W/W0690/c - F.855
ARC/96/4
Mars 1996
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DE LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA REGION AFRIQUE |
1. Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale
a souhaité pouvoir bénéficier des perspectives
dégagées lors des conférences régionales
consacrées aux problèmes, aux politiques et aux
mesures touchant spécifiquement la région, à
titre de contribution au Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation.
L'objet du présent document est de promouvoir les consultations
régionales sur les politiques et les mesures prioritaires
que nécessite la garantie de la sécurité
alimentaire dans les Etats Membres appartenant à la Région
Afrique. Des documents analogues ont été établis
pour les autres conférences régionales devant se
tenir en 1996.
2. Au cours des trois dernières décennies, la production
alimentaire mondiale a augmenté plus vite que la population:
aujourd'hui, la production alimentaire dépasse de 18 pour
cent celle d'il y a 30 ans. Les disponibilités alimentaires
destinées à la consommation humaine directe sont
d'environ 2 700 calories par personne et par jour, contre
2 300 calories à l'époque. En Europe occidentale,
la disponibilité alimentaire est de l'ordre de 3 500 calories
et en Amérique du Nord de 3 600 calories, alors qu'au
bas de l'échelle, en Afrique, la disponibilité par
habitant n'est que de 2 300 calories.
3. En dépit des progrès considérables accomplis
en matière d'approvisionnements alimentaires, au début
des années 1990, plus de 800 millions d'habitants
des pays en développement étaient sous-alimentés.
A ce chiffre s'ajoutent les millions de personnes souffrant de
maladies débilitantes liées au carences en oligo-éléments
et à la contamination des aliments et de l'eau. Un habitant
sur cinq des pays en développement ne trouve pas de quoi
couvrir ses besoins quotidiens; dans 17 pays d'Afrique, deux,
voire trois personnes sur cinq ne s'alimentent pas adéquatement.
C'est en Europe occidentale, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient,
en Amérique latine et dans les Caraïbes que le pourcentage
de personnes sous alimentées est le plus faible, et en
Asie que leur nombre est le plus élevé; cependant,
alors qu'on enregistre en Asie un déclin du phénomène,
le nombre de personnes sous-alimentées va en augmentant
sur le continent africain, non seulement en valeur absolue, mais,
dans de nombreux pays, en pourcentage de la population totale.
4. A la malnutrition chronique s'ajoutent les troubles intérieurs
et les guerres, qui affectent des millions de personnes n'ayant
souvent pas de quoi se maintenir en bonne santé, en dépit
des secours alimentaires destinées à soulager leurs
maux. En outre, le déclin brutal de l'aide alimentaire
au cours des trois dernières années a affaibli le
potentiel de réaction face aux situations de crise.
5. Il faudrait en moyenne, pour amener une personne sous-alimentée
à un niveau satisfaisant d'apport énergétique
- soit 2 200 calories par jour - un complément quotidien
de 570 calories. Il s'agit cependant, à l'évidence,
d'une estimation très inférieure au chiffre correspondant
réellement à l'élimination de la malnutrition.
De 1990 à 1992, la consommation alimentaire mondiale était
d'environ 3 pour cent inférieure à ce niveau de
besoin. En termes plus concrets, étant donné que
les céréales constituent près de 60 pour
cent de l'apport calorique des populations des pays en développement,
le déficit céréalier représente environ
30 millions de tonnes - alors que l'aide alimentaire était,
au cours des dernières années, de 9 à 12 millions
de tonnes. Ce déficit varie considérablement d'une
région à l'autre: négligeable dans certains
pays industrialisés d'Occident, il est d'environ 5 pour
cent dans les pays à faible revenu et à déficit
vivrier (PFRDV) - 10 pour cent en Afrique et près de 5 pour
cent dans l'ensemble des pays en développement.
6. Les perspectives d'avenir, telles qu'on les présente
dans l'étude de la FAO intitulée: Agriculture
mondiale: horizon 2010 (1995), indiquent une tendance durable
à l'augmentation des disponibilités alimentaires
par habitant dans la plupart des pays en développement.
Pour l'ensemble de ces pays, cette disponibilité devrait
atteindre 2 730 calories en l'an 2010, soit une augmentation
substantielle par rapport aux 2 520 calories de la période
1990-1992.
7. Malgré cette progression, on prévoit qu'il y
aura encore 700 à 800 millions de personnes sous-alimentées
dans les pays en développement en l'an 2010, la plus forte
concentration se trouvant toujours en Asie méridionale
et en Afrique. Cependant, alors que l'on table sur une chute spectaculaire
de ce nombre en Asie méridionale, qui s'approcherait des
12 pour cent de la population totale, qui est la moyenne pour
l'ensemble des pays en développement, le nombre de personnes
sous-alimentées du continent africain devrait augmenter
d'environ 100 millions, atteignant plus de 300 millions
de personnes, pratiquement toutes situées dans les PFRDV.
8. Ce phénomène devrait aller de pair avec l'augmentation
des importations de denrées alimentaires dans les pays
en développement. En effet, il est prévu que l'on
passera des quelque 90 millions de tonnes d'importations
nettes de céréales pour la période 1989-1991,
à près de 162 millions de tonnes en l'an 2010;
le taux global d'autosuffisance en céréales devrait,
quant à lui, tomber de 92 pour cent à 90 pour
cent. Selon les indications recueillies, les augmentations les
plus marquées des importations se produiront au Proche-Orient
et en Afrique du Nord (33 millions de tonnes), de même
qu'en Amérique latine et dans les Caraïbes (15 millions
de tonnes); cependant, seul un petit nombre des pays concernés
sont actuellement confrontés à de graves pénuries
de devises étrangères.
9. En revanche, le quasi-doublement du déficit commercial
net en céréales prévu pour l'Afrique, soit
entre 27 et 50 millions de tonnes, est davantage inquiétant,
en raison de l'équilibre précaire de la balance
des paiements de nombreux pays de la région et des perspectives
défavorables pesant sur nombre d'entre eux, notamment ceux
qui doivent continuer de financer des besoins croissants d'importations
alimentaires par leurs recettes d'exportations agricoles.
10. Il est probable que ces perspectives d'incidence prolongée
de la sous-alimentation pour des centaines de milliers de personnes
se confirmeront si aucune mesure exceptionnelle n'est prise. C'est
pourquoi il faut, sans délai et sur une échelle
aussi vaste que possible, mobiliser toutes les énergies
pour combattre les effets de la sous-alimentation et de la malnutrition,
afin de faire mieux que ce qui est prévu dans l'étude
Horizon 2010.
11. Comparé aux besoins des populations mondiales, le complément
alimentaire permettant de porter la consommation des 700 à
800 millions de personnes menacées de sous-alimentation
au niveau moyen garantissant la santé est minime. C'est
pourquoi il ne s'agit pas seulement de savoir si l'on est capable,
à l'échelle planétaire, de produire ces quantités
supplémentaires, mais également, et plus encore,
de veiller à ce que les pays où se trouvent les
fortes concentrations de populations sous-alimentées aient
un meilleur accès aux denrées nécessaires.
Il faudrait pour cela augmenter de façon substantielle,
d'ici 2010, la capacité d'importation de nourriture et
l'assistance alimentaire internationale, mais aussi les revenus
et la production alimentaire dans les pays menacés par
les déficits alimentaires et la sous-alimentation massive.
Pour les pays en développement appartenant à cette
catégorie, on prévoit, d'ici là, une disponibilité
alimentaire par habitant de 2 360 calories. Si l'on veut
garantir qu'aucun de ces pays ne stagne à moins de 2 700 calories
- ce qui, compte tenu de la répartition actuelle des revenus
et de l'aide alimentaire, réduirait l'incidence de la sous-alimentation
dans les pays en développement à un taux plus acceptable
de 6 pour cent, soit 330 millions de personnes concernées
- il faudrait que le taux de croissance annuelle de leur production
atteigne 3,5 pour cent, au lieu des 2,7 pour cent actuellement
projetés. Pour cela, il faudrait que le taux de croissance
de la production mondiale augmente, d'ici 2010, de 10 à
12 pour cent par rapport aux prévisions, soit à
un rythme de 2,0 pour cent au lieu de 1,8 pour cent.
Toutefois, il est plus important de savoir d'où viendraient
ces hausses de la production alimentaire. Le défi est de
taille pour les pays et les régions présentant un
taux élevé de sous-alimentation, mais il l'est également
pour la communauté mondiale. A titre d'exemple, si la hausse
de la production alimentaire devait venir de la région
elle-même, il faudrait pouvoir compter sur une croissance
de la production alimentaire de l'Afrique de l'ordre de 4 pour
cent par an sur une période de 20 ans, abstraction
faite d'une augmentation des importations commerciales ou des
importations à conditions de faveur; or, l'Afrique a connu
un taux de croissance de 2 pour cent pendant toute la période
1970-90, et les projections actuelles prévoient un taux
de 2,9 pour cent jusqu'à l'an 2010. Un tel objectif
risque donc d'être hors de portée, en raison des
facteurs économiques mais aussi des paramètres écologiques.
12. Les objectifs que doivent par conséquent se fixer tous
les pays, toutes les régions et l'ensemble de la communauté
internationale, sont les suivants: augmenter la production alimentaire
mondiale, en particulier lorsque les conditions naturelles rendent
cet objectif compatible avec la préservation des ressources
naturelles; assurer, à un coût modéré,
la satisfaction des besoins alimentaires croissants; augmenter
et répartir les revenus de manière à permettre
au plus grand nombre de satisfaire ses besoins alimentaires; fournir
une aide alimentaire aux couches pauvres et vulnérables
et assurer la stabilité des approvisionnements alimentaires
et l'accès aux vivres; il faudra, pour éviter que
ne se matérialisent les plus sombres prévisions,
poursuivre ces objectifs avec la plus grande vigueur.
13. Depuis 1980, la population de l'Afrique a augmenté
de 53 pour cent, alors que la production alimentaire y a
progressé de 45 pour cent. Les importations de denrées,
à l'exclusion du poisson, ont augmenté d'environ
50 pour cent, tandis que les exportations ont progressé
d'environ un quart. Les importations nettes de céréales
sont passées d'environ 17 millions de tonnes en 1979-81
à 25 millions de tonnes en 1988-90. Quant à
la part de l'aide alimentaire dans les importations totales de
céréales, elle a varié de 10 à 40 pour
cent pour la plupart des pays durant la période 1971-1992.
Les approvisionnements alimentaires, mesurés en calories
disponibles par habitant/jour, sont en moyenne les mêmes
que voici 15 ans, avec cependant un déclin dans 22
des PFRDV.
14. La croissance du produit intérieur brut (PIB) a été,
en moyenne, de 1,9 pour cent depuis le début des années
80, soit un déclin d'environ 1 pour cent si l'on prend
pour base la croissance par habitant. Si plusieurs pays ont augmenté
de façon effective leur revenu par habitant, d'autres,
plus nombreux, enregistraient un déclin attribuable à
la lenteur de l'expansion économique conjuguée à
une forte croissance démographique - en moyenne 2,9 pour
cent. L'augmentation globale de la population active a été
de 2,5 pour cent par an pour l'ensemble de la région,
avec une croissance de 1,6 pour cent pour le secteur agricole.
15. Les exportations totales de marchandises ont globalement augmenté,
en moyenne, de 1,8 pour cent depuis le début des années
80, et les importations de 2,8 pour cent. Il s'ensuit que
la balance commerciale est passée, dans son ensemble, d'un
excédent de 7,7 milliards de dollars E.-U. à
un déficit de 8,6 milliards de dollars E.-U. en 1993.
16. Au cours des 15 prochaines années, les perspectives
économiques devraient s'améliorer par rapport aux
années précédentes, avec des gains modestes
estimés à 0,7 pour cent par an en termes de
PIB par habitant. Quant à la croissance de la production
vivrière, elle devrait s'accélérer pour atteindre
2,8 pour cent, mais ce résultat n'aurait pour effet
que de stabiliser la production alimentaire par habitant, jusqu'ici
en déclin. Les besoins d'importations de denrées
alimentaires de la région devraient encore augmenter, les
importations nettes de céréales atteignant, selon
les prévisions, près de 50 millions de tonnes
d'ici 2010. L'augmentation des besoins d'importations et des besoins
d'aide alimentaire pour l'ensemble de la région suscitent
des préoccupations, les indicateurs laissant actuellement
présager un resserrement de l'offre sur les marchés
et une réduction des stocks, en particulier de céréales,
avec leurs retombées négatives sur les prix à
l'importation et sur la disponibilité d'aide alimentaire
à moyen terme.
17. Selon les estimations actuelles, près de 35 pour
cent de la population de la région - soit près de
217 millions de personnes, dont 213 millions dans les
PFRDV - sont victimes de sous-alimentation chronique.
18. Sans pour autant minimiser les problèmes de répartition,
il faut souligner que, dans de nombreux pays, cette situation
est en grande partie attribuable au faible apport énergétique
quotidien par habitant. Ainsi, pour les PFRDV d'Afrique, qui représentent
87 pour cent de la population de la région, cet approvisionnement
était en moyenne de 2 210 calories pour la période
1990-92, contre 2 520 calories pour l'ensemble des pays en
développement.
19. Une récente étude du Fonds international de
développement agricole (FIDA) désigne comme étant
les plus vulnérables à l'insécurité
alimentaire, trois groupes distincts de population rurale de la
région: les petits exploitants agricoles, qui représentent
73 pour cent de la population rurale dans les pays étudiés;
les pasteurs nomades, soit 13 pour cent de la population
rurale; et, chevauchant les deux groupes, les ménages dirigés
par des femmes, soit 31 pour cent des ménages ruraux.
La cause principale de l'insécurité alimentaire
parmi les petits exploitants ruraux est la stagnation de la production
agricole; s'agissant des pasteurs nomades, l'insécurité
tient à la faible productivité inhérente
à un système d'élevage du bétail resté
à l'écart du courant général de développement.
Le phénomène de l'insécurité alimentaire
qui frappe les ménages dirigés par des femmes aurait
pour cause les difficultés économiques et sociales,
de même que les migrations et les guerres civiles.
20. Côté approvisionnements, l'insécurité
alimentaire dans une bonne partie de la région est liée
à deux phénomènes: la croissance insuffisante
de la production agricole due à la faible productivité
de la main-d'oeuvre et des terres; l'instabilité marquée
de la production. Ce constat, qui vaut pour l'ensemble de la région,
est encore plus aigu pour les zones intertropicales. Ainsi, pour
la période s'étendant de 1970 à 1992, les
variations estimées de la production céréalière
dépassaient 10 pour cent dans 30 pays, mais elle
était supérieure à 20 pour cent dans
14 autres pays. Certaines années, les déficits
de production étaient extrêmement élevés:
au Libéria, le déficit de production céréalière
a dépassé 50 pour cent entre 1990 et 1992,
il a atteint près de 50 pour cent au Soudan en 1987,
1989 et 1990, et il a dépassé 40 pour cent
au Botswana de 1985 à 1987 et en 1992. De surcroît,
les fluctuations de la production au cours des années 80
se sont nettement accentuées par rapport aux années
70, puisqu'elles ont atteint 80 pour cent pour l'ensemble
de la région.
21. Compte tenu de la part occupée par les céréales
dans le régime alimentaire, soit près de 50 pour
cent des calories absorbées, et de la capacité d'importation
insuffisante de nombreux pays de la région, les fluctuations
de la production céréalière ont contribué
à l'instabilité des approvisionnements alimentaires,
cette instabilité se communiquant à la consommation.
On a estimé que les fluctuations de l'apport énergétique
alimentaire, sous toutes ses formes, s'étaient accentuées
dans 20 pays au cours des années 80, cet écart
dépassant 5 pour cent pour 13 d'entre eux. Selon les
études de la FAO, tout déficit de consommation humaine
dépassant, au niveau national, 5 pour cent des approvisionnements
alimentaires globaux, pourrait avoir de graves répercussions
au plan de la nutrition. Or, des déficits successifs d'une
telle ampleur sont loin d'être rares dans la région.
22. On a assisté a une croissance en nombre, en échelle
et en intensité des crises alimentaires atteignant l'Afrique,
tant en raison des catastrophes naturelles, notamment les sécheresses,
que des calamités provoquées par l'homme, parmi
lesquelles les tensions et les guerres civiles. Ces dernières,
avec leurs cortèges de conséquences, sont aujourd'hui
la cause la plus grave d'insécurité alimentaire
dans une bonne partie de la région. Ainsi, dans les pays
couverts par l'Office intergouvernemental pour la lutte contre
la sécheresse et pour le développement, près
de 45 millions de personnes, soit environ la moitié
de la population, auraient été victimes de l'insécurité
alimentaire en 1990 - dont 45 pour cent entraient dans la
catégorie des réfugiés et des personnes affectées
par la guerre. En 1994, sur un total mondial de 32 millions
de victimes de catastrophe recevant des secours du Programme alimentaire
mondial (PAM), 21,5 millions vivaient en Afrique, dont près
des deux tiers étaient des victimes de catastrophes engendrées
par l'homme, réparties comme suit: Afrique occidentale
et Afrique centrale, 4,6 millions, Corne de l'Afrique et
Afrique orientale, 3,9 millions et Afrique australe, 5,6 millions.
23. Selon les projections de la FAO s'étendant jusqu'à
2010, alors que l'on pourrait tabler, durant la période
en cause, sur une croissance de la production agricole plus rapide
que celle des années précédentes, il est
peu probable que les gains par habitant suivent le mouvement,
à moins que l'on ne prenne des mesures exceptionnelles
pour exploiter de façon plus intense le potentiel de production.
L'augmentation prévue de la production se répartit
ainsi: augmentation du rendement des récoltes (53 pour
cent), extension des zones arables (28 pour cent) et intensification
des cultures (19 pour cent).
24. La surface totale des terres qui, dans la région, présentent
un potentiel arable, a été estimée à
1 040 millions d'hectares. Selon l'étude Horizon
2010, la surface cultivée devrait augmenter de 18 pour
cent et la surface récoltée de 33 pour cent,
la différence étant attribuable à une certaine
amélioration de l'intensité de culture. Il existe
encore une marge disponible pour les mises en cultures dans la
région, mais moins que le pourcentage estimé de
terres potentiellement productives mais inexploitées dans
les zones intertropicales (70 pour cent). Une bonne partie
de ces terres sont occupées par des forêts, des établissements
humains et des zones protégées. En outre, la mise
en exploitation du potentiel a été ralentie par
les contraintes liées au terrain et aux caractéristiques
du sol dans les systèmes de cultures non irriguées,
mais aussi par les maladies qui affectent de vastes zones aptes
à la production vivrière. La fragilité de
la structure des sols dans bon nombre de ces zones nécessite
l'adoption de nouvelles techniques et de nouveaux systèmes
d'exploitation, rendant toujours plus onéreuse la mise
en production de nouvelles terres dans des conditions préservant
la durabilité. Par ailleurs, il est largement admis que,
si l'on veut que l'expansion des terres cultivées ou l'intensification
de l'exploitation des ressources existantes donne des résultats
durables, il faut que la plupart des pays de la région
s'emploient à consolider les institutions qui règlementent
le régime foncier. En d'autres termes, avant que l'on ne
puisse diffuser largement de nouvelles techniques, une clarification
des droits d'utilisation des terres mises en production s'impose,
de même que l'appui des institutions nationales.
25. Le succès du Programme de lutte contre l'onchocercose,
qui a permis d'éliminer cette maladie de nombreuses vallées
fluviales dans 11 pays, illustre bien la façon dont
la lutte contre une maladie peut promouvoir une utilisation efficace
du patrimoine foncier. Selon une estimation prudente, les terres
arables ainsi récupérées se chiffrent à
8 millions d'hectares, pour un total de 22 millions
d'hectares actuellement cultivés dans ces pays.
26. Il est encore possible d'améliorer considérablement
la productivité, grâce à un meilleur emploi
de l'eau et à un recours accru aux nutriments des plantes.
En effet, l'irrigation n'intéresse aujourd'hui que 10 millions
d'hectares en Afrique. Cependant, s'il demeure un vaste potentiel
d'expansion et d'amélioration dans ce domaine, il existe
aussi des contraintes qui ralentissent le progrès, si bien
que ce dernier n'a été que d'environ 1 pour
cent par an au cours des 15 dernières années.
Selon les projections d'Horizon 2010, on assistera à une
augmentation de 2 millions d'hectares, soit 4 pour cent
de la surperficie arable du continent africain d'ici l'an 2010.
Toutefois, plusieurs facteurs laissent présager un ralentissement
du processus d'irrigation sur grande échelle, notamment
en raison des coûts croissants d'installation, des problèmes
de main-d'oeuvre et des mesures de protection contre les dégradations
causées, entre autres, par l'engorgement et la salinité,
mesures qui augmentent encore les coûts d'irrigation. Compte
tenu, en outre, de l'utilisation inefficace de l'eau, il est probable
que l'on accordera la priorité à une meilleure efficacité
à l'exploitation plutôt qu'à l'expansion des
zones irriguées. Soulignons cependant le potentiel important
de certaines technologies peu coûteuses et extrêmement
rentables, qui permettent de mieux contrôler l'utilisation
de l'eau, assurant une meilleure productivité et une moindre
instabilité des récoltes.
27. L'application d'engrais, qui est de l'ordre de 21 kg
par hectare pour l'ensemble de la région, mais seulement
de 11 kg/ha dans les zones intertropicales, se concentre
sur un nombre relativement limité de pays; l'utilisation
d'engrais est très faible dans la plupart d'entre eux,
même si, dans la pratique, cela est dû essentiellement
aux superficies fertilisées plutôt qu'à l'intensité
de traitement; en effet, une bonne part des terres cultivées
ne reçoivent pas d'engrais minéraux. Quant à
l'exploitation excessive du sol, c'est-à-dire l'absorption,
par les plantes, d'une quantité d'éléments
nutritifs du sol supérieure à celle restituée
à la terre, elle fait déjà figure de problème
inquiétant et entrave la croissance de la production. Selon
une étude sur l'Afrique intertropicale, 9 millions
de tonnes de nutriments végétaux ont été
perdus en 1983, ces pertes pouvant atteindre 13 millions
de tonnes d'ici l'an 2000.
28. L'exploitation excessive du sol a des conséquences
tant pour la production que pour la conservation des sols. La
couverture végétale, essentielle au ralentissement
de l'érosion des sols et à la conservation de leur
humidité, dépend en effet de leur fertilité.
Par un usage plus étendu et plus rationnel des éléments
nutritifs végétaux, et en s'appuyant sur des pratiques
de gestion améliorées telles que les systèmes
de nutrition intégrée des plantes, qui optimisent
les apports de matières organiques et augmentent la fixation
biologique, on atténue les effets de l'exploitation excessive
et on renforce la conservation des terres. La question d'une utilisation
plus large des systèmes de nutrition et de protection intégrées
des plantes revêt donc une grande importance, étant
donné que l'on ne peut espérer une augmentation
sensible de la production vivrière que si l'on met ces
procédés à la disposition d'un grand nombre
de petits exploitants de la région (accessibilité
qui doit être tant matérielle qu'économique).
29. Si l'on veut améliorer l'utilisation de l'eau, le recours
à la nutrition et à la protection intégrées
des plantes, l'emploi de semences de qualité et d'intrants
modernes ainsi que les systèmes de gestion de la production
vivrière, il faut s'engager résolument dans la recherche
et améliorer les techniques de divulgation. Cependant,
bon nombre de pays de la région pâtissent encore
d'un legs colonial, celui d'une recherche agricole orientée
vers les cultures d'exportation au détriment des cultures
vivrières indigènes. Aux difficultés que
rencontrent les efforts pour renverser cette tendance, s'ajoute
le manque d'intérêt manifesté à l'égard
de la plupart des cultures vivrières africaines, telles
que mil, sorgho, manioc, igname, dolique, banane, plantain et
légumes traditionnels, par les organismes qui se trouvent
à la pointe de la recherche dans le reste du monde. Il
s'ensuit que l'Afrique est à la traîne de la plupart
des autres régions en développement pour ce qui
est de la création de variétés et de techniques
améliorées et adaptables localement. L'intensification
des efforts de recherche dans cette direction représente
donc une tâche prioritaire pour l'avenir; il importe également,
dans une perspective de stabilisation de la production vivrière,
d'améliorer les espèces végétales
résistantes à la sécheresse et de mettre
au point des systèmes de cultures diversifiées capables
de subsister en dépit de pluies insuffisantes et irrégulières.
30. Il n'existe cependant pas un large éventail de techniques
agricoles prêtes à l'emploi, applicables immédiatement
sur le terrain africain avec, au besoin, quelques modifications.
On dispose toutefois, aujourd'hui, d'un meilleur matériel
génétique pour toute une série de zones écologiques,
et les observations concrètes indiquent que les cultures
vivrières réagissent très favorablement à
la nutrition et à la protection intégrée
des plantes. Ainsi, il n'est pas rare d'observer des écarts
de 60 à 100 pour cent entre les rendements expérimentaux
et ceux des exploitations; cependant, on ne peut espérer
réduire ces écarts de façon appréciable
sans agir sur un grand nombre de paramètres qui rendent
les nouvelles techniques attrayantes et accessibles aux producteurs
dont les ressources sont limitées. Il faudra, entre autres,
élaborer des politiques appropriées au niveau macro-économique
comme au niveau sectoriel, afin d'encourager le petit exploitant
moyen à adopter ces techniques, en les mettant notamment
à la portée de sa bourse.
31. La production de bétail est un facteur important de
la sécurité alimentaire, et elle peut atténuer
les problèmes de fluctuation et de disponibilité
des denrées alimentaires en Afrique. La présence
d'animaux renforce la stabilité économique de l'exploitation
agricole, en offrant un volant de trésorerie de même
qu'une réserve en capital, mais aussi une protection contre
l'inflation, et contre les risques qui menacent plus directement
les denrées. Dans un système d'exploitation intégrée,
les animaux permettent de valoriser les résidus et déchets
agricoles, et les animaux de trait constituent une source renouvelable
d'énergie produite sur place. Enfin, le fumier animal est
un excellent fertilisant organique de même qu'une source
importante de combustible, soit d'emploi direct, soit après
traitement dans des étuves à biogaz.
32. Les progrès en matière de production animale
sont malheureusement entravés par les maladies, et notamment
par les épidémies qui peuvent se propager rapidement
au-delà des frontières et décimer le bétail
dans toute l'Afrique. La peste bovine est à mettre au premier
rang de ces fléaux, en dépit des récents
progrès dans les opérations de lutte. Mais il faut
également citer la mouche tsé-tsé qui, en
transmettant cycliquement la trypanosomiase aux humains comme
aux animaux domestiques, hypothèque gravement la production
animale, l'utilisation des ressources naturelles et les implantations
dans de vastes régions de l'Afrique. Diverses mesures permettent
cependant de prévenir efficacement les maladies: renforcement
des systèmes d'alerte rapide, réaction prompte et
coordonnée, et recherche appliquée. Mais, la sécurité
alimentaire passe par une application prioritaire des programmes
de lutte contre les maladies animales et contre les ravageurs.
33. Les échanges commerciaux sont un allié indispensable
sur la voie de l'amélioration et de la stabilisation, à
moindre coût, de la consommation alimentaire. Cependant,
le cadre général dans lequel s'effectuent les exportations
de la région, étroitement tributaires des recettes
provenant de quelques denrées de base, s'est considérablement
détérioré depuis le début des années
80. L'indice illustrant les termes de l'échange des produits
agricoles pour l'Afrique est tombé de 100, en 1980, à
64 en 1991, témoin d'une grave réduction du pouvoir
d'achat des exportations agricoles. Ce déclin marqué
reflète avant tout la chute des prix des denrées
d'exportation fondamentales, alors que, parallèlement,
les prix de certains produits minéraux et forestiers faisaient
preuve d'une meilleure tenue. Ainsi, en 1992, les prix réels
à l'exportation du café et du cacao avaient chuté
de 69 pour cent depuis le début des années
80, l'huile de palme de 49 pour cent, le sisal et le coton
de 47 pour cent.
34. En 1994 et en 1995, les prix internationaux des principales
denrées exportées par la région ont soudainement
augmenté, permettant aux pays exportateurs de réaliser
des gains substantiels. Mais il ne s'agissait que d'une flambée
due à des facteurs passagers tels que les déficits
de production liés au mauvais temps, associés à
de faibles niveaux de stocks et à des ajustements de l'offre
à des conditions de marché initialement défavorables.
Au demeurant, ce phénomène éphémère
montre déjà des signes de ralentissement; dans certains
cas, la tendance s'est même renversée.
35. Ce déclin sur la longue durée des prix réels
reflétait en partie l'application de changements technologiques
porteurs d'une réduction des coûts - surtout constatée
dans d'autres régions -, les fluctuations des barrières
tarifaires et non tarifaires dans certains des principaux marchés
d'importation, la faible élasticité revenu de la
demande de denrées africaines dans la plupart des principaux
marchés d'importation, ainsi que l'adoption généralisée,
par les pays de la région, de politiques visant à
réduire la taxation directe et indirecte des cultures d'exportation.
En outre, les dévaluations et l'allégement des droits
perçus sur les denrées de base ont stimulé
la production des cultures traditionnelles d'exportation, alors
même que les prix mondiaux pour ces produits étaient
en déclin. C'est ainsi que la dévaluation de 50 pour
cent du franc CFA, au début de 1994, a joué dans
ce contexte un rôle considérable, d'autant qu'elle
coïncidait avec une période exceptionnelle de relèvement
des prix internationaux des denrées de base. Cependant,
étant donné que de nombreux pays en développement
du continent africain avaient entrepris des ajustements structurels
tournés vers les exportations, on a généralement
assisté a une augmentation de l'offre globale et à
un déclin parallèle des prix. Au bout du compte,
même dans les cas où une augmentation en volume des
exportations africaines avait été enregistrée,
les recettes, mesurées en termes réels, avaient
décliné.
36. Cependant, s'agissant toujours des prix des denrées
de base, les perspectives sont meilleures que pour les années
80, à vrai dire catastrophiques. Les projections récentes
indiquent que les cours devraient augmenter pour les hydrocarbures
comme pour les autres produits de base : il en va ainsi pour le
café, le cacao et le thé d'ici l'an 2000; en revanche,
le prix des produits pour boissons ne devrait pas retrouver les
niveaux de 1989, et moins encore les sommets atteints en 1984.
Les produits du secteur primaire tels que le coton, le caoutchouc
et le bois d'oeuvre, devraient aussi connaître une appréciation.
Cependant, les modifications structurelles et le comportement
des marchés internationaux des denrées contraindront
les pays à adopter de nouvelles approches et de nouvelles
stratégies, s'ils veulent réaliser des gains durables
sur ces marchés.
37. Les perspectives médiocres de croissance des échanges
commerciaux avec les pays développés ainsi que la
sous-alimentation massive dont souffre la région devraient
inciter les pays concernés à renforcer les échanges
intrarégionaux de denrées alimentaires. Selon les
études de la FAO, les factures d'importation des principales
denrées agricoles que doivent supporter les pays en développement
de l'Afrique pourraient, d'ici l'an 2000, augmenter de 5,5 milliards
de dollars E.-U. par rapport à la fin des années
80, chiffre auquel il faut ajouter 0,1 milliard de dollars
E.-U. par suite de la réduction des subventions aux exportations.
Les recettes d'exportation concernant les principales denrées
agricoles - à l'exclusion, toutefois, de plusieurs produits
importants - pourraient augmenter de 3,2 milliards de dollars
E.-U., montant dont il faut déduire la perte éventuelle
de régimes préférentiels, soit 0,2 milliard
de dollars E.-U. Quelle que soit l'optique adoptée, ce
résultat n'est guère satisfaisant. Si l'on tient
compte des autres denrées agricoles, à supposer
que leur valeur augmente dans les mêmes proportions que
celles incluses dans notre étude, les pays en développement
de l'Afrique pourraient passer d'un excédent d'exportation
de 1 milliard de
dollars E.-U. en 1987-89 (calcul effectué en prix franco
à bord), à un déficit de 500 millions
de dollars E.-U. en l'an 2000, ce résultat incorporant,
entre autres, les effets du Cycle d'Uruguay.
38. La Banque mondiale a estimé la dette extérieure
totale de l'Afrique a environ 289 milliards de dollars E.-U.
en 1993, contre 84 milliards de dollars E.-U. en 1980. Le
rapport entre le service de la dette et les recettes d'exportation,
qui était de 7,4 pour cent en 1980, a atteint 23 pour
cent en 1993. Alors que l'aide publique au développement
(APD) dont a bénéficié l'Afrique a elle aussi
augmenté, passant de 14 milliards de dollars E.-U.
au début des années 80 à environ 23 à
25 milliards annuels durant la période 1990-94, les
flux financiers privés (prêts bancaires, crédits
à l'exportation et investissements étrangers directs)
ont enregistré un déclin substantiel. Les investissements
étrangers directs, qui sont l'un des vecteurs de propagation
du savoir-faire technologique, demeurent très faibles,
et intéressent pour l'essentiel les pays exportateurs d'hydrocarbures
et de minerais.
39. Les observations effectuées donnent à penser
que, pour la majorité des pays de la région, les
apports extérieurs de ressources leur ont à peine
permis de compenser la dégradation des termes de l'échange,
sans même parler de nouveaux investissements. Selon une
estimation, 21 des 25 pays étudiés ont subi
une dégradation des termes de l'échange, avec un
déclin moyen voisin de 30 pour cent, soit près
de 8 pour cent du PIB. Pour 6 de ces 21 pays, les flux
d'aide publique au développement ont compensé cette
dégradation, alors que la compensation n'a été
que partielle pour 10 d'entre eux, et que cinq pays subissaient
à la fois une détérioration des termes de
l'échange et un déclin des flux d'aide extérieure.
Selon l'étude prospective de la Banque mondiale, il faudrait,
au cours des années 90, relever d'environ 9 pour cent le
PIB de la région, au moyen d'apports complémentaires
extérieurs, pour lui permettre d'atteindre un taux de croissance
de 1 à 2 pour cent par habitant. Mais l'on pense
que cette estimation est encore bien prudente.
40. Dans la plupart des pays de la région, les réformes
se déroulent le plus souvent dans le cadre des programmes
d'ajustement structurel, programmes dont le taux de succès
est loin de faire l'unanimité. Dans une récente
étude, la Banque mondiale conclut que l'amélioration
de l'environnement macro-économique intérieur est
à l'origine de la croissance constatée récemment
dans les pays de la région. Il n'en demeure pas moins que
le tableau d'ensemble met en relief les grosses difficultés
auxquelles se heurtent les mesures d'ajustement et de stabilisation,
le coût social élevé des phases initiales
de leur mise en oeuvre, et des résultats macro-économiques
affligeants dans la plupart des pays. Quoi qu'il en soit, l'expérience
a indéniablement démontré que les programmes
d'ajustements structurels doivent impérativement intégrer
un volet assurant la protection de la sécurité alimentaire.
41. Contrairement aux approches antérieures en matière
de réforme, qui privilégiaient l'incitation par
les prix, les démarches les plus récentes mettent
l'accent sur la réduction des contraintes pesant sur les
ressources, afin de permettre à la production de répondre
aux signaux du marché. Ces mesures comprennent le renforcement
de l'infrastructure agricole, l'atténuation de la pauvreté,
l'amélioration de l'instruction et de la santé publique,
de même que la préservation de l'environnement et
des ressources naturelles. Etant donné que ces investissements
portent le plus souvent sur des biens d'intérêt public,
ils ne font que démontrer le rôle effectif que l'Etat
devrait jouer dans le développement, mais sous une forme
différente - c'est-à-dire offrir des biens d'intérêt
public et créer un contexte propice à la croissance
dans la concurrence plutôt qu'intervenir directement sur
les mécanismes de production et de distribution.
42. Les mesures de sécurité alimentaire disposent,
sur le continent africain, d'un immense champ d'action potentiel,
qu'il s'agisse de répondre aux situations chroniques d'insécurité
alimentaire ou d'apporter un secours en situation de crise. Bien
que les interventions directes visant spécifiquement les
catégories les plus pauvres et les plus vulnérables
constituent la méthode la plus économique, dans
la pratique, de nombreux systèmes nationaux d'aide alimentaire
profitent également aux populations riches et urbaines,
au détriment des ménages pauvres, ruraux et marginalisés.
C'est dire si l'appui politique à la poursuite de telles
interventions est fort, malgré leur coût élevé,
qui représenterait, dans certains pays, entre 10 et 20 pour
cent du PIB. Or, si elle est difficile, l'aide ciblée n'est
pas impossible et il existe de nombreux exemples de ciblage réussi,
dont celui basé sur des critères géographiques
et sur un choix de denrées consommées par les catégories
pauvres.
43. Le projet de déclaration du Sommet mondial de l'alimentation
appelle toutes les parties à réaffirmer leur engagement
à l'égard de politiques grantissant des disponiblités
alimentaires stables et adéquates, de même que l'accès
à une alimentation adéquate pour tous. Le Plan d'action
du Sommet, dans sa version provisoire, exhorte chaque pays à
choisir sa propre stratégie en matière de sécurité
alimentaire, étant donné que la situation varie
considérablement d'un pays à l'autre.
44. En Afrique, la gravité de l'insécurité
alimentaire exige des stratégies visant à résoudre
un large éventail de problèmes liés au développement
au niveau général ou sectoriel. Si des mesures adéquates
ne sont pas adoptées avec la plus grande vigueur et sans
délai, par les autorités nationales comme par la
communauté internationale, la situation déjà
désastreuse que connaissent de nombreux pays risque d'échapper
à tout contrôle. De même, en l'absence de mesures
exceptionnelles pour accélérer la lutte contre la
sous-alimentation, les 36 pays dont au moins 20 pour
cent de la population est sous-alimentée continueront,
en l'an 2010, d'appartenir à cette catégorie à
une seule exception près.
45. Si l'on se base sur les données de 1990-92, il faudrait,
pour amener tous les habitants de l'Afrique souffrant de sous-
alimentation à un niveau de nutrition adéquat, prévoir
un complément quotidien d'environ 637 calories. Cela équivaut,
si l'on suppose que les céréales assurent 60 pour
cent de l'apport calorique, à 8,4 millions de tonnes supplémentaires
de céréales, soit environ
10 pour cent de la production régionale au cours des dernières
années. D'ici l'an 2010, compte tenu des prévisions
concernant la sous-alimentation, le complément calorique
requis par personne sous-alimentée serait de 616 calories,
soit, au niveau global, 12 millions de tonnes de céréales.
Ces estimations illustrent l'ordre de grandeur minimale des volumes
supplémentaires de denrées dont il faudrait disposer
pour combler le déficit alimentaire régional affectant,
aujourd'hui et dans un avenir prévisible, les populations
sous-alimentées. Toutefois, étant donné qu'il
serait peu réaliste de penser que ces compléments
bénéficieraient exclusivement aux populations sous-alimentées,
il faudrait, pour réduire substantiellement les déficits
dont elles sont victimes, calculer beaucoup plus largement les
volumes nécessaires.
46. Toute réduction significative de l'insécurité
alimentaire liée à la pauvreté doit s'appuyer
sur une relance durable de la croissance économique de
l'Afrique, en particulier dans le secteur agricole, compte tenu
de la forte dépendance de la plupart des économies
de la région à l'égard de ce secteur. Une
agriculture prospère et productive servirait ainsi de moteur
de l'économie, assurerait l'approvisionnement alimentaire,
créerait des emplois et alimenterait l'épargne tout
en élargissant les débouchés pour les biens
produits par le secteur industriel. Comme nous l'avons fait observer
précédemment, la région offre un immense
potentiel, à ce jour non exploité, d'expansion de
la production agricole et alimentaire. C'est cette mise en exploitation
qui doit constituer la grande priorité et qui nécessite
des initiatives concrètes concernant le secteur agricole
et la politique alimentaire.
47. L'Afrique, qui compte plus de la moitié du nombre total
des pays à faible revenu et à déficit vivrier
(PFRDV), est la seule région dont la situation en matière
de sécurité alimentaire s'est aggravée, au
lieu de s'améliorer, au cours des dernières décennies.
Outre le nombre croissant de personnes exposées chroniquement
à l'insécurité alimentaire, qui risque d'atteindre
environ un tiers de la population de la région en 2010,
le nombre des réfugiés et personnes déplacées,
tant pour des causes humaines que naturelles, est également
en hausse. Les besoins d'intervention d'urgence absorbent une
part considérable des ressources nationales et internationales
aux dépens du développement à plus long terme.
48. Pour que la sous-alimentation en Afrique reste très
en dessous des niveaux actuellement prévus pour l'an 2010,
il faut agir avec vigueur pour augmenter les revenus et le volume
de l'aide alimentaire et accroître ainsi l'ensemble des
disponibilités vivrières ainsi que l'accès
aux vivres. A cet effet, aucun effort ne doit être épargné
pour améliorer l'environnement macroéconomique,
institutionnel et structurel, en donnant la priorité au
développement des secteurs alimentaires et agricoles, afin
que les hausses de la production vivrière dépassent
sensiblement les taux de croissance démographique. Pour
atteindre des niveaux aussi élevés de croissance
de la production, il faudra obtenir des gains notables de productivité
du travail et de la terre, étant donné les contraintes
physiques et environnementales, qui limitent l'expansion des terres
cultivables, et les taux élevés de la croissance
démographique et de l'urbanisation. Il faudra également
renforcer l'aménagement et la production des ressources
halieutiques, étant donné la part importante du
poisson dans la sécurité alimentaire de la région.
Il faudra, dans le même temps, prendre des mesures urgentes
pour créer les infrastructures et les systèmes de
commercialisation permettant un approvisonnement alimentaire régulier
des populations urbaines et rurales, à des coûts
raisonnables.
49. Toutefois, pour garantir la sécurité alimentaire
du continent, il faudra que les augmentations de production vivrière
aillent de pair avec des mesures visant à assurer des volumes
suffisants d'importations. Ceci implique, d'une part, des actions
énergiques pour accroître la capacité d'exportation
des pays de la région afin qu'ils puissent financer des
importations alimentaires commerciales et, d'autre part, une volonté
de la communauté internationale de fournir une aide alimentaire
suffisante. Il faut améliorer l'accès aux vivres
grâce à un développement économique
général, avec un effort particulier dans le secteur
rural, mais il faut également entreprendre des programmes
spéciaux en faveur des groupes pauvres et vulnérables.
50. On estime qu'il faudra un investissement annuel d'environ
10 milliards de dollars E.-U. (dollars de 1993) pour obtenir une
croissance annuelle de la production agricole primaire correspondant
aux prévisions actuelles de la FAO (2,9 pour cent) pendant
la période allant
jusqu'en l'an 2010. Ce taux de croissance permettrait à
sept pays seulement de dépasser le niveau de 2 700 calories
par habitant en 2010, les sept pays qui sont déjà
sur le point d'atteindre cet objectif. Pour que les 35 autres
pays atteignent un apport moyen de 2 700 calories, il faudrait,
en supposant une augmentation parallèle des importations,
que le taux de croissance de la production passe de 3,0 pour cent,
comme prévu actuellement, à 4,5 pour cent par an
(et de 2,9 à 4,5 pour cent par l'ensemble de la région).
Dans une telle hypothèse, les investissements annuels dans
la région devraient doubler et passer de 10 à 20
milliards de dollars E.-U. Des taux de croissance de cet ordre
soulèveraient d'immenses difficultés, mais ils donnent
une mesure des efforts à faire pour obtenir une amélioration
sensible de la sécurité alimentaire en Afrique.
51. Dans le cadre du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation,
les mesures prioritaires suivantes, spécifiques à
la région, devront être prises pour améliorer
rapidement la sécurité alimentaire en Afrique:
52. Les tensions politiques, les guerres, les troubles intérieurs
et les exodes de réfugiés qui ont frappé
la région ont été les principaux facteurs
d'insécurité alimentaire. La réalisation
des objectifs de sécurité alimentaire dépendra
fondamentalement de l'aptitude des dirigeants africains à
résoudre les problèmes de cet ordre, ou tout au
moins à les réduire notablement, et à mettre
en place des institutions politiques stables et participatives.
Lors des conflits armés, le respect du droit aux vivres
des populations menacées suppose le droit de passage et
la non-utilisation de l'arme alimentaire.
53. Des systèmes de gestion macroéconomique axés
sur le marché ont été largement adoptés
dans l'ensemble de la région, notamment dans le cadre de
programmes de stabilisation et d'ajustement structurel mis en
place avec l'aide d'institutions financières internationales.
Toutefois, la mise en oeuvre des réformes a progressé
de façon inégale, de nombreux pays ont rencontré
de grandes difficultés pour réduire l'intervention
de l'Etat et libéraliser les marchés, et le processus
initial de réformes a eu des répercussions négatives,
particulièrement sur les producteurs et consommateurs de
produits alimentaires à faible revenu, qui bien souvent
ne pouvaient pas compter sur les dispositfs de sécurité
requis. De plus, le bilan des réalisations macroéconomiques
a souvent été décevant.
| 54. | a) | Assurer la paix, la stabilité et la participation sociale pour parvenir à la sécurité alimentaire dans la région; |
| b) | Améliorer l'environnement économique pour garantir la sécurité alimentaire; il faut, dans cette optique, veiller à la stabilité macroéconomique et faire davantage appel aux marchés et aux agents privés, pour assurer une redistribution efficace de ressources en faveur de l'agriculture, ainsi qu'une croissance et un développement rural accélérés et autonomes; | |
| c) | Poursuivre et intensifier une réforme économique et sectorielle à visage humain qui vise la stabilité et la croissance en même temps que des objectifs sociaux et écologiques. |
| 55. | a) | Assurer la participation de tous les composants de la société civile grâce à des institutions politiques participatives et stables; |
| b) | Mobiliser les initiatives nationales, régionales et internationales pour empêcher les conflits et résoudre les crises; | |
| c) | Accompagner les réformes, orientées vers une économie de marché, de dispositifs de sécurité sociale permettant d'assurer l'accès aux vivres et, généralement, la protection des groupes les plus vulnérables; | |
| d) | Identifier et éliminer les mesures discriminatoires à l'égard des secteurs agricoles et alimentaires; | |
| e) | Réduire encore les interventions des pouvoirs publics ayant des effets de distorsion sur la commercialisation et les prix; | |
| f) | Offrir des incitations commerciales pour encourager le secteur privé à faire des investissements et à entreprendre des activités de production dans le secteur agricole; | |
| g) | Consacrer une part suffisante des fonds publics à la création prioritaire d'une infrastructure adéquate et des services de soutien nécessaires au développement agricole et rural; | |
| h) | Assurer les financements extérieurs nécessaires aux réformes. |
56. Un des principaux champs d'intervention est celui des conditions
d'accès aux vivres des groupes pauvres et vulnérables
à la fois dans les zones urbaines et rurales. De nombreux
systèmes alimentaires nationaux existant aujourd'hui en
Afrique n'assurent pas une protection suffisante aux groupes les
plus pauvres et les plus vulnérables, notamment dans les
campagnes, mais bénéficient plutôt aux populations
riches et urbaines. En outre, les mesures implicites ou explicites
de subventions alimentaires généralisées,
non ciblées, en faveur des zones urbaines, sont souvent
onéreuses. En fait, l'expérience montre que les
subventions alimentaires généralisées ont
une efficacité douteuse lorsqu'il s'agit d'assurer un régime
alimentaire suffisant à ceux qui en ont besoin (ces subventions
bénéficient à tous, leur distribution est
régressive, leur maintien coûte cher, et, selon leur
niveau, elles peuvent constituer un facteur de distorsion économique).
Il faut mettre en place des programmes efficaces de transfert
de revenus pour que les ressources limitées qui peuvent
être dégagées atteignent les plus démunis.
57. Assurer aux groupes les plus pauvres et vulnérables
l'accès à une alimentation suffisante, à
la fois dans les campagnes et dans les villes, à un coût
raisonnable pour la société.
| 58. | a) | Identifier les groupes vulnérables exposés à l'insécurité alimentaire dans les zones tant rurales qu'urbaines (par exemple, les petits exploitants, les éleveurs nomades, les ménages sans travail, les ménages dirigés par des femmes, les vieillards et les handicapés) et en faire les groupes cibles des actions de sécurité alimentaire; |
| b) | Prendre les mesures nécessaires pour augmenter la production et l'autosuffisance des groupes vulnérables; | |
| c) | Mettre en oeuvre des programmes d'emploi et de "vivres-contre-travail" à la lumière d'expériences similaires, réalisées sur le continent ou ailleurs. |
59. Même si le scénario se vérifie favorable
en ce qui concerne le développement économique et
agricole, ainsi que l'expansion de la production vivrière
nationale, des recettes d'exportation et des revenus, l'aide alimentaire
restera à court et moyen termes, indispensable à
la sécurité alimentaire du continent africain, à
la fois pour répondre aux situations d'urgence et aux conséquences
des variations saisonnières des disponibilités vivrières,
et pour assurer un approvisionnement global suffisant des marchés
intérieurs. Et pourtant, au cours des dernières
années, les livraisons d'aide alimentaire en provenance
des pays développés ont diminué.
| 60. | a) | Maintenir un volume approprié d'aide alimentaire afin de répondre aux situations d'urgence et aux variations saisonnières, et d'assurer des disponibilités vivrières suffisantes pour couvrir les besoins des groupes pauvres et vulnérables; |
| b) | Minimiser les effets négatifs des livraisons d'aide alimentaire sur les incitations destinées aux producteurs nationaux. |
| 61. | a) | Garantir et fournir un volume d'aide alimentaire permettant de couvrir les besoins des pays importateurs, à la fois pour l'aide d'urgence et l'approvisionnement adéquat des marchés intérieurs, en faveur notamment des groupes vulnérables; |
| b) | Promouvoir, le cas échéant, des opérations triangulaires d'aide alimentaire, et contribuer ainsi à encourager la production vivrière du pays et du continent; | |
| c) | Améliorer la conception des programmes d'aide alimentaire visant des objectifs de sécurité alimentaire; | |
| d) | Concevoir des programmes nationaux et internationaux pour mettre en place des stratégies de planification des secours en cas de catastrophe, ainsi que de passage d'une aide d'urgence à une aide pour le développement, et ce aux niveaux national, régional et international; | |
| e) | Renforcer les systèmes d'alerte rapide aux niveaux national et régional. |
62. L'insécurité alimentaire est plus répandue
en Afrique que dans toutes les autres régions en développement,
et 42 pays du continent africain appartiennent au groupe des PFRDV.
Une des raisons fondamentales de cette situation est la faible
productivité de la production vivrière et agricole,
mais, dans le même temps, la plupart des pays ont le potentiel
nécessaire pour augmenter sensiblement leur production.
Etant donné les difficultés rencontrées pour
assurer le financement des aliments provenant de l'extérieur,
il est urgent de mobiliser les capacités intérieures
pour augmenter rapidement les disponibilités vivrières,
notamment dans les zones qui ont un potentiel élevé
en termes de productivité, de ressources durables et de
commercialisation, afin de couvrir les besoins des populations
croissantes des villes et des zones à déficit vivrier.
| 63. | a) | Augmenter rapidement les disponibilités vivrières d'au moins 90 pour cent d'ici l'an 2010 dans l'ensemble de la région, en donnant la priorité aux aliments de base, notamment dans les régions à potentiel élevé ayant des caractéristiques agro-écologiques favorables et une infrastructure permettant la distribution et la commercialisation des produits; |
| b) | Lancer, d'ici l'an 2000, dans les 42 PFRDV de la région, des programmes stratégiques ayant les objectifs ci-dessus afin de renforcer les centres nationaux capables d'assurer un approvisionnement alimentaire fiable; | |
| c) | Promouvoir une gestion durable des ressources naturelles en matière de production vivrière et agricole, moyennant l'utilisation de systèmes de culture et de modes de production adaptés aux zones à potentiel élevé et aux autres terres. |
| Au niveau national: | ||
| 64. | a) | Formuler et mettre en oeuvre des stratégies et programmes pour accroître rapidement la production vivrière et agricole dans des zones sélectionnées se prêtant bien à des hausses durables de productivité, à un coût raisonable, notamment par la spécialisation et la diversification de la production: d'ici l'an 2010, il faut que les terres non iriguées à potentiel élevé aient augmenté de 20 à 30 pour cent et les superficies irriguées, d'au moins 20 pour cent, avec une préférence pour les systèmes de maîtrise des eaux à faible coût, à petite échelle et à gestion individuelle; mettre progressivement en culture des zones convenant à la production agricole, notamment dans les 5,6 millions de km2 de la savanne humide, par le contrôle et l'éradication des maladies, comme l'onchocercose, la trypanosomiase et le paludisme; améliorer la fertilité des sols tropicaux appropriés par une application à grande échelle de phosphate naturel ou de chaux; |
| b) | Augmenter les rendements des cultures vivrières, notamment lorsqu'il s'agit de cultures de base et qu'il est possible de mobiliser durablement des ressources à potentiel élevé, par l'utilisation de techniques plus performantes adaptées à des systèmes de culture améliorés: en particulier, augmenter d'au moins 50 pour cent les rendements céréaliers; donner aux agriculteurs un plus large accès aux semences et au matériel végétal de qualité, notamment pour les céréales, les racines et tubercules, les plantains et les légumineuses: d'ici à l'an 2010, les semences améliorées devront couvrir au moins 15 pour cent des besoins des agriculteurs (environ 5 pour cent aujourd'hui); accroître et préserver la fertilité des sols et la nutrition des plantes, notamment par la promotion de techniques intégrées; | |
| c) | Améliorer l'efficacité de la gestion des eaux; notamment, accroître de 20 pour cent l'efficacité des systèmes existants de maîtrise des eaux, par leur modernisation et leur remise en état, le contrôle de la salinité et de l'engorgement, et une meilleure gestion de l'eau par les agriculteurs sur leurs exploitations; | |
| d) | Mettre au point et introduire des systèmes et techniques agricoles adaptés à une production durable dans les zones de cultures pluviales, comprenant une meilleure gestion par les agriculteurs du contrôle et de la conservation des eaux, et de l'humidité des sols; utiliser davantage les variétés culturales résistant à la sécheresse et aux maladies pour assurer une croissance régulière de la production et en réduire les variations; | |
| e) | Mettre au point et diffuser des pratiques de gestion pour la protection et la conservation des ressources en terres et en eaux, comprenant des systèmes de culture appropriés ainsi que le recours à la foresterie et aux arbres par la lutte contre la désertification; | |
| f) | Augmenter la productivité pour les produits de l'élevage (d'au moins 3 à 4 pour cent par an pour la viande et 3 pour cent pour le lait) grâce à une meilleure intégration de l'élevage et des cultures, aux services vétérinaires et à l'amélioration des races; améliorer la nutrition animale par des systèmes de gestion plus durables et plus efficaces des pâturages, comprenant la production de fourrages de meilleure qualité; | |
| g) | Réduire les pertes de produits alimentaires dans l'ensemble de la filière production-commercialisation-transformation, notamment pendant les opérations après-récolte, grâce à des pratiques plus efficaces et plus durables, en commençant par la lutte intégrée contre les ravageurs au stade de la production et à tous les autres niveaux; | |
| h) | Renforcer la recherche agricole appliquée et les services de vulgarisation et de diffusion pour apporter les techniques appropriées aux divers systèmes de production, en particulier pour augmenter la stabilité de la production dans les systèmes d'aridoculture à faible utilisation d'intrants; renforcer les services de soutien de la production et les mécanismes de financement rural au niveau local; | |
| i) | Intensifier considérablement la production halieutique et l'approvisionnement en poissons pour faire face à l'augmentation de la demande qui devrait presque doubler d'ici à l'an 2010 et atteindre 8 millions de tonnes, en particulier dans les secteurs de l'aquaculture et des pêches continentales; améliorer la gestion des ressources des pêches marines; | |
| j) | Renforcer la capacité des pouvoirs publics en matière de planification, de mise en oeuvre, de coordination et de suivi des mesures et des programmes destinés à accroître rapidement et durablement la production et la distribution des vivres. | |
| Au niveau sous-régional et régional: | ||
| 65. | a) | Elargir et renforcer, en collaboration avec les centres du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) situés dans la région, les échanges de techniques et de méthodes appropriées de production vivrière et agricole; |
| b) | Renforcer la coopération par la réalisation de programmes communs traitant de questions spécifiques comme les ravageurs et maladies transfrontières des plantes et des animaux, et les systèmes d'alerte rapide; | |
| c) | Intensifier la coopération pour la gestion commune des ressources partagées, notamment les ressources en eau des bassins hydrographiques et des lacs communs, et les ressources halieutiques; | |
| d) | Améliorer et assurer l'entretien des infrastructures de transport transfrontière; collaborer à la mise en place d'infrastructures de communication et de logistique. | |
66. Il faut absolument relancer et diversifier le secteur de l'exportation,
pour les raisons suivantes: les ressources financières
dont la région a besoin pour couvrir les importations nécessaires
à sa subsistance et à son développement augmentent
rapidement; les perspectives d'aide financière et d'aide
alimentaire internationales ne sont guère encourageantes,
et on peut prévoir une augmentation des pressions dans
les années à venir pour que la capacité d'importation
soit assurée localement; les perspectives commerciales
de plusieurs denrées essentielles exportées par
la région sont, dans une certaine mesure, meilleures que
lors de la dernière décennie, particulièrement
catastrophique. Au même moment, la libéralisation
des marchés internationaux découlant du cycle d'Uruguay
peut offrir de nouvelles possibilités aux exportateurs
de denrées agricoles. Toutefois, les mesures favorisant
les exportations agricoles ne doivent pas compromettre, mais plutôt
accompagner les efforts de développement de la production
vivrière.
67. Insuffler efficacité, dynamisme et compétitivité
aux secteurs traditionnels d'exportation, tout en diversifiant
les exportations, pour augmenter les revenus, notamment dans les
zones rurales, et pour couvrir le coût croissant des importations.
| 68. | a) | Explorer les possibilités de renforcer le commerce régional, notamment par les mesures suivantes: recherche de domaines de complémentarité et harmonisation des mesures en matière de soutien, de fiscalité et de commercialisation; coopération pour la suppression des barrières douanières au niveau régional; la mise au point, en vue de négociations commerciales globales, de stratégies communes garantissant un accès équitable aux marchés mondiaux et insistant sur la nécessité d'un traitement spécial réservé aux pays pauvres de la région, tributaires des échanges agricoles; |
| b) | Fournir l'infrastructure et les services d'appui nécessaires pour accroître l'efficacité, réduire les coûts et augmenter la compétitivité de la production et de la commercialisation des produits agricoles d'exportation; | |
| c) | Promouvoir la diversification des exportations en intégrant à la fois des produits non traditionnels à forte valeur marchande et des produits ayant acquis une valeur ajoutée par la transformation; | |
| d) | Mettre à profit les nouvelles possibilités qui peuvent naître de la libéralisation des marchés internationaux après le cycle d'Uruguay; | |
| e) | Prospecter les possibilités d'exportation vers les nouveaux marchés qui connaissent un essor économique rapide ou qui consomment peu de produits exportés par la région; | |
| f) | Mettre en place des systèmes de prévisions et d'informations commerciales qui fournissent aux agriculteurs et aux exportateurs des indications correctes; | |
| g) | Supprimer dans les infrastructures, les institutions et les systèmes d'information, les obstacles qui empêchent que la fluctuation des cours mondiaux des produits agricoles de base ne se répercute sur les producteurs de denrées d'exportation; | |
| h) | Adopter des mécanismes axés sur le marché, permettant de de stabiliser les prix et les revenus, y compris contrats à terme, contrats à options et accords de crédit croisé; | |
| i) | Créer des programmes nationaux de contrôle de la qualité et de l'innocuité des produits alimentaires vendus dans la région à la fois pour la consommation intérieure et pour l'exportation. |
69. Etant donné l'ampleur de l'insécurité
alimentaire et les graves contraintes qui pèsent sur les
ressources dans de nombreuses régions, il faut absolument
que les mesures d'accroissement de la production vivrière
s'accompagnent d'un développement rural plus vaste, qui
soit à la fois durable et participatif. Si, dans les zones
à potentiel élevé, le développement
rural mise fortement sur la production agricole, il faudra, dans
les zones à faible potentiel et dans les zones marginales,
chercher à diversifier l'économie et insister sur
la conservation des ressources fragiles.
| 70. | a) | Accroître la participation effective des agriculteurs et des producteurs au processus de développement agricole et rural; |
| b) | Améliorer le caractère autonome de la sécurité alimentaire des zones rurales, par la hausse des revenus ruraux; | |
| c) | Promouvoir et faciliter un développement rural plus large et plus autonome, notamment en améliorant l'infrastructure et les mécanismes commerciaux, en organisant l'accès aux techniques améliorées, aux services de soutien et aux intrants, et en augmentant la stabilité des régimes fonciers. |
| Au niveau national: | ||
| 71. | a) | Promouvoir et mettre en oeuvre des programmes de développement agricole et rural visant à créer des emplois agricoles et non agricoles et créer des infrastructures pour améliorer les services et la commercialisation ; |
| b) | Elaborer des mécanismes financiers participatifs pour l'entretien et la réparation des infrastructures rurales existantes; | |
| c) | Améliorer les régimes fonciers et la sécurité de jouisssance des agriculteurs et producteurs, notamment dans le cas des agriculteurs pauvres et des femmes exploitantes, non seulement par souci d'équité sociale mais aussi comme incitation à une productivité accrue et à l'aménagement durable des ressources naturelles; | |
| d) | Renforcer la participation autonome des agriculteurs à la planification et à la mise en oeuvre d'activités de développement au niveau des communautés locales, par la promotion d'organisations participatives d'agriculteurs et de producteurs, notamment de petits exploitants et d'agricultrices; | |
| e) | Suivre et étudier les effets du développement agricole et rural sur l'environnement, et intégrer les enseignements qui en découlent dans des programmes et stratégies appropriés. | |
Au niveau sous-régional et régional:
72. Echanger et transférer les enseignements tirés
de problèmes communs pour intensifier le développement
agricole et rural dans les pays de la région.
73. La région a enregistré des taux élevés
de croissance démographique qui ont rendu plus impérative
l'expansion de la production agricole, accru les contraintes pesant
sur les ressources naturelles et mis rudement à contribution
les services sociaux et les systèmes de valorisation des
ressources humaines. Les niveaux de d'instruction et l'accès
à l'information et aux soins de santé sont restés
faibles dans la région. L'insuffisance des structures d'éducation
et de formation entrave le développement général
et la sécurité alimentaire à tous les niveaux
d'activité, depuis l'agriculture de base jusqu'à
la conception des grandes options et à leur mise en application.
De grandes fractions de la population sont restées économiquement
et culturellement en marge. Les femmes, notamment, jouent un rôle
primordial dans la production agricole et la sécurité
alimentaire des ménages, mais ont un accès insuffisant
au travail, à la formation et aux facteurs de production.
| 74. | a) | Réduire la pauvreté, le chômage et l'exclusion sociale qui touchent les zones rurales de la région, mais pas seulement elles, conformément aux principes définis par le Sommet mondial pour le développement social de Copenhague, en tant que condition préalable à la sécurité alimentaire; |
| b) | Intégrer les questions de population dans les stratégies de développement afin de contenir les taux de croissance démographique dans des limites compatibles avec une croissance durable de la production et avec le bien-être de chaque individu; | |
| c) | Valoriser les ressources humaines en matière de développement et de sécurité alimentaire en améliorant les niveaux d'instruction et de santé, ainsi qu'en donnant aux femmes un rôle et des moyens appropriés au niveau des décisions et des opérations. |
| Au niveau national: | ||
| 75. | a) | Elaborer des politiques démographiques nationales conformes aux recommandations de la quatrième Conférence mondiale sur la population; |
| b) | Réorienter l'affectation des ressources consacrées à la santé, à l'éducation et aux services sociaux de façon à rectifier le peu d'attention accordé aux zones rurales dans ces domaines; | |
| c) | Promouvoir une large participation à la formulation et à la mise en oeuvre de mesures et programmes touchant à la sécurité alimentaire (décentralisation, transparence et allocation de ressources) le but étant de renforcer les aptitudes de la société civile ainsi que de créer des organisations et des activités au niveau des communautés locales; | |
| d) | Renforcer les mesures et programmes garantissant une participation égalitaire des femmes à tous les aspects de la vie sociale, notamment ceux qui contribuent à la réalisation de la sécurité alimentaire, et leur faciliter l'accès à toutes les ressources requises; | |
| e) | Réorienter et élaborer des mesures et des programmes de développement rural à l'appui de la santé, de l'éducation et des besoins financiers des femmes en tant que producteurs agricoles principaux. | |
Au niveau sous-régional et régional:
| 76. | a) | Renforcer la coopération régionale pour mieux comprendre les conséquences des migrations transfrontières; |
| b) | Créer les conditions d'un rapatriement volontaire des réfugiés dans leur pays d'origine et d'une réinsertion dans leurs structures sociales et leurs activités, avec des conditions adéquates de sécurité et d'accès aux vivres. |
Responsabilités concernant la mise en oeuvre des actions
prioritaires
77. Les gouvernements nationaux ont la responsabilité fondamentale
de créer les conditions nécessaires à la
sécurité alimentaire dans leurs pays: avant tout
la paix, et des institutions stables et participatives, avec l'apaisement
rapide des situations de conflits armés et de troubles
intérieurs qui ont provoqué une grave insécurité
alimentaire dans une grande partie de la région. Les gouvernements
nationaux ont également la responsabilité de créer
un environnement économique et social favorable à
une croissance rapide, durable et équitable, dans lequel
le développement agricole et rural doit jouer un rôle
primordial. Plus précisément, les gouvernements
parviendront à la sécurité alimentaire en
s'engageant résolument dans les actions prioritaires énumérées
ci-dessus. Il faudra pour cela mettre en place des structures
et des mécanismes appropriés et associer à
cet effort tous les organismes publics concernés, mais
également le secteur privé et la société
civile en général.
78. Les gouvernements partagent également avec d'autres
pays, africains et non africains, et avec les organisations internationales
et non gouvernementales, la responsabilité de poursuivre
les objectifs de sécurité alimentaire.
Responsabilités à l'échelon régional
et sous-régional
| 79. | Les gouvernements de la région devront coopérer pour: | |
| a) | Renforcer les mécanismes de coopération régionale en matière d'agriculture et d'alimentation en vue de la sécurité alimentaire, y compris les organisations intergouvernementales et les instituts de recherche africains; | |
| b) | Encourager les échanges de techniques de production alimentaire et agricole, en particulier celles permettant une mise en valeur rapide des zones à potentiel élevé, notamment par la création de réseaux de coopération technique; | |
| c) | Mettre en commun les enseignements, les techniques et les ressources pour la mise au point de systèmes durables de production alimentaire et agricole dans les zones d'aridoculture; | |
| d) | Instaurer des programmes communs de lutte contre les ravageurs et maladies transfrontières des plantes et des animaux; | |
| e) | Elargir le champ d'action des systèmes nationaux d'information et d'alerte rapide pour instaurer des réseaux régionaux d'informations sur les perspectives de récolte et sur les marchés; | |
| f) | Elargir la coopération à la gestion collective des ressources communes, en particulier des ressources hydrologiques et halieutiques, notamment par le renforcement des organisations intergouvernementales régionales; | |
| g) | Renforcer les systèmes de transports transfrontières et les autres infrastructures. | |
Responsabilités internationales
| 80. | La communauté internationale et ses institutions apporteront leur appui aux gouvernements nationaux et aux institutions concernées pour: | |
| a) | Formuler et mettre en oeuvre des politiques macroéconomiques et sectorielles qui améliorent le cadre économique d'ensemble pour la sécurité alimentaire; | |
| b) | Garantir un appui financier adéquat aux pays à déficit vivrier de la région qui ont de graves difficultés à financer leurs besoins alimentaires; | |
| c) | Planifier, exécuter et suivre les programmes et projets pour l'expansion rapide de la capacité de production et d'approvisionnement alimentaires dans les zones à potentiel élevé; accélérer le développement rural; et assurer une utilisation durable des ressources naturelles pour la production alimentaire et agricole; | |
| d) | Renforcer les systèmes d'alerte rapide tant à l'échelon régional qu'international; | |
| e) | Appliquer la Convention des Nations Unies sur la désertification; | |
| f) | Garantir la fourniture, en temps voulu, d'une aide alimentaire suffisante pour répondre aux situations d'urgence et assurer des disponibilités adéquates à l'échelon national, et chercher à améliorer les programmes d'aide alimentaire conçus à l'appui de la sécurité alimentaire; | |
| g) | Aider à élaborer, en coopération avec les gouvernements nationaux, des programmes stratégiques de planification des secours en cas d'urgence et de passage d'une aide d'urgence à une aide au développement; | |
| h) | Appliquer la Décision du Cycle d'Uruguay sur les mesures concernant les effets négatifs possibles du programme de réforme sur les pays les moins avancés et sur les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires. | |
Rôle attendu de la société civile
81. L'orientation des mesures vers une libéralisation économique
et la réduction de l'intervention de l'Etat en matière
de commercialisation et de fixation des prix, implique en contrepartie
un rôle plus important du secteur privé dans des
activités intéressant la sécurité
alimentaire, notamment l'investissement, la production agricole,
la commercialisation et le négoce ainsi que la fourniture
d'intrants. Ensuite, l'importance récente accordée
à un développement à assises plus larges
suppose une participation plus active de fractions de la société
jusque-là marginalisées, notamment des femmes, des
petits exploitants et des pauvres.
| 82. | En particulier, le secteur privé, les organisations non gouvernementales (ONG) et les groupes d'intérêts ont un rôle important à jouer en ce qui concerne les points suivants: | |
| a) | Transfert de technologies, investissement et formation professionnelle dans le cadre d'activités commerciales; | |
| b) | Promotion et application des principaux accords internationaux comme la Convention internationale pour la protection des végétaux; | |
| c) | Aménagement durable des ressources; le secteur privé joue notamment un rôle clé dans les investissements relatifs aux systèmes d'irrigation et à la maîtrise de l'eau; | |
| d) | Fourniture aux agriculteurs d'intrants, de services et de réseaux de commercialisation; | |
| e) | Réalisation d'investissements privés et d'activités commerciales pour assurer un approvisionnement alimentaire adéquat et stable dans les zones urbaines; | |
| f) | Promotion et appui des programmes de mise en valeur des zones d'aridoculture. Les organisations non gouvernementales, en particulier, ont tout à fait intérêt à travailler avec les populations locales en vue de leur participation à la réalisation de la sécurité alimentaire. | |
83. La société dans son ensemble, y compris les
institutions et gouvernements locaux ainsi que les organisations
non gouvernementales, doit assurer, avec l'autorité suffisante,
la participation effective des femmes aux principales décisions
et activités visant la sécurité alimentaire.
| Indicateurs mondiaux et régionaux de la sécurité alimentaire | ||||||
| AFRIQUE | ||||||
| INDICATEUR | Monde | Développés | En développement | PFRDV | Ensemble | PFRDV |
| Indice de sécurité alimentaire (ISA)1 1991-93
Apport énergétique alimentaire calories/habitant/jour 1990-92 Chroniquement sous-alimentés nombre période 1990-92 (millions) nombre en 2010 (millions) pourcentage de population 1990-92 pourcentage de population 2010 évolution du nombre de sous-alimentés 1990-92 à 2010 (%) Population2 1995 (millions) 2010 (millions) taux de croissance annuelle 1995-2010 (%) Coefficient de dépendance2 (%) 1995 2010 Taux de croissance annuelle de la population active 1995-20102 (%) Part de l'agriculture dans la population active2 (%) 1995 2010 Composition des apports alimentaires 1990-92 Apports énergétiques alimentaires provenant de: céréales (%) racines et tubercules (%) produits animaux (%) autres (%) Apports protéiques alimentaires provenant de: céréales (%) produits animaux (%) autres (%) Production vivrière et échanges commerciaux Indice de production des cultures 1990 (1979-81=100) Autosuffisance céréalière 1989-91 (%)3 Coefficient de dépendance des importations alimentaires 1988-904 Valeur des importations alimentaires5 1980/1970 1990/1980 |
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| Indicateurs mondiaux et régionaux de la sécurité alimentaire (suite) | ||||||
| AFRIQUE | ||||||
| INDICATEUR | Monde | Développés | En développement | PFRDV | Ensemble | PFRDV |
| Volume des importations alimentaires5
1980/1970 1990/1980 Valeur unitaire des importations alimentaires5 1980/1970 1990/1980 Part des produits alimentaires dans la valeur totale des importations de marchandises5 Part 1969-71 (%) Part 1989-91 (%) Valeur des importations alimentaires/valeur totale des exportations de marchandises5 1989-91 (%) Aide alimentaire par habitant 1992-946 (kg de céréales) Productivité agricole Rendement des céréales 1988-90 (t/ha) Rendement des céréales, terres irriguées 1988-90 (t/ha) Variabilité de la production céréalière 1970-19907 (%) Terres irriguées/terres arables 1993 (%) Zones irriguées/zones irrigables (%) Utilisation d'engrais par ha de terres arables kg de nutriments 1970 kg de nutriments 1990 Evolution de la productivité du travail agricole 1970-19908 (%) Production animale par rapport à la production agricole totale 19908 (%) Pourcentage de terres arides/semi arides Pourcentage des zones boisées 1990 Déboisement 1981-1990 (%par an)9 Bois de feu et charbon de bois dans la consommation totale d'énergie 1993 (%) Nombre des réfugiés 1995 (millions) |
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NOTES
... non disponible.
1 Indices des pays pondérés par la taille de la population. ISA élevé >85, ISA moyen 75-85, ISA faible 65-75, ISA dangereusement faible <65.
2 Estimations et projections de population de l'ONU, révision 1992.
3 (Production/(Production+Importations-Exportations))*100; les échanges commerciaux comprennent les produits transformés sauf la bière; production et échanges commerciaux exprimés en volume.
4 Coefficients des pays pondérés par la taille de la population; tous produits alimentaires confondus et exprimés en calories.
5 Basé sur les chiffres de l'Indice des importations alimentaires; produits alimentaires à l'exclusion du poisson: "1980" correspond à la période de base 1979-81.
6 Calcul par habitant basé sur la population des pays bénéficiaires seulement.
7 Ecart type des écarts relatifs de la tendance exponentielle.
8 Basé sur les sommes des Indices de production.
9 Les estimations pour "l'AFRIQUE" comprennent l'Afrique du Sud.