POUR L'EUROPE (en coopération avec la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe) |
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SITUATION DE LA SECURITE ALIMENTAIRE EN EUROPE ET PROBLEMES Y AFFERENTS |
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| I. | TENDANCES DE LA SECURITE ALIMENTAIRE MONDIALE | 1 |
| II. | LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA REGION EUROPE: TENDANCES, PERSPECTIVES ET PROBLEMES | 3 |
| 1. | Situation et perspectives globales de la sécurité alimentaire | 3 |
| 2. | Perspectives de la sécurité alimentaire pour les économies de marché traditionnelles (EMT) | 4 |
Nature du problème de sécurité alimentaire
| 4 | |
Perspectives de la sécurité alimentaire pour les économies de marché traditionnelles (EMT)
| 5 | |
La contribution de la sous-région aux disponibilités alimentaires mondiales
| 5 | |
| 3. | Causes et nature de l'insécurité alimentaire dans les économies en transition | 6 |
Perspectives de la sécurité alimentaire dans les pays
| 7 | |
d'Europe centrale et orientale (PECO)
| 7 | |
Perspectives de la sécurité alimentaire dans les Etats baltes et la Communauté des Etats indépendants
| 8 | |
| 4. | Le rôle de la région dans la sécurité alimentaire mondiale | 9 |
Contribution de la région au potentiel d'exportation des pays en développement
| 10 | |
Les effets de la libéralisation des échanges
| 10 | |
Aide publique au développement (APD), stocks vivriers et aide alimentaire
| 10 | |
Libéralisation des échanges et stocks vivriers: incidences sur la stabilité de l'aide alimentaire et les prix des denrées
| 11 | |
| 5. | Sommet mondial de l'alimentation et objectifs régionaux pour la sécurité alimentaire | 12 |
| III. | MESURES A PRENDRE EN FAVEUR DE LA SECURITE ALIMENTAIRE REGIONALE | 13 |
| 1. | Assurer un environnement politique et économique favorable à la sécurité alimentaire | 14 |
Plateforme pour l'action
| 14 | |
Objectifs | 14 | |
Mesures à prendre
| 14 | |
| 2. | Assurer à ceux qui sont exposés à l'insécurité alimentaire des filets de sécurité et des systèmes de protection sociale durables | 15 |
Plateforme pour l'action
| 15 | |
Objectifs | 15 | |
Mesures à prendre
| 15 | |
| 3. | Garantir les approvisionnements alimentaires | 16 |
Plateforme pour l'action
| 16 | |
Objectifs | 16 | |
Mesures à prendre
| 16 | |
| 4. | Renforcer le rôle de l'Europe dans l'amélioration de la sécurité alimentaire mondiale | 17 |
Plateforme pour l'action
| 17 | |
Objectifs | 17 | |
Mesures à prendre
| 18 | |
| Tableau 1 | 19 | |
| Tableau 2 | 22 | |
2. Au cours des trois dernières décennies, la production
alimentaire mondiale a augmenté plus vite que la population.
La production alimentaire par habitant est aujourd'hui supérieure
d'environ 18 pour cent à celle d'il y a 30 ans. Les disponibilités
alimentaires pour la consommation humaine directe équivalent
à quelque 2 700 calories par personne et par jour, contre
2 300 calories il y a 30 ans. En Europe occidentale, les
disponibilités alimentaires par habitant s'établissent
à quelque 3 500 calories et en Amérique du
Nord à environ 3 600. A l'opposé, en Afrique, les
disponibilités alimentaires moyennes par habitant ne sont
que de 2 300 calories.
3. Quoique les disponibilités alimentaires par habitant
se soient considérablement accrues, plus de 800 millions
de personnes dans les pays en développement étaient
sous-alimentées au début des années 90. Plus
nombreux encore sont ceux qui souffrent de maladies débilitantes
liées aux carences en micronutriments et à la contamination
des aliments et de l'eau. Chaque jour, une personne sur cinq dans
le monde en développement ne peut se procurer assez d'aliments
pour couvrir ses besoins journaliers; dans 17 pays africains,
deux ou trois personnes sur cinq n'ont pas suffisamment d'aliments.
Les régions Europe occidentale, Amérique du Nord,
Proche-Orient et Amérique latine et Caraïbes affichaient
le pourcentage le plus bas de sous-alimentés. C'est en
Asie que le nombre de sous-alimentés est le plus élevé,
bien qu'en baisse, mais, en Afrique, leur nombre a augmenté
dans l'absolu et, souvent, en pourcentage de la population totale.
4. A la sous-alimentation chronique viennent s'ajouter les troubles
intérieurs et les guerres qui ont des incidences négatives
sur des millions de personnes. Bien qu'une aide alimentaire leur
soit fournie pour alléger leurs souffrances, le volume
d'aide par personne est trop souvent insuffisant pour garantir
une bonne santé. La forte réduction des disponibilités
d'aide alimentaire au cours des trois dernières années
a amoindri la capacité de faire face aux situations de
crise.
5. Pour que chaque personne sous-alimentée puisse couvrir
ses besoins énergétiques (2 200 calories
par jour), il faudrait, en moyenne, 570 calories de plus par jour.
Nous sommes loin naturellement d'une estimation réaliste
des calories nécessaires pour éliminer la malnutrition.
La consommation alimentaire mondiale en 1990-92 était inférieure
à ces besoins d'environ 3 pour cent. En termes plus concrets,
étant donné que les céréales représentent
à peu près 60 pour cent de l'apport calorique de
la population des pays en développement, le déficit
céréalier serait de quelque 30 millions de tonnes
(contre environ 9-12 millions de tonnes d'aide alimentaire ces
dernières années). Le déficit vivrier varie
fortement d'une région à l'autre, allant d'un pourcentage
négligeable dans certains pays industrialisés d'Occident
à quelque 5 pour cent dans les pays à faible revenu
et à déficit vivrier (PFRDV), 10 pour cent en Afrique
et près de 5 pour cent dans les pays en développement
pris dans leur ensemble.
6. D'après l'étude FAO Agriculture mondiale: horizon
2010 (1995), tout laisse prévoir que les tendances à
l'accroissement des disponibilités alimentaires par habitant
dans la plupart des pays en développement se poursuivront.
Pour ces pays considérés dans leur ensemble, les
disponibilités moyennes par habitant devraient atteindre
2 730 calories en 2010 - soit une augmentation importante par
rapport aux 2 520 calories des années 1990-92.
7. Malgré ces progrès, les projections concernant
le nombre de sous-alimentés dans les pays en développement
d'ici à l'an 2010 oscillent entre 700 et 800 millions.
L'Asie du Sud et l'Afrique restent les deux régions où
est concentré le plus grand nombre de sous-alimentés.
Néanmoins, s'il est prévu qu'en Asie du Sud leur
nombre diminuera fortement, portant leur part de la population
totale à un niveau proche de la moyenne de l'ensemble des
pays en développement (12 pour cent), en Afrique le nombre
des sous-alimentés devrait augmenter d'environ 100 millions
pour atteindre plus de 300 millions de personnes, principalement
dans les PFRDV.
8. La sous-alimentation devrait se maintenir en dépit de
l'accroissement des importations de produits alimentaires dans
les pays en développement. Les importations nettes de céréales
devraient croître, passant de près de 90 millions
de tonnes en 1989-91 à quelque 162 millions de tonnes en
l'an 2010; et le taux d'autosuffisance en céréales
devrait globalement fléchir, passant de 92 pour cent à
90 pour cent. Les augmentations les plus importantes sont prévues
pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord (33 millions de tonnes)
et l'Amérique latine et les Caraïbes (15 millions
de tonnes), mais un petit nombre seulement de pays de ces régions
connaissent actuellement de graves pénuries de devises.
9. Le quasi-doublement du déficit commercial céréalier
net (de 27 à 50 millions de tonnes) prévu pour l'Afrique,
d'autre part, est plus inquiétant étant donné
la situation précaire de la balance des paiements dans
bon nombre de pays de la région et les perspectives défavorables
pour beaucoup d'entre eux, notamment ceux qui doivent continuer
à financer leurs besoins croissants d'importations alimentaires
en utilisant les recettes tirées de leurs exportations
agricoles.
10. Faute d'un surcroît d'effort, la sous-alimentation continuera
de tenailler des centaines de millions de personnes. Il ne faut
donc négliger aucun effort pour réduire le taux
de sous-alimentation et de malnutrition aussi vite que possible
et sur une zone géographique aussi vaste que possible,
de manière à parvenir d'ici à l'an 2010 à
un meilleur résultat que celui prévu dans l'étude
Agriculture mondiale: Horizon 2010.
11. La quantité supplémentaire d'aliments nécessaires
pour porter la consommation des 700 à 800 millions de sous-alimentés
prévus à un niveau garantissant une vie saine est
peu importante par rapport aux besoins de la population mondiale.
Par conséquent, la question n'est pas de savoir si le monde
dans son ensemble peut produire ces quantités supplémentaires
d'aliments, mais plutôt comment faire en sorte que les pays
ayant la plus forte concentration de sous-alimentés assurent
à leurs ressortissants un meilleur accès aux vivres.
Cela supposerait des augmentations substantielles de la capacité
d'importation de produits alimentaires, de l'aide alimentaire
internationale, des revenus et de la production vivrière
dans les pays où l'on prévoit, en 2010, des disponibilités
alimentaires peu abondantes et une forte sous-alimentation. Pour
cette catégorie de pays en développement, il est
prévu que les disponibilités alimentaires par habitant
s'établiront à 2 360 calories en 2010.
Pour qu'aucun d'entre eux n'ait moins de 2 700 calories à
ce moment-là (ce qui, sur la base des niveaux actuels
de revenu et d'aide alimentaire, porterait le taux de sous-alimentation
dans les pays en développement à un chiffre plus
modéré de 6 pour cent, soit 330 millions de
personnes), il faudrait que leurs disponibilités alimentaires
augmentent de 3,5 pour cent par an et non de 2,7 pour cent comme
prévu actuellement. Cela exigerait une augmentation de
10 à 12 pour cent de la production mondiale et une progression
annuelle de 2 pour cent par an, contre 1,8 pour cent actuellement
projeté jusqu'en 2010. Mais la provenance des denrées
alimentaires supplémentaires est une considération
encore plus importante. C'est là un grand défi pour
les pays et les régions où les taux de sous-alimentation
sont élevés, et pour la communauté internationale.
Par exemple, si les aliments devaient venir de la région
elle-même, la production africaine devrait croître
de 4,0 pour cent par an pendant 20 ans, malgré l'augmentation
des importations aux conditions du marché ou à des
conditions privilégiées, contre une croissance de
2,0 pour cent durant 1970-90 et le taux de 2,9 pour cent projeté
jusqu'à 2010. Cet objectif risque de ne pas être
réalisable, d'un point de vue économique ou écologique.
12. Augmenter la production alimentaire mondiale, principalement
là où le milieu naturel la rend compatible avec
la perennité de la base de ressources; assurer la satisfaction
des besoins alimentaires croissants pour un coût modéré;
relever et répartir les revenus de manière à
permettre à un nombre croissant de personnes de couvrir
leurs besoins alimentaires; fournir une aide alimentaire aux pauvres
et aux groupes vulnérables; et assurer l'accès aux
disponibilités alimentaires et leur stabilité: tels
sont les objectifs que tous les pays, les régions et la
communauté internationale doivent poursuivre sans relâche
pour empêcher que les prévisions les plus néfastes
ne se réalisent.
13. La sécurité alimentaire universelle a été
un objectif prioritaire de la région européenne
pendant des décennies. Dans la région, les disponibilités
alimentaires par personne étaient de plus de 3 000 calories
en moyenne par jour en 1960 et dépassaient 3 400 calories
en 1990, quantité que les nutritionnistes jugent abondante
à excessive. Mais on relève des différences
importantes dans la région. La division politique et économique
existant depuis longtemps entre les économies de marché
et les économies centralement planifiées a cédé
le pas, au début des années 90, à une distinction
entre les économies de marché traditionnelles (EMT)
et les pays en transition vers une économie de marché.
A la suite de l'effondrement du système à planification
centralisée, les pays concernés ont connu des bouleversements
économiques, politiques et sociaux qui ont fortement freiné
l'activité économique et perturbé les secteurs
productifs. Les violents conflits qui ont accompagné la
désintégration de l'ex-Yougoslavie comme de l'ex-URSS
ont encore aggravé les difficultés économiques
et l'insécurité alimentaire provoquée par
l'effondrement des vieux systèmes.
14. Dans la plupart des pays en transition, la première
moitié de la présente décennie a vu un amoindrissement
des disponibilités alimentaires par personne. La majorité
de ces pays n'ont pu assurer des dispositifs de sécurité
alimentaire adéquats pendant la transition. De plus, les
pressions relativement fortes dues au chômage et aux difficultés
budgétaires dans les pays d'Europe occidentale ont conduit
à réexaminer les systèmes de protection sociale
qui ont été maintenus au fil des ans.
15. La croissance démographique dans la région continuera
vraisemblablement de diminuer et, dans plusieurs pays, il y aura
même une baisse du nombre d'habitants. En 2010, les habitants
de la région seront un peu plus nombreux qu'aujourd'hui.
La diminution des nouveaux venus sur le marché de l'emploi
et l'augmentation du nombre des personnes âgées feront
croître le poids des inactifs. L'évolution démographique
laisse donc supposer qu'il y aura peu de possibilités de
voir augmenter globalement la quantité d'aliments nécessaires
pour couvrir les besoins nutritionnels. En outre, un régime
alimentaire adéquat peut être maintenu avec des disponibilités
alimentaires par personne inférieures aux niveaux élevés
atteints dans la région en 1990-92.
16. Toutefois, l'économie régionale se développera
et les revenus augmenteront. Il s'ensuit que l'apport calorique
moyen pourrait encore se maintenir à un niveau dépassant
les besoins nutritionnels. La hausse des revenus devrait continuer
à stimuler des changements progressifs dans la composition
de l'assortiment alimentaire, ce qui exigera probablement des
procédés de transformation plus sophistiqués
et des produits alimentaires de base abondants. Néanmoins,
une part moins importante du revenu sera allouée à
l'alimentation, et assurer des vivres pour tous sera une tâche
relativement facile pour la région, en particulier pour
les EMT. Toutefois, les pays en transition se trouvent devant
une tâche beaucoup plus difficile et certains d'entre eux
devront encore attendre des années avant d'assurer la sécurité
alimentaire universelle.
17. Le taux annuel de croissance de la production alimentaire
dans la région a progressivement ralenti, passant de 1,7
pour cent dans les années 70 à 1,3 pour cent dans
les années 80 et -3,1 pour cent entre 1990 et 1995. Le
niveau de la production alimentaire de 1989 n'a pas pu être
égalé durant la première moitié des
années 90. Dans les EMT, la production alimentaire a diminué
en moyenne de -0,8 pour cent par an de 1990 à 1995. Pendant
la même période, une forte baisse de la production
alimentaire a été enregistrée dans les pays
en transition, et en particulier dans les pays de l'ex-URSS où
elle a fléchi en moyenne de -6,8 pour cent par an. La production
céréalière pour la période 1990-1994
a reculé en moyenne de -1,9 pour cent, -5,8 pour cent et
-7,5 pour cent par an dans les EMT, les pays d'Europe centrale
et orientale (PECO) et ceux de l'ex-URSS respectivement. Dans
les pays en transition, le secteur de l'élevage s'est presque
effondré. Dans les Etats baltes et les pays de la Communauté
des Etats indépendants (EB et CEI), les effectifs de bovins
et de porcins se sont réduits respectivement de 22 et 37
pour cent, entre 1989 et 1995, alors que dans les PECO, les chiffres
correspondants étaient de 14 et 10 pour cent.
18. La distinction entre économies de marché traditionnelles
et pays en transition est nécessairement temporaire. Plusieurs
parmi ces derniers ont déjà accompli des progrès
importants sur la voie des réformes; cependant, beaucoup
ont de grandes difficultés à transformer leurs systèmes
économiques et politiques. Pour ces pays, le redressement
exigera plus de temps et d'application, et la situation de leur
sécurité alimentaire à moyen terme continuera
d'être un sujet de préoccupation. La situation de
la sécurité alimentaire étant aujourd'hui
hétérogène en Europe, les perspectives pour
la Région sont examinées pour trois groupes de pays,
EMT, PECO et EB et CEI.
19. Pour les EMT, la disponibilité énergétique
alimentaire (DEA) est estimée à 3 480 calories par
personne et par jour. Bien que la consommation alimentaire moyenne
soit élevée dans ces pays, des îlots d'insécurité
alimentaire existent partout, même dans les plus développés.
La plupart d'entre eux ont mis en place des dispositifs de protection
très variés, notamment soutien des revenus, indemnisation
du chômage, services de santé de base et programmes
d'aide alimentaire directe, souvent avec la participation importante
d'associations civiles. Ces mesures et programmes font de l'insécurité
alimentaire un problème marginal, limité à
des groupes tels que personnes âgées à revenu
fixe ou chômeurs chroniques ne bénéficiant
pas des systèmes de protection sociale.
20. Dans certaines des EMT, les filets de protection sociale et
de sécurité ont été réduits
sous l'effet des mesures d'austérité budgétaire
alors que, dans d'autres, ils sont actuellement réexaminés
et pourraient être ajustés. Ces ajustements ont lieu
en dépit de l'évolution du chômage qui, de
conjoncturel, est devenu structurel. La nécessité
de restructurer et de moderniser le secteur de l'industrie et,
de plus en plus, celui des services, soumis aux pressions de plus
en plus fortes de la concurrence et de la déréglementation
entraîne le rejet de très nombreux actifs, en particulier
de travailleurs non qualifiés ou peu qualifiés.
Malgré la croissance économique généralement
continue (bien qu'inégale), le chômage reste obstinément
élevé.
21. Les problèmes de sécurité alimentaire
se rapportent également à la qualité des
aliments sur le marché, c'est-à-dire à leur
innocuité et parfois à la détérioration
de la valeur nutritionnelle des régimes due aux changements
dans les styles de vie et à la dépendance accrue
vis-à-vis des aliments transformés. Ces problèmes,
plus aigus dans les groupes défavorisés, affectent
néanmoins toutes les couches sociales. La détérioration
de la valeur nutritionnelle des régimes peut aussi prendre
la forme d'une consommation d'aliments mal équilibrée
ou excessive entraînant l'obésité ou d'autres
conséquences pour la santé. La consommation excessive
d'aliments exerce une forte pression sur la production agricole
primaire, ajoutant ainsi les coûts individuels et sociaux
d'une mauvaise nutrition à ceux du gaspillage des ressources
alimentaires.
22. Dans cette sous-région, l'accroissement démographique
devrait ralentir, passant de 0,6 en 1990-1995 à 0,3 entre
1995 et 2010, puis à 0,1 entre 2010 et 2025. Dans un certain
nombre de pays de la sous-région, la population atteindra
un sommet au début de l'an 2000 puis commencera à
diminuer. La composition de la population changera également.
Le rapport inactifs/actifs diminuera, passant de 50,8 en 1995
à 50,1 en 2010 et par la suite augmentera jusqu'en 2025.
Il y aura une augmentation de la cohorte des plus de 65 ans. Les
projections démographiques et les taux de dépendance
projetés peuvent sous-estimer la population réelle
de la région du fait qu'ils ne prennent pas en compte les
vastes mouvements migratoires vers la sous-région à
partir des pays en transition et des pays en développement.
Ces mouvements pourraient neutraliser, du moins en partie, les
effets de l'augmentation du taux de dépendance et gonfler
le nombre des nouveaux venus sur le marché du travail.
Néanmoins, les tendances font penser qu'il n'y aura guère
besoin d'augmenter la quantité globale d'aliments nécessaires
pour répondre aux besoins nutritionnels et que des régimes
adéquats par personne pourront être maintenus avec
des disponibilités alimentaires par personne en diminution.
23. Le revenu de la sous-région (PIB réel) continuera
vraisemblablement d'augmenter à un taux de 2,4 pour cent
par habitant entre 1995 et 2010. La progression du revenu réel
devrait tôt ou tard réduire le chômage, car
les qualifications demandées par les secteurs de l'industrie
et des services restructurés concordent avec celles disponibles
sur le marché du travail. Les hausses de revenu signifient
que l'apport calorique moyen pourrait encore rester à un
niveau dépassant les besoins nutritionnels. La hausse des
revenus provoquera des changements dans le régime alimentaire
de la population de la sous-région en faveur des aliments
plus transformés industriellement, des fruits et légumes
et des huiles végétales. La part du budget des ménages
consacrée à l'alimentation devrait encore s'amoindrir.
24. La dynamique de la population et des revenus est telle qu'il
ne faudra qu'une très faible augmentation de la quantité
globale d'aliments pour satisfaire les besoins de consommation,
et la région n'aura guère de difficultés
à assurer la sécurité alimentaire pour tous.
Même là où l'aide sociale de l'Etat a régressé,
les activités entreprises par des groupements non gouvernementaux
et des associations caritatives ont réussi à compléter
les programmes publics et devraient continuer de le faire.
25. La sous-région a été par tradition un
importateur net d'aliments. Pour les céréales, une
des principales denrées alimentaires importées par
les pays en développement, la sous-région est un
exportateur net depuis le milieu des années 80, avec des
exportations nettes de 19,8 millions de tonnes en 1994. La contribution
à plus long terme de la sous-région aux disponibilités
alimentaires mondiales est fonction de trois grandes variables:
dynamique de la population, croissance du revenu et tendances
de la production et de la productivité agricoles dans la
région. Du point de vue de pays en développement
et en particulier des PFRDV, la situation d'exportateur net de
la sous-région pour des denrées alimentaires de
base (céréales principalement) est importante, comme
l'est son rôle d'importateur d'aliments en provenance des
pays en développement.
26. Concernant les céréales, il pourrait y avoir
des modifications de la demande de céréales fourragères,
vu l'évolution des préférences des consommateurs
entre différents types de viande. En outre, la demande
de céréales produites dans la sous-région
pourrait croître aux dépens des produits de remplacement
importés. Néanmoins, la demande totale de céréales
n'augmentera vraisemblablement que de 13,5 pour cent entre 1988-90
et 2010.
27. Du côté de l'offre, les réformes des politiques
de l'Union européenne (UE) auront un impact d'une grande
portée. Ces réformes découlent à la
fois de pressions internes visant à contrôler les
dépenses agricoles et des engagements pris aux termes de
l'Accord de l'Uruguay Round. En 1992, des réformes substantielles
de la Politique agricole commune ont été amorcées
dans le sens d'une politique de soutien découplée
de la production. La réduction convenue du volume des exportations
subventionnées de l'UE est également un facteur
important dérivant de l'Accord de l'Uruguay Round.
28. Les effets conjugués de la baisse des prix de soutien
intérieurs, des programmes de gel des terres, des questions
concernant l'environnement et du ralentissement de la croissance
de la productivité pourraient conduire à une réduction
des exportations nettes de plus de 20 pour cent entre 1988-90
et 2010. Malgré le recul des exportations, les types de
politiques suivies pour réduire la surproduction (programmes
de gel des terres) devraient permettre à la sous-région
d'accroître la production si l'offre se raréfiait
sur les marchés mondiaux.
29. Le potentiel de production de la sous-région sera également
fonction des politiques de l'environnement et de leur impact sur
le secteur agricole des différents pays. Nombre d'entre
eux, notamment en Europe occidentale, prennent de plus en plus
de mesures pour juguler les principales menaces que l'activité
agricole fait peser sur l'environnement. Ils ont, par exemple,
soustrait des terres marginales à la production; réduit
ou interdit l'utilisation d'engrais minéraux et de résidus
de pesticides sur des bassins versants sensibles à la contamination
des eaux souterraines; renforcé les contrôles sur
l'élimination des déchets provenant d'unités
d'élevage intensif, et ainsi de suite. Comme la société
civile est consciente de ces problèmes et que les pays
ont la capacité technique et économique de mettre
en oeuvre des pratiques ne portant pas atteinte à l'environnement
et d'assumer les coûts éventuels, cette tendance
devrait probablement se poursuivre. Les versements directs et
l'indemnisation des coûts pour l'adoption de pratiques ne
portant pas atteinte à l'environnement sont de plus en
plus importants dans les EMT d'Europe, mais leurs effets sur le
potentiel de production de la région n'ont pas été
étudiés.
30. Bien que la nature et les perspectives de la sécurité
alimentaire soient très différentes entre les PECO
et les pays de l'ex-URSS, les sous-régions ont en commun
quelques caractéristiques. Les bouleversements économiques
et sociaux provoqués par l'effondrement du système
de planification centralisée et la récession économique
très grave qui s'ensuivit sont à l'origine de la
détérioration de toutes les principales composantes
de la sécurité alimentaire (disponibilité,
stabilité et accès) dans les pays en transition,
et de la dégradation des équipements collectifs
de base. Le problème semble être plus aigu dans les
régions touchées par la guerre et les troubles intérieurs.
31. La crise économique a provoqué de fortes réductions
du revenu disponible des ménages et la quasi-disparition
des systèmes de protection et des services sociaux fournis
par les entreprises publiques ou collectives. Le chômage
massif et les ajustements de revenu inférieurs à
l'inflation pour de nombreux employés et retraités
ont provoqué l'apparition de groupes vulnérables
assez importants.
32. Le recul de la production agricole et alimentaire s'explique
par l'effet combiné de bouleversements transitoires et
d'ajustements à long terme sur la voie de l'économie
de marché. La dernière série d'ajustements
pourrait comporter une allocation intersectorielle des ressources
qui diffère substantiellement de l'allocation centralement
planifiée du régime précédent.
33. Etant donné que les circuits publics de commercialisation
et de distribution sont désorganisés et que le secteur
privé n'a pas encore pris le relai, les producteurs agricoles
ont eu des difficultés à se procurer des intrants
et à trouver des débouchés pour leur production.
Le maintien des structures monopolistiques en amont et en aval
et le contrôle des prix des aliments au détail ont
eu dans plusieurs pays un effet d'étau qui a fortement
réduit les marges bénéficiaires des producteurs.
Les effets de la compression des marges bénéficiaires
ont été aggravés par le flou du cadre institutionnel:
droits de propriété incertains, formes inefficaces
de redistribution de terres appartenant à la collectivité,
hésitations quant au démantèlement des grandes
entreprises agricoles collectives ou à la création
des conditions requises pour un marché des titres fonciers
ou des titres de faire-valoir. Tous ces facteurs ont empêché
la création de nouvelles structures de production viables
et découragé l'investissement et la recapitalisation
du secteur.
34. A quelques exceptions près, le nombre de personnes
vivant au-dessous du seuil de pauvreté dans les pays en
transition représente de 20 à 40 pour cent de la
population. Vu la baisse des revenus, la part des dépenses
des ménages consacrée à l'alimentation a
fortement augmenté au niveau national même si ceux-ci
sont passés à des aliments de moins bonne qualité;
elle atteignait bien souvent plus de 70 pour cent, voire plus
pour les couches pauvres. Dans 10 pays pour lesquels on dispose
de données, la disponibilité énergétique
alimentaire (DEA) moyenne a fléchi, passant de 2 500-3
600 calories (1989) à 1 600-2 700 calories (1993 ou 1994),
soit une diminution de 6 à 37 pour cent selon les
pays.
35. Enfin, les conflits armés qui ont éclaté
dans plusieurs zones ont conduit à la fourniture d'une
aide humanitaire à des millions de personnes dans l'ex-Yougoslavie
et l'ex-URSS.
36. En tenant compte de la faiblesse du PIB par personne et des
pénuries constantes de denrées alimentaires de base,
neuf pays en transition (ils étaient auparavant 12) sont
classés actuellement parmi les PFRDV. Pour 1994-95, les
besoins d'importations de céréales des 12 pays classés
alors parmi les PFRDV ont été estimés au
total à 7,3 millions de tonnes, dont 2,1 millions de tonnes
d'aide alimentaire allouée, engagée ou expédiée;
en 1993-94, la situation était la suivante: 7,8 millions
de tonnes d'achats commerciaux et 1,8 million de tonnes d'aide
alimentaire.
37. La population des PECO devrait légèrement augmenter
entre 1995 et 2010 (croissance annuelle moyenne de 0,1 pour cent).
Le taux de dépendance devrait diminuer entre 2010 et 2025
et augmenter par la suite.
38. Les perspectives globales indiquent un redressement de l'économie
dans la sous-région; on observe les premiers signes d'une
reprise durable. Presque tous les PECO ont connu une croissance
positive en 1994 (3,7 pour cent en moyenne) qui devrait augmenter
encore de 4 pour cent en 1995. Le PIB réel devrait récupérer
des "pertes dues à la transition" et revenir
à son niveau d'avant la réforme d'ici à 2010.
39. Comme la population est constante et vieillissante, il ne
faudra guère accroître l'apport calorique par habitant
par rapport au niveau déjà élevé d'avant
la réforme. Néanmoins, la FAO prévoit que
l'apport calorique sera de 3 400 calories par personne et par
jour en l'an 2010, soit plus que ce qui est nécessaire
selon des critères nutritionnels. L'accroissement du revenu
et les réformes des prix dans les PECO devraient entraîner
des changements dans le régime alimentaire, les viandes
rouges et le porc étant progressivement délaissés
au profit de la viande de volaille, des huiles végétales,
etc.
40. La consommation de céréales par personne devrait
également retrouver son niveau d'avant la réforme.
Certaines baisses enregistrées récemment dans la
production animale devraient être des changements permanents
dictés par les forces du marché et non le résultat
de chocs passagers. Une utilisation plus rationnelle des aliments
pour animaux ainsi que des semences et une diminution des pertes
après-récolte feront reculer la demande de céréales.
41. D'autre part, on suppose que la poursuite des réformes
dans les PECO apportera de grands changements dans la production
et la productivité agricoles. Selon ce scénario,
les PECO pourraient devenir, d'ici à l'an 2010, des exportateurs
nets de céréales (plus de 5 millions de tonnes)
alors qu'ils importaient 2,1 millions de tonnes de céréales
en 1988-90. La valeur des exportations nettes de produits alimentaires
pourrait doubler durant la même période, les produits
de l'élevage représentant environ la moitié
des exportations alimentaires nettes en 2010. Tout indique que
le secteur agricole se reprend après la crise des premières
années de réforme dans plusieurs de ces pays. Certains
des PECO ont augmenté leurs excédents exportables
de céréales, et la sous-région prise dans
son ensemble produira probablement un excédent exportable
en 1995-96.
42. La vigueur de la reprise dans le secteur agricole dépend
de la poursuite des réformes dans ces pays. De grands progrès
ont été accomplis jusqu'ici, mais les réformes
importantes ne sont pas encore achevées. Il est indispensable
de résoudre les difficultés d'ordre institutionnel.
Il faut mettre en place un système sûr de droits
fonciers et des mécanismes de vente et de location des
terres pour faciliter la création d'exploitations agricoles
viables orientées vers le marché. Ces réformes
devraient être accompagnées d'une réorganisation
et d'une privatisation des secteurs en amont et en aval et de
l'élimination des monopoles ou des oligopoles. Améliorer
les informations commerciales (flux de données et accès
à l'information) la gestion des affaires et les compétences
techniques des exploitants agricoles pour que ceux-ci puissent
pratiquer une agriculture compétitive axée sur le
marché: voilà la tâche importante à
laquelle doivent, ensemble, s'attacher les pouvoirs publics, le
secteur privé et les associations paysannes.
43. La reprise des activités agricoles pourrait être
entravée par des problèmes d'environnement. Des
décennies de politiques ne tenant pas compte de l'environnement
ont laissé des traces profondes, et la dégradation
des terres, les catastrophes de grande échelle liées
à la gestion de l'eau, ainsi que la contamination des ressources
et des produits agricoles par des polluants atmosphériques
et autres atteignent un niveau grave dans plusieurs pays.
44. La croissance de l'économie globale et du secteur agricole
ne résoudra pas automatiquement le problème de l'insécurité
alimentaire. La sous-région compte un très grand
nombre de chômeurs et les chômeurs de longue durée
(plus de 12 mois) sont environ 40 pour cent. En général,
les conséquences sociales de la crise risquent de perdurer
malgré la croissance prévue du revenu. On ne saurait
trop insister sur l'importance d'insérer des filets de
sécurité dans les programmes d'ajustement.
45. Selon la dernière évaluation de la population
faite par l'ONU (1994), la population de la sous-région
devrait augmenter et passer de 292 millions de personnes en 1995
à 305 et 316 millions de personnes en 2010 et 2025 respectivement.
Dans certains grands pays de la région, la population diminuera
et le taux de croissance moyen entre 1995 et 2010 sera probablement
de 0,3 pour cent par an. Le taux de dépendance continuera
de baisser, pour toucher un plancher vers 2020, et remontera par
la suite.
46. Les performances économiques récentes de la
région n'ont pas été encourageantes. La récession
qui a commencé durant les premières années
de la réforme et qui a vu le PIB réel de la sous-région
fléchir de 48 pour cent (chiffre cumulatif) n'a pas encore
montré des signes clairs de redressement, puisqu'il y a
eu une nouvelle baisse d'environ 10 pour cent en 1994. Le ralentissement
de la croissance du revenu et la disparition du secteur des exportations
ont réduit la capacité d'importation d'aliments.
Ainsi, malgré des baisses de production de céréales
et de viande, les importations de produits alimentaires de la
sous-région ont fléchi, passant de 15,3 milliards
de dollars E.-U. en 1990 à 7,9 milliards de dollars E.-U.
en 1994. Les importations de céréales ont reculé,
passant de 33 millions de tonnes en 1990 à 6,8 millions
de tonnes en 1994, ce qui s'explique aussi par le fait que le
secteur de l'élevage s'est presque effondré. Certains
pays de la sous-région risquent de se trouver devant une
tâche difficile s'ils veulent parvenir à la sécurité
alimentaire pour tous d'ici à l'an 2010.
47. Dans l'hypothèse où des réformes économiques
importantes seraient mises en oeuvre, la sous-région devrait
se relever des "pertes de PIB dues à la transition"
d'ici à 2010, ce qui créerait des conditions favorables
à la sécurité alimentaire. A quelques exceptions
près, le processus de réforme dans la sous-région
a été hésitant et incertain et se produit
au milieu de contradictions et de conflits sociaux et politiques
graves. L'absence de politiques cohérentes pour la stabilisation
macro-économique est à l'origine des taux d'inflation
élevés qui rendent difficile toute forme de planification
de la production.
48. Grâce aux réformes effectuées dans le
secteur agricole, la production céréalière
de la sous-région pourrait revenir d'ici à l'an
2010 au niveau de 1988-1990, et la consommation par habitant pourrait
remonter aux niveaux élevés d'avant la réforme.
Ce phénomène est imputable à la baisse de
consommation de céréales et de produits animaux,
au recul du secteur de l'élevage, à une alimentation
animale plus rationnelle et à la réduction des pertes
après-récolte. Globalement, la sous-région
pourrait presque être autonome en 2010. Comme dans le cas
des PECO, les problèmes d'environnement pourraient empêcher
la reprise agricole dans la sous-région.
49. Outre le ralentissement général des activités
économiques, un autre facteur d'insécurité
alimentaire dans la sous-région est la grande fragmentation
du marché due en partie à l'effondrement du système
de commercialisation et de distribution. En conséquence,
les approvisionnements sont devenus irréguliers, notamment
dans les zones urbaines, et des pénuries locales sont apparues.
La mise à disposition des approvisionnements existants
est également affectée par les coûts élevés
du transport et les pertes importantes à l'entreposage
et à la distribution. Une partie considérable du
commerce intérieur se fait sous la forme de trocs ou d'arrangements
informels. Une myriade de lois et règlements locaux régissant
le commerce des produits alimentaires gêne l'intégration
du marché.
50. L'expansion de la production informelle dans de nombreuses
régions rend difficile une évaluation précise
de la situation de la sécurité alimentaire. Néanmoins,
dans de nombreux pays, les approvisionnements vivriers et les
conditions d'accès étant gravement menacés,
il est essentiel de suivre en permanence la situation de la pauvreté
et de la sécurité alimentaire, et de prendre des
mesures appropriées pour maîtriser le chômage,
assurer l'accès aux biens productifs et à la terre,
restaurer les services de santé et sociaux pour les pauvres
et faciliter l'accès des groupes vulnérables aux
vivres.
51. L'amélioration de la sécurité alimentaire mondiale sera dans une très grande mesure fonction de la performance des marchés mondiaux des denrées alimentaires et des produits de base et, plus généralement, de l'environnement macro-économique et commercial général dans lequel politiques et programmes de renforcement de la sécurité alimentaire seront mis en oeuvre. La région peut être une force importante influant sur la tenue de ces marchés. La région européenne est un grand fournisseur de produits alimentaires aux pays en développement, que ce soit aux conditions du marché ou à des conditions privilégiées, détient une large part des stocks vivriers du monde, est un marché extrêmement important pour les produits agricoles exportés par les pays en développement et une source essentielle d'aide au développement.
52. A quelques exceptions près (par exemple, fruits et légumes), les pays en développement exportent des produits agricoles à faible élasticité-revenu vers les marchés souvent saturés de l'Europe occidentale. En conséquence, la demande de produits tels que fruits et boissons tropicales augmente lentement à partir d'un niveau de base élevé. Inversement, une augmentation plus importante de la demande de produits tropicaux pourrait être prévue dans les économies en transition à mesure que les revenus augmentent, bien qu'en 2010 la consommation par habitant dans ces pays risque d'être encore faible par rapport aux niveaux atteints en Europe occidentale.
53. Pour les produits agricoles tropicaux, les tarifs sont déjà
généralement bas. Ainsi, bien que les réductions
à appliquer par les pays développés membres
de l'OMC soient substantielles (43 pour cent en moyenne), leur
effet sur les recettes d'exportation des pays en développement
exportateurs sera minime. Toutefois, il y a de bonnes possibilités
pour une intensification de la libéralisation dans ce domaine;
ainsi, l'élimination des droits d'importation dans certains
pays importateurs pourrait faire monter considérablement
les prix sur le marché de certains produits tropicaux.
L'évaluation que la FA0 a faite de l'impact de l'Accord
de l'Uruguay Round relatif à l'agriculture indique des
gains pour les pays en développement dans leur ensemble.
C'est pourquoi les exportations agricoles devraient augmenter
un peu plus vite que les importations (par rapport à une
situation de non-libéralisation), entraînant une
amélioration du solde des échanges de produits agricoles
de ces pays de 1,9 milliard de dollars E.-U. en l'an 2000, dont
0,8 milliard de
dollars E.-U. seront attribuables à l'Accord de l'Uruguay
Round relatif à l'agriculture.
54. Une question importante pour certains pays commerçant
avec l'Europe est la perte de préférences par l'effet
de la libéralisation des échanges. Selon la FAO,
la valeur potentielle des préférences pour les produits
agricoles données par l'UE, le Japon et les Etats-Unis
était d'environ 1,9 milliard de dollars E.-U. en 1992,
et diminuerait de 0,7 milliard de dollars E.-U. après la
réduction des taux appliqués à la Nation
la plus favorisée (NPF) après l'Accord de l'Uruguay
Round relatif à l'agriculture. Ce sont les exportateurs
de fruits et de fruits à coque, de thé et de café
qui subiront les plus grandes pertes.
55. Les politiques commerciales et les mesures de protection de
l'environnement pourraient conduire à des positions divergentes
sur la manière d'aborder les problèmes écologiques.
Les droits et autres restrictions à l'importation appliqués
pour compenser la perte de compétitivité due à
des normes intérieures strictes en matière d'environnement
réduiraient l'accès pour les exportateurs. Il ne
sera pas toujours aisé de faire la distinction entre les
préférences des pays importateurs quant aux méthodes
de production et de transformation suivies par des pays exportateurs,
par exemple pour sauvegarder le patrimoine commun de l'humanité,
et un protectionnisme déguisé. La prolifération
de mesures unilatérales réduirait la transparence
des règles commerciales. Des approches multilatérales,
conformes aux principes établis par la Conférence
des Nations Unies sur l'environnement et le développement
(CNUED), doivent être adoptées pour éviter
le recours abusif à des mesures de nature écologique
dans les échanges internationaux de produits agricoles;
il est cependant indéniable que les différences
régionales et locales considérables en matière
d'environnement compliquent singulièrement la conception
et la mise en oeuvre de ces approches.
56. Les pays d'Europe occidentale (l'UE plus les pays de l'Association
européenne de libre-échange) ont contribué
à l'aide publique au développement (APD) en faveur
des pays en dévelop-pement à hauteur d'environ 33,5
milliards de dollars E.-U. en moyenne par an (dans la période
1992-1994), contre 30 milliards de dollars E.-U. durant la période
1989-1993. Pour 1992-94, cette contribution s'est montée
à plus de la moitié de l'APD totale fournie par
les membres de l'OCDE aux pays en développement.
57. Ce sont les bouleversements économiques nés
du passage à une phase postcommuniste qui sont à
l'origine des ressources fournies aux économies en transition,
qui ont reçu des pays membres du CAD quelque 7,2 milliards
de dollars E.-U. en 1993 et encore 7,5 milliards de dollars E.-U.
en 1994. Le montant correspondant versé aux pays en développement
était de 59,2 milliards de
dollars E.-U. en 1994.
58. Les budgets de l'aide extérieure des pays donateurs
ont été soumis à des pressions croissantes,
car il fallait répondre aux besoins toujours plus importants
à la fois des pays en développement et de ceux de
la région. On peut en outre s'inquiéter des pressions
exercées dans les pays développés pour réduire
l'APD, pour des motifs budgétaires ainsi que de la baisse
annoncée de l'APD affectée à l'agriculture
des pays en développement.
59. La région européenne a été un
grand fournisseur d'aide alimentaire. De 1990 à 1995, elle
a fourni en moyenne 4 090 000 tonnes d'aide alimentaire (principalement
céréales). On peut signaler un fait récent
en matière d'aide alimentaire de la région: les
économies anciennement planifiées, qui avaient reçu
une aide alimentaire sporadique jusqu'en 1989, ont absorbé,
en 1993, 41 pour cent de l'aide alimentaire livrée. Durant
la période 1990-94, une aide alimentaire de 2,2 milliards
d'ECU (unité monétaire européenne) a été
fournie par les pays du Groupe des 24 aux PECO, à laquelle
il faut ajouter une aide de 5,5 milliards d'ECU aux Etats baltes
et à la CEI. En outre, les pays en transition ont absorbé
27,5 pour cent de toute l'aide alimentaire (céréales
et produits non céréaliers) fournie par les pays
européens durant la période 1990-1995. Dans la mesure
où dans le passé les flux d'aide alimentaire étaient
liés à l'écoulement des excédents
de production, la réduction de l'intervention de l'Etat
sur les marchés des produits agricoles et, en particulier,
l'amenuisement des stocks détenus par l'Etat dans les pays
exportateurs, pourrait porter à la diminution des quantités
de produits disponibles pour l'aide. Les stocks de céréales
détenus par l'Europe occidentale représentaient
en 1991-1995 environ le tiers de ceux détenus par les grands
exportateurs.
60. Les conséquences de l'Uruguay Round pour les flux d'aide
alimentaire provenant de la région seront probablement
variables et, tout compte fait, assez limitées. Aux termes
de l'Accord, l'aide alimentaire proprement dite n'est pas touchée
par l'interdiction d'accorder des primes à l'exportation
ni par l'obligation de réduire les aides à l'exportation.
En outre, l'aide alimentaire pourrait devenir, dans le respect
des normes GATT, le seul débouché pour les pays
ayant des excédents agricoles maintenant que des limites
ont été imposées concernant le volume des
exportations subventionnées.
61. Les effets d'une réduction du niveau de stocks publics
sur la stabilité du marché dépendent de la
réaction des détenteurs de stocks privés.
Les travaux menés à la FAO laissent prévoir
qu'environ 40 pour cent des stocks détenus par l'Etat seront
remplacés par des stocks détenus par des particuliers,
ce qui signifie une baisse du total des stocks à l'avenir.
Toutefois, comme la part des stocks privés augmentera par
rapport au total des stocks, les besoins du marché seront
mieux pris en compte.
62. Le projet de Déclaration de principe du Sommet mondial
de l'alimentation appelle toutes les parties à réaffirmer
leur engagement en faveur de politiques aptes à garantir
l'adéquation et la stabilité des approvisionnements
alimentaires ainsi que l'accès à une alimentation
suffisante pour tous. Le projet de Plan d'action du Sommet mondial
de l'alimentation souligne la nécessité pour chaque
région, sous-région et pays de choisir sa propre
stratégie afin de parvenir à la sécurité
alimentaire, étant donné que chacun se trouve dans
une situation différente.
63. Bien que la région soit plus proche que toutes les
autres de l'objectif de la sécurité alimentaire,
elle est caractérisée depuis la fin des années
80 par une extrême dualité. Si, dans certains pays,
l'insécurité alimentaire était et reste un
problème d'importance secondaire ne concernant que quelques
groupes de population très restreints, dans d'autres, les
progrès dans ce domaine ont généralement
marqué le pas et, dans certains cas, on a même observé
une forte dégradation. Du fait de son poids économique,
la région continuera de jouer un rôle important:
elle aidera à réduire la sous-alimentation dans
le monde et contribuera à une croissance régulière
de l'économie mondiale et, tout particulièrement
des pays en développement, de façon à créer
des emplois et des revenus.
64. Parmi les préoccupations de la région, la plus
grave a trait aux problèmes de sécurité alimentaire
et aux difficultés connexes auxquels sont confrontés
les économies en transition. Si les conditions défavorables
persistent dans ces économies, le risque augmente de stopper
le processus de paix, voire de renverser les réformes économiques
indispensables à une croissance soutenue. Si l'on n'arrive
pas à relancer la production dans ces pays, ni à
créer revenus et emplois, le nombre de personnes exposées
à l'insécurité alimentaire augmentera et
les gouvernements ne seront pas en mesure de mettre en place les
systèmes de protection sociale nécessaires pour
les aider. La dépendance continue de ces économies
à l'égard de l'aide étrangère risque
de priver d'autres régions du monde de ressources déjà
limitées.
65. Dans les pays en transition, l'insécurité alimentaire
est due à la récession grave et prolongée
qui a suivi l'effondrement du système à planification
centralisée et la mise en chantier des réformes
de marché. Le repli économique s'est soldé
par un chômage massif et la désorganisation des systèmes
de protection et d'aide sociales, augmentant la part de la population
ayant du mal à accéder aux produits alimentaires.
La désorganisation des circuits de commercialisation et
de distribution a été à l'origine de pénuries
vivrières locales et de fluctuations dans les approvisionnements.
Dans certains des pays en transition, les disponibilités
alimentaires se sont amoindries, sous l'effet à la fois
du quasi-effondrement du secteur agricole et de la débâcle
des secteurs de l'exportation qui a empêché d'importer
des denrées alimentaires pour compenser les baisses de
production.
66. Les problèmes de transition ne sont certes pas l'apanage
du secteur agricole, mais, il est impératif que, dans les
économies en transition, ce secteur poursuive son chemin
vers la reprise afin d'assurer la sécurité alimentaire
des populations, de stimuler la croissance, d'améliorer
le bien-être dans le secteur rural et de faire barrage à
une urbanisation excessive et prématurée. Cela s'applique
particulièrement aux pays dans lesquels l'agriculture contribue
pour beaucoup à l'activité économique, aux
exportations et à l'emploi et où l'essor de ce secteur
peut être décisif pour la reprise économique
générale.
67. Etant donné le poids économique de la région,
les politiques suivies par chacun des pays en fonction d'objectifs
nationaux bien précis influent sur la sécurité
alimentaire du reste du monde puisqu'elles touchent aux échanges
commerciaux, aux investissements et aux relations d'aide. Une
région prospère et dynamique peut être un
débouché important pour les exportations des pays
en développement tout en fournissant des ressources qui
contribuent aux initiatives en faveur du développement
et de la sécurité alimentaire de ces pays. La réduction
des obstacles aux importations et des mesures de soutien intérieur
prévue par l'Accord de l'Uruguay Round relatif à
l'agriculture renforcent les possibilités des pays en développement
d'accroître leurs exportations de produits agricoles.
68. Les pays d'Europe occidentale ont fourni jusqu'ici une part
importante des céréales importées par les
pays en développement et ont suivi des politiques agricoles
qui ont permis aux producteurs d'opérer à un niveau
élevé de productivité et de satisfaire la
demande intérieure et extérieure, aux conditions
du marché ou à des conditions de faveur, en général
à des prix réels en baisse. Malgré la réduction
du soutien à l'agriculture prévue par l'Accord de
l'Uruguay Round relatif à ce secteur et d'éventuelles
mesures susceptibles de limiter les effets négatifs de
l'agriculture intensive sur l'environnement, les pays d'Europe
occidentale resteront vraisemblablement de gros exportateurs.
69. Les pays en transition ont de bonnes possibilités de
passer de leur position actuelle d'importateurs à une situation
d'exportateurs nets d'ici à l'an 2010. Pour ce faire, des
réformes adéquates s'imposent, propres à
relancer l'économie en général et le secteur
agricole en particulier. Avec une croissance globale durable,
les pays aujourd'hui en transition pourraient devenir des marchés
importants pour les produits des pays en développement
et se transformer en bailleurs de fonds au lieu d'être des
bénéficiaires de l'aide financière et alimentaire.
Outre la paix et la stabilité politique dont ces pays ont
tant besoin, un environnement macro-économique stable est
nécessaire pour l'investissement et la croissance de tous
les secteurs productifs. Pour l'agriculture, le renforcement et
l'expansion des réformes institutionnelles établissant
un système stable de droits de propriété
et d'accès aux ressources convenant à une économie
de marché est une priorité. La levée des
obstacles aux courants d'échanges interrégionaux
facilitera le calcul des coûts et des bénéfices
pour l'agriculteur et empêchera l'apparition de pénuries
alimentaires. La réforme des secteurs en amont et en aval
de la production agricole dans le but d'éliminer les monopoles,
renforcera grandement les incitations à la production.
70. Si l'on poursuit les objectifs généraux de développement
social, économique et humain en adoptant les mesures convenues
lors des conférences qui ont eu lieu dans les années
90, on créera un environnement plus favorable à
la réalisation de l'objectif de la sécurité
alimentaire universelle. Les pays de la région Europe réaffirment
donc leur engagement en faveur des idéaux, objectifs et
actions définis lors des conférences citées
ci-après, qui devraient faciliter l'accès aux vivres
pour tous et en tout temps: le Sommet mondial pour l'enfance
(1990); la Conférence sur les droits à la nutrition
(Déclaration de Barcelone, 1992); la Conférence
des Nations Unies sur l'environnement et le développement
(CNUED, 1992): la Conférence internationale FAO/OMS sur
la nutrition
(CIN, 1992); l'Acte final de l'Accord général sur
les tarifs douaniers et le commerce (Uruguay Round, 1994); la
Conférence des Nations Unies sur la population et le développement
(1994); le Sommet mondial pour le développement social
(Déclaration de Copenhague, 1995); la Quatrième
Conférence mondiale sur les femmes (1995); la Conférence
internationale sur la contribution durable des pêches à
la sécurité alimentaire (Déclaration de Kyoto,
1995). Les mesures qui seront arrêtées lors de la
Quatrième Conférence technique sur les ressources
phytogénétiques qui se tiendra prochainement, contribueront
également à la sécurité alimentaire
universelle.
71. Les citoyens européens ont bien compris le rapport entre la paix et la sécurité alimentaire. Dans toute l'Europe, l'environnement politique et économique, si propice à l'objectif de la sécurité alimentaire universelle pendant 45 ans, reste généralement assuré dans les EMT, mais n'a pu être maintenu par les autres pays de la région. Depuis que le processus de réforme a démarré, certains pays en transition ont enregistré de sensibles progrès concernant la stabilisation macro-économique et la libéralisation et l'ouverture sur l'extérieur de l'économie, progrès qui doivent être consolidés. Mais des tâches difficiles et essentielles restent à accomplir dans la majorité des pays où les réformes structurelles et institutionnelles ont avancé très lentement, et sans cohérence, ne créant pas les conditions favorables au décollage du secteur privé ni à un véritable développement. Les guerres et les troubles intérieurs ont contribué à chasser de leurs foyers et à jeter dans la misère des milliers d'habitants de la région et ont provoqué la destruction de vastes secteurs de l'appareil de production des économies de ces pays.
| 72. | a) | Instaurer et maintenir la paix dans les zones aujourd'hui déchirées par la guerre ou qui risquent de l'être et assurer leur reconstruction et leur relèvement; |
| b) | Assurer la stabilité politique et sociale nécessaire pour instaurer et renforcer la confiance et oeuvrer à la sécurité alimentaire universelle; | |
| c) | Promouvoir un environnement macro-économique stable favorisant l'investissement et la croissance durable, la création d'emplois, l'élimination de la pauvreté et la sécurité alimentaire. |
aux niveaux national, sous-régional et régional,
avec le concours de la société civile et des organisations
régionales et internationales, les gouvernements devront:
| 73. | a) | Mener à bien des initiatives de paix qui mettront fin aux conflits en cours et empêcher que d'autres puissent éclater; |
| b) | Mettre en oeuvre des mesures d'urgence coordonnées en vue d'atténuer les souffrances des victimes des guerres et des troubles intérieurs, notamment livrer une aide alimentaire, ainsi que les intrants essentiels à la production d'aliments; | |
| c) | Evaluer la nécessité de relever le secteur alimentaire, dans le cadre général de la reconstruction et du relèvement, et coordonner l'exécution du plan d'action formulé d'un commun accord; | |
| d) | Adopter des politiques monétaires, budgétaires et commerciales qui encouragent l'épargne et l'investissement, favorisent la croissance durable de la production de biens et services et réduisent le chômage ou le sous-emploi des ressources humaines, améliorant de ce fait l'accès aux vivres; | |
| e) | Sauvegarder les droits fondamentaux des employés, notamment les gains et salaires qui leur permettent d'acheter un assortiment alimentaire adéquat au plan nutritionnel; | |
| f) | Poursuivre et consolider les réformes économiques et sociales centrées sur l'individu qui concilient croissance et objectifs sociaux. |
74. En Europe, les systèmes de protection sociale qui,
notamment, assurent des vivres à ceux qui ne peuvent trouver
du travail ou qui sont incapables de travailler sont très
variables, puisqu'on en trouve d'"excellents" et d'autres,
complètement inadéquats. Dans quelques pays, le
niveau de l'aide semble être supérieur à ce
qui est nécessaire pour garantir l'accès à
une alimentation saine. Les EMT ont pu maintenir leurs systèmes,
encore que bon nombre d'entre elles cherchent des moyens moins
coûteux, et il est des cas où les systèmes
n'assurent pas encore un accès adéquat aux aliments
à tous ceux qui ont besoin d'aide. Les systèmes
de protection sociale sont soumis aujourd'hui à de fortes
pressions dans la plupart des pays en transition et l'insécurité
alimentaire a gagné du terrain dans beaucoup d'entre eux,
car on a assisté un peu partout à la régression
des acquis sociaux ainsi que des services sociaux et des dispositifs
de protection.
75. Assurer une alimentation équilibrée au plan
nutritionnel à tous ceux qui ne sont pas en mesure de produire
ou de se procurer des aliments en quantités suffisantes.
aux niveaux national, sous-régional et régional,
avec le concours de la société civile et des organisations
régionales et internationales, les gouvernements devront:
| 76. | a) | Identifier, surveiller et dresser la carte des lieux où se trouvent des individus souffrant de sous-alimentation ou de malnutrition, en s'appuyant sur des normes minimales universellement admises en matière d'apport énergétique alimentaire; |
| b) | Evaluer l'adéquation et l'efficacité des systèmes de protection sociale qui offrent des prestations aux personnes vulnérables et, le cas échéant, modifier ces prestations de manière à ce que tous ceux qui sont dans le besoin aient accès à une alimentation propice à une vie saine et productive; | |
| c) | Mettre en commun des données d'expériences concernant les moyens d'assurer un accès adéquat aux aliments à ceux qui ont de maigres revenus, de manière à améliorer l'efficacité et la rentabilité des systèmes de protection sociale; | |
| d) | Promouvoir des activités d'éducation et de communication concernant la nutrition pour mieux faire comprendre les liens entre alimentation et bonne santé et réduire la surconsommation et l'absorption d'aliments nuisibles à la santé; | |
| e) | Protéger les groupes vulnérables durant le processus de restructuration économique et fournir une assistance technique, des avis et un financement pour les programmes de secours spéciaux destinés aux individus sous-alimentés, en particulier dans les pays à faible revenu. |
77. La quantité d'aliments nécessaires à
la satisfaction des besoins régionaux futurs n'augmentera
que lentement, notamment après le bref bond en avant qui
a accompagné le retour de la croissance économique
dans les pays en transition. Il ne devrait donc pas être
difficile de garantir les approvisionnements alimentaires de la
population de la région. La région pourrait même
devenir une source plus importante d'aliments pour le reste du
monde, ainsi qu'un marché plus vaste. La circulation des
produits alimentaires est actuellement plus facile au sein de
l'Union européenne (UE) qu'entre les pays membres de l'UE
et les pays tiers. Un accord a été conclu sur la
réduction progressive des obstacles aux échanges
de produits alimentaires et des subventions à l'exportation
de ces produits, mais de nouveaux accords devront être négociés
pour leur élimination totale. Le secteur alimentaire est
très développé dans les EMT, en particulier
dans les pays membres de l'UE, où le niveau de productivité
est extrêmement élevé et où des quantités
massives de denrées sont échangées. D'autre
part, dans la majorité des pays en transition, la capacité
de production agricole et alimentaire a été fortement
réduite et une recapitalisation massive du secteur s'impose.
Ces pays ont de très bonnes possibilités de développer
la productivité et les gains commerciaux, surtout ceux
qui deviendront membres de l'UE. Toutefois, l'aide à la
production vivrière a été réduite
dans la plupart des pays, notamment dans un certain nombre de
pays en transition. Plusieurs pays appliquent déjà
des mesures de protection de l'environnement, mais d'autres ne
l'ont pas encore fait.
| 78. | a) | Garantir les approvisionnements alimentaires nécessaires à la satisfaction des besoins régionaux, contribuer aux disponibilités vivrières du reste du monde et accroître les débouchés; |
| b) | Rétablir et maintenir une gestion rationnelle des ressources naturelles et un développement agricole durable. |
aux niveaux national, sous-régional et régional,
avec le concours de la société civile et des organisations
régionales et internationales, les gouvernements devront:
| 79. | a) | Réduire, harmoniser et, le moment venu, éliminer les obstacles aux échanges régionaux de produits alimentaires, y compris les subventions à l'exportation de ces produits; |
| b) | Donner aux producteurs d'aliments les incitations voulues pour qu'ils tirent un juste profit de leur travail et de leur gestion, et pour qu'ils investissent dans des techniques augmentant la productivité tout en respectant l'environnement; | |
| c) | Harmoniser les systèmes de soutien de la production et des prix des produits alimentaires pour améliorer l'efficacité de la production alimentaire dans et hors de la région; | |
| d) | Aider au maintien ou à la mise sur pied de systèmes efficaces, capables de fournir des services aux producteurs d'aliments, de produire à leur intention des intrants et de commercialiser, transporter, transformer et distribuer des aliments aux consommateurs; | |
| e) | Elaborer des politiques en matière de réserves alimentaires et encourager le maintien de réserves alimentaires sur lesquelles il est possible de compter; | |
| f) | Continuer d'effectuer des contrôles sur l'innocuité et la qualité des produits alimentaires et, au besoin, dispenser une formation concernant le respect des normes d'innocuité et de qualité nécessaires pour que les produits soient admis sur les marchés nationaux, sous-régionaux, régionaux et internationaux; | |
| g) | Continuer de fournir un appui à la recherche alimentaire et agricole, et établir des mécanismes de coopération pour reconstruire les systèmes et les moyens de recherche agricole dans les pays en transition moyennant la collaboration avec des instituts de recherche publics et privés d'autres pays de la région; | |
| h) | Poursuivre lorsqu'il y a lieu la restructuration du système foncier et du cadastre, achever les réformes juridiques sur les titres fonciers et l'accès équitable aux terres et faciliter les transactions foncières fondées sur le jeu du marché; | |
| i) | Evaluer l'ampleur et les formes que peut prendre la dégradation des ressources naturelles utiles à l'agriculture et adopter les mesures nécessaires pour améliorer la qualité de l'environnement et la durabilité du développement agricole et rural; | |
| j) | Améliorer les moyens d'évaluer l'impact des politiques sectorielles et des initiatives et faits nouveaux concernant les marchés internationaux des produits alimentaires sur la sécurité alimentaire dans la région et à l'extérieur. |
80. Les politiques et les initiatives des pays européens
ont eu et continueront d'avoir une grande influence sur l'aptitude
du reste du monde à atteindre l'objectif de la sécurité
alimentaire universelle. La région englobe les pays qui
consacrent la plus grande part du revenu national à l'aide
au développement; ceux-ci sont prêts à partager
leur expérience, au niveau tant régional que mondial,
concernant les moyens d'assurer à tous l'accès aux
vivres, de garantir les approvisionnements alimentaires et de
faciliter la stabilité de l'offre. En outre, un grand volume
d'aide, alimentaire ou autre, est fourni aux nécessiteux
qui vivent dans la région ou à l'extérieur.
Les politiques agricoles et commerciales des pays de la région
se répercutent directement sur les disponibilités
alimentaires mondiales et sur la stabilité des cours mondiaux.
L'aptitude des pays en développement à exporter
vers les marchés de la région influe sur leurs possibilités
de développement et leur capacité d'importer des
denrées alimentaires. La région continuera d'être
un grand fournisseur d'aliments pour les pays en développement
à la fois aux conditions du marché et à des
conditions privilégiées, mais aussi le plus grand
marché pour leurs exportations agricoles et une source
importante d'aide au développement et autres financements.
En réduisant les obstacles au commerce des produits alimentaires
entre la région et le reste du monde, et en éliminant
les subventions à l'exportation de ces produits, on parviendra
plus facilement à l'objectif de la sécurité
alimentaire universelle.
| 81. | a) | éer un environnement macro-économique mondial et un cadre commercial international favorisant la sécurité alimentaire sur toute la planète; |
| b) | Contribuer à rendre le marché mondial des produits alimentaires une source stable et sûre d'approvisionnements, y compris durant les périodes de crise. |
aux niveaux régional et international, avec le concours
de la société civile et des organisations régionales
et internationales, les gouvernements devront:
| 82. | a) | Coordonner les politiques macro-économiques de manière à promouvoir un climat économique conduisant progressivement à la sécurité alimentaire universelle; |
| b) | Réduire et, le moment venu, éliminer les obstacles aux échanges de produits alimentaires, les subventions à l'exportation de ces produits et les droits sur les produits agricoles importés; | |
| c) | Maximiser l'efficacité de l'APD dans la promotion de la sécurité alimentaire, de la productivité agricole et du développement général dans les pays en développement, en donnant la priorité aux PFRDV, et en accordant une assistance pour faciliter l'accès aux progrès technologiques; | |
| d) | Suivre de près l'évolution des marchés mondiaux des produits alimentaires et la situation dans les pays en développement, et assurer en tout temps des stocks vivriers suffisants; | |
| e) | Maintenir des réserves publiques de sécurité alimentaire compatibles avec les normes d'OMC et éviter les politiques qui découragent la détention de stocks par le secteur privé; | |
| f) | Garantir, en temps voulu, une aide alimentaire suffisante et adéquate, ainsi que des intrants agricoles ou d'autres formes d'aide aux pays qui pourraient être touchés par des catastrophes ou des crises; | |
| g) | Appuyer les mécanismes de financements compensatoires et autres mécanismes capables d'assurer une stabilité plus grande des prix et de meilleures conditions pour les exportations des pays en développement; | |
| h) | Etablir des règles précises concernant la qualité et l'innocuité des produits alimentaires et empêcher qu'elles ne deviennent des instruments de protection; contribuer aux initiatives multilatérales pour l'amélioration des procédures et accords sur les normes et mesures relatives à l'innocuité des aliments et à la protection de la santé de l'homme et du bien-être des animaux; et participer aux interventions des secteurs public et privé visant à améliorer et à renforcer les procédures de contrôle et les normes de commercialisation; | |
| i) | Soutenir les activités des centres internationaux effectuant des recherches sur l'alimentation et l'agriculture; établir une coopération entre les centres de recherche de la région et ceux des pays en développement; | |
| j) | Poursuivre ou encourager les négociations multilatérales sur le rôle à attribuer aux considérations écologiques dans les politiques commerciales. |
TABLEAU 1
| ||||||||
| INDICATEURS |
| des pays | transition | |||||
| Disponibilité énergétique alimentaire (DEA) calories/par personne/par jour 1990-92 | 2720 | 3350 | 2520 | 2450 | 3360 | 3230 | 3480 | ... |
| Population 1/
1995 (en millions) | 5759 | 1291 | 4468 | 3664 | 872 | 420 | 452 | 60 |
| 2010 (en millions) | 7150 | 1405 | 5746 | 4695 | 939 | 457 | 482 | 62 |
| taux d'accroissement annuel 1995-2010 (%) | 1,4 | 0,6 | 1,7 | 1,7 | 0,5 | 0,6 | 0,4 | 0,3 |
| Taux de dépendance 1/ (%)
1995 | 62,4 | 51,8 | 65,8 | 65,7 | 52,7 | 54,3 | 51,1 | 56,0 |
| 2010 | 55,6 | 52,7 | 56,3 | 56,7 | 52,8 | 52,9 | 52,6 | 52,9 |
| Taux d'accroissement annuel de la population active 1995-2010 1/ (%) | 1,5 | 0,5 | 1,8 | 1,7 | 0,5 | 0,6 | 0,4 | 0,4 |
| Part de l'agriculture dans la population active 1/ (%)
1995 | 44,3 | 6,7 | 56,3 | 60,5 | 10,9 | 11,9 | 9,9 | 12,6 |
| 2010 | 37,7 | 3,6 | 46,6 | 51,1 | 6,8 | 6,2 | 7,5 | 7,2 |
| Composition des disponibilités alimentaires 1990-92
Disponibilités énergétiques provenant de: | ||||||||
| céréales (%) | 51,2 | 30,4 | 59,6 | 62,6 | 32,8 | 39,7 | 26,9 | ... |
| racines et tubercules (%) | 5,0 | 3,8 | 5,4 | 6,0 | 4,4 | 4,8 | 4,1 | ... |
| produits d'origine animale (%) | 15,7 | 29,1 | 10,3 | 9,2 | 28,9 | 27,6 | 30,1 | ... |
| autres (%) | 28,1 | 36,7 | 24,7 | 22,2 | 33,9 | 27,9 | 39,0 | ... |
| Disponibilités protéiques provenant de: | ||||||||
| céréales (%) | 47,2 | 29,0 | 56,2 | 59,3 | 33,4 | 39,2 | 28,1 | ... |
| produits d'origine animale (%) | 35,5 | 57,7 | 24,2 | 21,1 | 53,5 | 50,7 | 56,0 | ... |
| autres (%) | 17,3 | 13,3 | 19,6 | 19,6 | 13,1 | 10,1 | 16,0 | ... |
| Production et échanges de denrées alimentaires | ||||||||
| Indice de production végétale 1990 (1979-81=100) | 125 | 110 | 136 | 137 | 114 | 112 | 115 | ... |
| Autosuffisance en céréales 1989-91 2/ % | 100 | 112 | 92 | 94 | 98 | 88 | 112 | ... |
| Taux de dépendance vis-à-vis des importations
alimentaires 1988-90 3/ | 0,13 | 0,23 | 0,10 | 0,07 | 0,24 | 0,12 | 0,35 | ... |
| Valeur des produits alimentaires importés 4/
1980/1970 | 4,5 | 4,2 | 6,7 | 6,3 | 4,4 | 8,2 | 3,8 | ... |
| 1990/1980 | 1,4 | 1,5 | 1,2 | 1,1 | 1,5 | 1,0 | 1,6 | ... |
| Volume de produits alimentaires importés 4/
1980/1970 | 1,6 | 1,4 | 2,2 | 1,9 | 1,4 | 4,3 | 1,2 | ... |
| 1990/1980 | 1,2 | 1,1 | 1,3 | 1,2 | 1,1 | 0,9 | 1,2 | ... |
| Valeur unitaire des produits alimentaires importés 4/
1980/1970 | 3,5 | 2,9 | 2,9 | 3,0 | 2,8 | 2,2 | 3,9 | ... |
| 1990/1980 | 1,2 | 1,3 | 0,9 | 0,9 | 1,4 | 1,1 | 1,5 | ... |
| Part des produits alimentaires dans la valeur totale des marchandises importées
Part 1969-71 (%) | 11,0 | 10,4 | 13,4 | 14,1 | 11,3 | 8,4 | 11,9 | ... |
| Part 1989-91 (%) | 6,7 | 6,4 | 7,8 | 8,5 | 7,3 | 11,1 | 6,9 | ... |
| Valeur des produits alimentaires importés/valeur totale des marchandises importées
1989-91 (%) | 6,9 | 6,7 | 7,7 | 8,6 | 7,7 | 11,7 | 7,3 | ... |
| Aide alimentaire par habitant 1992-94 5/ (kg de céréales) | 2,9 | 9,9 | 2,2 | 2,7 | 9,4 | 10,9 | 0,04 | 32,6 |
| Productivité agricole
Rendement céréalier 1988-90 (tonnes/ha) | 2,62 | 3,02 | 2,36 | 2,43 | 2,71 | 2,16 | 4,01 | ... |
| Variabilité de la production céréalière 1970-1990 6/ (%) | 3,5 | 6,5 | 2,4 | 2,4 | 5,2 | 8,4 | 5,1 | ... |
| Terres irriguées/arables 1993 (%) | 19 | 10 | 26 | 30 | 10 | 9 | 15 | 77 |
| Engrais utilisés par hectare de terre arable
kg de nutriments 1970 | 53 | 85 | 21 | 20 | 93 | 61 | 172 | ... |
| kg de nutriments 1990 | 106 | 113 | 93 | 102 | 134 | 104 | 210 | ... |
| Variation de la productivité de la main-d'oeuvre
agricole 1970-1990 7/ (%) | 26,9 | 139,2 | 38,9 | 39,3 | 109,8 | 119,6 | 91,4 | ... |
| Production animale dans la production agricole totale 7/ (%)
Pourcentage des zones boisées 1990 | 45,9 | 63,9 | 32,0 | 29,6 | 65,1 | 68,0 | 62,6 | ... |
| Bois de feu et charbon de bois dans la consommation énergétique | 26,6 | 26,6 | 26,6 | 23,1 | 33,6 | 35,0 | 26,5 | ... |
| totale 1993 (%) | 5 | 1 | 14 | 20 | 1 | ... | 1 | ... |
| Nombre de réfugiés 1995 (en millions) | 14,5 | 3,3 | 11,2 | 8,9 | 2,5 | 1,1 | 1,4 | 0,6 |
NOTES
... Non connu
1/ Estimations et projections ONU de la population, révision
1992.
2/ (Production/(Production+importations-exportations))*100; les
échanges comprennent les produits transformés mais
pas la bière; production et échanges en volume.
3/ Ratios par pays pondérés à l'aide du chiffre
de la population; tous les produits alimentaires regroupés
en termes de calories.
4/ Basé sur les chiffres de l'indice des importations de
produits alimentaires; les denrées ne comprennent pas le
poisson; "1980" est mis pour la période de référence
1979-81.
5/ Calcul par personne fondé sur la population des pays
bénéficiaires seulement.
6/ Ecart type des écarts relatifs à la tendance
exponentielle.
7/ Fondé sur les totaux de l'indice de production.
TABLEAU 2
Rubrique de référence: 9B-Alimentation et nutrition | ||||||
| Albanie | 3 049,0 | 3 115,0 | ||||
| Arménie | 2 539,5 | 2 460,1 | 2 209,7 | 2 038,6 | 1 691,0 | 1 620,4 |
| Azerbaïdjan | 2 560,1 | 2 439,1 | 2 221,8 | 2 053,2 | 2 247,2 | |
| Bulgarie | 3 269,0 | 3 289,0 | 2 894,0 | 2 801,0 | 2 682,0 | 2 665,0 |
| Géorgie | 2 718,0 | 2 666,0 | 2 416,0 | 2 119,0 | 2 554,0 | |
| Hongrie | 3 499,0 | 3 396,0 | 3 218,0 | 3 298,0 | 2 618,0 | |
| Lettonie | 2 587,0 | 2 496,0 | 2 630,0 | 2 691,0 | 2 293,0 | |
| Moldova | 2 951,0 | 2 969,0 | 2 842,0 | 2 577,0 | 2 566,0 | 2 503,0 |
| Pologne | 2 891,0 | 2 767,0 | 2 744,0 | 2 667,0 | 2 510,0 | |
| Roumanie | 3 038,0 | 2 832,0 | 2 758,0 | 2 959,0 | 2 603,0 | |
| Russie | 2 603,0 | 2 590,0 | 2 527,0 | 2 438,0 | 2 552,0 | 2 427,0 |
| Slovaquie | 3 333,0 | 3 276,0 | 3 126,0 | |||
| Slovénie | 3 517,0 | |||||
| Ukraine | 3 597,0 | 3 445,0 | 3 151,0 | 2 860,0 | 2 860,0 | |
Critère:
TABLEAU 2 (suite)
| ||||||
| Albanie | 78,8 | |||||
| Arménie | 46,4 | 47,7 | 56,2 | 70,5 | 71,8 | |
| Azerbaïdjan | 46,5 | 46,0 | 51,6 | 57,6 | 62,5 | 74,3 |
| Bélarus | 37,5 | 33,7 | 35,7 | 39,0 | 49,3 | 57,2 |
| Bulgarie | 42,5 | 40,6 | 52,1 | 47,4 | 46,6 | 48,5 |
| Rép. tchèque | 33,0 | 31,9 | 33,3 | 33,6 | 32,2 | |
| Estonie | 31,9 | 31,9 | 29,2 | |||
| Géorgie | 38,2 | 35,6 | 46,8 | 62,6 | 65,1 | |
| Hongrie | 37,4 | 37,6 | 38,2 | |||
| Lettonie | 36,0 | 33,8 | 42,5 | 53,7 | 50,5 | 51,5 |
| Lituanie | 35,0 | 34,1 | 38,6 | 60,0 | 61,9 | 57,3 |
| Moldova | 40,4 | 38,3 | 42,2 | 50,5 | 58,6 | 45,5 |
| Pologne | 49,2 | 51,8 | 45,8 | 43,5 | 44,2 | 42,8 |
| Roumanie | 51,6 | 49,9 | 52,5 | 57,5 | 60,0 | 62,3 |
| Russie | 34,4 | 36,1 | 38,5 | 47,1 | 46,3 | 46,8 |
| Slovaquie | 31,4 | 30,2 | 33,5 | 32,8 | 32,4 | 35,3 |
| Slovénie | 29,4 | 29,7 | 31,6 | 32,9 | 27,4 | |
| Ukraine | 39,0 | 43,8 | 45,6 | 54,5 | 64,7 | |
Critère:
TABLEAU 2 (suite)
Rubrique de référence: 8A-Indice des prix | ||||||
| Arménie | 95,8 | |||||
| Azerbaïdjan | 100,0 | 100,0 | 96,0 | 101,9 | 114,9 | 116,9 |
| Bélarus | 100,0 | 98,3 | 111,2 | 119,8 | 140,7 | 149,9 |
| Bulgarie | 100,0 | 91,9 | 101,9 | 99,3 | 99,4 | 101,8 |
| Rép. tchèque | 100,0 | 102,5 | 96,0 | 94,5 | 90,8 | 91,0 |
| Hongrie | 100,0 | 104,1 | 93,4 | 90,7 | 95,6 | 99,3 |
| Lettonie | 100,0 | 97,3 | 120,4 | 97,2 | 89,8 | 88,1 |
| Lituanie | 100,0 | 98,5 | 116,7 | 123,6 | 126,3 | 117,1 |
| Moldova | 100,0 | 99,6 | 101,8 | 99,9 | 98,8 | 93,1 |
| Pologne | 100,0 | 98,5 | 83,5 | 79,4 | 78,0 | 78,4 |
| Roumanie | 100,0 | 96,2 | 105,3 | 116,0 | 112,4 | 115,7 |
| Russie | 100,0 | 102,5 | 117,3 | 104,3 | ||
| Slovaquie | 100,0 | 100,5 | 91,9 | 89,3 | 88,0 | 90,2 |
| Slovénie | 100,0 | 94,9 | 94,2 | 93,6 | 88,6 | 90,1 |
Critère: