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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2016, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 4 février, 3 mars, 7 avril, 5 mai, 2 juin, 7 juillet, 8 septembre, 6 octobre, 10 novembre et 8 décembre.

Des stocks mondiaux de céréales en progression sous l'effet conjoint d'une hausse de la production et d’une baisse de la consommation – des premières perspectives de récolte contrastées pour 2016

Date de publication: 04/02/2016

D'après les prévisions les plus récentes de la FAO, la production mondiale de céréales de 2015 est proche de 2 531 millions de tonnes, soit 3,9 millions de tonnes de plus que le chiffre communiqué en décembre, mais encore 30,1 millions de tonnes (1,2 pour cent) de moins que le chiffre record de 2014. Le relèvement du chiffre ce mois tient principalement à des révisions à la hausse de la production de blé (principalement au Canada et en Russie) et de céréales secondaires (Chine, Canada et Paraguay), qui font plus que compenser les révisions à la baisse pour l'UE, le Soudan, la Fédération de Russie, l'Ukraine et les États-Unis. La prévision de la production mondiale de riz pour 2015 a également été révisée à la hausse, mais de peu, car l'amélioration des perspectives pour la Chine, le Viet Nam et les États-Unis était en grande partie absorbée par une détérioration des perspectives au Japon et au Népal.

Les premières perspectives de récolte de céréales pour 2016 sont contrastées, en partie du fait des conditions météorologiques actuelles associées à El Niño. Dans l'hémisphère Nord, les semis du blé d'hiver de 2016, le blé le plus cultivé dans le monde, sont terminés. Aux États-Unis, les premières indications laissent prévoir que les superficies ensemencées en blé d'hiver tomberont à leur niveau le plus faible depuis 2010. En Europe, le temps sec a obligé l'Ukraine à réduire considérablement les superficies emblavées, mais les conditions sont généralement favorables en Fédération de Russie, malgré un excès d'humidité dans le sud et le centre du pays. Les emblavures dans l'UE devraient être en léger recul, mais globalement, de bonnes pluies ont favorisé l'établissement des cultures, et d'après les premières données, on peut attendre une production abondante pour la troisième année de suite. En Asie, la réduction des disponibilités d'eau en Inde, après une mousson médiocre en 2015 et une pluviométrie inférieure à la moyenne depuis octobre 2015, ont compromis les semis de blé de 2016, et on attend un fléchissement des superficies. Les cultures de blé en Chine devraient rester stables par rapport à celles de l'année précédente, grâce au maintien par l'État de ses mesures de soutien des prix intérieurs et aux conditions météorologiques favorables. Dans l'hémisphère Sud, la sécheresse de début de campagne au Brésil et en Argentine pourrait aboutir à une réduction des superficies ensemencées. Les conditions sont plutôt défavorables en Afrique australe, où le temps sec et chaud associé à El Niño a fortement compromis les perspectives de récolte, en particulier en Afrique du Sud où, d'après les premières indications, on attend une baisse probable de 25 pour cent de la production. En ce qui concerne le riz, les perspectives de récolte de 2016 le long de l'Équateur et au sud de celui-ci sont médiocres, le manque d'eau réduisant les semis en Australie et les retardant en Indonésie, tandis que les pluies excessives et peu fréquentes ont une incidence négative sur les semis en Amérique du Sud.

Les prévisions de la FAO concernant l'utilisation mondiale de céréales en 2015 2016 ont été réduites de 2,3 millions de tonnes par rapport au chiffre précédemment établi de 2,527 milliards de tonnes, soit à peine 0,8 pour cent de plus qu'en 2014 2015. La consommation alimentaire de céréales devrait atteindre 1,096 milliard de tonnes, soit 1,2 pour cent de mieux qu'en 2014 2015; l'utilisation de céréales pour l'alimentation animale serait de 906 millions de tonnes, soit 1,3 pour cent de plus qu'il y a un an. On prévoit que l'utilisation de blé gagnera 2,0 pour cent pour atteindre 729 millions de tonnes. Après une contraction en 2013 2014, l'utilisation de blé dans l'alimentation animale devrait augmenter pour la deuxième campagne consécutive, à la faveur d'une utilisation accrue dans l'Union européenne, les États-Unis et la Fédération de Russie. L'utilisation totale de céréales secondaires en 2015 2016 s'établit à près de 1,300 milliard de tonnes, légèrement moins que prévu en décembre. L'utilisation de maïs ne devrait gagner que 0,3 pour cent (3 millions de tonnes), malgré une poussée relativement forte de la consommation alimentaire et d'une demande soutenue du secteur de la production animale dans un certain nombre de pays en développement; en effet, cette croissance est tempérée par le fait que ce secteur, en Europe, manifeste plus d'intérêt pour le blé. C'est principalement à la Chine, au Mexique et à l'Argentine qu'il faut imputer l'augmentation de l'utilisation de maïs dans le secteur de l'alimentation animale en 2015 2016. L'utilisation d'orge par les éleveurs pourrait également augmenter, quoique pas assez pour compenser le recul prévisible de l'utilisation de sorgho et d'autres céréales secondaires. On entrevoit un accroissement de l'utilisation mondiale de riz de 1,1 pour cent, ce qui suffirait à maintenir stable la consommation par habitant, c'est-à-dire à son niveau d'environ 54,7 kg par an.

Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes se terminant en 2016 devraient être de 642 millions de tonnes selon les prévisions; en retrait de 1 million de tonnes par rapport à décembre, ils auraient néanmoins gagné 2,5 millions de tonnes (0,4 pour cent) si on se réfère à leur niveau d'ouverture, qui était déjà élevé. Si on se base sur ces prévisions et sur celles qui concernent l'utilisation, on peut considérer que le ratio stock-utilisation au niveau mondial restera à son niveau de 25 pour cent. Les prévisions de la FAO concernant les inventaires mondiaux de blé ont été revues à la hausse de 3,7 millions de tonnes par rapport aux données de décembre et de 4,7 millions de tonnes (1,8 pour cent) par rapport à l'année dernière, et s'établissent ainsi à près de 211 millions de tonnes. L'écart par rapport à décembre s'explique en grande partie par un ajustement à la hausse des prévisions antérieures relatives à l'Argentine, à la Chine, à la Fédération de Russie et à l'Ukraine. Toutefois, le renforcement des réserves mondiales de blé pour cette campagne aurait principalement pour résultat une accumulation aux États-Unis (+ 5,1 millions de tonnes), dans l'Union européenne (+ 5 millions de tonnes) et en Chine (+ 2,4 millions de tonnes), ce qui compenserait largement les importantes réductions des stocks ailleurs, notamment au Canada (− 2,9 millions de tonnes), en Inde (− 2,5 millions de tonnes) et dans la République islamique d'Iran (− 1,8 million de tonnes). Les prévisions relatives aux stocks mondiaux de céréales secondaires ont été réduites de 5,7 millions de tonnes par rapport au chiffre précédent de 265 millions de tonnes, mais dépassent encore de 3,2 millions de tonnes (1,2 pour cent) celui de l'année dernière. La révision à la baisse de ce mois ci découle essentiellement d'un tassement au Brésil et d'un recul historique (entre 2004 2005 et 2015 2016) des reports de maïs dans l'Union européenne, qui compensent nettement les ajustements à la hausse des perspectives relatives aux stocks détenus au Canada, en Chine, au Paraguay et aux États-Unis. Par rapport à décembre, la FAO a légèrement réévalué les stocks mondiaux de riz en 2016, compte tenu principalement de perspectives plus optimistes quant à la récolte de 2015 en Chine et dans les pays d'Afrique de l'Ouest. Cependant, les reports de riz au plan mondial devraient diminuer de 5,5 millions de tonnes, soit 3,2 pour cent, pour s'établir à 166,6 millions de tonnes, car la production mondiale cette année ne devrait pas suffire à couvrir la consommation prévue.

Les dernières prévisions de la FAO relatives au commerce international de céréales en 2015 2016 s'établissent à 368 millions de tonnes, soit 3,3 millions de tonnes de plus qu'estimé en décembre, mais 2,6 millions de tonnes (0,7 pour cent) en deçà du volume estimatif des échanges pour 2014 2015. Les prévisions relatives au commerce mondial de blé en 2015 2016 (juillet-juin) sont à présent de 151,5 millions de tonnes, soit 2 millions de tonnes de plus que prévu en décembre. Pourtant, en l'état actuel des estimations, les échanges mondiaux de blé auraient reculé de 5,0 millions de tonnes par rapport à 2014 2015, principalement du fait d'un tassement notable de la demande au Maroc, dans la République islamique d'Iran et en Turquie. Parmi les exportateurs, on prévoit que le Canada et l'Union européenne seront les plus touchés par le resserrement des échanges internationaux et que les livraisons en provenance de l'Argentine et de la région de la mer Noire dépasseront les volumes de la campagne précédente. Les prévisions relatives au commerce mondial de céréales secondaires en 2015 2016 (juillet-juin) – 171 millions de tonnes – ont été relevées d'environ 1 million de tonnes depuis décembre, compte tenu de meilleures perspectives quant aux importations d'orge par la Chine et de maïs par le Viet Nam et l'Afrique du Sud. Malgré cette réévaluation, les échanges mondiaux de céréales secondaires devraient se contracter en 2015 2016 par rapport à la campagne antérieure, en grande partie à cause de la diminution des importations dans plusieurs pays d'Asie, à savoir la Chine, l'Indonésie et la République islamique d'Iran. Les perspectives pour 2016 ont été quelque peu réévaluées pour tenir compte d'importations plus importantes qu'initialement prévu vers la Chine et l'Indonésie. De ce fait, on s'attend maintenant à ce que les échanges de riz rebondissent de 1,5 pour cent en 2016 pour atteindre 45,4 millions de tonnes et frôler ainsi le record enregistré en 2014.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.