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Sommet mondial
de l'alimentation

13-17 Novembre 1996
Rome, Italie


Mai 1996 WFS/APRC/REP

CONTRIBUTION DE LA VINGT-TROISIEME CONFERENCE
REGIONALE DE LA FAO POUR L'ASIE ET LE PACIFIQUE A LA
PREPARATION DES DOCUMENTS DESTINES AU SOMMET MONDIAL DE
L'ALIMENTATION

Apia, Samoa, le 18 mai 1996


Le texte suivant figure dans le rapport de la Conférence régionale
de la FAO pour l'Asie et le Pacifique.

II. SOMMET MONDIAL DE L’ALIMENTATION, EXPOSES NATIONAUX ET DEBAT GENERAL SUR LA SITUATION DE L’ALIMENTATION ET DE L’AGRICULTURE DANS LA REGION

1. La conférence a réaffirmé son soutien total à la tenue du Sommet mondial de l’alimentation, à Rome en novembre 1996, et a encouragé la poursuite de préparatifs participatifs à grande échelle en vue du Sommet. Dans le but de présenter le point de vue de la Région Asie et Pacifique dans le cadre des préparatifs du Sommet, la Conférence a étudié le Projet de déclaration de politique générale et le Plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation et le Document du Secrétariat sur la Situation et les questions de sécurité alimentaire en Asie et dans le Pacifique . Toutes les délégations présentes ont activement participé aux débats sur ces points de l’ordre du jour qui ont été examinés parallèlement.

2. La Conférence a pris note des résultats de la Consultation régionale FAO/ONG pour l’Asie et le Pacifique sur le Sommet mondial de l’alimentation, qui s’est tenue à Bangkok en avril 1996. Elle a noté avec satisfaction que le rapport et la déclaration de la Consultation ainsi que les exposés présentés aux participants à la Consultation avaient contribué de manière constructive aux débats. La valeur des contributions des ONG, OIG, organes et institutions spécialisées des Nations Unies et autres organisations internationales participant à la Conférence a été saluée.

3. Comme on pouvait s’y attendre au vu de l’extrême diversité des conditions sociales et des richesses en ressources, et de l’inégalité des niveaux de développement agricole et économique dans la région, les délégués ont exprimé des points de vue très variés sur les questions de sécurité alimentaire et les préparatifs du Sommet mondial de l’alimentation. La Conférence est néanmoins convenue d’un certain nombre de points. La Conférence a notamment évoqué:

  • les impressionnants progrès réalisés dans la Région Asie et Pacifique au cours des deux dernières décennies en ce qui concerne l’amélioration de la sécurité alimentaire, quoique ces progrès ne soient pas universels;

  • les prédictions selon lesquelles la poussée démographique et la forte croissance économique de la région pourraient, dans un avenir proche, entraîner une augmentation marquée de la demande alimentaire et énergétique et accroître les pressions sur l’environnement;

    4. Certains pays ont instamment invité les donateurs internationaux à accroître leur aide alimentaire et leur soutien logistique pour améliorer la sécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier.

    5. La Conférence a approuvé sept actions prioritaires visant à assurer la sécurité alimentaire régionale, reproduites à l’Annexe F et intitulées: (i) augmenter la productivité et la production du secteur alimentaire; (ii) enrayer et inverser la dégradation des terres agricoles et le gaspillage de l’eau; (iii) améliorer la planification préalable des pénuries alimentaires dues aux catastrophes naturelles; (iv) améliorer l’efficacité de la commercialisation des aliments; (v) minimiser les risques et maximiser les débouchés liés à la stabilisation des échanges en matière d’approvisionnements vivriers; (vi) protéger les groupes vulnérables; et (vii) lutter contre la malnutrition. La Conférence a recommandé que l’accord, qui représente le point de vue collectif de la Région Asie et Pacifique sur les politiques et actions prioritaires nécessaires pour assurer la sécurité alimentaire, soit soumis au Comité sur la sécurité alimentaire mondiale et qu’il en soit pleinement tenu compte lors de la formulation de la Déclaration de politique générale et du Plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation.

    6. La Conférence a instamment prié la FAO de poursuivre ses études approfondies sur les incidences de l’Accord du Cycle d’Uruguay sur la sécurité alimentaire.

    7. La Conférence a appuyé l’idée de lancer la campagne “Nourrir le monde” au moment du Sommet mondial de l’alimentation afin de susciter une meilleure prise de conscience des questions de sécurité alimentaire, de mobiliser des ressources et un large soutien pour lutter contre la faim et la malnutrition, et de garantir le suivi à long terme des initiatives convenues lors du Sommet.


    Annexe F

    PERSPECTIVE REGIONALE DE LA REGION ASIE ET PACIFIQUE
    SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE

    Préambule

    La Vingt-troisième Conférence régionale de la FAO pour l'Asie et le Pacifique est convenue que:

    1. Les Conférences régionales ont pour mission d'étudier les dimensions régionales de la sécurité alimentaire et d'identifier les priorités et actions régionales visant à éradiquer la faim et la malnutrition et à garantir à tous une sécurité alimentaire durable.
    2. Les progrès considérables réalisés au cours des deux dernières décennies en vue d’améliorer globalement la disponibilité alimentaire par habitant dans la région ont été obtenus grâce à la production nationale et facilités par les importations et les stocks.
    3. Le nombre absolu des sous-alimentés chroniques reste élevé dans la région, avec environ un demi milliard de victimes, soit 67 pour cent du total mondial.
    4. L’approvisionnement vivrier global pour l’ensemble de la région n'est cependant pas le problème le plus important; à l’heure actuelle et dans un avenir proche, le problème réside dans une distribution inégale aux niveaux des pays et des ménages.
    5. Un certain nombre de facteurs méritent un suivi particulier, notamment: l’accroissement prévu de la demande et l’amélioration de la qualité des aliments résultant de la croissance démographique et de l'essor économique, les changements structurels de l'offre et de la demande découlant de transformations économiques rapides et dynamiques, et les catastrophes naturelles.
    6. Les problèmes de famine et de malnutrition existant dans la région doivent être abordés de toute urgence et la sécurité alimentaire régionale a des dimensions multiples. Certains pays sont préoccupés par l'instabilité et la disponibilité à moyen et long terme des approvisionnements vivriers et favorisent la production nationale. D'autres pays considèrent que la sécurité alimentaire dans la région s'améliorerait avec une libéralisation accrue des échanges reposant sur un avantage comparatif.
    7. La mise en valeur des ressources humaines ainsi que l'aménagement et l'utilisation durables des ressources agricoles, forestières et halieutiques sont impératifs.
    8. La région est sujette à des catastrophes naturelles du fait de la dégradation du milieu et de l'augmentation rapide des densités de population et des migrations vers les zones vulnérables.
    9. Certains pays sont d'avis que les fonctions multiples de l'agriculture contribueront à la sécurité alimentaire et permettront également de rectifier le taux excessif d’exode rural auquel de nombreux pays doivent faire face, et d'améliorer la stabilité sociale.
    10. Les pays de la région sont différents et leurs avis divergent sur certaines questions de sécurité alimentaire et d'avantage comparatif.
    11. L'importance que revêt l'adoption de politiques intégrées concernant les produits de base et la sécurité alimentaire et reposant sur la production nationale, les importations et les stocks de réserves a été soulignée. Des définitions claires des notions de sécurité alimentaire, d'autosuffisance et de développement durable sont nécessaires. Chaque pays est en droit de choisir ses propres stratégie et plan d'action pour assurer la sécurité alimentaire en fonction de sa situation particulière.
    12. Les pays membres devraient, individuellement et collectivement, entreprendre les actions prioritaires suivantes afin d'assurer la sécurité alimentaire durable dans le cadre proposé du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation.

    Actions prioritaires

    1. Augmenter la productivité et la production du secteur alimentaire

    Objectif

    Accroître la production alimentaire grâce aux gains de productivité découlant de l'amélioration de la technologie, de la gestion et de l'utilisation efficace des capitaux, notamment dans les PFRDV et les pays en développement par les moyens suivants:

    1. Augmenter les faibles taux de croissance de la production des dix dernières années en matière de produits alimentaires de base, notamment de céréales, de légumineuses à grains, de racines et de tubercules, essentiellement en améliorant les rendements et l'intensité des cultures;
    2. Maintenir le fort taux de croissance de la production carnée et laitière des dix dernières années, essentiellement en améliorant les technologies et la gestion;
    3. Augmenter la production de l'aquaculture à des taux de croissance plus durables et liés au rendement plutôt qu'aux taux de croissance explosifs basés sur l'intensité des dix dernières années.

    Actions à prendre

    Au niveau national:

    1. Identifier les domaines à fort potentiel, pouvant également inclure les zones non-irriguées et les hautes terres, concernant la production accélérée de céréales, de bétail et de l'aquaculture, ainsi que d'autres produits alimentaires de base pouvant être importants pour les pays concernés, notamment les racines et les tubercules, les légumineuses à grains, les fruits et les légumes;
    2. Mettre en place des services de soutien intensif afin d'accroître la productivité, notamment l'approvisionnement en intrants, le crédit, la commercialisation et la vulgarisation de ces domaines à fort potentiel;
    3. Etendre les installations de contrôle des eaux et améliorer les systèmes d’aménagement des eaux par le biais de méthodes participatives et de petites zones de contrôle;
    4. Renforcer les Systèmes nationaux de recherche agricole, en encourageant le développement de politiques et de technologies environnementales telles que la lutte intégrée contre les ravageurs, les systèmes intégrés de nutrition des plantes, la gestion des ressources au niveau des exploitants, la biotechnologie et autres;
    5. Eliminer les obstacles à l'adoption de technologie et aux investissements tels que les accords fonciers abusifs, les impôts irrationnels, les goulots d'étranglement des réseaux de transport et les systèmes inefficaces de commercialisation;
    6. Renforcer les régimes de politiques agricoles afin d'améliorer les termes d’échange des producteurs, en accordant une attention particulière à l'approvisionnement en intrants et aux prix de production;
    7. Améliorer le climat d'investissement dans le secteur alimentaire, en accordant une priorité élevée à la rationalisation des taux d'intérêt, de change et de rémunération de la main-d'oeuvre, ainsi qu'aux niveaux généraux des prix, aux régimes fiscaux, aux développements de l'infrastructure et aux autres avantages liés aux investissements;
    8. Introduire une approche participative à la planification et à la mise en place de productions intensives afin de mobiliser les contributions des organisations non gouvernementales (ONG) et des communautés concernées; et
    9. Elaborer une stratégie sur la nutrition et une stratégie de sécurité alimentaire sous l'impulsion des agriculteurs et à forte composante technologique ainsi que des plans d'action pour ces deux stratégies, tout en construisant un environnement favorable (c'est à dire, une capacité technique, gestionnaire et financière permettant la mise en oeuvre efficace du plan d'action).

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Renforcer le Service de la CTPD/CEPD par le biais des agences de développement de la recherche sur les cultures, les pêches (notamment la lutte contre les maladies de l'aquaculture) et l’élevage existant dans la région;
    2. Promouvoir la coopération technique dans la région;
    3. Promouvoir la circulation d'investissements inter-régionaux du secteur privé pour la production et le commerce alimentaires en définissant des règles et règlements adéquats pour l'investissement étranger dans ce secteur.

    2. Enrayer et inverser la dégradation des terres agricoles et le gaspillage de l'eau

    Objectif

    Conserver et améliorer les terres agricoles et les ressources hydriques en mettant en place un plan d'action intégré, suite aux engagements pris au Sommet de la planète terre de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement.

    Actions à prendre

    Au niveau national:

    1. Donner un pouvoir accru aux autorités responsables de la conservation et de l'amélioration de la terre et de l'eau et les financer correctement;
    2. Décentraliser l'aménagement des ressources terrestres et hydriques et s'assurer de la participation de la population;
    3. Améliorer les droits de propriété ou ceux des utilisateurs et les obligations des ressources publiques et privées;
    4. Chercher à garantir des limites et conditions durables pour l'utilisation des ressources agricoles, halieutiques et forestières;
    5. Elaborer et vulgariser des systèmes agricoles ne nuisant pas à l’environnement et des méthodes reposant sur les technologies biologiques et douces;
    6. Chercher à renforcer le système de facturation de l'eau à l’utilisateur;
    7. Renforcer le système de prévention de la pollution;
    8. Tenter de réglementer la perte de terres agricoles à fort rendement au profit de l’immobilier et de l'industrie; et
    9. Fournir un cadre favorisant l'assainissement des terres dégradées grâce au reboisement et à d'autres mesures de redressement.

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Promouvoir le Service de la CTPD/CEPD dans l'amélioration et l'aménagement des ressources terrestres et hydriques par le biais de la FAO, du PNUE, de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) et d'autres institutions internationales et ONG;
    2. Etablir et renforcer des communautés riveraines et des bassins versants pour un aménagement commun des ressources; et
    3. Encourager les investissements étrangers et les transferts de technologie dans le cadre de projets d'amélioration de la terre et de l'eau et de réduction de la pollution marine;

    3. Améliorer la planification préalable des pénuries alimentaires dues aux catastrophes naturelles

    Objectifs

    1. Limiter l'incidence et les répercussions des catastrophes naturelles;
    2. Réduire la vulnérabilité des populations aux catastrophes naturelles;
    3. Lutter contre la faim et la malnutrition découlant des catastrophes naturelles;
    4. Garantir le redressement rapide et efficace des systèmes agricoles et des moyens d'existence suite à des catastrophes naturelles.

    Actions à prendre

    Au niveau national:

    1. S'engager à un programme intégré à long terme visant à la prévention et l’atténuation des catastrophes naturelles et reposant sur l'autosuffisance, et pouvant inclure, entre autres, la limitation du déboisement, le reboisement, la protection des bassins versants et des systèmes de drainage ainsi que d'autres mesures de conservation;
    2. Elaborer des systèmes de culture, des variétés végétales et d'autres technologies et infrastructures pouvant aider les zones vulnérables à résister aux catastrophes naturelles;
    3. Renforcer les éléments de base de la planification préalable, à savoir les stocks de réserves des céréales vivrières, les systèmes d'alerte rapide, le service d’urgence en cas de catastrophes naturelles et le plan de secours alimentaire; et
    4. Faire des investissements à long terme dans les infrastructures matérielles, l'éducation et la création d'emplois et d’activités rémunératrices dans les zones sujettes à des catastrophes naturelles.

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Améliorer les systèmes nationaux d'alerte rapide et mettre en place des systèmes sous-régionaux et régionaux d'alerte rapide; et
    2. Renforcer les réserves alimentaires d'urgence collectives de l'ANSEA et de l’ASACR et créer d'autres réserves alimentaires lorsque cela est possible et rentable.

    4. Améliorer l'efficacité de la commercialisation des aliments

    Objectif

    Améliorer l'efficacité des techniques et de la tarification des systèmes de commercialisation des aliments.

    Actions à prendre

    Au niveau national:

    1. Libéraliser de manière adéquate les marchés alimentaires pour améliorer l'environnement commercial soumis aux garanties de sécurité alimentaire;
    2. Mettre en place un réseau de marchés de gros et améliorer les systèmes de transport et autres activités après récolte pour le secteur alimentaire;
    3. Renforcer les institutions commerciales, notamment les entreprises privées et les coopératives indépendantes; et
    4. Améliorer les services de soutien à la commercialisation, notamment l’information, le crédit, la recherche, la formation et la vulgarisation.

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Améliorer les systèmes de commercialisation dans le cadre de la CTPD par le biais d'associations régionales telles que l'Association des instituts de commercialisation des produits alimentaires de l'Asie et du Pacifique; et
    2. Encourager les transferts de technologies des pays développés dans les domaines importants du classement, de l'emballage, de l'entreposage, du traitement et des autres opérations après récolte.

    5. Minimiser les risques et maximiser les débouchés liés à la stabilisation des échanges en matière d'approvisionnements vivriers

    Objectifs

    1. Garantir des sources étrangères régulières et fiables en approvisionnements pour satisfaire les besoins en importations alimentaires;
    2. Améliorer la capacité de financement des besoins en importations alimentaires;
    3. Améliorer l'efficacité de la commercialisation nationale; et
    4. Stabiliser les approvisionnements vivriers en faisant appel à toutes les mesures disponibles, notamment la production nationale.

    Actions à prendre

    Au niveau national:

    1. Libéraliser les échanges alimentaires conformément aux dispositions de l'Accord du Cycle de l'Uruguay;
    2. Maximiser les recettes en devises étrangères en utilisant pleinement les avantages comparatifs dans la production;
    3. Renforcer les mécanismes nationaux des marchés visant à la stabilité des prix et des approvisionnements dont, entre autres, les systèmes d'alerte rapide et les systèmes d'information sur les marchés, la constitution de stocks publics et privés, et les infrastructures, institutions et services de commercialisation; et
    4. Augmenter la stabilité de la disponibilité alimentaire, notamment la production nationale.

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Promouvoir la libéralisation des échanges alimentaires au sein des six zones sous-régionales officielles et officieuses de coopération en matière d'investissements et d'échanges
    2. Promouvoir les accords à long terme sur les échanges alimentaires tels que le Principe de premier refus de l'ANSEA, les prêts alimentaires entre l'Indonésie et les Philippines, les facilités de paiement pour l'huile de palme malaysienne, les facilités de paiement pour le riz thaïlandais et le troc caoutchouc-denrées alimentaires entre la Chine et le Sri Lanka, et la coopération dans d’autres domaines porteurs.

    6. Protéger les groupes vulnérables tout en libéralisant les marchés alimentaires

    Objectifs

    1. Protéger les disponibilités alimentaires des ménages à la limite ou en dessous des seuils de pauvreté définis par chaque pays;
    2. Lutter contre la pauvreté chez les vrais pauvres tels que les paysans sans terre, les agriculteurs de subsistance, les pêcheurs, et les ménages urbains démunis; et
    3. Subvenir aux besoins en aliments de base des démunis, notamment des femmes et des enfants de ces ménages;

    Actions à prendre

    Au niveau national:

    1. Maintenir des Systèmes publics de distribution rentables et ciblant les plus pauvres et les ménages démunis;
    2. Mettre en place un système rationalisé de protection des revenus comprenant des salaires minimum et des augmentations salariales basés sur les besoins alimentaires, des coupons alimentaires, et des caisses de prévoyance pour les employés;
    3. Mettre en œuvre des programmes d'emplois et d’activités rémunératrices non agricoles basés sur la stimulation des investissements du secteur privé dans les communautés rurales vulnérables;
    4. Améliorer les systèmes agricoles dans les zones non irriguées et les hautes terres pour accroître la production et les revenus des agriculteurs de subsistance;
    5. Favoriser les programmes non gouvernementaux de services sociaux de la collectivité et d’initiatives personnelles financés par les contributions et les allocations des petites entreprises;
    6. Promouvoir activement les stratégies définies à la Conférence du Caire sur la population et à la Conférence de Beijing sur les femmes, de manière adaptée à chaque pays.

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Participer à l’élaboration de modèles de protection des groupes vulnérables couvrant, entre autres, des indicateurs de sécurité alimentaire des ménages, des méthodes d’identification et de surveillance, des programmes d’emploi et d’activités rémunératrices et des systèmes publics de distribution;
    2. Promouvoir des mécanismes juridiques et coordonnés pour la migration de la main d’œuvre entre pays;
    3. Promouvoir l’aide alimentaire notamment en provenance des pays en développement les plus riches

    7. Lutter contre la malnutrition

    Objectif

    Mettre en œuvre des plans d’action nationaux sur la nutrition, conformément aux engagements pris à la CIN de 1992.

    Action à prendre

    Au niveau national:

    1. Formuler et redéfinir des plans d’action sur la nutrition s’il ne sont pas déjà en place;
    2. Promouvoir l’allaitement maternel; et
    3. Encourager la participation multipartite dans le cadre de la mise en œuvre des plans d’action sur la nutrition notamment celle des gouvernements locaux, des ONG, des chefs de communautés, des entreprises privées et des bénéficiaires.

    Aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    1. Maximiser l’utilisation des ressources humaines et des installations de recherche et de développement de la nutrition; et
    2. Mettre en commun les acquis de l’expérience de la mise en œuvre des plans d’action sur la nutrition

    Responsabilité de la mise en œuvre des actions prioritaires

    C’est aux gouvernements nationaux que revient la responsabilité première de créer les conditions nécessaires à la sécurité alimentaire dans leurs pays. Les gouvernements nationaux, selon la situation et les capacités de chaque pays, sont responsables de la création d’un environnement économique et social favorisant une croissance rapide, durable et équitable au sein de laquelle le développement agricole et rural doit jouer un rôle central. Plus particulièrement, les gouvernements nationaux atteindront la sécurité alimentaire grâce à un fort engagement de principe aux actions prioritaires définies ci-dessus. Il sera nécessaire de mettre en place des structures et mécanismes appropriés et de faire participer non seulement toutes les entités publiques pertinentes mais aussi le secteur privé et la société civile en général.

    Les gouvernements de la région partagent également avec d’autres pays, appartenant ou non à la région, et avec les organisations internationales et non gouvernementales, la responsabilité de la promotion des objectifs de sécurité alimentaire selon la situation et les capacités de chaque pays.

    Responsabilités aux niveaux sous-régionaux et régionaux:

    Les gouvernements de la région, conformément à leur législation nationale, devraient oeuvrer collectivement pour:

    1. Renforcer les mécanismes de coopération régionale dans le cadre des politiques agricoles et alimentaires de sécurité alimentaire, notamment le renforcement des organisations intergouvernementales et des instituts de recherche de la Région Asie et Pacifique;
    2. Favoriser les échanges de technologies de production alimentaire et agricole, notamment par la création de réseaux de coopération technique;
    3. Faciliter le commerce intra-régional et la circulation des investissements, notamment dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture, des pêches et des forêts;
    4. Favoriser les investissements et les transferts de technologie, notamment dans les domaines suivants: sciences biotechnologiques, protection et régénération de l’environnement, gestion des ressources hydriques et amélioration des sols.

    Responsabilités au niveau international:

    Les organisations internationales et les donateurs devraient:

      Aider à définir la portée et les modalités de coopération mondiale dans les domaines critiques de sécurité alimentaire notamment: gestion des écosystèmes fragile, reboisement, promotion du développement agricole et rural durable, amélioration de la sécurité alimentaire au niveau des ménages, sécurité alimentaire et régimes équilibrés;

      Améliorer le système de surveillance mondial de sécurité alimentaire et de nutrition aux niveaux régional et international;

      Favoriser les programmes d’investissement des projets de sécurité alimentaire et de nutrition des pays à faible revenu et à déficit vivrier;

      Etendre les sources et réseaux d’assistance à l’investissement et aux transferts de technologies en faisant participer les entreprises privées et les ONG;

      Garantir la mise en œuvre de la Décision relative aux mesures concernant les effets négatifs possibles du programme de réforme sur les pays les moins avancés et sur les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires du Cycle de l’Uruguay; et

      Aider les gouvernements nationaux à atteindre la stabilité macro économique et l’efficacité des systèmes alimentaires en harmonie avec les objectifs sociaux;

    Le rôle attendu de la société civile:

    Les agriculteurs, les individus, les institutions privées et les ONG devraient oeuvrer à:

    1. La réalisation du développement durable agricole et rural;
    2. La protection des groupes vulnérables, notamment: les paysans sans terre, les agriculteurs de subsistance, les tribus, les communautés isolées, les cultivateurs itinérants, les petits pêcheurs, les personnes sans emploi et sous-employées des villes et les autres groupes démunis;
    3. La dévolution de pouvoirs accrus aux femmes, conduisant à un rôle plus important en matière de sécurité alimentaire et de nutrition au niveau des ménages;
    4. Une éducation de base en matière de sécurité alimentaire, nutrition et santé; et
    5. Le respect des lois, règles et règlements découlant des accords et/ou engagements internationaux pris lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, la Conférence internationale sur la nutrition, les Négociations commerciales multilatérales du Cycle d’Uruguay, la Conférence du Caire sur la population et le développement, la Conférence de Beijing sur les femmes et autres.

    En outre, les devoirs des membres individuels de la société et de leurs organisations ont pris une importance accrue depuis que les gouvernements membres régionaux libéralisent et privatisent de plus en plus les activités économiques, notamment dans le secteur alimentaire.