plupart des sociétés.

11. A moyen terme, l'amélioration de l'efficacité de la production et la croissance économique stimulée par l'agriculture commerciale tendront à réduire, sans l'éliminer, la pauvreté rurale dans les zones marginales. D'autre part, la pauvreté relative des personnes démunies - dont font partie de nombreux ménages dirigés par une femme - risque d'augmenter, même dans les régions plus favorisées. Une forte proportion de la population rurale continuera à vivre dans des régions sans ressources productives et sans services de soutien suffisants, où les possibilités d'emplois non agricoles sont limitées et les sources de revenus de substitution rares.

12. Dans ces conditions, des mesures à moyen terme sont nécessaires pour améliorer les revenus ruraux, agricoles ou autres, et la sécurité alimentaire des ménages dans les zones à déficit vivrier et économiquement marginales, sans oublier les ménages agricoles les plus démunis dans les zones à potentiel plus élevé. Les politiques gouvernementales doivent identifier et cibler les groupes les plus défavorisés, qui bénéficieront de mesures particulières visant à leur faciliter l'accès à la nourriture, à un régime alimentaire sain et à des sources de revenus durables - de façon à fournir un filet de sécurité aux populations victimes de l'insécurité alimentaire. Parallèlement à ces efforts, des stratégies gouvernementales sont nécessaires pour créer des emplois ruraux et assurer la continuité de programmes conçus pour renforcer la productivité agricole, tout en veillant à ne pas dégrader encore davantage les ressources par la surexploitation ou de mauvaises pratiques agricoles.

B. MEILLEURE PRÉPARATION AUX CATASTROPHES

13. En matière de sécurité alimentaire, les mesures de prévention des situations d'urgence jouent un rôle clé. La préparation aux catastrophes est étroitement liée, par exemple, à l'objectif de sécurité alimentaire. Elle vise plus particulièrement à limiter les dégâts causés par des catastrophes naturelles, comme les modifications stochastiques de la répartition des précipitations entraînant des inondations, des sécheresses, des infestations d'insectes, des foyers aléatoires de maladies végétales et animales et la propagation rapide de certaines maladies humaines. Une interprétation plus large inclurait les stratégies visant à réduire les risques d'insécurité alimentaire des ménages, de famine et de malnutrition, souvent associés à l'effondrement de l'ordre public, aux conflits civils ou militaires et aux périodes de bouleversement ou de récession économiques, comme ce fut le cas lors des crises financières qui ont frappé plusieurs pays en 1997-98.

C. ACCROISSEMENT DE LA PRODUCTION ET DE L'OFFRE DE PRODUITS AGRICOLES

14. Bien que le taux de croissance de la production soit en diminution, la poursuite de l'expansion de la population mondiale rend nécessaire un accroissement de la production agricole et animale. Cet accroissement sera dû essentiellement à l'intensification des systèmes de production. Celle-ci résultera soit de rendements plus élevés, soit d'une plus forte intensité de cultures/élevage (multiplication des cultures associées, raccourcissement des jachères, expansion de la production avicole intensive). Pour optimiser les systèmes de production tout en protégeant la base de ressources naturelles, on pourra adopter diverses approches, des technologies "traditionnelles" appropriées aux technologies de pointe, comme les biotechnologies.

15. L'application des connaissances actuelles pour réduire l'écart de rendement entre les niveaux de production actuels et les niveaux potentiels ne produira d'effet que si l'augmentation de la productivité est encouragée par des incitations par les prix découlant de politiques favorisant la commercialisation des intrants et des produits agricoles. L'adoption de politiques créant un environnement favorable à l'agriculture en appuyant l'investissement et la croissance de la productivité est la clé du succès de tous les programmes et projets visant à améliorer de manière spécifique les secteurs agricole et alimentaire. De telles politiques vont au-delà des politiques agricoles au sens strict du terme et englobent les aspects macro-économiques et intersectoriels des économies nationales.

16. L'accroissement de l'offre de produits agricoles et animaux étayera la croissance économique nationale et créera des emplois, tandis que la commercialisation des systèmes de production permettra de donner aux produits une valeur ajoutée plus élevée avant qu'ils ne parviennent au consommateur final. Toutefois, le consommateur ne bénéficiera pleinement des progrès de la productivité que s'ils s'accompagnent d'amélioration de l'efficacité à chaque maillon de la chaîne d'approvisionnement. Autrement dit, l'accroissement de la production et les avantages qui en découlent supposent la mise en place de systèmes postérieurs à la production et d'institutions commerciales efficaces et le renforcement du commerce international.

17. Outre qu'elle créera des emplois, la nécessité d'améliorer l'offre, la qualité et l'innocuité des aliments ajoutera de la valeur à la production primaire du fait des processus de transformation, manutention, stockage, emballage, transport et commercialisation. En même temps, la libéralisation du commerce et le développement des marchés créeront des débouchés commerciaux, mais exposeront aussi davantage d'agriculteurs et de consommateurs aux risques associés aux fluctuations des cours mondiaux. Les fluctuations dans ce domaine devraient être rapides et intenses à moyen terme. Les pays à faible revenu auront besoin d'une aide pour exploiter ces nouvelles possibilités et gérer les risques liés aux processus d'intégration des marchés, d'urbanisation et de mondialisation du commerce. Il faudra aussi protéger les plus pauvres des conséquences négatives de l'instabilité financière et des récessions économiques.

18. L'amélioration de la productivité et de l'efficacité commerciale sera accompagnée d'ajustements dans la composition des intrants. Les agriculteurs, l'agro-industrie et les producteurs d'autres biens utilisant des matières premières agricoles devront constamment s'adapter à l'évolution de la demande et aux variations des coûts de production relatifs. La demande sera affectée par l'urbanisation accrue, l'évolution des goûts et la modification des niveaux et de la répartition des revenus, tandis que les consommateurs seront de plus en plus attentifs à la qualité et à l'innocuité des aliments. Il incombe à la FAO de jouer un rôle efficace auprès des acteurs pertinents et de les aider à s'adapter à ces courants en apportant les modifications appropriées à leurs systèmes de production et postérieurs à la production. Pour répondre à ce défi, l'Organisation aura recours essentiellement à des activités normatives, complétées par des conseils techniques et politiques à l'appui des programmes de terrain organisés et exécutés par les pays membres.

19. De nouvelles possibilités apparaîtront grâce à l'orientation de plus en plus commerciale de la production et à l'intégration verticale des différents stades entre le point de production et le point de consommation. Ces changements seront accompagnés de la diversification sélective des entreprises agricoles et conduiront à une plus grande spécialisation et à une meilleure exploitation des marchés à créneaux de produits à forte valeur ajoutée, selon les avantages comparatifs des différentes zones agro-écologiques et des systèmes agricoles. Dans la plupart des pays en développement, le secteur agricole privé émergent - et les services publics les plus orientés sur le commerce qui demeurent en place - auront besoin d'être réorientés et renforcés. Pour répondre à ces besoins, il faudra établir et rendre opérationnelles des politiques de soutien.

D. MEILLEURE GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

20. L'amélioration de la gestion des ressources naturelles est étroitement liée à l'accroissement de la production, puisque l'objectif sera de renforcer la qualité de la base de ressources nécessaire à l'intensification durable des systèmes de production agricole. Elle constituera l'élément "durabilité" d'une meilleure productivité, compte tenu des pressions croissantes subies par les ressources en terre et en eau et de la dégradation continue de la base de ressources. Ce domaine thématique inclut la promotion et l'adoption de politiques fondées sur la prise de conscience des coûts et avantages, privés et sociaux, de la dégradation des ressources naturelles, de leur préservation et de leur remise en état - une attention particulière étant portée aux ressources et aux milieux les plus menacés et aux zones de plus grande pauvreté. La pauvreté est reconnue comme étant l'une des principales menaces pour la base de ressources naturelles et l'environnement, dans la mesure où elle conduit à la mise en culture de terres situées dans des écosystèmes fragiles, sur des pentes fortes, le long des cours d'eau, etc.

21. La dégradation des ressources naturelles, c'est aussi, de plus en plus, la menace qui pèse sur la biodiversité végétale et animale, du fait que les agriculteurs ont tendance à abandonner les cultivars traditionnels et les races locales au profit de variétés et d'espèces génétiquement uniformes. Face à ces menaces, il convient de mettre au point des programmes nationaux et régionaux de soutien à la biodiversité agricole, qui encouragent l'utilisation efficace et durable des ressources génétiques, y compris de nouvelles utilisations des cultures existantes et l'acclimatation de végétaux sauvages. Le Plan d'action mondial sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, adopté par la Conférence internationale de Leipzig en 1996, offre un cadre à de telles activités. Toutefois, il est urgent d'aider les pays à mettre au point et à appliquer des stratégies visant à poursuivre l'intégration de la conservation ex situ et in situ dans un cadre stratégique unique et à améliorer les liens avec l'utilisation du matériel génétique. L'amélioration de la gestion des ressources naturelles implique aussi la promotion de procédés culturaux qui entretiennent et renforcent la diversité des espèces.

E. RENFORCEMENT DES CADRES LÉGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ET LE COMMERCE INTERNATIONAL

22. Les pays membres de la FAO accordent depuis toujours un rang de priorité élevé aux activités normatives de l'Organisation liées au commerce, aux normes de produits, aux ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture et à l'innocuité et au contrôle des aliments. Les cadres législatifs et réglementaires, les codes de conduite, les normes de qualité et d'autres instruments à l'appui de l'utilisation et de l'échange, dans des conditions équitables et sûres, de produits agricoles et de l'utilisation durable des ressources naturelles sont de plus en plus d'actualité, compte tenu de l'évolution du rôle et des fonctions de l'Etat, de la libéralisation du commerce et de l'orientation du développement vers la sécurité alimentaire durable et l'utilisation durable des ressources naturelles.

23. La FAO devrait être la cheville ouvrière reconnue du travail normatif lié à l'établissement de normes et aux services nécessaires aux conventions internationales et aux instruments intergouvernementaux relevant de son mandat. Pour atteindre cet objectif, elle s'emploie à conclure de nouveaux partenariats, notamment avec les ONG et avec le secteur privé, tout en approfondissant ses relations avec les gouvernements. La FAO est généralement considérée comme particulièrement bien placée pour promouvoir et abriter les négociations politiques sur les cadres législatifs et réglementaires internationaux pour l'alimentation et l'agriculture, aux niveaux mondial et régional. L'Organisation représente également les intérêts du secteur alimentaire et agricole dans d'autres instances traitant des cadres législatifs et réglementaires internationaux. Son domaine de compétence inclut l'assistance qu'elle offre à ses membres pour les aider à participer aux négociations, à s'adapter à l'évolution du cadre législatif et réglementaire international et à réagir aux changements dans l'environnement commercial international.

F. EFFICACITÉ DES SYSTÈMES D'INFORMATION, DE SUIVI, D'ÉVALUATION ET DE SOUTIEN À LA PRISE DE DÉCISIONS

24. Ce domaine thématique couvre les stratégies visant à s'assurer que les données mondiales sur l'agriculture et l'alimentation sont à la fois fiables, complètes et accessibles à tous les Etats membres, ainsi qu'à la communauté internationale. Cet aspect de son travail suppose que la FAO fournisse des évaluations et des analyses régulières des tendances en matière de sécurité alimentaire et de nutrition, de production et de commerce de denrées agricoles, de ressources naturelles et de connaissances scientifiques pertinentes. Il englobe aussi les activités visant à promouvoir la sécurité alimentaire par le biais du suivi de l'exécution du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, ainsi que d'activités de plaidoyer et d'interactions à l'échelle mondiale avec tous les partenaires concernés. L'Organisation est l'une des organisations chefs de file pour la collecte, le traitement et la diffusion de l'information; elle a mis au point et gère désormais le Centre mondial d'information agricole (WAICENT) qui fournit des informations statistiques et techniques par le biais d'Internet et sur CD-ROM.

25. Grâce aux progrès récents des technologies, il est désormais possible de mettre au point des "bases de connaissances" intégrées conçues pour faciliter la prise de décisions d'ordre technique à l'échelle des zones agro-écologiques et des systèmes de production. Ces bases constituent un outil commode de diffusion des connaissances dans la mesure où elles permettent d'accéder à l'information provenant d'un large éventail de sources, tout en facilitant les recherches d'informations spécialisées pour résoudre des problèmes propres à un environnement agro-écologique et économique particulier. De ce fait, elles peuvent constituer un outil de décision pour l'identification des possibilités d'intensification, de diversification ou de spécialisation au sein de systèmes de production particuliers. Leur création et leur tenue à jour fournissent une occasion supplémentaire de coopération entre diverses sections techniques de la FAO, en partenariat avec des institutions et organisations extérieures pertinentes, afin de répondre aux besoins des pays membres en matière de politiques, de planification et de programmation.

III. PLANIFICATION DES RÉACTIONS FACE AUX POSSIBILITÉS ET AUX OBSTACLES

26. Pour compléter des propositions plus détaillées, qui figureront dans le Programme de travail et budget 2000-2001, la présente section vise à informer le Comité de l'agriculture des objectifs à moyen terme que se proposent d'atteindre les trois départements concernés. Ces propositions tiennent compte du fait que, dans des circonstances financières difficiles, il convient de cibler clairement l'action sur les domaines où l'Organisation possède des compétences fondamentales et un avantage comparatif. Ces circonstances exigent également un effort concerté, dans chaque domaine d'activité, pour percevoir la FAO dans le contexte de réseaux de partenaires au sein desquels l'Organisation devrait envisager des actions complémentaires plutôt que d'essayer de couvrir l'ensemble de la question. Tout en continuant à jouer le rôle de chef de file dans plusieurs domaines, les départements chercheront à conclure des partenariats actifs au sein d'autres entreprises conjointes.

27. La nécessité d'un tel ajustement apparaît encore plus clairement si l'on pense que les actions de terrain directes ont diminué par rapport au travail normatif, ce qui pousse l'Organisation à rechercher de nouvelles voies de communication et de nouveaux moyens de collaborer avec la communauté rurale. Si de nombreux pays se félicitent de l'accent mis sur l'orientation normative, la plupart continuent à souligner les avantages des essais sur le terrain, qui permettent de modifier les nouvelles approches et leur application en fonction des circonstances sur le terrain. Si l'action sur le terrain est de plus en plus l'affaire des bureaux régionaux, le personnel du siège ne doit pas pour autant perdre contact avec les réalités rurales. Plusieurs activités d'assistance technique et politique - notamment le Programme spécial pour la sécurité alimentaire et les diverses activités liées aux situations d'urgence - fournissent aux fonctionnaires du siège et des bureaux régionaux l'occasion de rester en contact avec les réalités, les contraintes et les possibilités affectant les agriculteurs et leurs structures de soutien.

A. LE DÉPARTEMENT DE L'AGRICULTURE (AG)

28. Le Département de l'agriculture fournit une assistance aux pays cherchant à améliorer leurs systèmes de production et postérieurs à la production agricole à l'appui de la sécurité alimentaire nationale et du développement durable. Le Département couvre également des domaines clés directement liés à l'exécution du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, notamment en ce qui concerne l'Engagement 3 relatif aux pratiques durables en matière d'alimentation et d'agriculture. Il contribue de manière fondamentale au Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA) et aux deux composantes d'EMPRES (Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes). Tout en cherchant à imposer une perspective fondée sur l'approche systémique et la primauté du bien-être humain, le Département abrite des services techniques s'occupant de cultures et d'élevage et possède des compétences et des moyens en matière d'économie de la production et en ce qui concerne les aspects commerciaux des activités postérieures à la production de petites entreprises.

29. Le Département de l'agriculture envisage sept objectifs à moyen terme qui ne correspondent pas seulement à son mandat départemental, mais aussi aux grandes questions de fond et aux questions stratégiques auxquelles l'Organisation est confrontée. Ces objectifs visent à assurer, conformément à l'objectif général du Département, une production et une transformation améliorées des ressources biophysiques, en vue d'obtenir des aliments et d'autres produits agricoles sains, suffisants et abordables qui contribuent à la sécurité alimentaire, au développement économique, à la réduction de la pauvreté et à la préservation des ressources naturelles.

30. Les objectifs à moyen terme du Département sont:

  1. l'amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire des ruraux pauvres;
  2. l'intensification, la diversification et la spécialisation des systèmes de production;
  3. l'intensification durable de l'utilisation des ressources naturelles;
  4. la transition efficace vers une agriculture orientée sur le marché;
  5. la préservation et l'utilisation durable des ressources zoo- et phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture;
  6. la protection des végétaux, des animaux et des produits agricoles; et
  7. le renforcement des systèmes d'information et de soutien à la prise de décisions.

31. L'amélioration durable de la production agricole est au coeur des objectifs à moyen terme du Département. Elle inclut les éléments ci-après:

Le Département de l'agriculture a fourni dans le passé un soutien technique à des milliers de projets de recherche et de production agricoles dans le monde entier. Il remodèle actuellement son programme ordinaire, afin d'être plus efficace dans la fourniture d'informations et de conseils par le biais de ses activités normatives. Son objectif fondamental est de faciliter la mise au point et l'application de nouvelles approches permettant d'améliorer les systèmes de production, dans le cadre des programmes de ses partenaires au niveau national.

32. La réalisation du principal objectif à moyen terme du Département, à savoir l'amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire des ruraux pauvres, dépend, dans une large mesure, de l'accroissement de la production et de la création d'emplois qui en découlera. Pour commencer, il faudra identifier et renforcer les possibilités d'emploi, agricole et non agricole, ouvertes aux agriculteurs pauvres en ressources. Les activités prévues incluent une collaboration sur les plans technique et socio-économique pour aider les pays membres à identifier et à renforcer les possibilités d'emploi rural, grâce à des initiatives novatrices visant à créer des emplois ruraux et à ajouter de la valeur à la production actuelle. Les chefs de petites entreprises seront informés des possibilités d'ajouter de la valeur à leur production dans les limites de leur base de ressources et des efforts seront faits pour accroître les emplois et les revenus dans l'agro-industrie grâce à la fourniture d'informations techniques, financières et économiques qui feront le lien entre les connaissances en matière de fabrication et les marchés, y compris les communautés rurales qui recherchent des techniques de transformation adaptées à leurs besoins.

33. Le deuxième objectif: intensification, diversification et spécialisation des systèmes de production vise à accroître la production grâce à l'amélioration des systèmes culturaux et de la gestion des cultures, ainsi que de la production animale et de la gestion de l'élevage. Le Département de l'agriculture cherchera à exploiter les relations uniques de la FAO à l'échelle mondiale, afin de travailler avec divers partenaires de recherche-développement à des approches du transfert de technologies propices à l'intégration économiquement efficace de l'agriculture et de l'élevage et à l'intensification des systèmes y relatifs. Il cherchera à faciliter l'application des leçons apprises dans diverses parties du monde à des écosystèmes analogues d'autres pays - selon un processus participatif d'adaptation et d'adoption. Le Département surveille l'apparition de nouvelles technologies et suit attentivement les progrès techniques en matière de production agricole et animale. Bien qu'il ne soit pas spécialement orienté sur la recherche agronomique, le cas échéant, le Département encourage des travaux de recherche spécifiques répondant à des besoins particuliers identifiés à l'occasion d'expériences sur le terrain.

34. Les systèmes de production devraient connaître une évolution rapide du fait de la fixation des prix par le marché, de la libéralisation des échanges internationaux, de l'urbanisation croissante et de l'évolution de la demande émanant des consommateurs, phénomènes qui conduisent à une plus grande spécialisation dans certaines circonstances et à une plus grande diversification dans d'autres. Les agents de vulgarisation et les planificateurs doivent comprendre les courants socio-économiques fondamentaux qui sont la cause de ces changements au niveau de l'exploitation et y réagir. Etant donné qu'aucune autre institution ne possède une vision aussi large et exhaustive des systèmes de production, cette situation offre à moyen terme l'occasion à l'Organisation de fournir une assistance et des conseils techniques interdisciplinaires visant à développer le potentiel d'amélioration des systèmes agricoles, en fonction d'une analyse socio-économique des possibilités d'amélioration technique selon les zones agro-écologiques. Les manuels de terrain, les directives et les ateliers de formation visant à améliorer la planification et la gestion des ressources au niveau de l'exploitation - ciblés sur les services de vulgarisation, les organisations d'agriculteurs, les coopératives et les groupes de développement des agriculteurs - joueront un rôle capital à cet égard.

35. Le troisième objectif, relatif à l'intensification durable de l'utilisation des ressources naturelles, est l'une des conditions préalables à l'accroissement régulier de la production dans des conditions de raréfaction et de dégradation des ressources agricoles et de concurrence pour leur utilisation. Jusqu'à ces dernières années, l'augmentation de la production agricole provenait essentiellement de l'expansion des superficies cultivées. Toutefois, à mesure que les réserves de terre s'amenuisent et que le coût de l'expansion des terres irriguées s'accroît, l'augmentation durable de la production agricole - qui inclut l'essentiel de la production d'aliments pour animaux - repose de plus en plus sur la disponibilité et la meilleure utilisation de l'eau.

36. L'amélioration de la productivité des sols - qui doit avoir lieu parallèlement à celle de l'utilisation de l'eau - inclura la mise au point de méthodes de gestion intégrée (cultures/sol/eau/nutriments des végétaux) permettant d'utiliser au mieux les nutriments et de lutter contre l'érosion. L'amélioration de la gestion des sols et des eaux repose sur la promotion et l'introduction de politiques rationnelles en matière de terre et d'eau, socialement et économiquement viables, fondées sur la gestion intégrée des ressources. La fourniture de conseils et d'une assistance en matière de politiques et de programmes d'action visant à enrayer la dégradation des terres agricoles et des eaux et à faire face au problème de la raréfaction de l'eau fait partie intégrante de la stratégie.

37. L'augmentation de l'offre exige un soutien à la production orientée sur le marché grâce à l'amélioration de la commercialisation urbaine et rurale et aux systèmes postérieurs à la production, ce qui suppose un transfert effectif au secteur privé des canaux d'entrée et de sortie gérés par le secteur public. L'orientation sur le marché ne sera effective que si les agriculteurs, les hommes d'affaires et les consommateurs reçoivent une aide pour réagir et s'adapter à l'urbanisation, à la libéralisation, à la décentralisation et à la mondialisation. L'objectif consiste donc à promouvoir les investissements dans le secteur agricole, la commercialisation rurale et le renforcement des liens verticaux, afin de favoriser la diversification et la spécialisation des produits agricoles en fonction des débouchés commerciaux, des différences écorégionales et de l'avantage comparatif. Ce travail fera appel, bien entendu, aux contributions de plusieurs services techniques différents.

38. Les progrès des rendements, l'amélioration de la qualité des produits et la diversification des systèmes de production reposent, notamment, sur l'amélioration de la sélection végétale et animale, grâce à la mise au point de nouvelles races et variétés et à l'utilisation optimale des cultures et des animaux adaptés à la situation locale. L'important est de s'assurer que les gains de production et les améliorations qui en découlent soient viables. Le cinquième objectif, à savoir la conservation et l'utilisation durable des ressources zoo- et phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, est un élément clé de cette stratégie. Au niveau local, il faudra s'assurer que les pratiques agricoles entraînent effectivement un gain de productivité, sans nuire à la biodiversité du système agro-écologique. Au niveau international, l'objectif est d'appuyer la fixation de priorités internationales et la négociation et le suivi d'instruments internationaux pertinents par le biais de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture de la FAO. Il englobe aussi l'élaboration et l'application de cadres pertinents, comme le Système mondial sur les ressources phytogénétiques et son Plan d'action pour leur conservation et leur utilisation durables.

39. Les activités envisagées incluent la production d'un inventaire mondial de la disponibilité et de l'utilisation des ressources agricoles et animales, eu égard à l'efficacité écologique; l'évaluation et l'analyse périodiques de la situation des ressources phytogénétiques, afin d'identifier les lacunes et les points faibles dans leur conservation et leur utilisation; et le soutien aux programmes nationaux et régionaux en matière d'agrobiodiversité. L'Engagement international sur les ressources phytogénétiques, en cours de négociation, fournira un cadre juridique international et un mécanisme financier pour ces activités.

40. Le sixième objectif, à savoir la protection des végétaux, des animaux et des produits de base, vise également à appuyer la stratégie centrale de production en assurant des niveaux appropriés d'efficacité et de qualité, grâce à une action commune, à l'établissement de normes, à des mesures visant à faciliter le commerce et à des accords internationaux, comme la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) et la Convention de Rotterdam sur le consentement préalable en connaissance de cause. L'élaboration de normes internationales et de codes de conduite sur la santé des végétaux et les pesticides, visant à faciliter le commerce tout en protégeant l'agriculture, la santé humaine et l'environnement, en est un élément important. La coordination de l'action conjointe pour prévenir les infestations d'insectes migrateurs et transfrontières est un autre volet de cette action prioritaire. Il est important de noter que la plupart des aspects de la préparation aux situations d'urgence relevant du Département de l'agriculture sont englobés dans ce même objectif. La gestion intégrée des ravageurs et des maladies, l'accent étant mis sur les méthodes de lutte biologique, devrait progresser rapidement - tant comme moyen de réduire les coûts de production que comme méthode d'exploitation agricole plus respectueuse de la santé humaine et de l'environnement. La technique est à forte intensité de gestion et le renforcement des capacités, grâce notamment à la promotion d'approches participatives, telles que les écoles d'agriculteurs, visant à donner les moyens aux agriculteurs de prendre les décisions les concernant en connaissance de cause, fait partie intégrante de la stratégie.

41. Le dernier objectif - renforcer les systèmes d'information et de soutien à la prise de décisions - vise la collecte, la tenue à jour, le partage et l'utilisation d'ensembles de données et d'informations sur l'agriculture et les ressources agricoles. Il englobe également l'analyse des tendances, la synthèse de l'information et la fourniture d'un soutien analytique. Il implique, en outre, la mise au point et l'utilisation de systèmes d'information, d'outils et de systèmes de soutien à la prise de décisions. Au sein du Département, les activités de fond concernées sont extrêmement diverses. Elles incluent, notamment, l'information mondiale sur les ressources en terre et en eau et la consommation d'éléments nutritifs des végétaux; l'information sur la production végétale et la protection des plantes, les ressources phyto- et zoogénétiques et la production de semences; la mécanisation agricole, la fabrication, les exportations, les importations et les ventes d'outils, de machines et de matériel; les données sur les pertes alimentaires; et les données à l'échelle de l'exploitation nécessaires pour améliorer la prise de décisions à divers niveaux.

42. La mise au point et l'utilisation de systèmes d'information, d'outils et de systèmes de soutien à la prise de décisions incluent non seulement l'amélioration des systèmes d'information - au niveau de l'exploitation, des agro-industries et du marché - de façon à faciliter la prise de décisions, mais aussi la conception de systèmes, de concepts et de techniques de soutien à la prise de décisions adaptés à l'industrie agro-alimentaire. De tels systèmes sont aussi prévus pour faciliter l'évaluation participative des contraintes et des possibilités - et des options technologiques y relatives. A moyen terme, il est prévu également d'améliorer les outils de prise de décisions dans des domaines comme les politiques de gestion de l'eau - qui englobent la gestion de la rareté de l'eau et l'aménagement intégré des bassins versants; les politiques en matière de ressources en terre; les ressources génétiques et la biodiversité agricole; et la gestion intégrée des cultures.

B. LE DÉPARTEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL (ES)

43. Le Département économique et social contribue à l'exécution du Plan d'action du Sommet mondial de diverses manières. La nutrition, ainsi que la sécurité alimentaire et l'analyse des politiques commerciales et agricoles, bénéficient d'une attention particulière. Les objectifs à moyen terme du Département sont particulièrement pertinents dans des domaines prioritaires comme l'insécurité alimentaire et la pauvreté rurale; les accords, règlements et normes (notamment ceux qui ont trait au commerce et aux normes alimentaires); et les systèmes de données et d'informations, y compris les évaluations et les études prospectives fondées sur ces données. Le Département contribue aussi à la préparation aux situations d'urgence.

44. Le Département économique et social se propose d'adopter des objectifs à moyen terme dans les six domaines ci-après:

  1. Systèmes d'informations statistiques sur l'alimentation, la nutrition et l'agriculture;
  2. Suivi, évaluation et perspectives de l'alimentation, de la nutrition et de l'agriculture à l'échelle mondiale;
  3. Normes alimentaires, contrôle de qualité et protection du consommateur;
  4. Réforme de l'environnement commercial international et renforcement de la contribution du commerce des denrées agricoles au développement des marchés des produits de base et à la sécurité alimentaire;
  5. Politiques alimentaires, nutritionnelles et agricoles aux fins d'un développement agricole et rural durable; et
  6. Impact effectif et potentiel des catastrophes naturelles et des situations d'urgence complexes.

45. Le premier de ces objectifs, systèmes d'informations statistiques sur l'alimentation, la nutrition et l'agriculture, implique la tenue à jour d'un système d'informations statistiques complètes d'envergure internationale, fondé sur des notions, des normes et des définitions communes, afin de refléter la situation mondiale. Les systèmes incluent des statistiques sur la production, le commerce et l'offre/consommation d'aliments, ainsi que des statistiques économiques relatives à l'agriculture. Ces statistiques seront de plus en plus souvent ventilées par sexe. Un soutien sera également accordé au renforcement des systèmes nationaux d'informations statistiques afin qu'ils fournissent des données fiables et à jour à l'appui de la prise de décisions en matière de planification et de politique, du suivi et de l'évaluation des performances au niveau national et du ciblage sur les groupes les plus défavorisés. Cet objectif envisage également l'établissement de systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité aux échelons national et mondial, en partenariat avec les pays membres et d'autres organismes des Nations Unies et bilatéraux, ainsi qu'avec les ONG internationales concernées.

46. Le deuxième objectif du Département, à savoir le suivi, l'évaluation et les perspectives de l'alimentation, de la nutrition et de l'agriculture à l'échelle mondiale, tirera parti des informations obtenues grâce au premier objectif, mais aussi des systèmes de renseignements sur les marchés des produits. Il vise à mettre à la disposition des pays membres des analyses et évaluations stratégiques de la situation et des perspectives en matière d'alimentation, de nutrition et d'agriculture, de marchés et de commerce des produits et de sécurité alimentaire, aux niveaux national, régional et mondial, ainsi que des études prospectives à long terme. Ces synthèses devraient permettre de suivre la situation mondiale en matière de nutrition, d'alimentation et d'agriculture et de fournir aux pays membres des informations et des évaluations sur le contexte régional et mondial dans lequel s'inscrivent leurs décisions et leurs politiques. Le suivi de l'exécution du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, en partenariat avec des organismes internationaux et bilatéraux, la société civile et des organisations régionales/sous-régionales, jusqu'à l'examen à moyen terme de 2006, sera également assuré dans le cadre de cet objectif.

47. Le troisième objectif, normes alimentaires, contrôle de qualité et protection des consommateurs, vise à mettre au point des normes alimentaires fondées sur des données scientifiques de portée internationale à l'intention des gouvernements (par le biais du Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires (Codex Alimentarius), y compris le Comité mixte d'experts des additifs alimentaires) et à promouvoir leur adoption grâce à la mise en place de systèmes nationaux et locaux de contrôle des aliments, de façon à assurer la qualité et l'innocuité des aliments tout au long de la chaîne alimentaire, à protéger les consommateurs et à promouvoir des pratiques équitables en matière de commerce des denrées alimentaires. Le travail sur les normes contribuera aussi au quatrième objectif, relatif au commerce des denrées agricoles de base, en fournissant aux pays membres des points de référence indispensables pour mettre en oeuvre les Accords sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires et sur les obstacles techniques au commerce, respectivement.

48. Les activités à moyen terme liées au quatrième objectif à moyen terme du Département économique et social: réforme de l'environnement commercial international et renforcement de la contribution du commerce des denrées agricoles au développement du marché des produits de base et à la sécurité alimentaire sont axées sur la collecte, la compilation et l'échange d'informations sur les produits agricoles de base, l'analyse des questions commerciales et la fourniture de conseils politiques à propos du suivi du Cycle d'Uruguay. L'objectif est de promouvoir la coopération internationale afin d'améliorer l'efficacité du commerce des denrées agricoles de base grâce: a) au renforcement de la capacité des pays en développement d'analyser les incidences des diverses options politiques et des changements liés aux accords commerciaux multilatéraux affectant le commerce des denrées agricoles et des produits de base; b) au soutien aux activités régionales des pays en développement visant à promouvoir le commerce des produits agricoles et les recettes d'exportation; et c) au soutien apporté aux pays pour qu'ils puissent s'adapter aux fluctuations de la compétitivité des produits agricoles de base en prenant des mesures pour améliorer la productivité, la qualité et la conception des produits ainsi que l'efficacité et l'efficience du fonctionnement des marchés des produits de base.

49. Le cinquième objectif à moyen terme, politiques et programmes alimentaires, nutritionnels et agricoles aux fins du développement agricole et rural durable, implique aussi la réalisation d'analyses normatives et comparatives des politiques aux fins de l'amélioration des conseils en matière de politique. Il s'agira tout d'abord de renforcer la capacité des pays membres à adapter leurs politiques alimentaires et agricoles en fonction des circonstances qui peuvent changer rapidement, notamment celles affectant la base de ressources naturelles. L'objectif général est d'améliorer durablement le niveau de vie et l'état nutritionnel de l'ensemble de la population - hommes et femmes, sur un pied d'égalité - en tenant pleinement compte des contributions multiples de l'agriculture au développement rural et à la réduction de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire. Deuxièmement, au niveau des programmes et des projets, il s'agira d'améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire des ménages parmi les populations souffrant de malnutrition et socialement défavorisées, tout en s'assurant que les groupes souffrant d'insécurité alimentaire et de malnutrition profitent du développement agricole et économique et que les groupes de population défavorisés et marginalisés participent concrètement au processus de développement.

50. Le sixième objectif représente la contribution à moyen terme du Département économique et social à l'approche interdisciplinaire adoptée par l'Organisation pour faire face aux situations d'urgence, qui vise à renforcer la capacité de réaction des pays, des populations et des collectivités aux conséquences effectives et potentielles des catastrophes naturelles et des situations d'urgence complexes. La contribution du Département sera double. Tout d'abord, un travail normatif portera sur les principes de base et l'analyse des programmes de préparation, des systèmes d'information sur les crises et des projets de secours et de redressement, de façon à renforcer leur efficacité pour ce qui est de réduire l'impact des catastrophes sur les populations vulnérables et de remettre en état le secteur agricole rapidement et durablement et avec des déplacements de population réduits au minimum.

51. Sur le plan opérationnel, il s'agira de suivre de manière continue les perspectives dans le domaine des cultures vivrières, ainsi que la situation et les perspectives générales en matière d'alimentation, tant au niveau mondial que dans chaque pays. Ces travaux permettront à la FAO de continuer à émettre des alertes en cas de crises alimentaires imminentes dans des pays touchés par des catastrophes naturelles et/ou causées par l'homme, de façon à permettre des interventions alimentaires et humanitaires rapides. Ils faciliteront également la programmation et l'analyse des demandes d'aide alimentaire d'urgence émanant des gouvernements, tout en améliorant le flux de données provenant des pays vulnérables. Cette dernière activité sera poursuivie en étroite collaboration avec le Département du développement durable, ainsi qu'avec le PAM et d'autres organismes concernés.

C. LE DÉPARTEMENT DU DÉVELOPPEMENT DURABLE (SD)

52. Depuis sa création en 1995, le Département du développement durable s'attache à constituer une base de connaissances intégrées et à diffuser des conseils sur les dimensions biophysiques, institutionnelles, sociales et humaines du développement durable. Il cherche à promouvoir, coordonner et orienter la formulation de concepts, de politiques et de stratégies aux fins:

53. Le Département s'est fixé quatre objectifs stratégiques à moyen terme, comme suit:

  1. Renforcement des capacités dans le domaine de la diffusion des connaissances et du transfert de technologies, en vue d'accroître la production et l'offre de produits agricoles et d'améliorer la gestion des ressources naturelles;
  2. Généralisation dans les zones rurales de moyens de subsistance et d'une sécurité alimentaire équitables et durables;
  3. Exécution par l'Organisation de ses responsabilités résultant de conventions et d'accords internationaux en matière d'environnement; et
  4. Information, technologie, création de bases de données et analyse de données aux fins de la sécurité alimentaire et du développement durable.

54. Le premier objectif à moyen terme, renforcement des capacités dans le domaine de la diffusion des connaissances et du transfert de technologies, est axé sur le renforcement de l'offre de produits agricoles grâce à une gestion plus intensive des ressources naturelles. Le Département continuera à aider les pays membres à intégrer tous les aspects de la durabilité dans la programmation et l'application des systèmes nationaux de recherche et de vulgarisation agricoles. Ce travail inclura l'intégration systématique des questions d'environnement dans les programmes de vulgarisation.

55. Le renforcement des systèmes de recherche et d'information agricoles à l'appui de la capacité nationale d'accès aux connaissances et de promotion de technologies appropriées est un élément clé du travail du Département qui continuera à bénéficier d'un rang de priorité élevé. Il s'agit, notamment, d'améliorer les systèmes nationaux de recherche agronomique (SNRA) pour qu'ils mettent au point et transfèrent aux agriculteurs des technologies adaptées aux spécificités de chaque sexe, qui puissent être intégrées avec profit dans le système agricole. Il s'agira également de promouvoir des stratégies de vulgarisation et de communication qui soient à la fois participatives et adaptées aux préoccupations de chaque sexe. Le Département continuera à fournir un soutien institutionnel, technique et logistique au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) et à son Comité consultatif technique, ainsi qu'au Forum mondial sur la recherche agronomique (FMRA) et au Secrétariat du SNRA.

56. L'objectif visant à assurer des moyens de subsistance et une sécurité alimentaire équitables et durables sera poursuivi grâce essentiellement à la promotion de politiques et de mesures visant à faciliter l'accès des hommes et des femmes dans des conditions équitables aux ressources productives. Il faudra notamment assurer un accès plus équitable à la terre et aux ressources connexes (eau, etc.) en améliorant les systèmes d'affermage, les marchés de vente et la régularisation des régimes fonciers. Le Département prévoit aussi de continuer à mettre au point des outils diagnostiques pour identifier les obstacles à la participation aux marchés des ruraux pauvres; et d'étudier l'évolution des modes d'héritage, eu égard plus particulièrement aux femmes rurales. A cet effet, la poursuite de la mise au point d'outils et de méthodes participatives adaptés aux spécificités de chaque sexe pour la formulation des priorités en matière de politiques et de programmes de sécurité alimentaire et de développement rural constitue un élément stratégique important. Les travaux incluront la production d'informations sur les coûts et avantages comparatifs des approches participatives. L'objectif est de collaborer avec toutes les parties concernées pour intégrer cette approche dans l'ensemble du programme de la FAO, y compris avec les partenaires de l'Organisation au sein des gouvernements et de la société civile.

57. Parmi les autres activités prévues au titre de cet objectif à moyen terme, il faut citer la poursuite de la coordination du Réseau CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire visant à assurer l'exécution intégrée au niveau des pays des activités de suivi du Sommet mondial de l'alimentation. Le Réseau est géré conjointement par la FAO et par le FIDA, en étroite collaboration avec le PAM; le Département du développement durable en assure le secrétariat. Cette activité complète les travaux axés sur l'évaluation des stratégies génératrices de revenus des ménages. Elle appuie les efforts faits pour aider les pays membres à renforcer leurs institutions rurales - tant dans la société civile (groupes d'agriculteurs, coopératives, etc.) que dans le secteur public - afin qu'elles puissent fournir des services agricoles. Ces services concernent essentiellement l'épargne et le crédit informels, la gestion des terres et des eaux et l'amélioration de l'accès aux intrants productifs. Le travail sur la restructuration des institutions publiques rurales inclura la production de directives et de matériel pédagogique sur la décentralisation, la privatisation et le redéploiement.

58. Les activités départementales prévues pour faciliter l'exécution par l'Organisation des obligations découlant des conventions et accords internationaux en matière d'environnement incluent le renforcement des capacités et des connaissances nécessaires pour traiter les questions de politique, les besoins de programmation et les questions de formulation et d'exécution de projets découlant des conventions, conférences et accords des Nations Unies sur le développement durable. Il s'agit principalement des questions de diversité biologique, de changement climatique et de désertification évoquées dans le programme Action 21 de la CNUED.

59. Le Département est chargé de coordonner le suivi par la FAO de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED - Sommet de la terre, ainsi que Conventions post-CNUED). Pour préparer la huitième session de la Commission du développement durable des Nations Unies (CDD-8) qui traitera essentiellement de la gestion des ressources en terre et de l'agriculture, le Département du développement durable - avec le soutien technique du Département de l'agriculture - jouera le rôle de chef de file au sein de la FAO pour la coordination d'une Conférence internationale intitulée "Le caractère multifonctionnel de l'agriculture et des terres" organisée conjointement avec le Gouvernement néerlandais. Le travail de suivi devrait faire partie intégrante du programme à moyen terme du Département.

60. Outre ses responsabilités en matière d'environnement, le Département continuera à servir de centre de liaison au sein de la FAO pour le suivi de la Conférence internationale sur la population et le développement tenue au Caire en 1994, de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes tenue à Beijing en 1995, de la Conférence internationale des Nations Unies sur la population et le développement et du Sommet mondial des Nations Unies pour le développement social. Le Département du développement durable continuera également à encourager et à suivre l'application, à l'échelle de l'Organisation, du Plan d'action de la FAO pour l'intégration des femmes dans le développement et à promouvoir l'intégration des questions liées aux spécificités de chaque sexe dans tous les programmes de l'Organisation.

61. En ce qui concerne les technologies de l'information, la mise au point de bases de données et l'analyse des données, le Département mettra l'accent sur la mise au point et l'utilisation d'indicateurs de durabilité afin de renforcer la qualité de l'analyse des politiques et sur l'amélioration de la collecte et de l'analyse des données par sexe. Cet aspect du programme à moyen terme inclura également une assistance pour aider les pays à utiliser la télédétection, l'agrométéorologie, les systèmes d'information géographique (SIG) et les systèmes mondiaux d'observation de la terre (SMOT) pour suivre et gérer leurs ressources naturelles. Des logiciels seront mis au point à l'appui de l'analyse des données sur l'environnement, ainsi que de l'évaluation et de la programmation des ressources naturelles.

62. Les activités susmentionnées comportent également un élément de préparation aux catastrophes et de gestion améliorée des ressources, qui inclura la mise au point et l'utilisation de données et la fourniture en temps opportun d'informations sur les ressources naturelles, y compris sur les aspects écologiques, sociaux, institutionnels et économiques du développement durable, de la sécurité alimentaire et des catastrophes naturelles.

IV. LIENS AVEC LES PRIORITÉS DE L'ORGANISATION

63. Même lorsque les objectifs à moyen terme du Département correspondent à une priorité spécifique de l'Organisation, ils touchent aussi à d'autres domaines prioritaires, dans la mesure où ceux-ci tendent à se renforcer mutuellement, par exemple lorsqu'un élément d'information peut compléter l'accent mis sur la sécurité alimentaire. Il peut être instructif, par conséquent, de faire apparaître l'étroitesse de ces liens et la portée de chaque objectif départemental à moyen terme sous forme de tableau. Le tableau 1 illustre la situation pour chacun des trois départements concernés, en indiquant dans quelle mesure chaque objectif départemental à moyen terme concourt à la réalisation des objectifs de l'Organisation dans ses domaines d'action prioritaires.

64. La matrice doit toutefois être interprétée avec précaution pour éviter des conclusions erronées. Par exemple, l'intérêt du Département de l'agriculture pour la sécurité alimentaire a tendance à être sous-estimé; en fait, le Département apporte une contribution extrêmement importante à ce domaine prioritaire en cherchant à renforcer la productivité de l'agriculture par le biais de l'amélioration des rendements et de l'intensification de l'utilisation des terres. Ces aspects du travail du Département figurent toutefois le plus souvent sous d'autres rubriques (accroissement de l'offre et gestion des ressources naturelles). On gardera présent à l'esprit également que les ressources consacrées aux divers objectifs diffèrent nécessairement en volume, mais qu'il n'en est pas tenu compte dans la matrice.

65. Sous réserve des limitations décrites ci-dessus, la matrice donne une idée de l'équilibre des priorités au sein des trois départements. Une forte proportion des activités du Département de l'agriculture a trait à l'accroissement de l'offre, qui inclut l'orientation sur le marché des systèmes de production et l'amélioration des systèmes de commercialisation et postérieurs à la production urbains et ruraux. Cet effort inclut également le domaine d'activité étroitement complémentaire qu'est la gestion des ressources naturelles, qui comprend l'intensification de l'utilisation durable des ressources.

66. Il apparaît clairement que les activités du Département du développement durable concernent avant tout la sécurité alimentaire et la durabilité des ressources - y compris l'effort majeur à l'appui des responsabilités de l'Organisation en matière d'accords sur l'environnement et de suivi des engagements internationaux. Le Département économique et social contribue lui aussi de manière essentielle à la sécurité alimentaire, tout en s'occupant du commerce international et de l'analyse des politiques, des règlements et codes de conduite, de la protection des consommateurs et du commerce. Le Département contribue également à la création d'un environnement politique favorable à l'accroissement de l'offre, à la réduction de la pauvreté rurale et au renforcement de la sécurité alimentaire sur une base durable.

V. CONCLUSIONS

67. Le Comité est invité à donner son avis sur les objectifs à moyen terme et les activités y relatives proposés pour le Département de l'agriculture, le Département économique et social et le Département du développement durable.

Tableau 1
RELATIONS ENTRE LES OBJECTIFS À MOYEN TERME DES DÉPARTEMENTS ET LES DOMAINES PRIORITAIRES DE LA FAO EN MATIÈRE D'ALIMENTATION ET D'AGRICULTURE2

Domaines prioritaires

Objectifs à moyen terme

Insécurité alimentaire et pauvreté rurale

Prévention et traitement des situations d'urgence

Commerce des produits agri-coles et cadres réglementaires

Accrois-sement de la production et de l'offre

Durabilité des ressources

Informations, données et statistiques

Département de l'agriculture

           

1.

Production et offre de produits alimentaires et agricoles

**

   

*****

**

**

2.

Agriculture orientée sur le marché

**

**

****

****

*

**

3.

Sécurité alimentaire des ménages et possibilités offertes par le secteur agricole aux ruraux pauvres

*****

**

 

***

   

4.

Intensification durable de l'utilisation de ressources naturelles

*

 

*

*****

*****

 

5.

Matériel génétique et biodiversité

 

*

****

***

**

**

6.

Protection des végétaux, des animaux et des produits agricoles

**

**

**

**

 

**

7.

Système d'information intégré

*

*

*

*

*

*****

Département du développement durable

           

1.

Moyens de subsistance et sécurité alimentaire équitables et durables dans les zones rurales

*****

   

**

**

**

2.

Information et analyse de données aux fins de la sécurité alimentaire et du développement durable

***

***

***

 

*****

*****

3.

Responsabilités de l'Organisation liées aux accords internationaux sur l'environnement

   

*****

 

****

*

4.

Renforcement des capacités d'amélioration et de transfert des technologies

***

 

***

*****

*****

*

Département économique et social

           

1.

Systèmes d'information sur l'alimentation, la nutrition et l'agriculture et suivi de la situation dans ces domaines

****

*

**

**

*

*****

2.

Evaluation et perspectives mondiales en matière d'alimentation, de nutrition et d'agriculture

**

 

***

**

 

*****

3.

Normes alimentaires, contrôle de qualité et protection des consommateurs

*

 

*****

   

**

               

4.

Réforme du contexte commercial international et renforcement du commerce international aux fins du développement des marchés des produits de base et de la sécurité alimentaire

***

 

*****

***

*

*

5.

Politiques alimentaires, nutritionnelles et agricoles aux fins de l'ADRD

*****

*

***

****

***

*

6.

Réaction aux catastrophes naturelles et aux situations d'urgence complexes

**

*****

   

*

***

Note: Cinq astérisques correspondent à un rapport étroit, tandis qu'à l'autre extrémité, un seul astérisque indique un lien assez ténu.

1COAG/99/4.

2Aux fins du présent document du Comité de l'agriculture, le terme "agriculture" ne s'applique qu'à la production agricole et animale.