APRC/96/4
Avril 1996

VINGT-TROISIEME CONFERENCE REGIONALE DE LA FAO POUR L'ASIE ET LE PACIFIQUE

Apia (Samoa), 14-18 mai 1996

SOMMET MONDIAL DE L'ALIMENTATION:
BILAN ET PROBLEMES DE LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA REGION ASIE-PACIFIQUE

 

TABLE DES MATIERES

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INTRODUCTION 1
I -LES TENDANCES MONDIALES EN MATIERE DE SECURITE ALIMENTAIRE1
II -TENDANCES, PERSPECTIVES ET PROBLEMES EN MATIERE DE SECURITE
ALIMENTAIRE EN ASIE ET DANS LE PACIFIQUE
3
1.Situation générale des approvisionnements alimentaires3
2.Facteurs d'insécurité alimentaire4
Dégradation des terres et pénurie d'eau4
Manque de préparation aux pénuries alimentaires aiguës et étendues
découlant de catastrophes naturelles5
Les risques d'une stabilisation des approvisionnements fondée sur le commerce6
Systèmes de commercialisation des denrées alimentaires inefficaces7
Groupes vulnérables8
Malnutrition8
3.Possibilités d'expansion de la production alimentaire en vue de
renforcer la sécurité alimentaire dans la région9
4.Le Sommet mondial de l'alimentation et les objectifs de sécurité
alimentaire pour la région10
III -MESURES EN FAVEUR DE LA SECURITE ALIMENTAIRE REGIONALE12
1.Mesures prioritaires12
Améliorer la productivité et la production du secteur alimentaire12
Enrayer la dégradation des terres agricoles et les pertes d'eau et
inverser les tendances dans ce domaine14
Améliorer la préparation aux pénuries alimentaires dues aux
catastrophes naturelles15
Améliorer l'efficacité de la commercialisation des aliments15
Limiter les risques liés à une stabilisation des approvisionnements
fondée sur le commerce16
Protection des groupes vulnérables parallèlement à la libéralisation
des marchés alimentaires17
Atténuer la malnutrition18
2.Répartition des responsabilités en ce qui concerne les mesures prioritaires18
TABLEAUX
1.Ratios d'autosuffisance effectifs et projetés dans la région
2.Asie et Pacifique: Disponibilités alimentaires totales, production céréalière et variabilité
3.Asie et Pacifique: Valeur des importations alimentaires en pourcentage du total des
importations/exportations de marchandises
4.Indicateurs mondiaux et régionaux de la sécurité alimentaire

INTRODUCTION

1. Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale a souhaité pouvoir bénéficier des perspectives dégagées lors des conférences régionales concernant les principaux problèmes, politiques et mesures propres à chaque région, à titre de contribution au Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation. L'objet du présent document est de promouvoir des débats régionaux sur les politiques et les mesures prioritaires qui s'imposent pour garantir la sécurité alimentaire dans les Etats Membres appartenant à la région Asie-Pacifique. Des documents analogues ont été établis pour les autres conférences régionales devant se tenir en 1996.

I - LES TENDANCES MONDIALES EN MATIERE DE SECURITE ALIMENTAIRE

2. Au cours des trois dernières décennies, la production alimentaire mondiale a augmenté plus vite que la population: aujourd'hui, la production alimentaire par habitant dépasse de 18 pour cent celle d'il y a 30 ans. Les disponibilités alimentaires destinées à la consommation humaine directe sont d'environ 2 700 calories par personne et par jour, contre 2 300 calories à l'époque. En Europe occidentale, la disponibilité alimentaire est de l'ordre de 3 500 calories et en Amérique du Nord de 3 600 calories, alors qu'au bas de l'échelle, en Afrique, la disponibilité par habitant n'est que de 2 300 calories.

3. En dépit des progrès considérables accomplis en matière d'approvisionnements alimentaires, au début des années 1990, plus de 800 millions d'habitants des pays en développement étaient sous-alimentés. A ce chiffre s'ajoutent les millions de personnes souffrant de maladies débilitantes liées à des carences en oligo-éléments et à la contamination des aliments et de l'eau. Un habitant sur cinq des pays en développement ne trouve pas de quoi satisfaire ses besoins quotidiens; dans 17 pays d'Afrique, deux, voire trois personnes sur cinq ne mangent pas suffisamment. C'est en Europe occidentale, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique latine et dans les Caraïbes que le pourcentage de personnes sous-alimentées est le plus faible, et en Asie que leur nombre est le plus élevé; cependant, alors qu'on enregistre en Asie un déclin du phénomène, le nombre de personnes sous-alimentées va en augmentant sur le continent africain, non seulement en valeur absolue, mais, dans de nombreux pays, en pourcentage de la population totale.

4. Outre la malnutrition chronique, les troubles intérieurs et les guerres touchent des millions de personnes. Or, l'aide alimentaire destinée à soulager leurs maux ne suffit pas, bien souvent, à les maintenir en bonne santé. Enfin, le déclin brutal de l'aide alimentaire au cours des trois dernières années a affaibli la capacité de réaction aux situations de crise.

5. Il faudrait en moyenne, pour amener une personne sous-alimentée à un niveau satisfaisant d'apport énergétique - soit 2 200 calories par jour - un complément quotidien de 570 calories. Il s'agit, à l'évidence, d'une estimation très inférieure au chiffre correspondant réellement à l'élimination de la malnutrition. De 1990 à 1992, la consommation alimentaire mondiale a été d'environ 3 pour cent inférieure à ce niveau de besoin. En termes plus concrets, étant donné que les céréales constituent près de 60 pour cent de l'apport calorique des populations des pays en développement, le déficit céréalier représenterait environ 30 millions de tonnes - alors que l'aide alimentaire a été, au cours des dernières années, de 9 à 12 millions de tonnes. Ce déficit varie considérablement d'une région à l'autre: négligeable dans certains pays industrialisés d'Occident, il est d'environ 5 pour cent dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV), de 10 pour cent en Afrique et de près de 5 pour cent pour l'ensemble des pays en développement.

6. Les perspectives d'avenir, telles qu'on les présente dans l'étude de la FAO intitulée: Agriculture: horizon 2010 (1995), indiquent une tendance durable à l'augmentation des disponibilités alimentaires par habitant dans la plupart des pays en développement. Pour l'ensemble de ces pays, cette disponibilité devrait atteindre 2 730 calories en l'an 2010, soit une augmentation substantielle par rapport aux 2 520 calories de la période 1990-92.

7. Malgré cette progression, on prévoit qu'il y aura encore 700 à 800 millions de personnes sous-alimentées dans les pays en développement en l'an 2010, la plus forte concentration se trouvant toujours en Asie du Sud et en Afrique. Cependant, alors que l'on table sur une chute spectaculaire de ce nombre en Asie du Sud, où il ne représenterait plus que 12 pour cent de la population totale, soit la moyenne pour l'ensemble des pays en développement, le nombre de personnes sous-alimentées du continent africain devrait augmenter d'environ 100 millions, atteignant plus de 300 millions de personnes, dont la grande majorité vivront dans les PFRDV.

8. Ce phénomène devrait aller de pair avec l'augmentation des importations de denrées alimentaires dans les pays en développement. En effet, il est prévu que l'on passera des quelque 90 millions de tonnes d'importations nettes de céréales pour la période 1989-91, à près de 162 millions de tonnes en l'an 2010, le taux global d'autosuffisance en céréales tombant, quant à lui, de 92 pour cent à 90 pour cent. Selon les indications recueillies, les augmentations les plus marquées des importations se produiront au Proche-Orient et en Afrique du Nord (33 millions de tonnes), de même qu'en Amérique latine et dans les Caraïbes (15 millions de tonnes); cependant, seul un petit nombre des pays concernés sont actuellement confrontés à de graves pénuries de devises étrangères.

9. En revanche, le quasi-doublement (de 27 à 50 millions de tonnes) du déficit commercial net en céréales prévu pour l'Afrique, est plus inquiétant, en raison de l'équilibre précaire de la balance des paiements de nombreux pays de la région et des perspectives défavorables pesant sur nombre d'entre eux, notamment ceux qui doivent continuer de financer leurs besoins croissants d'importations alimentaires par les recettes qu'ils tirent de leurs exportations agricoles.

10. Il est probable que ces perspectives d'incidence prolongée de la sous-alimentation pour des centaines de millions de personnes se confirmeront si aucune mesure exceptionnelle n'est prise. C'est pourquoi il faut, sans délai et sur une échelle aussi vaste que possible, mobiliser toutes les énergies pour réduire l'incidence de la sous-alimentation et de la malnutrition, afin de faire mieux que ce qui est prévu dans l'étude Agriculture: horizon 2010.

11. Comparé aux besoins des populations mondiales, le complément alimentaire permettant de porter la consommation des 700 à 800 millions de personnes menacées de sous-alimentation au niveau moyen garantissant la santé est minime. C'est pourquoi il ne s'agit pas seulement de savoir si l'on est capable, à l'échelle planétaire, de produire ces quantités supplémentaires, mais également, et plus encore, de veiller à ce que les pays où se trouvent les plus fortes concentrations de populations sous-alimentées puissent assurer l'accès de tous à une nourriture suffisante. Il faudrait pour cela augmenter de façon substantielle, d'ici 2010, la capacité d'importation de denrées alimentaires et l'assistance alimentaire internationale, mais aussi les revenus et la production vivrière des pays menacés d'ici 2010 de déficits alimentaires et de sous-alimentation massive. Pour les pays en développement appartenant à cette catégorie, on prévoit, d'ici là, une disponibilité alimentaire par habitant de 2 360 calories. Si l'on veut garantir qu'aucun de ces pays ne stagne à moins de 2 700 calories - ce qui, compte tenu de la répartition actuelle des revenus et de l'aide alimentaire, réduirait l'incidence de la sous-alimentation dans les pays en développement à un taux plus acceptable de 6 pour cent, représentant 330 millions de personnes - il faudrait que le taux de croissance annuelle de leur production atteigne 3,5 pour cent, au lieu des 2,7 pour cent actuellement projetés. Pour cela, il faudrait que le taux de croissance de la production mondiale augmente, d'ici 2010, de 10 à 12 pour cent par rapport aux prévisions, soit à un rythme de 2,0 pour cent au lieu de 1,8 pour cent. Toutefois, il est plus important de déterminer d'où proviendraient ces vivres supplémentaires. Le défi est de taille pour les pays et les régions présentant un taux élevé de sous-alimentation, mais il l'est également pour la communauté mondiale. A titre d'exemple, si la hausse de la production alimentaire devait venir de la région elle-même, il faudrait pouvoir compter sur une croissance de la production alimentaire de l'Afrique de l'ordre de 4 pour cent par an sur une période de 20 ans, abstraction faite d'une augmentation des importations commerciales ou des importations à des conditions de faveur; or, l'Afrique a connu un taux de croissance de 2 pour cent pendant toute la période 1970-90, et les projections actuelles prévoient un taux de 2,9 pour cent jusqu'à l'an 2010. Un tel objectif risque donc d'être hors de portée, en raison des facteurs économiques mais aussi des paramètres écologiques.

12. Les objectifs que doivent par conséquent se fixer tous les pays, toutes les régions et l'ensemble de la communauté internationale, sont les suivants: augmenter la production alimentaire mondiale, en particulier lorsque les conditions naturelles rendent cet objectif compatible avec la préservation des ressources naturelles; assurer, à un coût modéré, la satisfaction des besoins alimentaires croissants; augmenter et répartir les revenus de manière à permettre au plus grand nombre de satisfaire ses besoins alimentaires; fournir une aide alimentaire aux couches pauvres et vulnérables et assurer la stabilité des approvisionnements alimentaires et l'accès aux vivres; il faudra, pour éviter que ne se matérialisent les plus sombres prévisions, poursuivre ces objectifs avec la plus grande vigueur.

II - TENDANCES, PERSPECTIVES ET PROBLEMES EN MATIERE DE SECURITE
ALIMENTAIRE EN ASIE ET DANS LE PACIFIQUE

1. Situation générale des approvisionnements alimentaires

13. Selon les projections d'Agriculture: horizon 2010, la région Asie-Pacifique restera en tête de toutes les autres régions jusqu'à la fin de ce siècle et au-delà, pour la croissance économique. En même temps, le taux d'accroissement de la population continuera à diminuer. Ainsi, les revenus par habitant devraient augmenter plus rapidement que dans n'importe quelle autre région. Il faut donc s'attendre à un accroissement de la demande alimentaire tant en quantité qu'en qualité, à une réduction des niveaux de pauvreté et du nombre des sous-alimentés, à une progression des échanges et à une utilisation accrue des ressources, accompagnée de pressions sur l'environnement et de problèmes de durabilité, tous ces phénomènes aboutissant à une amélioration de la sécurité alimentaire.

14. La disponibilité énergétique alimentaire (DEA) pour l'ensemble de la région a progressé régulièrement, passant de 2 160 calories par habitant et par jour en 1970-72 à 2 324 calories en 1980-82 et à 2 444 calories en 1990-92 (voir tableau 2). Cette progression des approvisionnements alimentaires totaux s'est vérifiée dans la plupart des pays de la région. Or, en 1970-72, un seul pays en développement avait une DEA de 2 700 calories ou plus - le seuil minimal de l'apport énergétique moyen à l'échelle nationale nécessaire pour garantir une incidence minimale de la sous-alimentation et des inégalités de distribution.

15. Sept pays avaient dépassé ce seuil en 1980-82 et dix en 1990-92. Le taux d'accroissement des approvisionnements alimentaires par habitant pour l'ensemble de la région pendant la période 1970-92 a été de 0,7 pour cent par an. La plupart des pays d'Océanie et d'Asie de l'Est ont atteint des DEA bien supérieures à la moyenne régionale, mais ceux d'Asie du Sud ont continué à enregistrer des DEA plus faibles.

16. Pour la grande majorité des habitants de la région, la sécurité alimentaire dépend surtout des résultats du secteur céréalier. Pendant la période 1970-92, la production céréalière totale de la région a augmenté de 3,3 pour cent par an et de 1,3 pour cent par an par habitant (voir tableau 2). Au cours de cette période, les tendances de la production céréalière par habitant ont été positives dans tous les pays producteurs de céréales, à l'exception du Népal, de la Malaisie et de la République de Corée. En 1990-92, la production céréalière par habitant de la région atteignait 228 kg/an, soit 50 kg de plus qu'en 1970-72. Toutefois, l'accroissement de la production céréalière par habitant s'est ralenti pendant la période 1980-92 par rapport aux années 70 (0,92 pour cent par an contre 1,34 pour cent).

17. Du fait des relativement bons résultats de la production céréalière régionale, le taux d'autosuffisance est demeuré élevé. Selon Agriculture: horizon 2010, le taux d'autosuffisance en Asie de l'Est (Chine comprise) a légèrement diminué entre 1969-71 et 1988-90, passant de 97,9 à 96,2 pour cent, tandis qu'en Asie du Sud il a augmenté, passant de 98 pour cent à 102 pour cent pendant la même période. En ce qui concerne d'autres produits alimentaires de base, le taux d'autosuffisance s'est amélioré en Asie de l'Est pour les légumineuses, passant de 106 pour cent en 1969-71 à 109 pour cent en 1988-90; et, pour les huiles végétales, passant de 132 à 146 pour cent pendant la même période. Mais les taux d'autosuffisance pour le sucre et pour la viande sont demeurés stables à 96 et 102 pour cent, respectivement. La situation en Asie du Sud est quelque peu différente, avec des taux d'autosuffisance généralement en baisse pour les produits non céréaliers. Si le taux d'autosuffisance pour les légumineuses est tombé de 100 à 94 pour cent entre 1969-71 et 1988-90, pour le sucre il est passé de 102 à 96 pour cent, et pour les huiles végétales de 105 à 81 pour cent. Le taux d'autosuffisance pour la viande est demeuré stable à 100-101 pour cent pendant la même période.

18. Les résultats satisfaisants du secteur alimentaire intérieur ont allégé le poids des dépenses liées aux importations de denrées alimentaires par rapport aux autres importations. La proportion d'importations alimentaires sur le total des importations de marchandises est tombé de 15,1 pour cent en 1970-72 à 10,8 pour cent en 1980-82 puis à 5,1 pour cent en 1990-92 (voir tableau 3). De même, la région dans son ensemble a dépensé seulement 5,1 pour cent de ses recettes d'exportation pour importer des vivres en 1990-92, contre plus du triple (16,1 pour cent) en 1970-72. Dans l'ensemble, la plupart des pays ont amélioré leur capacité d'importation de denrées alimentaires. Dans sept pays seulement, dont certaines économies insulaires, les recettes d'exportation ont augmenté plus lentement que les importations de vivres.

19. Pour résumer, la région a fait des progrès considérables sur le plan des approvisionnements alimentaires par habitant au cours des deux dernières décennies. Ces résultats ont été obtenus essentiellement grâce à la production intérieure. Mais les importations et des stocks de report plus abondants y ont également contribué. La majorité des pays ont pu réduire leur dépendance vis-à-vis des importations alimentaires tout en renforçant leur capacité d'importation. La hausse des prix réels des aliments a pu être maîtrisée. Le ralentissement de l'accroissement de la population a contribué à ces résultats favorables sur le plan des approvisionnements.

20. L'amélioration des disponibilités alimentaires régionales a entraîné un déclin de la sous-alimentation chronique. La proportion d'habitants sous-alimentés est tombée de 44 à 16 pour cent en Asie de l'Est et de 34 à 24 pour cent en Asie du Sud au cours des 20 dernières années. Toutefois, en chiffre absolu, les personnes souffrant de sous-alimentation chronique demeurent trop nombreuses: près de 500 millions de personnes représentant quelque 67 pour cent du total mondial.

21. Malgré le recul de la sous-alimentation, d'importants groupes de population souffrent encore de diverses carences nutritionnelles. Celles-ci ont été étudiées aux niveaux national et régional au cours du processus consultatif qui a précédé la Conférence internationale sur la nutrition (CIN) de 1992. Parmi tous les problèmes nutritionnels et sanitaires, la réunion a noté, par exemple, que la proportion d'enfants présentant une insuffisance pondérale était de 63 pour cent en Asie du Sud, de 39 pour cent en Asie du Sud-Est et de 22 pour cent en Asie de l'Est. La carence en vitamine A est la forme la plus commune de carence en micronutriments. On estime à près d'un demi million le nombre de nouveaux cas de lésions oculaires liées à une carence en vitamine A enregistrés chaque année. L'anémie, souvent associée à des carences en fer et en folate, touche la moitié des enfants et les deux tiers des femmes enceintes en Asie.

2. Facteurs d'insécurité alimentaire

Dégradation des terres et pénurie d'eau

22. La région Asie-Pacifique, plus que toute autre région, doit affronter les problèmes que posent la dégradation des terres et la raréfaction de l'eau pour assurer une croissance soutenue de la production agricole et vivrière.

23. Une forte proportion de ses terres cultivées sont fragiles; il s'agit notamment des zones arides et semi-arides arrosées, des zones aux précipitations irrégulières et des zones en pente forte et/ou à sol pauvre. C'est dans ces régions que l'on constate souvent la pire dégradation de l'environnement et la pauvreté rurale la plus sévère.

24. Les possibilités d'extension des terres arables sont limitées, tandis que des terres agricoles de première qualité sont converties à des utilisations non agricoles. Selon l'étude Agriculture: horizon 2010, les superficies arables non cultivées, qui n'atteignent plus aujourd'hui en Asie du Sud que 0,051 ha/personne, diminueraient de moitié d'ici 20 ans pour tomber à 0,029 ha/personne.

25. Ces deux limitations impliquent que la croissance de la production devra provenir essentiellement d'une amélioration des rendements et des taux d'exploitation. La même étude prédisait que l'accroissement de la production agricole brute serait dû à une amélioration des rendements et des taux d'exploitation dans une proportion de 93 pour cent en Asie du Sud et de 73 pour cent en Asie de l'Est au cours des décennies nous séparant de l'an 2010.

26. Cette nécessaire amélioration des rendements pourrait ne pas se produire si les terres continuent à se dégrader et l'eau à se raréfier à un rythme accéléré. Les formes de dégradation les plus nuisibles sont l'érosion des sols, l'épuisement des nutriments, la salinisation des sols et les pertes et la contamination de l'eau. La gravité du problème apparaît dans les deux estimations du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) pour l'Asie: la région compterait 452 millions d'hectares de terres dégradées, représentant 40 pour cent de l'ensemble des sols dégradés du monde et les disponibilités hydriques par habitant, qui ont diminué de moitié dans les 30 années qui ont précédé 1980, pourraient diminuer d'encore 35 pour cent d'ici l'an 2000.

27. La dégradation des terres et la raréfaction de l'eau atteignent des proportions extrêmement préoccupantes dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier. Bien que leur lien avec la perte de rendement puisse ne pas être évident, la plupart de ces pays ont enregistré un ralentissement de la croissance des rendements céréaliers dans les 10 ans qui ont précédé 1994 par rapport à la décennie précédente.

28. Pour remédier à cette situation, les gouvernements doivent adopter avec conviction une stratégie cohérente et un plan d'action détaillé s'appuyant sur des instruments juridiques, fiscaux et sociaux adaptés aux problèmes d'agro-écosystèmes spécifiques.

Manque de préparation aux pénuries alimentaires aiguës et étendues

découlant de catastrophes naturelles

29. A cause de la dégradation de son environnement, ainsi que de l'augmentation rapide des densités de population et des migrations vers des zones vulnérables, la région Asie-Pacifique est devenue la région du monde la plus sujette aux catastrophes. Selon une source, 800 catastrophes naturelles ont été signalées sur une période de 22 ans, soit une moyenne de 35 catastrophes par an. Ce chiffre représente 60 pour cent des catastrophes naturelles signalées dans le monde et huit sur dix des catastrophes les plus graves.

30. Depuis toujours, parmi toutes les catastrophes naturelles, les cyclones, les inondations et les sécheresses sont celles qui causent le plus de dégâts aux systèmes alimentaires et agricoles de la région. Un large éventail d'autres catastrophes naturelles, telles que les tremblements de terre, les raz de marée, les glissements de terrain, les éruptions volcaniques, les incendies, le déboisement et les gelées, par ordre décroissant de fréquence, causent aussi des dégâts aux systèmes alimentaires. Leur impact est parfois dévastateur. Au Bangladesh, par exemple, les inondations de 1987 ont réduit la production de riz de 35 millions de tonnes ou 17,5 pour cent de la production nationale normale. Les inondations de l'année suivante ont entraîné des pertes supplémentaires de 2 millions de tonnes. Au cours des inondations de 1991 en Chine, 4 000 entrepôts céréaliers d'Etat ont été emportés et 3 400 autres ont été inondés - outre la destruction de 20 millions de tonnes de céréales, soit 5 pour cent de la récolte nationale annuelle.

31. Des dégâts aussi considérables ont des conséquences à court et à moyen termes. A court terme, la faim et, dans des cas extrêmes, la famine s'installent. A moyen terme, l'objectif de la sécurité alimentaire s'éloigne, dans la mesure où les systèmes de production et de commercialisation endommagés doivent être remis sur pied et le travail réorganisé. La préparation aux pénuries alimentaires aiguës et étendues découlant de catastrophes naturelles est donc un facteur capital de la sécurité alimentaire dans la région.

32. Parmi les principaux éléments de cette préparation identifiés et adoptés par les pays en développement de la région figurent: i) un stock de réserve minimum suffisant; ii) un système national d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation efficace; iii) une unité d'intervention d'urgence; et iv) un plan de secours alimentaires d'urgence. Le degré d'intégration de ces éléments, ainsi que leur forme et leur contenu, sont généralement très insuffisants parmi les pays à faible revenu et à déficit vivrier.

33. En même temps, les plans de préparation et les systèmes de prévision sont de plus en plus sollicités et indispensables, dans la mesure où les catastrophes, tant naturelles que causées par l'homme, sont de plus en plus fréquentes et étendues; l'aide étrangère s'amenuise; l'Etat réduit ses subventions alimentaires et autres; et les populations ont tendance à négliger la production vivrière de base au profit d'autres sources de revenu.

34. Ces nouveaux défis signifient que les gouvernements concernés doivent mettre en place un programme intégré à long terme de prévention et d'atténuation des catastrophes fondé sur l'autosuffisance. Ils doivent aussi s'assurer qu'un tel programme est relié aux programmes de développement rural et de protection de l'environnement.

Les risques d'une stabilisation des approvisionnements fondée sur le commerce

35. De nombreux pays à déficit céréalier demeurent dépendants des importations pour stabiliser leurs approvisionnements. Il s'agit notamment des 17 pays non producteurs de blé ainsi que des gros importateurs céréaliers traditionnels, à savoir le Bangladesh, la Chine, la République islamique d'Iran, le Pakistan et la République de Corée.

36. L'étude Agriculture: horizon 2010 prévoit que les taux d'autosuffisance céréalière globaux diminueront légèrement, passant de 1,02 à 0,97, en Asie du Sud et se stabiliseront à 0,96-0,97 en Asie de l'Est entre 1990 et 2010. Autrement dit, il faut s'attendre à une augmentation soutenue du volume des importations de blé dans les pays tropicaux, de riz dans les pays producteurs à coûts élevés et de maïs dans les pays où le secteur de l'élevage connaît une croissance rapide.

37. Pendant la même période, la hausse des stocks céréaliers intérieurs destinés à assurer la stabilité des approvisionnements pourrait se ralentir. Les coûts élevés du stockage, ainsi que la stagnation des achats gouvernementaux de soutien aux prix ont déjà amené les gouvernements de l'Indonésie, de la Malaisie, des Philippines, du Sri Lanka et d'autres pays à limiter les stocks en fixant des niveaux maximums.

38. La stabilisation des approvisionnements grâce au commerce peut constituer une solution de rechange économique à l'autosuffisance et au stockage intérieur. Mais cette solution présente des risques et des incertitudes à plus long terme. L'offre sur les marchés internationaux peut être bouleversée par des déficits de production chez les exportateurs, l'épuisement des stocks des exportateurs, des hausses soudaines de la demande, la manipulation des prix, des décisions d'ordre politique de rétention des approvisionnements, des difficultés de transport, la guerre et d'autres problèmes. Les pays importateurs peuvent aussi enregistrer un déclin brutal de leurs recettes en devises et de leur capacité d'importation.

39. Ces risques pourraient s'accentuer à court ou à moyen termes, compte tenu de l'entrée en vigueur de l'Accord du Cycle d'Uruguay de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Des études préliminaires indiquent que les cours des céréales pourraient augmenter, ne serait-ce que légèrement. Les dépenses d'importation des pays à déficit céréalier pourraient donc augmenter. La configuration actuelle du commerce dans la région pourrait changer, les quatre pays exportateurs qui ne subventionnent pas leur production exportant davantage et la majorité des autres pays de la région important davantage. A ce risque s'ajoute la probabilité que la plupart des pays soient perdants nets, plutôt que gagnants, dans le commerce des produits tropicaux et tempérés sous le nouveau régime. Pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier dont l'économie repose sur les matières premières, ces constatations sont inquiétantes.

40. Diverses mesures peuvent être prises pour réduire ces risques. On peut, notamment, renforcer les systèmes d'alerte rapide; introduire des incitations à la constitution de stocks par les négociants et les agriculteurs; constituer préventivement des stocks gouvernementaux dans les zones déficitaires; conclure des accords à long terme pour l'importation de vivres; et multiplier les réserves collectives de sécurité alimentaire.

41. Les gouvernements concernés pratiquant des politiques d'autosuffisance orientées sur le commerce pourront souhaiter mettre en oeuvre de telles mesures pour renforcer la stabilité de leurs approvisionnements alimentaires. En fait, des pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) et de l'Association asiatique de coopération régionale (ASACR) se sont déjà munis de tels instruments de stabilité, sous forme de réserves alimentaires d'urgence sous-régionales, de prêts alimentaires et d'échange d'informations sur les denrées alimentaires.

Systèmes de commercialisation des denrées alimentaires inefficaces

42. Dans beaucoup de pays à faible revenu et à déficit vivrier, les systèmes de commercialisation des denrées alimentaires sont fragmentés, mal équipés en technologies et peu compétitifs. Ces faiblesses entraînent des différences de prix dans le temps et dans l'espace irrationnelles, des pertes de denrées élevées, une mauvaise qualité des produits et des marges commerciales excessives. La sécurité alimentaire tant nationale qu'au niveau des ménages est limitée, dans la mesure où les producteurs n'obtiennent pas de prix suffisamment rémunérateurs, où les négociants et les industriels n'atteignent pas un volume d'affaires suffisant et manquent d'incitations au profit et où les prix de détail élevés des denrées alimentaires mettent celles-ci hors de portée du consommateur pauvre.

43. Les faiblesses structurelles et fonctionnelles du marché sont dues à l'insuffisance des investissements du secteur public dans l'infrastructure de base, telle que les réseaux de transport et les lieux de marché; au peu d'attention portée à la planification, à l'administration et à la réglementation des marchés; et à des interventions restrictives de l'Etat en matière de prix, de mouvement et de distribution. Tous ces facteurs réunis empêchent le secteur alimentaire d'attirer des investissements.

44. Ces défauts doivent être corrigés si l'on veut renforcer l'efficacité technique et économique du système de commercialisation des denrées alimentaires. Un marché efficace incite les agriculteurs à améliorer leur productivité, notamment dans les zones à fort potentiel et à excédents commercialisables. Il crée des emplois et des revenus dans le secteur commercial. Il contribue également à la qualité des produits, à la commodité des marchés et à l'abaissement des prix, dans l'intérêt du consommateur. Pour tous les acteurs de la chaîne de commercialisation, une meilleure efficacité dans l'allocation des ressources est synonyme de sécurité alimentaire, en garantissant l'abondance et la stabilité des approvisionnements et l'accès de tous aux vivres.

45. La plupart des gouvernements des pays à faible revenu et à déficit vivrier et plus particulièrement ceux des pays en transition ont entrepris des réformes visant à libéraliser et à privatiser le système de distribution des denrées alimentaires. Les premières mesures prises visent à améliorer l'environnement économique de façon à faciliter la mise en place d'un marché de denrées alimentaires efficace où le secteur privé joue un rôle de premier plan. Pour que ces réformes aboutissent, il doit exister une volonté ferme de renforcer les trois principaux éléments d'un marché fondé sur les prix, à savoir l'infrastructure matérielle, les institutions et les services d'appui.

Groupes vulnérables

46. Les programmes de protection des groupes vulnérables sont tous centrés sur les systèmes de distribution officiels. S'appuyant sur des achats de soutien des prix intérieurs, l'administration des stocks et des importations taxées, selon les circonstances, la plupart des systèmes de distribution officiels cherchent à remédier à la sous-alimentation en subventionnant les prix de manière générale ou ciblée.

47. Les opérations du système de distribution officiel prennent en général des proportions considérables - estimées, par exemple, à 25 pour cent de la consommation apparente en Chine, 12 pour cent en Inde, 8 pour cent en Indonésie, 9 pour cent aux Philippines pour atteindre 35 pour cent en Malaisie, pendant la période 1987-89. Elles ont touché d'importantes couches de population et plus particulièrement celles vivant en dessous du seuil de pauvreté.

48. Avec les récents programmes de restructuration économique et la tendance à la déréglementation, à la libéralisation et à la privatisation des marchés des denrées alimentaires, les systèmes de distribution officiels ont été progressivement réduits dans de nombreux pays. Pour ce faire, on a dû réduire les volumes achetés, stockés et distribués, relever les prix à la distribution et laisser l'inflation éroder les transferts de revenus. En conséquence, les prix des denrées alimentaires sont montés en flèche dans certaines zones à déficit vivrier, notamment dans les économies en transition, entraînant une hausse du nombre des personnes sous-alimentées. De nombreux gouvernements ont dû prendre en hâte des mesures correctives telles que les augmentations de salaires liées au prix des denrées et la réactivation temporaire des systèmes de distribution publique. Ce qui est plus grave, la libéralisation des marchés des denrées de base pourrait avoir accentué les difficultés rencontrées par les pauvres qui n'avaient déjà pas les moyens de se procurer la totalité des rations aux prix subventionnés du système de distribution officiel.

49. De nouvelles mesures pour protéger les plus pauvres face à des marchés alimentaires de plus en plus libéralisés s'imposent pour garantir la sécurité alimentaire nationale des ménages. De telles mesures pourraient s'accompagner d'une réorientation des stratégies et d'un nouveau plan d'action fondé sur le principe désormais accepté que le soulagement de la pauvreté, plutôt que le subventionnement général des prix des denrées alimentaires, serait la solution la plus rentable et la plus durable.

Malnutrition

50. Malgré une amélioration de la sécurité alimentaire, la région continue à souffrir de la malnutrition et de problèmes sanitaires connexes. Parmi les pauvres, de par leur échelle, leur persistance et leurs effets adverses, les problèmes sanitaires les plus courants, tels que l'insuffisance pondérale des enfants, les carences en vitamine A et les lésions oculaires qu'elles entraînent, ainsi que l'anémie due aux carences en fer et en folate, sont intimement liés au problème de l'accès aux vivres, au point de l'éclipser. Au-delà de la sécurité alimentaire, ce qu'il faut assurer c'est une nutrition équilibrée et un bon état de santé.

51. Tel est le consensus auquel est parvenue la CIN en 1992. Les pays participants sont convenus de formuler des plans d'action nationaux pour la nutrition pour donner suite à la conférence. Le principal objectif de ces plans d'action nationaux est d'intégrer les préoccupations alimentaires, nutritionnelles et sanitaires connexes dans les programmes et politiques de développement.

52. La plupart des pays se sont dotés de plans d'action nationaux. En fait, en 1996, 20 des 27 pays en développement de la région s'étaient munis d'un tel plan - la majorité avec l'appui technique de la FAO et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La difficulté réside dans leur mise en oeuvre, compte tenu de la nature multisectorielle, multidisciplinaire et collective de la tâche. Sur le plan opérationnel, la mobilisation des fonds, la coordination et la collaboration des participants et l'obtention de l'appui des clients s'avèrent difficiles, dans la mesure où trop de parties et parfois d'intérêts conflictuels sont impliqués.

3. Possibilités d'expansion de la production alimentaire en vue

de renforcer la sécurité alimentaire dans la région

53. Selon les projections de l'étude Agriculture: horizon 2010, les taux de croissance de la production agricole régionale par habitant devaient être plus faibles pendant les années nous séparant de l'an 2010 qu'au cours des deux décennies précédentes. Le ralentissement devait être plus prononcé dans la sous-région d'Asie de l'Est qu'en Asie du Sud. Toutefois, l'accroissement de la demande par habitant devait aussi marquer le pas. Par conséquent, l'équilibre de l'offre et de la demande ne devait pas être vraiment menacé.

54. Pour les céréales, la demande devrait croître au même rythme environ que la production, notamment en Asie de l'Est. Par conséquent, les taux d'autosuffisance ont des chances de rester stables (voir tableau 1 ci-après). Dans ces conditions, les importations céréalières nettes pourraient n'augmenter que de 2 millions de tonnes en Asie de l'Est d'ici l'an 2010, tandis qu'elles doubleraient pour atteindre 10 millions de tonnes en Asie du Sud.

TABLEAU 1: Ratios d'autosuffisance effectifs et projetés dans la région

Produits alimentaires de base1969-711988-902010
Asie de l'Est

Blé

Riz

Maïs

.

0,79

1,03

1,03

.

0,81

1,03

0,99

.

0,86

1,04

0,95

Total pour les céréales0,98 0,96 0,97
Asie du Sud

Blé

Riz

Maïs

.

0,88

1,01

1,05

.

0,92

1,10

1,02

.

0,91

0,99

1,00

Total pour les céréales0,98 1,02 0,97

Source: Estimations FAO.

55. Les approvisionnements alimentaires moyens pour les 2 milliards d'habitants que devrait compter l'Asie de l'Est pourraient dépasser 3 000 calories par jour. De ce fait, l'incidence de la sous-alimentation pourrait tomber d'ici l'an 2010 à 4 pour cent environ de la population totale, soit le taux le plus faible de toutes les régions en développement du monde.En Asie du Sud, la situation actuelle est telle que, d'ici l'an 2010, les approvisionnements alimentaires quotidiens par personne ne dépasseraient pas le niveau moyen à faible de 2 450 calories par habitant et par jour. Le nombre absolu de personnes concernées demeurerait élevé. Malgré tout, la diminution de moitié d'ici 2010 du pourcentage de la population souffrant de sous-alimentation chronique, qui tomberait à 12 pour cent pour cette sous-région, témoignerait de progrès sensibles, quoique insuffisants.

56. Il n'est peut-être pas impossible, toutefois, d'améliorer ce scénario "le plus probable" décrit dans Agriculture: horizon 2010, en augmentant la production tout en renforçant la capacité d'importation et, le cas échéant, une assistance alimentaire d'un bon rapport coût/efficacité. Etant donné que les possibilités d'expansion des terres arables sont limitées, il faudrait pour cela pousser les rendements et les taux d'exploitation au-delà des niveaux prévus.

57. Dans le cas des céréales, par exemple, les découvertes récentes concernant le riz hybride, le nouveau riz nain à rendement exceptionnel de l'Institut international de recherche sur le riz, les hybrides de maïs à croisement simple et les hybrides de sorgho et de mil perlé, entre autres, offrent de nouvelles possibilités pour des programmes d'amélioration de la productivité dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier. Ces variétés à rendement élevé et à durées de végétation différentes ont ouvert la voie à des changements dans les systèmes de culture, comme l'introduction de légumineuses dans des zones de riziculture dans plusieurs pays à faible revenu et à déficit vivrier, qui renforceront la productivité dans ces pays. Ces innovations et d'autres pourraient être diffusées dans toute la région afin de parvenir à un taux de croissance de la production céréalière d'au moins 2,5 pour cent par an jusqu'en l'an 2010, au lieu des 2 pour cent projetés par l'étude. Ce taux de croissance est considéré comme réaliste compte tenu de la hausse de 3,4 pour cent par an enregistrée pendant la période 1970-90.

58. Pour d'autres cultures vivrières importantes, telles que les légumineuses, les racines comestibles et les tubercules, des transferts analogues de technologies améliorées pourraient rapprocher les rendements des agriculteurs de ceux des stations expérimentales. L'accroissement de la production totale de légumineuses pourrait être porté de 1 pour cent par an, taux enregistré au cours des 10 dernières années, à un taux plus respectable de 1,5 pour cent par an d'ici l'an 2010, et celui des racines et tubercules de 0,9 pour cent à 1,5 pour cent par an.

59. Les perspectives concernant l'amélioration de la productivité et de la production du secteur de l'élevage sont également favorables. Les progrès accomplis en matière de lutte contre les maladies, grâce au programme EMPRES (Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes) et à d'autres programmes, de conservation et d'utilisation des ressources zoogénétiques, de formulation des aliments pour animaux et de gestion du bétail pourraient porter la croissance de la production de viande à un taux supérieur aux 4,5 pour cent projetés pour la région - soit à un niveau plus proche des 7,5 pour cent enregistrés dans les pays en développement pendant la période 1984-94.

60. En ce qui concerne la production halieutique, les pêcheries de capture intérieures et l'aquaculture représentent la moitié des captures totales de 27 pays en développement. Elles sont la principale source de croissance du secteur halieutique. Dans les 10 ans qui ont précédé l'année 1993, les pêches intérieures et l'aquaculture ont enregistré des taux de croissance de 9 pour cent et de 12 pour cent par an respectivement. Ces taux de croissance phénoménaux sont toutefois considérés comme non durables en raison de leurs effets délétères sur l'environnement et des problèmes que pose la lutte contre les maladies. Des améliorations en matière d'évaluation et de gestion de l'environnement, de diagnostic et de lutte contre les maladies, de formulation des aliments et de sélection des stocks pourraient assurer un taux de croissance plus durable de 8 pour cent pour l'aquaculture.

4. Le Sommet mondial de l'alimentation et les objectifs de sécurité alimentaire pour la région

61. Le Sommet mondial de l'alimentation a pour objet de sensibiliser l'opinion et d'inciter les responsables politiques au plus haut niveau à prendre des mesures concertées pour améliorer la sécurité alimentaire mondiale. Il devrait conduire à l'adoption de politiques aux niveaux international et national et d'un Plan d'action.

62. A l'occasion des préparatifs du Sommet, la FAO a souligné dès le début la nécessité pour chaque pays de choisir sa propre stratégie et son plan d'action pour parvenir à la sécurité alimentaire. Cette insistance sur la réaction individuelle des pays est particulièrement bienvenue dans le cas de la région Asie-Pacifique, où prévalent des situations sociales, économiques et alimentaires extrêmement diverses.

63. Ainsi, parmi les 27 pays en développement et les trois pays développés de cette région, il existe des groupes de pays importateurs et exportateurs nets de denrées alimentaires pratiquant des politiques commerciales et d'investissement presque diamétralement opposées. On trouve aussi des économies récemment industrialisées et des économies fondamentalement agricoles, dont les vues s'opposent sur l'autosuffisance alimentaire et le subventionnement des denrées. En outre, parmi les pays à faible revenu et à déficit vivrier, il existe des écarts tels en matière de dotations en ressources, de balance des paiements et de systèmes commerciaux que leurs résultats et leurs perspectives en matière de sécurité alimentaire diffèrent considérablement.

64. Les réactions de tous les pays de la région, sous forme de politiques et de programmes, à ces situations diverses en matière d'alimentation sont récapitulées dans la contribution de la région Asie-Pacifique au Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation. Il sera utile d'identifier des causes et des initiatives communes afin de définir une position régionale en vue d'une action concertée à l'appui de la sécurité alimentaire.

65. Contrairement à ce qui se passe dans d'autres régions en développement du Sud, les approvisionnements alimentaires totaux pour l'ensemble de la région ne semblent pas poser de problèmes. D'après les projections de la FAO, d'ici l'an 2010, les 3,8 milliards d'habitants de la région auront une DEA de 2 715 calories/personne/jour. Dans ces conditions, 378 millions de personnes, soit 9,9 pour cent de la population, resteront sous-alimentées, chacune souffrant d'un déficit moyen de 510 calories par jour. A l'échelle régionale, le déficit des approvisionnements alimentaires sera de moins de 1 pour cent, l'élément céréalier comptant pour 12 millions de tonnes, contre 17,5 millions de tonnes en 1990-92.

66. Il ne serait pas difficile de combler ce déficit marginal à l'échelle régionale. Le véritable défi réside dans une distribution plus équitable des approvisionnements alimentaires entre les pays et entre les ménages.

67. Pratiquement, ceci signifie que les pays membres de la région s'efforceraient, individuellement et collectivement, d'atteindre les objectifs ci-après:

68. Ces objectifs pour la sécurité alimentaire régionale n'ont rien d'utopique, compte tenu des derniers événements en matière de coopération commerciale et d'investissements. Ainsi, les flux toujours plus importants d'investissements intra-asiatiques, qui viennent s'ajouter à l'afflux de capitaux provenant de l'extérieur, promettent une hausse de la demande effective d'aliments et de produits agricoles transformés. En outre, l'accélération des processus de transition dans les économies planifiées ouvre des perspectives très favorables au commerce alimentaire et agricole intrarégional. Ainsi, la Chine et le Viet Nam, par exemple, comptent désormais parmi les principaux pays importateurs et exportateurs de produits agricoles de la région. En outre, la création au cours de la dernière décennie de sept zones de croissance économique sous-régionales, officielles et informelles - soit les zones de coopération économique et commerciale correspondant aux trois sous-régions de l'ANASE, au Rectangle d'or indochinois, au Mékong, à la Chine continentale et à l'Asie du Nord-Est - témoigne d'un excellent climat de coopération régionale.

III - MESURES EN FAVEUR DE LA SECURITE ALIMENTAIRE REGIONALE

[Les paragraphes ci-après visent à faciliter les débats de la Conférence régionale

sur les objectifs à poursuivre et les mesures à prendre en priorité

pour assurer la sécurité alimentaire de la région.]

1. Mesures prioritaires

69. La FAO estime réaliste de supposer que le pourcentage de la population régionale souffrant de sous-alimentation tombera de 18 à 10 pour cent d'ici 2010. Cette perspective est encourageante, mais pas complètement satisfaisante, puisqu'il restera encore 378 millions de sous-alimentés. La plupart d'entre eux vivront en Asie du Sud et dans d'autres pays à faible revenu et à déficit vivrier de la région. En outre, les disparités croissantes de revenu au sein des pays accentueront la faim et la malnutrition des pauvres parmi les pauvres, notamment des ouvriers agricoles, des agriculteurs pratiquant l'agriculture de subsistance, des artisans-pêcheurs, des populations tribales, des populations éloignées et des chômeurs urbains.

70. Le principal objectif de la région serait d'améliorer les résultats considérés comme probables dans l'étude Agriculture: horizon 2010. Ceci impliquerait de porter la DEA régionale au-delà des 2 700 calories/personne/jour prévues pour l'année 2010, si possible en ne laissant aucun pays en dessous de ce niveau. Pour y parvenir, il faudrait notamment que l'accroissement de la production agricole brute dépasse les 2,7 pour cent par an projetés pour les 20 années à venir, jusqu'à l'an 2010. Le ralentissement de la croissance de la production céréalière régionale devrait, en particulier, être enrayé et la tendance inversée.

71. Il est proposé aux pays membres de mettre en oeuvre individuellement et collectivement les actions prioritaires suivantes, afin de parvenir à une sécurité alimentaire durable dans le cadre du Plan d'action mondial du Sommet mondial de l'alimentation.

Améliorer la productivité et la production du secteur alimentaire

Cadre général

72. Les perspectives en ce qui concerne l'expansion des superficies agricoles, notamment pour la production céréalière, animale et halieutique, sont limitées. En revanche, les possibilités d'amélioration des rendements et des taux d'exploitation sont considérables. Augmenter la production vivrière grâce à des gains de productivité découlant de l'utilisation de technologies améliorées, d'une meilleure gestion et d'une plus grande efficacité d'utilisation des capitaux est par conséquent la voie appropriée et nécessaire pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier.

Objectifs

73. Pour les 27 pays en développement, pris dans leur ensemble, jusqu'en l'an 2010:

1. Porter les faibles taux de croissance de la production de denrées alimentaires de base, notamment de céréales de la dernière décennie (1984-94) de 2,1 à un minimum de 2,5 pour cent; pour les légumineuses, porter ce taux de 1 à 2 pour cent et, pour les racines comestibles et les tubercules, le porter de 0,9 à 1,5 pour cent, essentiellement grâce à une amélioration des rendements et des taux d'exploitation;

2. Maintenir les taux de croissance de la production de viande et de lait à 7,5 pour cent et à 4,9 pour cent par an respectivement, grâce, notamment, à l'utilisation de technologies de pointe et à une meilleure gestion;

3. Augmenter la production aquacole au rythme plus durable de 8 pour cent par an, grâce à une amélioration des rendements par opposition aux 12 pour cent par an de la dernière décennie obtenus grâce à l'expansion des superficies et à l'intensification des taux d'exploitation.

Mesures à prendre

Au niveau national:

74.a) Identifier les zones à potentiel élevé, qui peuvent aussi comprendre des zones pluviales et d'altitude, pour une production céréalière, animale et aquacole accélérée et pour la production d'autres produits vivriers qui peuvent jouer un rôle important dans tel ou tel pays, comme les racines et tubercules, les légumineuses, ainsi que les fruits et légumes;
b) Développer les services de soutien intensif afin d'améliorer la productivité dans ces zones à potentiel élevé grâce notamment à l'approvisionnement en intrants, au crédit, à la commercialisation et à la vulgarisation;
c) Multiplier les installations de maîtrise de l'eau et améliorer la gestion des systèmes de maîtrise de l'eau grâce à des méthodes participatives et à la desserte de zones restreintes;
d) Renforcer les systèmes nationaux de recherche agricole axés sur l'élaboration de politiques et de technologies respectueuses de l'environnement, telles que la lutte intégrée contre les ravageurs, les systèmes intégrés de nutrition des végétaux, la gestion des ressources centrées sur l'exploitant agricole, l'utilisation des biotechnologies, etc.;
e) Supprimer les obstacles à l'adoption de technologies et aux investissements, tels que les régimes d'occupation iniques, les impôts irrationnels, les goulets d'étranglement en matière de transport et les systèmes de commercialisation inefficaces;
f) Renforcer les dispositions des politiques agricoles tendant à améliorer les termes de l'échange des producteurs, en accordant une attention particulière à l'offre d'intrants et aux prix à la production;
g) Améliorer le climat des investissements dans le secteur alimentaire en accordant une priorité élevée à la rationalisation des taux d'intérêt, des taux de change et des coûts salariaux ainsi que du niveau général des prix, aux allégements fiscaux, au soutien à l'infrastructure et à d'autres avantages liés aux investissements;
h) Introduire une approche participative dans la planification et la mise en oeuvre de la production intensive afin de mobiliser les contributions d'organisations non gouvernementales (ONG) et des collectivités concernées; et
i) Elaborer une stratégie et un plan d'action en matière de sécurité alimentaire et de nutrition fondés sur les technologies et sur l'initiative des agriculteurs, en s'appuyant sur les versions fragmentées existantes, et créer simultanément un environnement porteur, c'est-à-dire les capacités techniques et les capacités en matière de gestion et d'investissement nécessaires pour que le plan puisse être appliqué de manière efficace.

Aux niveaux sous-régional et régional:

75. a) Renforcer la coopération technique entre pays en développement et la coopération économique entre pays en développement (CTPD/CEPD) par l'intermédiaire des instituts de recherche/développement pour l'agriculture, les pêches et l'élevage de la région;
b) Promouvoir les flux d'investissement privé intrarégionaux dans la production et le commerce des denrées alimentaires, en établissant des règlements appropriés pour l'investissement étranger dans ce secteur.

Enrayer la dégradation des terres agricoles et les pertes d'eau et

inverser les tendances dans ce domaine

Cadre général

76. La dégradation des terres et les pertes d'eau dues en grande partie au déboisement, à l'érosion des sols, à l'épuisement des nutriments, à la salinisation des sols, à la contamination des eaux et à l'empiétement des zones d'habitation et des zones industrielles sur les écosystèmes fragiles de la région Asie et Pacifique ont atteint des proportions alarmantes, notamment dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier surpeuplés. Si ces ressources indispensables à l'agriculture ne sont pas protégées et restaurées, l'augmentation espérée de la production vivrière liée à une hausse des rendements n'aura pas lieu.

Objectif

77. Conserver et améliorer les terres agricoles et les ressources hydriques en mettant en oeuvre un plan d'action détaillé pour donner suite aux engagements pris lors du Sommet de la terre de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement.

Mesures à prendre

Au niveau national:

78. a) Fournir aux autorités responsables de la conservation et de la restauration des terres et des eaux des moyens et des fonds suffisants;
b) Décentraliser la gestion des ressources en terre et en eau et assurer la participation populaire;
c) Préciser et améliorer les droits et obligations des propriétaires et des utilisateurs des ressources publiques et privées;
d) Etablir et faire respecter des limites et des conditions durables pour l'utilisation des ressources agricoles, halieutiques et forestières;
e) Mettre au point et diffuser des systèmes et des méthodes agricoles respectueux de l'environnement fondés sur des technologies biologiques et informatiques;
f) Renforcer le système d'utilisation variable des eaux et les pénalités en cas de pollution;
g) Formuler et mettre en oeuvre des règlements visant à prévenir la perte de terres agricoles de qualité en faveur de zones d'habitation ou de zones industrielles; et
h) Fournir des allégements fiscaux et des subventions en espèces et en nature pour la remise en état des terres dégradées grâce au reboisement et à d'autres mesures de redressement.

Aux niveaux sous-régional et régional:

79. a) Promouvoir la CTPD/CEPD en matière d'aménagement et d'amélioration des ressources en terre et en eau par l'intermédiaire de la FAO, du PNUE, du Conseil économique et social pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) et d'autres institutions internationales et ONG;
b) Créer des collectivités riveraines ou de bassins versants, ou renforcer ces collectivités lorsqu'elles existent, en vue d'une gestion conjointe des ressources; et
c) Encourager l'investissement étranger et les transferts de technologies au profit de projets d'amélioration des terres et des eaux, grâce à la libéralisation et à la privatisation du secteur et à des incitations fiscales et autres.

Améliorer la préparation aux pénuries alimentaires dues aux catastrophes naturelles

Cadre général

80. Chaque année, 35 catastrophes naturelles incluant des inondations, des sécheresses, des tremblements de terre, des raz-de-marée, des glissements de terrain, des éruptions volcaniques, des incendies, le déboisement et les gelées, se produisent en moyenne dans cette région extrêmement sujette aux catastrophes. Celles-ci entraînent faim et privations ainsi que d'importants dégâts au système alimentaire. Si l'on n'améliore pas la préparation aux pénuries alimentaires aiguës dues aux catastrophes naturelles, les importants groupes de population vivant dans ces régions sensibles continueront à subir des pénuries alimentaires provisoires et chroniques.

Objectifs

81. a) Réduire l'incidence et l'impact des catastrophes naturelles;
b) Limiter la sensibilité des populations aux catastrophes naturelles;
c) Prévenir la faim et la malnutrition dues aux catastrophes naturelles; et
d) Assurer la remise en état rapide et efficace des systèmes agricoles et des moyens de subsistance à la suite des catastrophes naturelles.

Mesures à prendre

Au niveau national:

82. a) S'engager résolument à mettre en oeuvre un programme intégré à long terme de prévention et d'atténuation des catastrophes fondé sur l'autosuffisance, qui devrait inclure parmi d'autres mesures la réduction au minimum du déboisement, le reboisement, la protection des bassins versants et des systèmes de drainage et d'autres mesures de conservation;
b) Restreindre l'installation dans les localités sujettes aux catastrophes et entreprendre des programmes de réinstallation;
c) Renforcer les éléments de base de la préparation, à savoir le stock de réserve de céréales d'urgence, le système d'alerte rapide, l'unité d'intervention d'urgence et le plan de secours alimentaire d'urgence; et
d) Investir à long terme dans l'infrastructure matérielle, l'éducation et la création d'emplois et de revenus dans les zones sujettes aux catastrophes.

Aux niveaux sous-régional et régional:

83. a) Améliorer les systèmes nationaux d'alerte rapide et créer des systèmes d'alerte rapide aux niveaux sous-régional/régional; et
b) Renforcer les réserves alimentaires d'urgence collectives de l'ANASE et de l'ASACR et créer d'autres réserves là où c'est possible et rentable.

Améliorer l'efficacité de la commercialisation des aliments

Cadre général

84. Dans la plupart des pays à faible revenu et à déficit vivrier, l'inefficacité des systèmes de commercialisation des denrées alimentaires est responsable de pertes alimentaires élevées, de la mauvaise qualité des produits, de marges commerciales excessives, de prix de vente au consommateur inabordables et de l'absence de motivation des producteurs. Il faudrait remédier à cette situation pour renforcer la productivité des agriculteurs, la stabilité des approvisionnements et l'accès économique des pauvres aux denrées alimentaires.

Objectif

85. Afin d'améliorer l'efficacité technique des systèmes de commercialisation des denrées alimentaires et la façon dont les prix sont fixés:

Mesures à prendre

Au niveau national:

86. a) Déréglementation appropriée des marchés alimentaires afin d'améliorer le climat économique, tout en sauvegardant la sécurité alimentaire;
b) Etablir un réseau de marchés de gros réglementés et améliorer les systèmes de transport et d'autres systèmes intervenant après la récolte pour le secteur alimentaire;
c) Renforcer les institutions commerciales, notamment les entreprises privées et les coopératives indépendantes; et
d) Améliorer les services de soutien à la commercialisation, notamment l'information, le crédit, la recherche, la formation et la vulgarisation.

Aux niveaux sous-régional et régional:

87. a) Organiser la CTPD pour l'amélioration des systèmes de commercialisation alimentaire par l'intermédiaire d'associations régionales telles que l'AFMA (Association des instituts de commercialisation des produits alimentaires d'Asie et du Pacifique); et
b) Promouvoir les transferts de technologie en provenance des pays développés dans les domaines importants du calibrage, de l'emballage, du stockage et de la transformation et pour d'autres opérations postérieures à la récolte.

Limiter les risques liés à une stabilisation des approvisionnements fondée

sur le commerce

Cadre général

88. Les 19 pays à faible revenu et à déficit vivrier et plusieurs autres pays en développement de la région sont largement tributaires des importations céréalières pour faire face à leur demande intérieure. Leurs besoins d'importation devraient encore augmenter. Or, il existe des risques et des incertitudes concernant la disponibilité d'approvisionnements internationaux et la capacité des pays déficitaires à importer. Ces risques et incertitudes doivent être réduits au minimum afin d'assurer la stabilité des approvisionnements.

Objectifs

89. a) Assurer des sources d'approvisionnement étrangères régulières et fiables aux fins de l'importation de denrées alimentaires;
b) Renforcer la capacité de financement des besoins d'importations alimentaires; et
c) Améliorer l'efficacité de la commercialisation intérieure.

Mesures à prendre

Au niveau national:

90. a) Libéraliser le commerce des denrées alimentaires conformément aux dispositions de l'Accord du Cycle d'Uruguay;
b) Augmenter les recettes en devises en tirant le meilleur parti possible d'un avantage comparatif éventuel pour production de tel ou tel produit;
c) Renforcer les mécanismes du marché intérieur assurant la stabilité des prix et des approvisionnements, notamment les systèmes d'information et d'alerte rapide sur les marchés, les stocks privés et publics et l'infrastructure, les institutions et les services commerciaux.

Aux niveaux sous-régional et régional:

91. a) Promouvoir la libéralisation du commerce des denrées alimentaires dans les sept zones de coopération commerciale et en matière d'investissement, officielles et officieuses, de la sous-région;
b) Poursuivre les accords à long terme sur le commerce des denrées alimentaires, tels que le Principe du premier refus de l'ANASE, les prêts alimentaires entre l'Indonésie et les Philippines, le système malaisien de crédit pour l'huile de palme, le système de crédit pour le riz thaïlandais et l'accord de troc sino-sri-lankais concernant l'échange d'aliments contre du caoutchouc.

Protection des groupes vulnérables parallèlement à la libéralisation des marchés alimentaires

Cadre général

92. Dans de nombreux pays à faible revenu et à déficit vivrier, la majorité des pauvres continuent à dépendre du système de distribution officiel pour satisfaire leurs besoins essentiels en céréales. Toutefois, les ajustements structurels en cours et la transition vers des systèmes alimentaires fondés sur le marché ont rendu nécessaires une réduction des subventions alimentaires et la limitation, voire la suppression, des systèmes de distribution officiels. Il est urgent de trouver de nouveaux moyens d'un bon rapport coût-efficacité pour protéger les citadins les plus pauvres. Ce faisant, on n'oubliera pas non plus les agriculteurs démunis et pratiquant l'agriculture de subsistance dans les zones montagneuses et pluviales et d'autres groupes qui n'ont pas accès au système de distribution officiel.

Objectifs

93. a) Protéger le droit à une alimentation minimale des ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté fixé par chaque pays;
b) Soulager la pauvreté des plus pauvres, tels que les ouvriers agricoles, les agriculteurs de subsistance, les artisans-pêcheurs et les ménages urbains démunis; et
c) Satisfaire les besoins d'aliments de base des plus démunis, notamment les femmes et les enfants de ces ménages.

Mesures à prendre

Au niveau national:

94. a) Maintenir des systèmes de distribution officiels d'un bon rapport coût-efficacité, ciblés sur les ménages les plus pauvres et les plus démunis;
b) Etablir un système de protection des revenus minimal, comprenant des salaires minimaux fondés sur les prix des denrées alimentaires, des bons d'alimentation, des augmentations de salaire liées aux prix des denrées alimentaires et des caisses de compensation pour les salariés;
c) Mettre au point des programmes de création d'emplois et de revenus non agricoles fondés sur des incitations à l'investissement dans les communautés rurales vulnérables ciblées sur le secteur privé;
d) Améliorer les systèmes agricoles dans les zones d'agriculture pluviale et de montagne, afin d'améliorer la production et les revenus des agriculteurs de subsistance;
e) Promouvoir des programmes non gouvernementaux de protection sociale et d'auto-assistance à l'échelon communautaire, financés par des contributions et des caisses d'entreprises; et
f) Poursuivre activement les stratégies définies tant à la Conférence sur la population du Caire qu'à la Conférence de Beijing sur les femmes, en les adaptant à chaque pays.

Aux niveaux sous-régional et régional:

95. a) Collaborer à la mise au point de modèles de protection des groupes vulnérables englobant notamment les indicateurs de sécurité alimentaire des ménages, des méthodologies d'identification et de suivi, des programmes de création d'emplois et de revenus et des systèmes de distribution officiels;
b) Promouvoir des mécanismes juridiques et réguliers pour les migrations de main-d'oeuvre d'un pays à l'autre;
c) Assurer des flux d'aide alimentaire suffisants, incluant des contributions de la part des pays en développement les plus aisés.

Atténuer la malnutrition

Cadre général

96. La malnutrition et les problèmes sanitaires connexes sont largement répandus et ne cessent de s'aggraver dans la région. En 1992, la CIN a reconnu qu'une nutrition équilibrée fait partie intégrante de la sécurité alimentaire.

Objectif

97. Mettre en oeuvre le plan d'action national sur la nutrition, conformément aux engagements pris lors de la CIN en 1992.

Mesures à prendre

Au niveau national:

98. a) Formuler et préciser les plans d'action nationaux si cela n'a pas déjà été fait; et
b) Assurer une participation multipartite à la mise en oeuvre du Plan d'action national, incluant les gouvernements locaux, les ONG, les animateurs communautaires, les entreprises privées et les bénéficiaires.

Aux niveaux sous-régional et régional:

99. a) Mettre en commun les ressources en main-d'oeuvre qualifiée et les installations de recherche-développement en matière de nutrition; et
b) Echanger des données d'expérience sur la mise en oeuvre des plans d'action nationaux.

2. Répartition des responsabilités en ce qui concerne les mesures prioritaires

Responsabilités au niveau national:

100. C'est aux gouvernements qu'il incombe au premier chef de créer les conditions nécessaires à la sécurité alimentaire dans leur pays. Les gouvernements nationaux doivent créer un environnement économique et social favorable à une croissance rapide, durable et équitable dans laquelle le développement agricole et rural joue un rôle central. Plus précisément, la sécurité alimentaire exige des gouvernements nationaux qu'ils fassent preuve de la volonté politique nécessaire pour mettre en oeuvre les mesures prioritaires décrites ci-dessus. Il leur faudra créer les structures et les mécanismes appropriés et obtenir la participation non seulement de toutes les entités publiques concernées, mais aussi du secteur privé et de la société civile en général.

101. Les gouvernements de la région partagent également avec d'autres pays de leur propre région ou extérieurs à la région, ainsi qu'avec les organisations internationales et non gouvernementales, certaines responsabilités dans la poursuite des objectifs de sécurité alimentaire.

Responsabilités aux niveaux sous-régional et régional:

102. Les gouvernements de la région doivent agir collectivement pour:

a) Renforcer les mécanismes de coopération régionale en matière de politiques agricoles et alimentaires visant à assurer la sécurité alimentaire, y compris les organisations intergouvernementales et les instituts de recherche asiatiques;

b) Promouvoir l'échange de technologies utiles à la production alimentaire et agricole, grâce notamment à la création de réseaux de coopération technique;

c) Faciliter le commerce intrarégional et les flux et d'investissements, notamment dans l'alimentation et l'agriculture, les pêches et les forêts;

d) Promouvoir les investissements et les transferts de technologies en provenance de pays développés, notamment dans les domaines scientifiques de pointe que sont les biotechnologies, la protection de l'environnement, l'amélioration et la gestion des ressources hydriques, l'amélioration des sols, etc.

Responsabilités au niveau international:

103. Les organisations internationales et la communauté des donateurs devraient:

a) Contribuer à la définition de la portée et des modalités de la coopération internationale dans certains domaines d'une importance critique pour la sécurité alimentaire, parmi lesquels la gestion des écosystèmes fragiles, le reboisement, la promotion d'une agriculture et d'un développement rural durables, l'amélioration de la sécurité alimentaire des ménages, l'innocuité des aliments et les régimes équilibrés et la création d'un environnement commercial plus équitable, orienté sur la croissance, avec des sauvegardes appropriées pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier;

b) Améliorer le système mondial de surveillance de la sécurité alimentaire et de la nutrition tant au niveau régional qu'international;

c) Appuyer un programme d'investissement dans des projets de sécurité alimentaire et de nutrition pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier;

d) Accroître leur soutien alimentaire et logistique aux pays à faible revenu et à déficit vivrier de façon à parer à d'éventuels déficits de production résultant de l'ajustement structurel et de la réforme des marchés, ainsi que de la hausse prévue des cours mondiaux des aliments dans l'environnement commercial postérieur au Cycle d'Uruguay;

e) Multiplier les sources et les canaux d'assistance à l'investissement et de transfert de technologies, en faisant appel aux entreprises du secteur privé et aux réseaux d'ONG;

f) Assurer l'application de la Décision sur les mesures concernant les effets négatifs possibles du programme de réforme sur les pays les moins avancés et les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires; et

g) Aider les gouvernements nationaux à parvenir à la stabilité macro-économique et à garantir l'efficacité du système de production et de distribution de vivres, tout en respectant les objectifs sociaux.

Rôle de la société civile:

104. Les particuliers, les institutions privés et les ONG sont appelés à oeuvrer en faveur de:

a) L'avènement d'une agriculture et d'un développement rural durables;

b) La protection des groupes vulnérables, parmi lesquels les ouvriers agricoles, les agriculteurs de subsistance, les populations tribales, les communautés éloignées, les cultivateurs itinérants, les artisans-pêcheurs, les chômeurs urbains et d'autres groupes démunis;

c) La responsabilisation des femmes devant les conduire à jouer un rôle accru dans la sécurité alimentaire et la nutrition des ménages;

d) Une information minimale en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de santé; et

e) Le respect des lois et règlements découlant d'accords internationaux et/ou des engagements pris lors du Sommet de la terre de la CNUED, de la CIN, du Cycle d'Uruguay de négociations commerciales multilatérales, de la Conférence de Beijing sur les femmes, etc.

Ces obligations des membres individuels de la société ainsi que de leurs organisations sont d'autant plus importantes que les gouvernements de la région libéralisent et privatisent de plus en plus leurs activités économiques, notamment dans le secteur alimentaire.

 


TABLEAU 2: Asie et Pacifique: Disponibilités alimentaires totales, production céréalière et variabilité

 

Calories/habitant/jour

Production céréalière totale

Moyenne

1970-72

Moyenne

1980-82

Moyenne

1990-92

Tendance

1970-79

Tendance

1980-92

Tendance

1970-92

Taux tendanciels (par habitant)

Coefficient de variation

1970-791980-921970-921970-791980-921970-92
BANGLADESH

BHOUTAN

CAMBODGE

CHINE (CONTINENTALE)

CHINE (TAIWAN)

FIDJI

INDE

INDONESIE

IRAN, REP. ISLAMIQUE

COREE, REP. POP. DEM.

COREE, REP.

LAOS

MALAISIE

MALDIVES

MONGOLIE

MYANMAR

NEPAL

PAKISTAN

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE

PHILIPPINES

SAMOA

ILES SALOMON

SRI LANKA

THAILANDE

TONGA

VANUATU

VIET NAM

RAPA (26 pays en développement)

AUSTRALIE

JAPON

NOUVELLE-ZELANDE

2017

-

2350

2029

2681

2499

2042

2090

2125

2493

2903

2111

2490

1687

2242

2070

1853

2171

2194

1783

2276

2274

2249

2195

2651

2542

2211

2157

3213

2706

3343

1892

-

2029

2404

2722

2737

2061

2510

2713

3065

3065

2349

2700

2172

2394

2421

1817

2140

2414

2219

2540

2275

2286

2224

2881

2590

2117

2324

3083

2753

3356

1994

-

2101

2707

3077

3080

2330

2698

2763

2928

3275

2213

2831

2506

2102

2487

2084

2340

2610

2293

2827

2240

2233

2376

2935

2740

2205

2444

3177

2902

3628

-0,9

-

-9,9

1,3

0,8

0,3

0,4

0,9

3,2

2,0

1,4

-0,8

1,0

2,2

0,8

0,8

-0,1

0,3

0,7

2,6

1,2

-0,1

0,3

0,1

0,8

0,2

-1,3

0,4

-0,2

0,2

0,3

0,5

-

0,5

1,1

1,3

1,1

1,3

0,7

0,2

-0,2

0,7

-0,9

0,4

1,4

-1,3

0,1

1,4

0,9

1,0

0,4

1,2

-0,2

-0,4

0,7

0,2

0,5

0,4

0,5

0,3

0,5

0,9

0,0

-

0,5

1,6

0,5

1,0

0,8

1,4

1,0

0,9

0,4

0,6

0,5

2,2

-0,2

1,4

0,6

0,3

0,9

1,1

1,2

-0,1

0,1

0,3

0,5

0,5

0,3

0,7

0,1

0,4

0,2

0,1

-

-14,4

2,3

-1,1

-1,9

0,4

1,2

1,5

3,1

0,9

-3,1

-1,9

-

-0,2

1,3

-2,5

1,1

-

2,7

-

-

1,1

-0,2

-

-

-1,7

1,3

5,2

-1,2

1,1

0,0

-

1,0

1,4

-2,5

3,3

1,0

2,0

0,6

-2,0

-1,5

-0,6

-2,0

-

1,5

-2,2

1,4

-1,1

-

0,3

-

-

-1,0

-0,5

-

-

2,3

0,9

-0,6

-0,4

-1,7

0,2

-

1,3

2,0

-2,2

0,9

0,8

2,5

0,2

0,3

-2,0

0,9

-2,3

-

1,9

1,2

-0,3

0,2

-

0,9

-

-

1,5

0,4

-

-

1,3

1,3

1,2

-1,5

0,2

5,6

-

65,3

3,7

6,2

15,4

6,3

10,2

7,7

8,6

10,9

17,1

9,5

-

23,2

4,6

10,2

4,3

-

6,9

-

-

13,1

8,1

-

-

12,6

3,4

18,5

5,0

13,5

2,6

-

16,9

4,6

3,8

14,2

5,4

3,1

7,8

10,0

7,4

10,2

8,2

-

28,2

11,4

10,5

5,2

-

4,0

-

-

11,1

8,9

-

-

6,8

3,1

21,7

6,8

19,7

4,2

-

45,3

4,2

5,0

14,8

5,9

7,1

8,1

9,6

9,5

13,9

8,8

-

26,3

10,6

10,5

4,9

-

5,5

-

-

12,7

8,8

-

-

9,9

3,2

20,4

6,3

17,4

Source: FAO; pour la production céréalière des Maldives, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, des îles Salomon et de Vanuatu, soit on ne dispose pas de données, soit la production est négligeable.

 

 

TABLEAU 3: Asie et Pacifique: Valeur des importations alimentaires en pourcentage du total des importations/exportations de marchandises

 

Importations alimentaires/Importations de marchandises

Importations alimentaires/Exportations de marchandises

Taux tendanciel (70-92)

Produits alimentaires

1970-72

1980-82

1990-92

 

1970-72

1980-82

1990-92

 

Importations

Exportations

BANGLADESH

BHOUTAN

CAMBODGE

CHINE (CONTINENTALE)

CHINE (TAIWAN)

FIDJI

INDE

INDONESIE

IRAN, REP. ISLAMIQUE

COREE, REP. POP. DEM.

COREE, REP.

LAOS

MALAISIE

MALDIVES

MONGOLIE

MYANMAR

NEPAL

PAKISTAN

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE

PHILIPPINES

SAMOA

ILES SALOMON

SRI LANKA

THAILANDE

TONGA

VANUATU

VIET NAM

RAPA (26 pays en développement)

AUSTRALIE

JAPON

NOUVELLE-ZELANDE

29,5

-

19,2

15,9

11,7

13,6

15,9

21,4

8,2

12,5

14,8

20,0

15,2

46,8

13,0

5,2

10,4

10,7

14,2

11,9

21,1

18,1

43,1

3,2

23,1

16,8

49,8

15,1

2,2

14,1

4,6

20,6

-

36,0

18,9

7,3

11,9

8,6

9,4

17,9

11,1

8,9

28,3

9,4

27,6

8,8

5,7

12,9

10,3

15,2

6,1

17,9

12,7

16,6

2,7

22,4

14,7

15,4

10,8

2,0

8,3

4,3

16,8

-

8,7

5,0

4,3

11,0

3,9

4,5

9,9

11,2

4,3

7,8

5,5

12,4

7,8

14,5

9,9

11,7

13,0

6,2

16,6

13,7

13,9

1,5

20,3

13,2

4,2

5,1

2,8

8,1

5,2

 

44,5

-

63,9

14,1

10,5

24,1

16,6

18,4

5,9

18,7

29,0

288,3

13,4

46,8

16,3

7,7

12,7

15,9

31,9

12,7

60,9

24,0

47,4

4,9

64,8

23,5

235,1

16,4

2,0

12,2

4,4

62,0

-

615,3

18,4

6,8

20,7

14,9

5,4

13,9

14,4

10,7

109,2

8,9

98,0

12,5

8,3

34,5

20,7

18,0

9,3

78,4

13,4

30,2

3,8

113,8

30,7

42,5

11,3

2,0

8,2

4,3

32,7

-

49,7

4,5

3,7

13,2

4,6

3,8

11,1

18,7

4,7

15,9

4,6

37,1

11,6

19,1

28,4

15,4

12,7

9,5

124,2

17,1

21,2

2,0

85,3

56,5

4,6

5,1

2,7

6,0

5,0

 

5,1

-

2,5

9,4

11,5

5,5

3,4

4,9

9,9

5,4

10,4

-0,8

9,7

12,4

5,5

8,0

11,8

11,5

7,0

7,9

6,9

9,4

3,9

12,1

9,5

5,4

-6,8

7,8

11,7

8,2

9,6

8,4

-

2,4

16,8

19,1

9,1

10,3

13,5

4,3

8,2

21,4

17,2

15,1

16,8

8,6

6,1

5,9

12,8

10,5

9,5

4,0

11,0

8,9

17,1

6,2

1,4

14,0

14,3

9,7

13,2

9,7

Source: FAO

 

TABLEAU 4: Indicateurs mondiaux et régionaux de la sécurité alimentaire

ASIE ET PACIFIQUE DU SUD-OUEST
INDICATEURMondeDéveloppésEn développementPFRDVEnsemblePFRDV
Indice de sécurité alimentaire (ISA)1 1991-93 ......78,1 76,0 78,8 78,1
Apport énergétique alimentaire calories/habitant/jour 1990-92 2 720 3 3502 520 2 450 2 550 2 510
Chroniquement sous-alimentés......
...nombre période 1990-92 (millions)......839741 527 483
...nombre en 2010 (millions) ......784717 378 348
...pourcentage de population 1990-92 ......21 23 18 19
...pourcentage de population 2010 ......14 16 10 10
...évolution du nombre de sous-alimentés 1990-92 à 2010 (%) ......-7 -3 -28 -28
Population (2)
...1995 (millions) 5 759 1 291 4 468 3 664 3 257 2 774
...2010 (millions) 7 150 1 405 5 746 4 695 3 993 3 401
...taux de croissance annuelle 1995-2010 (%) 1,4 0,6 1,7 1,7 1,4 1,4
Coefficient de dépendance (2) (%)
...199562,4 51,8 65,8 65,7 59,7 59,9
...201055,6 52,7 56,3 56,7 50,7 49,8
Taux de croissance annuelle de la population active 1995-2010 (2) (%) 1,5 0,5 1,8 1,7 1,4 1,5
Part de l'agriculture dans la population active (2) (%)
...1995 44,3 6,7 56,3 60,5 57,3 62,0
...2010 37,7 3,6 46,6 51,1 48,1 52,2
Composition des apports alimentaires 1990-92
...Apports énergétiques alimentaires provenant de:
.....céréales (%) 51,2 30,4 59,6 62,6 64,1 66,1
.....racines et tubercules (%) 5,0 3,8 5,4 6,0 3,7 3,9
.....produits animaux (%) 15,7 29,1 10,3 9,2 10,4 9,6
.....autres (%) 28,1 36,7 24,7 22,2 21,8 20,4
Apports protéiques alimentaires provenant de:
...céréales (%) 47,2 29,0 56,2 59,3 57,7 61,1
...produits animaux (%) 35,5 57,7 24,2 21,1 24,4 20,9
...autres (%) 17,3 13,3 19,6 19,6 17,9 18,0
Production vivrière et échanges commerciaux
...Indice de production des cultures 1990 (1979-81=100) 125 110 136 137 138,4 141,2
...Autosuffisance céréalière 1989-91 (%) (3) 100 112 92 94 95 97
...Coefficient de dépendance des importations alimentaires 1988-90 (4) 0,13 0,23 0,10 0,07 0,08 0,05
...Valeur des importations alimentaires (5)
.....1980/1970 4,5 4,2 6,7 6,3 4,9 4,85
.....1990/19801,41,51,21,11,41,20
Indicateurs mondiaux et régionaux de la sécurité alimentaire (fin)
ASIE ET PACIFIQUE DU SUD-OUEST
INDICATEURMondeDéveloppésEn développementPFRDVEnsemblePFRDV
Volume des importations alimentaires (5)
...1980/1970 1,6 1,4 2,2 1,9 1,6 1,44
...1990/1980 1,2 1,1 1,3 1,2 1,3 1,278
Valeur unitaire des importations alimentaires (5)
...1980/1970 3,5 2,9 2,9 3,0 2,9 2,99
...1990/1980 1,2 1,3 0,9 0,9 1,1 0,91
Part des produits alimentaires dans la valeur totale des importations de marchandises (5)
...Part 1969-71 (%) 11,0 10,4 13,4 14,1 13,0 17,3
...Part 1989-91 (%) 6,7 6,4 7,8 8,5 6,3 6,0
Valeur des importations alimentaires/valeur totale des exportations de marchandises (5)
...1989-91 (%) 6,9 6,7 7,7 8,6 5,8 5,8
Aide alimentaire par habitant 1992-94 (6) (kg de céréales) 2,9 9,9 2,2 2,7 0,7 0,7
Productivité agricole
...Rendement des céréales 1988-90 (t/ha) 2,62 3,02 2,36 2,43 2,74 2,82
...Rendement des céréales, terres irriguées 1988-90 (t/ha) ... ... 3,11 2,91 3,03 2,90
...Variabilité de la production céréalière 1970-1990 (7) (%) 3,5 6,5 2,4 2,4 3,5 3,2
...Terres irriguées/terres arables 1993 (%) 19 10 26 30 35 39
...Utilisation d'engrais par ha de terres arables
.....kg de nutriments 1970 53 85 21 20 31 24
.....kg de nutriments 1990 106 113 93 102 127 142
...Evolution de la productivité du travail agricole 1970-1990 (8) (%) 26,9 139,2 38,9 39,3 44,1 49,2
Production animale par rapport à la production agricole totale 1990 (8) (%) 45,9 63,9 32,0 29,6 32,1 28,6
Pourcentage de terres arides/semi arides ... ... 44 40 32 25
Pourcentage des zones boisées 1990 26,6 26,6 26,6 23,1 18,9 22,7
Déboisement 1981-1990 (%par an) (9) ... ... 0,6 0,5 0,3 0,1
Bois de feu et charbon de bois dans la consommation totale d'énergie 1993 (%) 5 1 14 20 10 14
Nombre des réfugiés 1995 (millions)14,53,311,28,94,21,8

 

 


NOTES

Les nouveaux pays (c'est-à-dire: ex-URSS et Europe orientale) ne sont pas pris en compte dans les indicateurs portant sur une période antérieure à leur création (en règle générale,

avant 1992). Ce problème affecte les mesures correspondant à la région et aux PFRDV.

... non disponible.

1 Indices des pays pondérés par la taille de la population. ISA élevé >85, ISA moyen 75-85, ISA faible 65-75, ISA dangereusement faible <65.

2 Estimations et projections de population de l'ONU, révision 1992.

3 (Production/(Production+Importations-Exportations))*100; les échanges commerciaux comprennent les produits transformés sauf la bière; production et échanges commerciaux exprimés en volume.

4 Coefficients des pays pondérés par la taille de la population; tous produits alimentaires confondus et exprimés en calories.

5 Basé sur les chiffres de l'Indice des importations alimentaires; produits alimentaires à l'exclusion du poisson: "1980" correspond à la période de base 1979-81.

6 Calcul par habitant basé sur la population des pays bénéficiaires seulement.

7 Ecart type des écarts relatifs de la tendance exponentielle.

8 Basé sur les sommes des Indices de production.