MONOGRAPHIE DU BURKINA FASO

BURKINA FASO

DONNEES PHYSIQUES ET POPULATION

Le Burkina Faso est un pays enclavé de l'Afrique de l'Ouest ayant une superficie totale de 274 000 km2. La superficie cultivable s'élève à 9 millions d'hectares, soit 33% de la superficie totale. La superficie cultivée s'élève à 3,7 millions d'hectares, soit 13% de la superficie totale et 41% de la superficie cultivable.

TABLEAU 1Caractéristiques du pays et population
Superficie du pays
Superficie cultivable
Superficie cultivée
1994
1992
1992
27 400 000
9 000 000
3 688 000
ha
ha
ha
Population totale
Densité de population
Population rurale
1994
1994
1992
10 046 000
37
86
hab.
hab./km2
%
Accès à l'eau potable
Population urbaine
Population rurale

1990
1990

47
47

%
%

La population était estimée à quelque 10 millions d'habitants en 1994 et est à 86% rurale. La densité de population est de 37 hab./km2, mais elle varie d'une région à l'autre entre 16 et 64 hab./km2. Le taux annuel de croissance démographique est estimé à 2,7%. Le secteur agricole représente environ 50% du PNB.

Climat et ressources en eau

Les précipitations varient entre 1 300 mm/an au sud-ouest et 300 mm/an au nord. La durée de la saison des pluies est d'environ six mois au sud et trois mois au nord. Juillet et août sont les mois les plus humides. En dehors de ces deux mois, les averses, rares, sont généralement violentes avec de fortes intensités (plus de 60 mm/h) accompagnées de forts coups de vent. La moyenne des températures varie selon les saisons entre 27° et 30°C au sud et 22° et 33°C au nord.

Les ressources en eau de surface sont estimées à 8 km3/an. Le réseau hydrographique se répartit en trois bassins principaux: le bassin de la Volta au centre-ouest, qui couvre les deux tiers du pays, le bassin de la Comoé au sud-ouest et le bassin du Niger au nord-est et à l'est. A l'exception de celles du sud-ouest du pays, toutes les rivières du Burkina Faso sont temporaires. Le volume total des ressources en eau souterraine renouvelables est de l'ordre de 9,5 km3/an.

En 1992, les prélèvements en eau étaient de 0,38 km3 (figure 1). Les prélèvements en eau pour l'irrigation, estimés à 0,233 km3, ne concernent probablement que la superficie irriguée en maîtrise totale/partielle et les bas-fonds améliorés, soit 24 330 ha.

TABLEAU 2Bilan hydrique
Ressources en eau:
Précipitations moyennes

Ressources en eau renouvelables internes – totales
Ressources en eau renouvelables internes – par habitant
Ressources en eau renouvelables globales
Indice de dépendance
Capacité totale des barrages
Eau désalinisée





1994


1994

844
231,4
17,5
1 742
17,5
0
4,3
-

mm/an
km3/an
km3/an
m3/an
km3/an
%
km3
million m3/an
Prélèvements en eau:
- Agriculture
- Collectivités
- Industrie
Total
par habitant
en % des ressources renouvelables internes
Autres prélèvements

1992
1992
1992

1992

303
73
0
376
40
2,1
-

million m3/an
million m3/an
million m3/an
million m3/an
m3/an
%
million m3/an
Eaux usées:
Production
Traitement
Réutilisation des eaux usées traitées


-
-
-

million m3/an
million m3/an
million m3/an

TABLEAU 3
Irrigation et drainage
Potentiel d'irrigation1989 164 460ha
Irrigation:
1. Irrigation, maîtrise totale/partielle: superficie équipée
- irrigation de surface
- irrigation par aspersion
- micro-irrigation
Partie irriguée à partir des eaux souterraines
Partie irriguée à partir des eaux de surface
Partie de la superficie équipée réellement irriguée
2. Superficie irriguée par épandage de crues
3. Marais et bas-fonds équipés
4. Autres marais et bas-fonds cultivés
5. Superficie en cultures de décrue
Superficie totale avec contrôle de l'eau (1+2+3+4+5)
- En pourcentage de la superficie cultivée
- Augmentation sur les 10 dernières années
- Partie irriguée par pompage

1992
1992
1992
1992


1992

1992
1992

1992
1992

1992

15 430
11 530
3 900
0
-
-
100
-
8 900
21 400
-
45 730
1,2
-
11,7

ha
ha
ha
ha
%
%
%
ha
ha
ha
ha
ha
%
%
%
Gestion des périmètres en maîtrise totale/partielle:
Grands périmètres
Moyens périmètres
Petits périmètres
Nombre total de ménages

1992
1992
1992

7 980
0
7 450
-

ha
ha
ha
Cultures irriguées:
Production totale de céréales irriguées
en % de la production totale de céréales
Cultures irriguées
- riz
- maraîchage
- sorgho
- canne à sucre
- autres

1992
1992
1992
1992
1992
1992
1992
1992

80 000
3,2
45 730
30 900
5 480
4 000
3 900
1 450

t
%
ha
ha
ha
ha
ha
ha
Drainage - Environnement:
Superficie drainée
en % de la superficie cultivée
Superficie protégée contre les inondations
Superficie salinisée par l'irrigation


-
-
-
-

ha
%
ha
ha

Undisplayed Graphic

Prélèvements en eau (total: 0,376 km3 en 1992)

DEVELOPPEMENT DE L'IRRIGATION

Les terres irrigables, localisées le long des principaux cours d'eau, sont estimées à environ 160 000 ha, soit 2% des surfaces cultivables. Cette estimation du potentiel, qu'on trouve dans la littérature, ne tient pas compte des zones d'aménagement de sites anti-érosifs, souvent mentionnées parmi les systèmes de mobilisation de l'eau au Burkina Faso.

En 1991, la superficie totale avec contrôle de l'eau était estimée à 45 730 ha:

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Répartition des superficies avec contrôle de l'eau (1992)

•Maîtrise totale/partielle: 15 430 ha

•Bas-fonds équipés: 8 900 ha

•Autres bas-fonds cultivés: 21 400 ha.

Une typologie des superficies avec contrôle de l'eau au Burkina Faso est présentée au Tableau 4, et dans les figures 2 et 3.

TABLEAU 4

La typologie des superficies avec contrôle de l'eau
Typologie des périmètresOrigine de l'eau d'irrigationPrincipales cultures Mode de gestionSuperficie
(ha)
Partie
Maîtrise totale/partielle
Grands périmètres:
Sucrier
AMVS*, DI, G-L
Kou, Banzon, Karfiguéla
Douna

Petits périmètres à l'aval de barrages (ONBAH**)

Petite irrigation informelle et privée


Aspersion
Pompage
Dérivation
Barrage de 0.055 km3

Barrage


Puits/Périphérie grands périmètres amont barrages


Canne à sucre
Riz/Maïs/Maraîchage
Riz/Maïs/Maraîchage
Riz/Maïs/Maraîchage

Riz/Maïs/Sorgho/Maraîchage


Maraîchage/Fruitiers


Administration
Administration
Administration
Administration

Administration


Privé

7 980
3 900
1 470
2 160
450

2 450


5 000

18%





5%


11%
Bas-fonds:
Bas-fonds améliorés
(isohyète > 1 000 mm)

Bas-fonds simples
(isohyète < 1 000 mm)

Crues et eaux de ruissellement

Crues et eaux de ruissellement

Riz


Riz

Administration
+ groupement, ou ONG
Communautés villageoises

8 900


21 400

19%


47%
Total45 730100%

* Autorité pour la mise en valeur de la vallée de Sourou.
** Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles.
Les bas-fonds améliorés regroupent sous cette dénomination une grande variété de modes d'aménagement. Sur les 8 900 ha de bas-fonds équipés, 1 640 ha bénéficient d'un équipement important, tandis que 7 260 ha
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Typologie des périmètres irrigués en maîtrise totale/partielle (1992)

ont un équipement plus sommaire. Les bas-fonds simples représentent une superficie de 21 400 ha et sont souvent mentionnés sous la dénomination "riziculture traditionnelle".

Les zones équipées en sites anti-érosifs représentent environ 75 000 ha. Il s'agit principalement de terrains sur lesquels sont construites des terrasses en pierres ou des diguettes suivant les courbes de niveau pour améliorer la conservation de l'eau dans le sol.

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Cultures irriguées (1992)

Le riz occupe presque 68% des super-ficies avec contrôle de l'eau (figure 4).

Les intensités culturales varient en fonction du niveau de maîtrise de l'eau et du type de gestion des périmètres:

•170% (max 200%) pour les superficies équipées avec une maîtrise totale de l'eau,

•150% sur les aménagements en aval des barrages où l'eau est généralement disponible en contre-saison,

•100% dans les bas-fonds améliorés,

•50% dans les bas-fonds simples.

Les coûts d'aménagement varient énormément en fonction du type de périmètre et de la technique d'irrigation. Ils varient entre 15 000 et 22 000 $EU/ha pour la maîtrise totale. Les coûts d'aménagement des bas-fonds ("bas-fonds améliorés") varient entre 2 000 et 6 000 $EU/ha.

ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL

Les institutions intervenant dans le développement de l'irrigation sont:

•le Ministère de l'eau, chargé des ressources hydrauliques, avec quatre institutions sous sa tutelle:

-l'Autorité de la mise en valeur du Sourou (AMVS);

-la Maîtrise d'ouvrage de Bagré (MOB);

-l'Office national des barrages et aménagements hydro-agricoles (ONBAH);

-le Fonds de l'eau et de l'équipement rural (FEER).

•le Ministère de l'agriculture et de l'élevage:

-les Centres régionaux de production agro-pastorale (CRPA).

•le Ministère chargé de l'organisation du monde rural.

Les principaux textes de base qui régissent le fonctionnement des aménagements hydro-agricoles sont:

•les textes portant réorganisation agraire et foncière (RAF);

•les textes portant statut général des groupements précoopératifs et sociétés coopératives;

•le cahier des charges sur l'exploitation des périmètres hydro-agricoles, des terres aménagées pour les cultures pluviales et des terres pastorales aménagées.

EVOLUTION DE LA GESTION DES RESSOURCES EN EAU

Le Burkina Faso a récemment préparé une note de politique d'hydraulique agricole qui fait le point sur l'irrigation dans le pays et propose une stratégie pour son développement futur. Le document met l'accent sur la nécessité d'améliorer la gestion des aménagements existants en maîtrise totale, tout en continuant le programme d'investissement dans ce domaine. La riziculture est et restera la culture de prédilection pour les périmètres planifiés par l'Etat lorsque les sols le permettent. Dans le sud-ouest, l'aménagement des bas-fonds pour la riziculture reste une priorité, alors qu'au nord de l'isohyète des 1 000 mm, les aménagements de type conservation des sols seront privilégiés. Parallèlement, on note un développement considérable de l'irrigation privée dans la périphérie des agglomérations où le maraîchage et l'arboriculture fruitière valorisent particulièrement bien l'eau.

La sécurisation foncière, objet de la RAF, est considérée comme un enjeu majeur pour une meilleure gestion des périmètres, en parallèle avec un transfert progressif des responsabilités aux groupements de producteurs.

Enfin, la collaboration entre le Ministère de l'eau, chargé de réaliser les aménagements, et le Ministère de l'agriculture et des ressources animales, chargé de leur exploitation, est vue comme une clé du succès de l'irrigation dans le pays.

PRINCIPALES SOURCES D'INFORMATION

FAO. 1987. Projet BKF/86/012. Aménagements hydro-agricoles: rapport sectoriel préparé par A. Chiguer. Mission de programmation du 4ème cycle PNUD en matière de développement rural (1987-1991). Ouagadougou.

FAO. 1989. Burkina Faso: Irrigation sector review desk study. FAO/World bank Cooperative Programme. Report No. 28/89 CPBKF 22 SR. Rome.

FAO. 1993. Note de politique d'hydraulique agricole. Préparé pour le Ministère de l'eau et le Ministère de l'agriculture et des ressources animales, avec l'assistance de FAO dans le cadre du projet TCP/BKF/1353. Ougadougou.

Hibraïm, A. 1993. L'irrigation au Burkina Faso: Historique, situation, perspectives. Contribution au séminaire-atelier: Quel environnement pour le développement de l'irrigation au Burkina Faso? Ouagadougou, 1-3 février 1993. Ministère de l'eau, Ougadougou.

Ministère de l'eau et Ministère de la coopération des Pays-Bas. 1989. Etude du bilan d'eau au Burkina Faso. Rapport intermédiaire de la deuxième phase 1987-90. Tome II: Inventaire des ressources en eau. Ougadougou.

Ministère de l'eau et Ministère de la coopération des Pays-Bas. 1991. Etude du bilan d'eau au Burkina Faso. Etude du schéma directeur d'approvisionnement en eau potable du Burkina Faso (1990-2005). Version définitive. Tome I: Rapport national. Ougadougou.

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