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Facteurs de variation de la production laitière des caprins en milieu peul

Ba Diao M., Gueye A. et M. Seck

Institut sénégalais de recherches agricoles
Direction des recherches sur les productions et la santé animales
B.P. 2057, Dakar-Hann (Sénégal)

Résumé
Introduction
Matériels et méthodes
Résultats et discussions
Résultats et discussions
Conclusion
Bibliographie
Remerciements

Résumé

Cette étude sur les facteurs de variation de la production laitière des caprins en milieu peul a été effectuée dans la zone des Niayes de Dakar (Sénégal). Les paramètres de reproduction, de croissance, de mortalité et de production laitière y sont analysés. L'âge des femelles à la première parturition est de 16 mois, l'intervalle entre mises bas est de 280 jours et la taille moyenne de la portée est de 1,36 chevreau. Le quotient de mortalité (32,4%) est élevé. La lactation dure 184 jours et la production prélevée s'élève à 31 kg. La production caprine joue un rôle socio-économique important en procurant des revenus assez substantiels et en participant à la couverture des besoins en protéines animales.

Introduction

Au Sénégal, les Peul entretiennent des troupeaux de bovins et de petits ruminants. Dans leurs systèmes d'élevage, l'espèce caprine joue un rôle socio-économique important. Le déstockage facile permet à l'éleveur de bien adapter ses ventes à ses besoins immédiats en argent. De la sorte, la chèvre joue le rôle de tirelire, que ne pourraient remplir en aucun cas les bovins, représentant un capital bien trop élevé. C'est sa petite taille qui en fait également un animal de choix pour les sacrifices et les dons. Sa reproduction rapide (maturité sexuelle précoce, grande prolificité, dessaisonnement) est un atout dans un pays qui comme le Sénégal, connaît des sécheresses successives. Elle permet de compenser les fortes mortalités et assure ainsi au moins l'autorenouvellement des troupeaux, même dans les conditions les plus difficiles.

Dans les systèmes de production peur, le lait est également un produit important avec deux finalités, I'autocosommation et la commercialisation. Ce lait, riche en protéines de haute valeur nutritive, contribue à la satisfaction des besoins en protéines animales des populations rurales et constitue une source de revenus pour les populations proches des centres de consommation. C'est dans le souci d'améliorer cette production laitière caprine qu'un programme de recherche a été initié en 1992 par l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA/LNERV) avec le concours financier du Centre international pour l'élevage en Afrique (CIPEA). L'étude préliminaire a comme objectif d'une part, d'étudier les facteurs de variation de la production laitière caprine en milieu peul afin d'identifier les contraintes et d'autre part, de faire des recommandations susceptibles d'améliorer cette production.

Matériels et méthodes

Localisation

Ces travaux sont effectués au niveau des communautés rurales de Sangalkam et de Sébikotane situées à environ 40 à 50 km au nord-est de Dakar dans le département de Rufisque. Par rapport au reste du pays, la zone des Niayes possède un microclimat particulier caractérisé par des températures moyennes modérées (21,4°C en janvier-février et 28°C en octobre) et une humidité relative assez élevée (toujours supérieure à 50%). On distingue une saison humide (juillet-octobre) et une saison sèche. A Sangalkam, la pluviométrie était de 365,6 mm entre 1984 et 1993, contre 541 mm de 1941 à 1970 avec des variabilités interannuelles de 14%. L'élevage et l'agriculture sont par conséquent les deux principales activités économiques, le maraîchage constituant la plus dominante. Cette étude couvre huit villages et vingt éleveurs.

Matériel animal

Les animaux sont à l'origine trypanotolérants, car la région était infestée de glossines avant les campagnes de lutte menées par le Laboratoire national de l'élevage (Touré, 1981; Touré, 1983). La race caprine exploitée dans la zone périurbaine de Dakar est un produit du métissage entre la chèvre guinéenne et celle du Sahel, le pourcentage de sang de cette dernière allant croissant.

Collecte des données

Suivi individuel des performances

La méthode utilisée pour la collecte et la gestion des données est celle du "Programme pathologie et productivité des petits ruminants (PPR)" initié par l'Institut sénégalais de recherches agricoles (I.S.R.A.) et le C.I.R.A.D.-E.M.V.T. Ce programme "Panurge" basé sur un système de contrôle et de suivi des performances individuelles, est destiné à fournir une estimation de la productivité des races locales en élevage traditionnel (Faugère et Faugère, 1993).

Les troupeaux sont visités tous les quinzes jours. Les données enregistrées sont les suivantes:

- Suivi de la démographie du troupeau (reproduction, exploitation, mortalités) et suivi sanitaire.

- Contrôle bimensuel de la production laitière. Seules les quantités de lait prélevées par le berger sont notées. Le contrôle laitier s'effectue avec des pots de mesure. La conversion en poids a été faite en multipliant les quantités obtenues par la densité moyenne du lait (1,035).

- Suivi de la croissance des chevreaux par des pesées mensuelles de la naissance à 1 an.

Chaque action menée sur le terrain est consignée sur une fiche. Les données recueillies sur ces fiches sont ensuite transcrites sur un "fichier manuel" comportant une fiche par animal. Chaque fiche contient les informations concernant le déroulement de la carrière de l'animal depuis son entrée dans le troupeau jusqu'à sa sortie. La cohérence des informations recueillies est testée sur ce fichier manuel avant la saisie sur le fichier informatique.

Enquêtes à l'échelle des troupeaux

- Suivi des recettes et des dépenses liées à la production laitière caprine par des enquêtes mensuelles;

- Suivi des pratiques de conduite sur parcours: enquêtes biannuelles sur les pâturages utilisés, les temps de parcours;

- Sondage sur la valeur alimentaire des parcours naturels en 1992 et 1993: prélèvements mensuels de biomasse herbacée sur 12 sites identifiés, détermination de la matière sèche et analyse bromatologique. Sur chaque site, la biomasse est mesurée à l'aide d'un peson sur cinq bandes d'un mètre carré prises au hasard. Ensuite un échantillon est prélevé pour faire l'objet d'une analyse chimique.

Analyse des données

Le système de gestion des données du programme Panurge génère automatiquement certaines variables comme l'intervalle entre mises bas, le poids à âge type et le GMQ. Il assure une sortie des données sous plusieurs formats transférables au choix sur des logiciels d'analyse. Les données des enquêtes ont été saisies sur Dbase; et les analyses effectuées grâce au logiciel "Statistical Program of Social Science" SPSS Version 4.0. Il permet d'effectuer des analyses statistiques sur des effectifs généralement inégaux et non proportionnels. Les modèles d'analyse de variance multifactorielle généralement utilisés sont de la forme:

Y = XB+e

Y est un vecteur d'observations relatives à la variable expliquée;

X est une matrice des coefficients fixes pour le caractère considéré;

B est un vecteur inconnu des effets fixes des facteurs testés; et

e est un vecteur inconnu des erreurs aléatoires normalement distribuées.

Résultats et discussions

Peuplement animal

Structure démographique

La figure 1 représente la structure démographique des caprins suivis au 31 juillet 1994. Les troupeaux sont essentiellement constitués de femelles, qui représentent 75% de l'effectif total. Leur carrière est longue, 3% des femelles dépassent l'âge de sept ans. La base large dénote une fécondité élevée. Les mâles sont exploités très jeunes. Les boucs âgés de plus d'un an représentent 22% des mâles.

Propriété des animaux

Les caprins appartiennent aux femmes qui en détiennent 80%. Contrairement aux bovins, le confiage est rare chez les caprins et ne concerne que 13% du cheptel. Les proprétaires sont les membres de la famille, des parents ou amis des villages voisins.

Conduite des troupeaux

La conduite des troupeaux est l'ensemble des pratiques mises en oeuvre par les éleveurs sur leurs animaux en vue d'assurer leur entretien et de les mettre en condition de réaliser les performances qu'ils en attendent (Landais, 1987). On distinguera ici les pratiques d'alimentation (conduite au pâturage, complémentation et abreuvement), de logement, de traite et de conduite de la reproduction.

Alimentation et abreuvement

Les pâturages naturels constituent les principales ressources alimentaires des animaux dans la zone. La productivité de la strate herbacée est faible, voire nulle pendant 8 mois sur les 12 de l'année. Les prélèvements de biomasse effectués sur 12 sites en 1992 et 1993 ont révélé une production faible comprise entre 500 kg et 800 kg de matière sèche par hectare. La strate ligneuse est composée de Maytenus senegalensis, d'Acacia albida, de Parinari macrophyla, de Crateva religiosa.

Figure 1. Structure démographique des caprins étudiés

Les caprins sont conduits au pâturage le matin vers dix heures et ramenés vers dix-neuf heures pendant la saison sèche ou 17 heures pendant la saison des pluies. L'abreuvement se fait une fois par jour pendant la saison sèche; durant la saison des pluies, les animaux peuvent bénéficier de l'eau des mares. Au retour du pâturage, la complémentation est presque inexistante, les producteurs estimant que les caprins sont des animaux résistants. Trois éleveurs prétendent complémenter les animaux les plus faibles et les femelles allaitantes avec essentiellement du foin de brousse. Les sous-produits de maraîchage sont distribués en priorité aux bovins et ovins.

Traite

La traite manuelle des chèvres s'effectue une fois par jour, le matin, avant le départ du troupeau pour le pâturage. Elle est pratiquée dans 90% des cas par les femmes.

La descente du lait chez la chèvre n'est pas stimulée par la tétée. Les chevreaux n'ont accès à la mamelle qu'une fois la traite terminée. Elle démarre une semaine à un mois voire deux après la mise bas, en fonction de la saison, de la taille de la portée et du rang de mise bas. Toutes les femelles ayant mis bas ne sont pas traites. La décision de traire une femelle dépend de son potentiel estimé par l'éleveur ainsi que du nombre de petits à allaiter. Les primipares sont rarement traites. Le sevrage est naturel et intervient entre 5 et 6 mois. Il peut être cependant précoce lorsque la femelle redevient gravide rapidement. Tous les éleveurs ne pratiquent pas la traite. Cinq (5) d'entres eux l'ont abandonnée en raison de leurs effectifs faibles (2) ou parce qu'ils estiment les conditions d'exploitation peu favorables à Une production laitière soutenue (3).

Reproduction

Les mâles et les femelles ne sont séparés que les soirs lorsqu'ils sont attachés au piquet. Les mâles en âge de reproduction n'ayant été ni vendus, ni retenus pour la reproduction, sont castrés par les méthodes traditionnelles. La castration demeure cependant une pratique rare en raison de l'exploitation précoce des mâles. L'accouplement se fait donc en monte naturelle et toute l'année.

Logement

Les caprins sont parqués au piquet en plein air pendant toute la nuit et généralement à l'intérieur des concessions pour permettre une surveillance plus rapprochée à cause des vols.

Conduite sanitaire

Le traitement des différentes pathologies se fait par les méthodes traditionnelles. Les agents de l'élevage ne sont jamais sollicités et les animaux ne sont pas déparasités. La vaccination contre les maladies n'est pas systématique car elle est payante. Les éleveurs suivis ne l'ont jamais demandée.

Résultats et discussions

Dans la zone périurbaine de Dakar, les caprins sont exploités dans des conditions alimentaires et sanitaires difficiles. Les producteurs n'ont pas changé leurs pratiques de conduite malgré la présence d'une production animale intensive dans la région.

Reproduction

Répartition des mises bas

La répartition des naissances est bimodale (figure 2), avec une période principale des naissances entre novembre et janvier (42,8% des naissances), une seconde période entre février et juin (40,2% des naissances) et enfin une saison avec peu de naissances, de juillet à octobre (17% des naissances). Les saillies fécondantes des chèvres sont plus fréquentes entre juin et août c'est-à-dire en fin de saison sèche et en début de saison des pluies. Cela est lié à la disponibilité des feuilles et gousses d'arbres tels que l'acacia en fin de saison sèche et l'abondance du pâturage en août. Les saillies sont également frequentes entre septembre et janvier c'est-à-dire en fin de saison des pluies et en début de saison sèche froide. Cette période reste toujours favorable sur le plan alimentaire.

Les femelles ayant mis bas entre juillet et octobre ont été fécondées entre février et mai. Elles ne sont pas nombreuses à cause des conditions alimentaires plutôt défavorables (pleine saison sèche). Dans le nord du Sénégal, Faugère et al. (1989) observent une période de mise bas en saison sèche: 60 à 70% des naissances ont lieu en quatre mois (décembre à mars) tandis qu'au sud les mises bas ont lieu toute l'année avec deux regroupements des naissances (mars-avril-mai et septembre-octobre-novembre).

Figure 2. Répartition des mises bas au cours de l'année

Pour toutes les analyses, statistiques ultérieures, on distinguera une saison I (novembre à janvier), une saison Il (février à juin) et une saison III (juillet à octobre).

Age à la première mise bas

La moyenne générale de l'âge à la première mise bas est égale à 469,02±135,7 jours soit environ seize (16) mois. Cet âge est supérieur à celui de 361 jours rapporté par Faugère et al (1988) dans la région de Kolda mais inférieur à celui de 522 jours rapporté par Faugère et al (1989) dans la région de Louga.

Intervalle entre mises bas

L'intervalle moyen entre mises bas est de 280,45±94,9 jours soit environ neuf (9) mois. Il est inférieur à celui de 367 jours rapporté par Faugère et al (1989) à Louga mais supérieur à celui de 248±8 jours rapporté par Faugère et al. (1988) dans la région de Kolda. Cependant, il est comparable au chiffre de 283 jours observé par Berger cité par Moubinou (1990).

Ce paramètre est influencé par plusieurs facteurs:

· La saison de mise bas influence (P<0,05) l'intervalle entre chevrotages. Les intervalles les plus courts sont obtenus pendant la saison III (hivernage) car la quantité et la qualité du fourrage disponible permettent une reprise rapide des activités sexuelles des femelles. Les chèvres ayant mis bas au cours des saisons I et II ont des inter valles entre mise bas plus longs. Cela serait dû au fait que le disponible fourrager se raréfie progressivement de la saison sèche froide à la saison sèche chaude.

· L'année de mise bas a une influence très significative (P<0,01) sur l'intervalle entre mises bas. L'intervalle le plus court est relatif aux mises bas de 1993.

· Le rang de la mise bas a une influence significative (P<0,05) sur l'intervalle entre mises bas. Celui-ci diminue progressivement de la 1 ère à la 4ème mise bas. Ce résultat correspond à celui rapporté par Faugère et al (1988) dans la région de Kolda. Cette diminution progressive est peut-être à lier à la croissance des femelles, lesquelles atteignent leur poids adulte à partir de la 4ème mise bas.

Prolificité

La portée moyenne est de 1,36 chevreau, un chiffre compris entre ceux de 1,24 rapporté par Faugère et al. (1989) à Louga et de 1,50 enregistré par Faugère et al (1988) dans la région de Kolda.

Performances de croissance

Poids moyen et gain moyen quotidien

Les poids moyens et les GMQ enregistrés sont présentés aux tableaux 1 et 2 et les courbes de croissance à la figure 3.

Tableau 1: Poids moyens (kg) en fonction de l'âge

Age (mois)

Femelles

Mâles

Naissance

1,7±0,4 (n=78)

2,2±0,6 (n=41)

1

4,4±1,2 (n=319)

4,6±1,2 (n=335)

3

8,1±1,8 (n=283)

8,7±2,2 (n=296)

6

12,5±2,6 (n=234)

13,2±3 (n=197)

9

15,8±3,2(n=152)

16,8±3,1 (n=102)

12

19,1±3 (n=78)

20,3±3,2 (n=36)

Tableau 2: Gain moyen quotidien (GMQ) par classe d'âge

Classe d'âge

Femelles

Mâles

1-3 mois

61,4±22 (n=274)

66,7±26 (n=281)

3-6 mois

45,6±19 (n=232)

50,9±25 (n=192)

6-12 mois

38,9±12 (n=78)

38,7±11 (n=36)

La croissance des chevreaux entre un et douze mois est supérieure à celle enregistrée à Louga et Kolda mais inférieure à celle observée à Kaolack (CIRAD-EMVT, 1991). Le poids adulte des femelles (à partir de la 4ème mise bas) atteint 25+2 kg sur 140 observations, une moyenne inférieure à celles de 31 kg observée à Kaolack et de 27 kg enregistrée à Louga mais supérieure à celle de 23 kg rapportée à Kolda (CIRAD-EMVT, 1991).

Facteurs de variation de la croissance

L'analyse de variance montre que la saison de naissance a un effet significatif à tous les âges. De l'âge d'un à trois mois, les chevreaux nés en saison III sont plus lourds du fait du disponible alimentaire en saison des pluies. Par contre à douze mois, les petits nés en saison I deviennent plus lourds du fait de l'effet de la croissance compensatoire pendant la saison des pluies. L'année de naissance a un effet hautement significatif (P<0,001) sur les poids des animaux âgés de un à trois mois. Les pluviométries enregistrées en 1992 et 1993 sont faibles. Mais la répartition en 1993 est meilleure et la disponibilité en herbe du pâturage s'est prolongée jusqu'au mois d'avril de l'année 1994. D'autres facteurs peuvent jouer tels que la température, l'hygrométrie, etc.

L'analyse de variance montre que le mode de naissance a un effet significatif sur la croissance des chevreaux âgés d'un à 12 mois. Les triplés sont plus légers que les jumeaux et encore plus que les produits simples. La différence est plus nette à trois mois (1 kg de moins que les jumeaux, 1,9 kg de moins que les produits simples). Cela peut s'expliquer par le fait que la production maternelle serait insuffisante pour couvrir totalement les besoins de deux ou trois produits. Ce phénomène est signalé par Faugère et al (1988) qui précisent cependant que les doublés et triplés en pâtiraient moins longtemps du fait d'une aptitude plus précoce à utiliser le fourrage, ce qui a également été constaté ici sur les GMQ entre trois et six mois (P<0,05).

Chez les caprins, l'effet du sexe sur le poids est hautement significatif (P<0,001) à tout âge. Les mâles sont légèrement plus lourds à un mois (200 g.) et la différence augmente régulièrement pour atteindre 1,2 kg à douze mois. Les mâles prennent plus rapidement du poids que les femelles entre 1 et 3 mois. Cela est dû au fait qu'ils naissent plus lourds et sont plus compétitifs que celles-ci pour l'utilisation du lait maternel. Par la suite, la différence de GMQ s'estompe progressivement. Les mâles atteignent plus rapidement leur poids adulte tandis que les femelles sont en pleine phase de croissance. En plus, il faudrait tenir compte de la prise de poids supplémentaire liée à la 1ère gestation chez les femelles.

L'effet du rang de mise bas est hautement significatif (P<0,001) au cours des trois premiers mois de la vie. Au 1ère mois, les produits de mères multipares sont plus lourds que ceux des primipares. A partir du 2ème mois, les chevreaux issus des primipares deviennent plus lourds. Cette situation s'explique par le fait que chez les primipares, la traite est rare et la prolificité est inférieure à celle des multipares. Généralement, le lait est entièrement disponible pour un chevreau. Le poids plus faible au 1er mois des produits de primipares peut être lié à la production laitière plus faible des mères.

Le troupeau a un effet hautement significatif (P<0,001) à tout âge. Ce phénomène s'explique par les pratiques d'élevage différentes d'un éleveur à un autre.

Figure 3. Courbe de croissance des chevreaux

Mortalité

Données générales

La figure 4 présente la répartition des mortalités en fonction de l'âge au décès. L'analyse de cette répartition permet d'identifier une période de mortalité sous la mère, de la naissance jusqu'à 3 mois (55,1%). Cette perte sous la mère est principalement due aux maladies (gâle) et aux troubles de la croissance.

La figure 5 présente l'évolution de la mortalité des animaux au cours de l'année. Pendant le mois de mai, on enregistre 19,5% de mortalité. Cette perte en fin de saison sèche est probablement liée à l'affaiblissement des femelles en lactation suite au manque de ressources alimentaires pendant cette saison. Les pertes en saison des pluies correspondent à des mortalités d'animaux sevrés essentiellement à la suite de diarrhées.

Quotient de mortalité

La mortalité est appréciée sur un effectif initial, I'estimateur est donc un quotient de mortalité (et non un taux). Compte tenu du fait que les animaux (surtout les mâles) sont exploités de manière précoce, le calcul du quotient tient compte des animaux "émigrés". On admet que les animaux exploités ont été en moyenne exposés au risque de mourir pendant la moitié de la période considérée et que chacun compte pour un demi-sujet dans la population exposée. Les quotients de mortalité sont calculés pour les quatre classes d'âge de 3 mois pour tenir compte de la variation du taux d'émigration en fonction de l'âge. C'est à partir de ces quatre quotients qu'à été calculé le quotient de mortalité de la classe 0-12 mois. Pour cette étude, on dispose d'une cohorte d'animaux nés entre mars 1992 et septembre 1993.

Figure 4. Mortalité des chevreaux entre 0 et 12 mois.

Figure 5. Evolution des mortalités au cours de l'année.

Le tableau 3 présente les quotients de mortalité par classe d'âge et par sexe. Pour la classe 0-12 mois, la mortalité des mâles est plus élevée (25,8%) que celle des femelles (23,7%). Le quotient général pour les deux sexes est de 32,4%. Pendant l'année, la mortalité des mâles est plus élevée que celle des femelles, mais les différences ne sont pas statistiquement significatives (P>0.05). Pour les animaux des deux sexes, la mortalité varie avec l'âge et est plus importante entre 0 et 3 mois avant de diminuer pendant le reste de l'année. Ces quotients de mortalité mâles et femelles sont inférieurs à ceux rapportés par Faugère et al (1988) dans la région de Kolda (47% et 30%, respectivement pour les mâles et les femelles). Le quotient annuel pour les animaux des deux sexes est compris entre les résultats de Louga (25%) et ceux de Kolda (32%) (IEMVT-CIRAD, 1991). Les quotients de mortalité annuelle selon la saison de naissance sont de 32,8% pour la saison I; 33,2% pour la saison II et 29,2% pour la saison III. La saison de naissance ne semble pas influencer de manière significative le quotient de mortalité (chi2 =5,99 avec ddl=2).

Chez les caprins, le taux de naissances gémellaires est élevé. Cet avantage n'est-il pas contrebalancé par un taux de mortalité élevé?. En moyenne, 29,5% des naissances sont simples et 35,6% sont multiples. La taille de la portée 3 a été rattachée à la 2 en raison d'un effectif initial faible. La différence entre les portées des naissances simple et multiple n'est pas statistiquement significative (P<0,5).

Tableau 3: Quotient de mortalité par classe d'âge et par sexe


Classes d'âge

Femelles

Mâles

Totaux

I

M

Em

Qm

I

M

E

Qm

I

M

E

Qm

0-3 mois

177

25

1

14,1

187

34

3

19,1

364

59

4

16,3

3-6 mois

151

10

2

6,6

150

10

13

7,0

301

20

15

6,8

6-9 mois

139

13

5

10,0

127

8

20

6,8

266

21

25

8,3

9-12 mois

121

6

14

5,3

99

5

23

5,8

220

11

37

5,5

0-12 mois

177

-

-

23,7

187

-

-

25,8

364

-

-

32,4

Qm = quotient de mortalité théorique
I = effectif initial
M = animaux morts
E = animaux exploités

Causes de mortalité

Le tableau 4 présente les causes de mortalité par âge.

La première remarque est le pourcentage élevé des causes de mortalité non identifiées (37%). Le fait que l'éleveur ne puisse pas dire s'il s'agit de l'évolution d'une maladie ou d'un accident montre que le contrôle des animaux est difficile.

Tableau 4: Causes de mortalité par classe d'âge


Causes

Age (mois)


Total


%

0-3

3-6

6-9

9-12

12-24

>24

Accident

4

7

4

1

5

4

25

8,7

Malnutrition troubles de la croissance

36

8

2

2

4

0

52

18,1

Maladies dont

38

24

17

6

13

6

104

36,1

gale

14

10

10

2

5

3

44

15,3

diarrhée

12

4

1

0

2

0

18

6,2

Troubles respiratoires

3

3

0

2

0

1

9

3,1

Maladies non identifiées

9

7

6

2

7

2

33

11,5

Causes non identifiées

31

19

10

5

13

29

107

37,1

Total

109

58

33

14

35

39

288

100

%

37,8

20,1

11,5

4,9

12,2

13,5

100

-

La seconde remarque est l'absence des maladies transmises par les tiques telles que l'anaplasmose, affections répandues dans la zone (Guèye et al., 1986). L'interlocuteur est un élément important dans la qualité de l'information recueillie. Les enfants, qui assurent la conduite au pâturage d'où des animaux ne reviennent pas, n'ont pas été associés aux enquêtes. Et pourtant ils auraient peut-être pu donner des précisions sur l'état et les signes décelés sur l'animal avant son décès. Par ailleurs, des visites tous les 15 jours nous semblent éloignées pour permettre aux techniciens d'identifier toutes les maladies qui peuvent avoir des formes d'évolution algue. Le programme PPR a d'ailleurs instauré un suivi sanitaire à raison d'une visite tous les trois jours (Moulin, 1993).

Production laitière

II n'a pas été possible d'estimer la quantité de lait consommée par les chevreaux. En milieu traditionnel, il est très difficile d'utiliser la méthode de la double pesée du chevreau avant et après la tétée. Les résultats de recherche en station qui seront disponibles prochainement permettront d'estimer la quantité de lait consommée par les chevreaux en fonction de la croissance.

Données générales

La durée moyenne de lactation est de 184±71 jours soit environ six (6) mois, chiffre voisin de celui de 180 jours rapporté par Charray et al. (1980) sur la chèvre sahélienne. Chez la chèvre de Massakory, elle est de 135±6 jours sur 173 observations avec des extrêmes de 54 et 155 jours (Charray et al, 1980). La production laitière moyenne prélevée est de 31±11 kg avec un minimum de 11 kg et un maximum de 56 Kg. Quant à la durée moyenne de la traite, elle est de 140±65 jours. Enfin, la production laitière moyenne prélevée par jour de traite est de 273±162 g. avec un minimum de 61 g et un maximum de 557 g.

Facteurs de variation de la quantité de lait prélevée

Le stade de lactation influence la quantité de lait traite (figure 6). Les quantités de lait prélevées par jour sont maximales entre la 4ème et la 6ème semaines. Ensuite, elles diminuent progressivement, la baisse étant plus forte au-delà de la 14e semaine.

La saison de mise bas a une influence hautement significative (P<0,001). La quantité de lait traite après les mises bas de saison des pluies est plus importante. Cela est lié à la disponibilité et à la bonne valeur nutritive de l'herbe. La durée de la traite est plus longue. Cette production laitière diminue si la mise bas intervient en saison sèche froide, les caprins bénéficiant d'un pâturage de qualité moyenne. Elle devient médiocre avec une mise bas de saison sèche chaude, l'alimentation étant la contrainte majeure.

Le rang de la mise bas a un effet significatif (P<0,05) sur la production laitière. Les femelles primipares subissent une pression de traite moins forte que les multipares. La production laitière augmente avec le rang de lactation. Cela est à lier à la diminution progressive des besoins de croissance des femelles au fur et à mesure qu'elles s'approchent du poids adulte. Les femelles allaitant deux chevreaux produisent autant de lait trait que celles qui n'en allaitent qu'un. Ces résultats corroborent les observations de Koussou et Bourzat (1993) et de Chamchadine (1994).

Le troupeau a un effet hautement significatif (p<0,001) sur la quantité de lait traite. Une étude plus poussée des pratiques d'élevage s'avère indispensable pour expliquer ces différences.

Traite et croissance des chevreaux

II convient de signaler qu'au tableau 7, on n'a pas représenté les deux sexes séparément car il n'y a pas eu d'interaction entre la pratique de traite et le sexe.

L'effet de la traite sur la croissance des chevreaux est significatif (P<0,05) entre le 2ème et le 6ème mois, période au cours de laquelle la différence de poids va de 300 à 800 g. Ce phénomène peut s'expliquer par le fait que la traite commence généralement au-delà d'un mois après la mise bas et se termine vers cinq à six mois. Les chevreaux issus de mères non traites bénéficient de toute la production laitière maternelle. Cette différence de poids diminue graduellement après six mois, les chevreaux dépendant moins du lait maternel.

Figure 6. Quantité de lait prélevée en fonction du stade de lactation

Tableau 5: Analyse de variance de la quantité de lait prélevée par jour de traite, durée de la traite et production laitière totale prélevée



Facteurs de variation

Production prelevée totale


Durée de traite

Production prelevée/jour de traite

DDL

CM

CM

CM

Saison MB

2

367*

8826*

27758***

Durée MB

2

622*

5312 NS

16925**

Rang BM

4

145 NS

4887 NS

10495*

Eleveur

9

545**

7892*

12324***

Intervalle entre

MB

4

336 NS

5162 NS

2353 NS

NBP 1 mois

2

520 NS

3582 NS

10349 NS

NBP 2 mois

2

100 NS

4012 NS

23398 NS

NBP 3 mois

2

240 NS

3802 NS

180 NS

*=P<0,05;
**=P<0,01;
***=P<0,001;
NS =non significatif;
CM=carrés moyens
DDL=degré de liberté;
MB=mise bas

Traite et mortalité des chevreaux

II ressort du tableau 7 que la pratique de la traite a une influence sur la mortalité des chevreaux, influence qui n'est significative (P<0,1) que pour la classe d'âge 0-3 mois. La pratique de traite réduit les quantités de lait disponibles pour les produits allaités. Cela entraîne des poids plus faibles (tableau 6) et donc des troubles de la croissance et des risques de maladies plus élévés.

Economie de l'élevage caprin

Flux d'animaux

Le taux d'immigration, rapport entre le nombre d'animaux entrant dans un troupeau et le nombre moyen d'animaux pour une période considérée (Landais et al., 1986) est de 2,8% par an. Les Peul achètent rarement des caprins. L'achat porte en particulier sur des femelles le plus souvent jeunes (moins de deux ans).

Tableau 6: Influence de la traite sur la croissance des chevreaux


Pratique

Poids (kg)

1 mois

2 mois

3 mois

6 mois

9 mois

12 mois

Absence de traite

4,5±1,1

6,8±1,6

8,8±1,9

13,42,8

16,7±3

19,7±2,6

Traite

4,5±1,3

6,5±1,7

8,32,3

12,6±2,9

16,1±3,2

19,3±3,3

Différence de poids

NS

0,3

0,5

0,8

0.6

0.4

Niveau de signification

0

*

*

*

NS

NS

NS= non significatif
* = (P<0,05)

En deux années de suivi, 318 caprins ont été exploités soit un taux annuel de 21,2%. Ce taux est faible comparé à ceux rapportés pour la zone sahélienne où il varie entre 33 et 50% (Faugère et al., 1989). Il est proche cependant des taux de 26% enregistrés dans la zone du delta au nord du Sénégal (Tourrand, 1993) et de 23% observés en Mauritanie (François, 1989). Les ventes et les abattages représentant respectivement 61 et 32% des sorties. Les dons et trocs sont rares et n'intéressent que 7% des animaux. Ce taux assez faible peut s'expliquer par l'importance de la traite dans la zone périurbaine de Dakar. En effet, on a observé que plus l'éleveur a du lait de vache et de chèvre, moins il vend d'animaux. En effet, la vente de lait procure des revenus qui permettent d'entretenir quotidiennement le ménage (prise en charge des repas). Donc la vente d'animaux n'intervient que lorsque survient un besoin plus important (maladie, voyage, achat d'habits, etc.). Les éleveurs qui ne pratiquent pas la traite exploitent 29% de leur cheptel caprin, contre 19% pour ceux qui prélèvent le lait.

Le taux d'exploitation des boucs, de l'ordre de 47%, est nettement supérieur à celui des femelles, lequel est de 11%. Pour les chèvres, François (1989), Faugère et al (1989), Tourrand (1993) ont rapporté des taux d'exploitation voisins, compris entre 10 et 13%. Les mâles sont exploités en priorité par rapport aux femelles. Ils représentent 65% et 55% respectivement des ventes et des abattages. Cette préférence pour les mâles peut s'expliquer par leur meilleure vitesse de croissance et par conséquent par une bonne valorisation à la vente. En effet, ils sont vendus plus chers (1500 à 2500 F CFA de plus) que les femelles.

Tableau 7: Influence de la traite sur les quotients de mortalité



Classe d'age (mois)

0-3

3-6

6-9

9-12

0-12

Traite

17,6

6,9

8,4

5,1

33,3

Absence de traite

12,2

6,3

7,1

5,3

27,6

Différence

5,5

0,6

1,3

-0,2

5,7

Niveau de signification

+

NS

NS

NS

+

NS= non significatif
+ = significatif à 10%

La figure 7 présente la distribution mensuelle des animaux exploités. L'exploitation est plus forte pendant les fêtes religieuses (Tabaski et Tamxarit) qui ont eu lieu entre mai et juin au cours des deux dernières années. En effet, 37% des sorties ont eu lieu durant ces deux mois de l'année.

Valorisation du lait

Dans la zone d'étude, une partie du lait de chèvre est vendue à une petite unité artisanale de production de fromage. Le reste, mélangé au lait de vache, est vendu caillé dans les marchés de la région de Dakar. L'autoconsommation existe, mais est difficile à évaluer en raison de son caractère occasionnel. En effet, les éleveurs des zones périurbaines consomment plus volontiers du riz, et rarement d'importantes quantités de lait (préparation de couscous et de bouillie).

Figure 7. Evolution mensuelle des exploitations

Revenus monétaires

Les charges monétaires sont faibles en élevage caprin. La main-d'oeuvre familiale est exclusivement utilisée pour la gestion du troupeau (conduite au pâturage, traite, transformation et commercialisation du lait). L'achat de médicaments ou d'aliments n'a pas été observé durant le suivi. Les frais d'achat de cordes ne dépassent guère 1000 F CFA par troupeau et par an. Les achats d'animaux sont rares comme indiqué plus haut et ne représentent en moyenne que 6600 F CFA par troupeau espar an. En moyenne, les dépenses monétaires par troupeau s'élèvent à 7800 F CFA.

Dans cette zone, les produits de la vente du lait et des animaux sont pris en compte, les peaux et le fumier ne sont pas valorisés financièrement. Devant la difficulté rencontrée pour estimer les quantités autoconsommées par rapport à celles vendues, on a considéré la quantité totale de lait produit (estimation des contrôles bimensuels) dans le calcul des recettes. Le prix moyen du litre de lait en 1992 et 1993 était de 283 F CFA par litre. Ce prix est variable selon que la femme de l'éleveur vend le lait au marché ou à un intermédiaire. Les recettes de la vente de lait s'élèvent en moyenne à 115000 F CFA par an et par troupeau. Cette somme équivalait avant la dévaluation à 6 mois de salaire d'un berger travaillant dans l'élevage intensif et à près de 4 mois de salaire d'un ouvrier qui gagne le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti, soit 30000 F CFA).

Le prix moyen de vente des caprins est de 8400 F CFA. Les recettes de la commercialisation des animaux s'élèvent en moyenne à 44800 F CFA par an. Cette somme serait de 73500 F CFA si tous les animaux exploités étaient destinés à la vente.

Les éleveurs qui ne pratiquent pas la traite vendent en moyenne deux animaux de plus que les autres et ont un quotient d'exploitation entre 0 et 12 mois (26,3%) supérieur à celui de leurs homologues qui traient leurs animaux (23%). Ils gagnent ainsi 60900 F CFA par an contre 40500 F CFA pour ceux qui font la traite. Cette différence de recettes pourrait s'expliquer par la production d'animaux plus lourds à 6 mois chez les éleveurs non producteurs de lait.

L'élevage caprin génère des revenus assez substantiels de l'ordre 53400 F CFA pour les éleveurs qui ne pratiquent pas la traite et 148000 F CFA pour les autres, soit respectivement près de 3 mois et 8 mois de salaire d'un berger travaillant dans la zone. Les caprins constituent donc une importante source de revenus pour les producteurs.

La prise en compte des évolutions d'effectifs aurait permis d'estimer la valeur du cheptel accumulé pendant la période d'étude en comparaison avec la valeur du cheptel exploité. Une évaluation économique plus complète aurait permis de mieux analyser le rôle de la fumure organique dans la productivité de la partie végétale de l'exploitation. La fonction sociale des caprins n'est pas bien appréciée. Pourtant, les éleveurs abattent en moyenne 3,3 animaux par an à l'occasion des cérémonies familiales et autoconsomment du lait.

Conclusion

L'objet de cette étude est d'analyser la production laitière caprine en élevage traditionnel et ses facteurs de variation. On a constaté pour l'ensemble des paramètres étudiés (reproduction, croissance, mortalité) que les résultats obtenus sont intermédiaires entre ceux de la zone de Kolda au sud et celle de Louga au nord du pays. La race exploitée (croisement race sahélienne-race guinéenne) et les conditions climatiques intermédiaires pourraient être des facteurs explicatifs. La production laitière prélevée (31±11 kg) ne peut être comparée aux chiffres rapportés dans la bibliographie existante car la quantité consommée par le ou les chevreaux n'a pas été prise en compte. Néanmoins, la quantité de lait traite est fortement influencée par les facteurs du milieu, la saison, l'année, le rang de mise bas et surtout le troupeau.

L'alimentation est un des facteurs limitants pour la production laitière. Pendant l'hivernage, cette production est élevée du fait de la disponibilté d'un pâturage abondant de bonne qualité. Cependant, en saison sèche, surtout chaude, la production est faible. Pour pallier ce déficit, une complémentation s'impose surtout pour les femelles allaitantes. L'abreuvement doit être également assuré pendant cette période.

Comme l'alimentation, la santé est un facteur de première importance. La mortalité des jeunes est très élevée et entrave de manière directe l'augmentation de la production laitière dans la mesure où la disparition précoce du ou des chevreaux entraîne presque automatiquement l'arrêt de la traite. Un suivi sanitaire du troupeau est indispensable pour garantir une productivité maximum.

Ces deux facteurs constituent donc les principaux obstacles à l'augmentation des productions caprines. La levée de ces contraintes pourrait permettre d'améliorer sensiblement la productivité laitière en milieu éleveur. La suite des recherches doit donc s'inscrire dans cette dynamique.

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Remerciements

Les auteurs remercient M. Bigot, Babène et MBodj du Service des cultures fourragères pour leur précieuse aide dans l'identification des types de parcours et la méthodologie de prélèvement de biomasse; le personnel du laboratoire de chimie du LNERV pour les analyses bromatologiques effectuées; le programme PPR du LNERV pour leur appui dans l'utilisation du logiciel PANURGE; M. Kéba Diao, observateur, pour ses efforts soutenus pour la qualité du suivi; tous les éleveurs de la zone de Sangalkam et de Sébikotane: cette étude n'aurait pu aboutir sans leur consentement et leur participation; et enfin Mme Coumba Sow et Mr O Bougaleb pour leur remarquable travail dans la mise en forme de ce document.


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