Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2020: 6 février, 5 mars, 2 avril, 7 mai, 4 juin, 2 juillet, 3 septembre, 8 octobre, 5 novembre, 3 décembre.

Les marchés de céréales devraient rester bien approvisionnés en 2020-2021

Date de publication: 08/10/2020

L’approvisionnement des marchés de céréales devrait rester satisfaisant en 2020-2021, malgré les révisions à la baisse apportées ce mois-ci à la production et aux stocks. Les échanges de céréales devraient croître en 2020-2021, car les marchés mondiaux de céréales continuent à faire preuve de résilience malgré les difficultés et les incertitudes liées à la covid-19.

Les dernières prévisions de la FAO concernant la production céréalière mondiale en 2020 ont été réduites de 2,5 millions de tonnes depuis le rapport précédent publié en septembre et s’établissent maintenant à 2 762 millions de tonnes. Ainsi, la production mondiale de céréales resterait à un niveau record et dépasserait de pas moins de 2,1 pour cent (55,7 millions de tonnes) le résultat de l’année précédente. La révision à la baisse apportée ce mois-ci est à mettre au compte du recul attendu de la production mondiale de céréales secondaires, qui devrait à présent s’établir à 1 488 millions de tonnes, soit une baisse de 0,5 pour cent (7,2 millions de tonnes) depuis le rapport précédent. La plus grande partie de ce fléchissement est imputable à la révision à la baisse des prévisions concernant les cultures de maïs dans l’Union européenne, en Fédération de Russie et en Ukraine, où la récente période de sécheresse a eu des incidences négatives sur les cultures. Les prévisions concernant la production de maïs en Chine et aux États-Unis d'Amérique ont aussi été abaissées, en raison des dégâts provoqués par des phénomènes météorologiques extrêmes. Néanmoins, la production de maïs de cette année aux États-Unis d'Amérique devrait tout de même être nettement supérieure à la récolte de l’année dernière. La révision à la hausse des prévisions concernant la production d’orge, qui ont été relevées de 1,6 pour cent et portées à 156,6 millions de tonnes, a empêché un recul plus important des prévisions concernant la production de céréales secondaires. Cette amélioration des perspectives pour la production d’orge s’explique principalement par le relèvement des prévisions dans l’Union européenne et en Fédération de Russie. Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de blé en 2020 ont été révisées à la hausse de près de 5,0 millions de tonnes (0,6 pour cent) et portées au niveau record d’environ 765 millions de tonnes. La majeure partie de cette révision à la hausse concerne l’Australie, où les conditions météorologiques favorables qui ont perduré ont permis d’améliorer les perspectives de rendement et de confirmer l’important rebond de la production qui était attendu, après deux récoltes consécutives perturbées par la sécheresse. Des rendements plus importants que prévu dans l’Union européenne et en Fédération de Russie ont également contribué au relèvement des prévisions concernant la production de blé et, donc, à celui des perspectives concernant la production mondiale. En ce qui concerne le riz, des semis plus importants que prévu ont stimulé les perspectives de production au Mali, à Sri Lanka, aux États-Unis et, en particulier, en Inde. Toutefois, les ajustements apportés pour ces pays ont été compensés par l’abaissement des perspectives pour l’Égypte, le Pakistan et surtout la Thaïlande, où de faibles disponibilités en eau pour l’irrigation pourraient empêcher une bonne reprise de la production hors saison lors de cette campagne. Ainsi, les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de riz en 2020 restent pour l’essentiel inchangées depuis septembre. Elles s’établissent à 509,1 millions de tonnes, soit une hausse de 1,6 pour cent en glissement annuel et un nouveau niveau record.

Les prévisions concernant l’utilisation mondiale de céréales en 2020-2021 s’établissent à 2 744 millions de tonnes, en retrait de 2,8 millions de tonnes depuis septembre, mais un niveau encore supérieur de 54,5 millions de tonnes (2 pour cent) aux estimations pour 2019-2020. L’utilisation totale de céréales secondaires devrait s’établir à 1 477 millions de tonnes, soit une progression de 41 millions de tonnes (2,9 pour cent) par rapport au niveau de la campagne précédente, malgré un recul de 2,7 millions de tonnes depuis septembre. Cette révision à la baisse s’explique principalement par le recul des prévisions concernant l’utilisation du maïs, qui est lui-même dû à une croissance plus faible de la demande dans les secteurs de l’industrie et de l'alimentation animale, en particulier dans l’Union européenne et aux États-Unis. Outre la réduction des perspectives concernant l’utilisation de maïs pour l’alimentation animale, la hausse prévue de l’utilisation d’orge dans l’alimentation animale a elle aussi contribué au relèvement des prévisions concernant l’utilisation d’orge, qui devrait croître de 6 millions de tonnes (4,1 pour cent) par rapport au niveau de l’année dernière, car on constate que la hausse des prix du maïs améliore la compétitivité de l’orge en rations alimentaires. À 757 millions de tonnes, les prévisions concernant l’utilisation totale de blé restent quasiment inchangées par rapport à celles de septembre, mais progressent de 5,8 millions de tonnes par rapport à 2019-2020, sous l’effet d’une hausse de la consommation en Asie, en particulier en Chine et en Inde. Malgré une légère révision à la baisse depuis septembre, l’accroissement de la consommation alimentaire devrait entraîner une hausse annuelle de 1,5 pour cent de l’utilisation mondiale de riz en 2020-2021, qui atteindrait le nouveau niveau record de 510,5 millions de tonnes.

Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2021 sont maintenant estimés à 890 millions de tonnes, en baisse de 5,9 millions de tonnes (0,7 pour cent) par rapport aux prévisions de septembre, mais toujours en progression de 16,7 millions de tonnes (1,9 pour cent) par rapport à leur niveau d'ouverture, ce qui représente un niveau record. Selon les dernières prévisions concernant les stocks et l’utilisation, le rapport stocks-utilisation de céréales au niveau mondial en 2020-2021 serait de 31,6 pour cent, en léger recul seulement par rapport aux 31,8 pour cent enregistrés en 2019-2020, mais un niveau encore relativement élevé du point de vue historique. La révision à la baisse apportée aux stocks ce mois-ci est principalement imputable à la diminution de près de 10,0 millions de tonnes des prévisions concernant les stocks de maïs, qui annule la croissance prévue auparavant. Compte tenu de la récente révision officielle à la baisse apportée aux stocks de maïs à l’ouverture de la campagne 2020-2021 (c’est-à-dire les reports de la campagne 2019-2020) aux États-Unis, les prévisions concernant les stocks de maïs du pays à la fin de la campagne actuelle ont été réduites.  En outre, l’abaissement des perspectives de production dans l’Union européenne et en Chine et une forte demande dans le secteur de l’alimentation animale ont entraîné un repli des prévisions concernant les stocks. En revanche, l’amélioration des perspectives de production pour le blé a tiré vers le haut les prévisions concernant les stocks mondiaux, qui devraient maintenant s’établir à 284,8 millions de tonnes, soit environ 10 millions de tonnes (3,7 pour cent) de plus que leurs niveaux d’ouverture, mais un niveau encore en deçà du record de 2017-2018. Toutefois, la majorité de la croissance des stocks de blé prévue devrait être concentrée en Chine, car, dans les autres pays, les stocks de blé mondiaux devraient enregistrer un léger recul. Principalement sous l’effet d’une augmentation plus importante que prévue des reports en Inde, les prévisions de la FAO concernant les stocks de riz mondiaux à la clôture de la campagne 2020-2021 ont été relevées de 700 000 tonnes et portées à 182,0 millions de tonnes, un niveau pour l’essentiel identique à celui de la campagne précédente, qui était le deuxième plus important volume jamais enregistré.

Les échanges mondiaux de céréales devraient atteindre le record historique de 448 millions de tonnes en 2020-2021, soit 6,2 millions de tonnes de plus que ce qui était indiqué dans les prévisions précédentes datant de septembre et 10,6 millions de tonnes (2,4 pour cent) de plus que le niveau record de 2019-2020. Les échanges de céréales secondaires en 2020-2021 devraient croître de 7,2 millions de tonnes (3,5 pour cent) par rapport à 2019-2020, en raison d’un rebond de la demande à l’importation de maïs, d’orge et de sorgho. Les importations de maïs devraient augmenter en Chine, où les prix intérieurs grimpent, tout comme dans l’Union européenne, compte tenu de la chute de production prévue pour cette année. Du côté des exportations, un fort rebond des exportations de maïs est attendu aux États-Unis, mais les expéditions de maïs en provenance du Brésil et de l’Argentine devraient perdre du terrain par rapport à leurs niveaux record de 2019-2020. Après une révision à la hausse de 3 millions de tonnes apportée ce mois-ci, les échanges mondiaux de blé en 2020-2021 devraient, selon les estimations actuelles, rester proches du niveau de 2019-2020. L’abondance de l’offre chez plusieurs exportateurs importants, notamment l’Australie, l’Union européenne et la Fédération de Russie, devrait permettre de satisfaire la demande accrue en Afrique du Nord et en Asie, en particulier en Chine et en Égypte. Le regain de la demande africaine devrait contribuer à une progression de 6,9 pour cent des échanges de riz mondiaux en 2021 (janvier-décembre), qui atteindraient 47,1 millions de tonnes, soit un niveau identique à ce qui avait été prévu en septembre. Chez les fournisseurs, dans le droit fil de l’amélioration des perspectives concernant l’offre, les prévisions concernant les exportations ont été portées ce mois-ci à leur niveau record en Inde, mais cette hausse a été compensée par la baisse des perspectives au Pakistan, au Viet Nam et surtout en Thaïlande.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.