Impact des systèmes d’élevage pastoraux sur l’environnement
En Afrique et en Asie tropicale et sub-tropicale aride et subaride


Par Marc CARRIERE - 1996, 70 pp

Young man minding Ankoke cattle  © R. Faidutti - Uganda Résumé: L’étude couvre les régions tropicales et subtropicales situées entre les latitudes 35° Nord et Sud, jusqu’à une altitude d’environ 2 000 mètres, et avec un climat aride ou semi-aride recevant moins de 600 mm de pluies en moins de 3 mois. Cela comprend les zones sèches méditerranéennes, de l’Atlantique à la vallée de l’Indus (320 millions d’hectares), avec la zone nord-africaine du Maghreb et une zone orientale et asiatique, de l’Arabie à l’Inde. En Afrique tropicale sont concernés le Sahel de la Mauritanie à l'Erythrée, une partie de l’Afrique de l’Est et les pays autour du désert du Kalahari en Afrique australe.

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Table des matières

Introduction

I Présentation des systèmes d’élevage pastoraux
1- Cadre géographique
2- Système de production pastoral "à l'herbe" et système "mixte" en zones sèches
3- Populations pastorales
4- Animaux d’élevage
5- Les milieux naturels et les contraintes pastorales
6- Modalités d'exploitation traditionnelles du milieu naturel


II Impacts environnementaux de l’élevage
1 - Impacts sur le sol et l’érosion
2 - Effets sur la végétation
3 - La désertification
4 - Elevage pastoral et effet de serre
5- Ressources en eau
6 - Biodiversité
7- les activités humaines
8- critères économiques et sociaux

Introduction

A) Place des élevages pastoraux
Les systèmes d’élevage pastoraux sont ceux pour lesquels plus de 90 % de la matière sèche consommée par le bétail provient du pâturage. La limite avec les systèmes mixtes élevage-agriculture dans lesquels plus de 10 % de la matière sèche provient des sous-produits de l’agriculture est fluctuante. Le passage d’un système à l’autre est récent et conjoncturel ; il dépend du climat et du contexte économique.

Les populations pastorales dans le monde sont estimées à 26 millions de personnes. Dans les régions étudiées, on dénombre 13, 3 millions en Afrique et 2,5 millions en Asie occidentale. Elles représenteraient 10 à 25 % de la population totale des régions concernées (près de 14 % en Afrique du Nord). Le nombre des éleveurs strictement nomades décroît rapidement. Ainsi, en Afrique occidentale sahélienne, le taux de croissance des populations pastorale est inférieur à celui de la population totale: il est de l'ordre de 1,5 à 2 % contre 3 % par an. Les pasteurs s’identifient à certains groupes ethniques et culturels, souvent minoritaires par rapport aux élites dirigeantes.

La part de la population pastorale dans la population rurale varie beaucoup d’un pays à l’autre : 98 % en Mauritanie, plus de 60 % en Somalie et en Oman, 40 % au Tchad, plus de 25 % au Mali, au Niger et en Libye, 17 % en Arabie séoudite et au Maroc, 8 à 12 % au Soudan, en Syrie, en Tanzanie, moins de 6 % en Ethiopie, en Irak, en Algérie, au Nord-Yémen, moins de 1 % en Egypte.

Les effectifs du cheptel ne sont pas connus avec précision, car les statistiques ne différencient pas les systèmes de production. Sur la base des statistiques nationales, donc incluant les régions agricoles, les petits ruminants sont les plus nombreux (61 millions au Maghreb), avant les bovins (rapport de 1,5-2,5 à 1 en Afrique tropicale, de 10 à 1 en Afrique du Nord et en Asie occidentale). Les camelins sont 2 fois moins nombreux que les bovins en Afrique du Nord, 3 fois moins nombreux en Asie occidentale, 8 à 10 fois moins nombreux en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest.

B) Description des milieux naturels
Les milieux naturels sont surtout des écosystèmes de steppe (végétation ligneuse absente ou clairsemée, végétation basse discontinue, production végétale très saisonnière). La steppe est de type désertique, méditerranéenne aride ou sahélienne.
A chaque type correspond des systèmes particuliers : élevage nomade, semi-nomade à transhumant ou transhumant et sédentaire associé aux cultures.

Les contraintes pastorales sont la grande variabilité du disponible fourrager dans l’espace et surtout dans le temps (forte saisonnalité, variabilité interannuelle) et la rareté des ressources en eau. La mobilité est la principale adaptation fonctionnelle et opportuniste à ces contraintes.

C) Tendances
Les tendances à court terme (1978-1988) sont :
- une augmentation significative des petits ruminants,
- une augmentation des camelins,
- une croissance modérée ou une stagnation des bovins,
- une diminution des équins.
Depuis 1950, le nombre d’ovins au Maghreb a été multiplié par 2,5 tandis que le chiffre de population l’était par 2,7 et celui des surfaces céréalières par 0,5.
A plus long terme, le fait que le cheptel ait augmenté n'est pas admis par tous.

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