PR 96/16 - VACHE FOLLE INCIDENCE SUR LE MARCHE MONDIAL


PR 96/16

FAIBLE INCIDENCE DE L'EPIZOOTIE D'ENCEPHALITE SPONGIFORME BOVINE SURL'ECONOMIE MONDIALE DE LA VIANDE, SELON LA FAO

Rome, 8 mai 1996 - Les incidences de l'épizootie d'encéphalite spongiforme bovine (ESB) sur l'économie mondiale de la viande seront relativement faibles à court terme, indique un rapport diffusé aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à l'occasion de la tenue à Bologne, du 8 au 10 mai, de la seizième session du Groupe intergouvernemental sur la viande.

Selon le rapport, cette évaluation préliminaire se fonde sur le modèle alimentaire mondial de la FAO qui simule l'incidence de certaines modifications de politiques et de comportements au sein de l'Union européenne (UE) et qui prend en compte l'interdépendance des marchés.

La crise actuelle des marchés de la viande bovine de l'UE s'est déclarée au Royaume-Uni le 20 mars dernier. Ce jour là, le Comité consultatif britannique sur l'encéphalopathie spongiforme a noté que l'explication la plus probable des 10 cas déclarés de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, touchant des personnes de moins de 42 ans, était la consommation de viande bovine infectée par l'agent de l'ESB.

"Les résultats obtenus par l'application du modèle alimentaire mondial montrent que les incidences mondiales de la crise de l'ESB sur les prix, la production et le commerce des principaux produits de l'élevage seront probablement faibles", note le rapport.

Mais si un lien de cause à effet était établi entre l'ESB et la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, "les incidences de la crise seraient beaucoup plus profondes et persistantes", d'autant que "les effets des mesures déjà prises et des réactions des consommateurs indiquent que les problèmes économiques auxquels on se heurterait seraient considérables".

"Dans l'hypothèse de l'élimination de la moitié des troupeaux laitiers et de boucherie au Royaume-Uni, accompagnée d'une baisse de 10 pour cent de la consommation de boeuf dans ce pays et de 5 pour cent dans les autres pays de l'UE, la variation de la production, de la consommation et du commerce mondiaux ne dépassera pas un pour cent des projections d'ici à l'an 2000", indique le rapport.

"L'incidence des prix de la viande bovine sera relativement faible à court terme, mais elle augmentera progressivement pour atteindre près de 2,5 pour cent en l'an 2000. Les simulations laissent également penser que les cours mondiaux des céréales fourragères et des tourteaux ne connaîtront pas de variation notable."

Selon le rapport, l'incidence globale de l'utilisation des céréales fourragères et des tourteaux dépendra essentiellement de l'ampleur du recul de la consommation globale de viande et de l'effet de substitution entre différents produits carnés. Si l'on s'aperçoit que la santé humaine n'est pas menacée, la plupart des autres effets seront probablement temporaires et dépendront de l'efficacité avec laquelle les gouvernements rassureront les consommateurs quant à l'innocuité du boeuf britannique. "Cela dépendra de leur capacité d'enrayer, puis d'éradiquer, l'ESB dans les troupeaux bovins et laitiers."

Les essais de simulation du rapport sont fondés sur un certain nombre d'hypothèses précises concernant l'importance et l'échelonnement dans le temps de la réforme des bovins laitiers et des vaches productrices de veaux de boucherie au Royaume-Uni, le modèle de reconstitution des troupeaux dans ce pays et la réduction attendue de la consommation de boeuf en faveur d'autres types de viande dans l'UE. Les effets combinés sur la production de boeuf du Royaume-Uni devraient, selon les hypothèses, s'échelonner sur six ans.

Selon le rapport, le principal effet se fait naturellement sentir dans l'UE où la production de viande bovine devrait être affectée jusqu'en 2010, soit pendant toute la période étudiée. "Mais l'impact négatif sur la consommation de viande de boeuf dans l'UE n'est important qu'à court terme seulement."