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Déclaration de Mamadou Cissokho Journée Mondiale de l'Alimentation 2004 Excellence, Monsieur le Président de la République de Hongrie, Monsieur Directeur le général de la FAO. De l'Acte constitutif de la FAO 1945 à la première Journée Mondiale de l'Alimentation 1981, à ce jour mémorable où vous nous invitez à faire une déclaration, comprenez Mesdames et Messieurs, mon émotion et ma gratitude à Monsieur le Directeur général. Oui ainsi va la vie; comme le dit l'adage " Rome ne s'est pas fait en un jour ". En plus de l'invitation d'un membre de la grande famille agricole à cette journée la FAO reconnaît et affirme à travers une analyse scientifique dont les résultats sont condensés dans un document intitulé: " La biodiversité au service de la Sécurité alimentaire… ". Que font les paysans et producteurs dans leurs exploitations familiales depuis plus de 10.000 années ? Ils produisent, enseignent et gèrent dans le respect des règles naturelles, avec responsabilité parce que sachant mieux que quiconque (experts et chercheurs compris) la vie des espèces et l'interdépendance entre les organismes qui composent la diversité biologique. En affirmant dans votre document: " Des millions de gènes qui servent de composantes vitales aux milliers de végétaux et d'animaux peuplant la planète jusqu'aux combinaisons infinies d'organismes dont sont constituées les écosystèmes naturels, la biodiversité apporte une contribution fondamentale à l'alimentation sur la terre ". Ainsi est tranché le débat sur quelle Agriculture pour le Développement Durable ? La mobilisation des paysans et de leurs représentants au sein d'organisations régionales et internationales : ROPPA, CPE, COPA, Via Campesina, FIPA - à travers des actions concrètes d'information, de sensibilisation et d'interpellation se justifient et continueront jusqu'à la reconnaissance et le respect de tous les traités Internationaux de Protection de la Nature. Ce combat est conforme au réalisme de paysans depuis tous le temps.
Autant de constance dans la démarche pour la quête de l'ouverture des négociations sur les VISIONS, les stratégies de la problématique DÉVELOPPEMENT DURABLE et DROITS UNIVERSELS DE L'HOMME. La journée d'aujourd'hui nous invite à parler de l'Alimentation qui pour nous concerne l'essentiel et la base de la vie. Comme le dit le proverbe de chez nous: " Tout le capital physique et monétaire est le reste de l'alimentation… ". C'est pour cette raison qu'on ne saurait éviter le débat pour situer les rôles et responsabilités dans la réalisation pérenne " d'une alimentation de qualité, en quantité, accessible à un coût minimal pour la majorité des consommateurs ".
Assurer une alimentation correcte dans tous les pays de Sud est possible et ne dépend que de la volonté politique des décideurs qui ont bâti en 40 ans une Afrique des villes à problèmes et crée le chaos économique ; des politiques plus chères financièrement qu'arrêter le processus de famine. Aux peuples dans les pays du Sud de se mobiliser pour mettre fin à leur utilisation comme des outils de publicité qui rapportent des maigres ressources à nos États. Nous devrions définitivement nous convaincre que ce sont les financements publics nationaux et des politiques régionales négociées qui chasseront la faim hors de nos frontières. Ceci doit être accepté parce que simplement : L'indépendance d'une nation est alimentaire avant tout et après tout. A la FAO et aux autres agences des Nations Unies de parier sur les sources de l'alimentation à savoir: " les familles paysannes dans le monde " les ressources naturelles dont fait partie la diversité biologiqueIl est temps pour la FAO de concentrer une partie de ses efforts sur l'analyse des recherches et de leurs résultats sur les grands sujets qui touchent l'alimentation pour permettre une compréhension des nuances et affirmations par ceux qui subiront les produits finaux. Ce faisant vous aiderez à l'animation du dialogue et de la concertation entre les groupes d'acteurs n'ayant souvent pas les mêmes intérêts économiques. La création de fondations ou d'ONG, par les multinationales détenant les monopoles sur la fabrication et la distribution des pesticides et des OGM, pour financer des projets et programmes de lutte contre la pauvreté au Sud n'est pas moralement acceptable ni humainement défendable. Si la FAO affirme que la diversité biologique est primordiale pour l'Agriculture et la production vivrière, il faudrait également ouvrir le débat sur les coûts de l'Agriculture Industrielle et des effets de la Surproduction sur les ressources naturelles et l'accès à la terre pour les petits paysans. Malgré la multiplicité des recommandations pour prendre en compte les savoirs paysans, je soumets à l'approbation de la FAO et des partenaires la préparation et l'approbation d'un CODE Modèle des Pratiques d'exploitation Agro-Sylvo-Pastorale et Halieutique. Un tel Code permettrait la reconnaissance de l'exploitation agricole familiale et les services rendus par l'Agriculture familiale à la planète. En conclusion, je voudrais insister sur le fait que les affamés sont simplement abandonnés par leurs Gouvernements au profit d'autres priorités dictées par des groupes minoritaires puissantes dans le pays. Aux Affamés et avec le soutien de tous les paysans du monde, mobilisons nous pour casser ce complot et c'est pour relever ce défi que je vous invite tous à soutenir les recommandations du Sommet Mondial de l'Alimentation en 1996 et les propositions d'Actions de Fédérations Paysannes. Merci à la FAO et à son Directeur général de m'avoir invité. Que le Créateur de l'Univers soit témoin et nous assure de la victoire de la justice au profit des peuples. |