Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2021: 4 février, 4 mars, 8 avril, 6 mai, 3 juin, 8 juillet, 2 septembre, 7 octobre, 4 novembre, 2 décembre.

Les prévisions relatives à la production céréalière mondiale pour 2020 de nouveau revues à la baisse

Date de publication: 03/12/2020

Les premières estimations suggèrent une augmentation de la superficie cultivée en blé en 2021 mais la situation est mitigée.

Pour le troisième mois consécutif, les prévisions de la FAO concernant la production céréalière mondiale en 2020 ont été revues à la baisse, les récoltes de toutes les principales céréales devant être moins importantes qu’escompté. Néanmoins, cette production devrait toujours atteindre un niveau record de 2 742 millions de tonnes, soit 1,3 pour cent de plus que l’année dernière.

Les prévisions relatives à la production mondiale de céréales secondaires en 2020, qui s’établissent à 1 472 millions de tonnes, ont diminué de 6,8 millions de tonnes en glissement mensuel. Cette révision s’explique essentiellement par la baisse des prévisions concernant la production de maïs aux États-Unis d’Amérique – ce pays étant toutefois toujours en bonne voie pour produire sa troisième plus grosse récolte jamais enregistrée – et en Ukraine. Ces diminutions ne sont pas compensées par la révision à la hausse de la production de maïs en Serbie, laquelle devrait atteindre un record absolu en 2020. Les prévisions concernant la production mondiale de blé en 2020 ont connu un léger repli depuis le mois dernier pour passer à 761,7 millions de tonnes, soit un niveau comparable à celui de 2019. Ce fléchissement est imputable à la révision à la baisse des niveaux attendus en Argentine et au Brésil, où la faiblesse des précipitations a fait reculer les estimations de la production, ainsi qu’au Kazakhstan, ce qui vient contrebalancer l’augmentation de la production escomptée en Fédération de Russie. Pour ce qui est du riz, les perspectives de production se sont dégradées au Bangladesh et au Viet Nam, en raison de l’incidence des mauvaises conditions météorologiques sur les récoltes secondaires. Toutefois, cette production a priori plus faible dans les deux pays ainsi que d’autres révisions à la baisse moins importantes sont en partie compensées par la hausse attendue au Pakistan, où, d’après les estimations préliminaires officielles, une nouvelle augmentation notable des superficies exploitées devrait permettre à la récolte de 2020 de se hisser à un niveau record. En conséquence, la production de riz en 2020 devrait maintenant atteindre un record absolu en s’établissant à 508,4 millions de tonnes, soit 1,5 pour cent de plus que le niveau revu à la baisse pour 2019. Néanmoins, le chiffre annoncé est légèrement moins optimiste que le mois dernier.

À plus long terme, dans l’hémisphère nord, les semis de blé d’hiver pour la moisson de 2021 ont commencé et, dans plusieurs grands pays producteurs, la surface qu’ils occupent devrait croître sous l’effet de prix rémunérateurs, bien que le temps sec récemment observé puisse freiner l’élargissement des superficies cultivées et nuire aux rendements. Aux États-Unis d’Amérique, l’ensemencement progresse rapidement mais le temps sec, imputable notamment au phénomène météorologique La Niña, a modérément dégradé les conditions de culture par rapport à l’année précédente. En Europe, la forte demande à l’exportation et la hausse des prix ont encouragé l’accroissement des superficies exploitées en Fédération de Russie, officiellement estimées à 19,2 millions d’hectares, tandis que les faibles précipitations enregistrées en Ukraine devraient faire passer les superficies cultivées en 2021 sous le niveau moyen. Après une réduction des superficies exploitées en 2019, les semis de blé dans l’Union européenne (UE) devraient presque revenir aux niveaux antérieurs. En Asie, les conditions météorologiques sont globalement favorables à la culture du blé qui sera récolté en 2021 et des prix rémunérateurs devraient contribuer à étendre les superficies cultivées en Chine, en Inde et au Pakistan.

L’utilisation mondiale de céréales en 2020-2021 devrait atteindre un record de 2 744 millions de tonnes, soit un niveau presque identique aux prévisions du mois dernier et 1,9 pour cent de plus qu’en 2019‑2020. Les perspectives d’utilisation totale des céréales secondaires en 2020-2021 s’établissent à 1 477 millions de tonnes, soit une hausse de 2,6 pour cent par rapport à la campagne précédente, imputable essentiellement à l’augmentation de l’utilisation dans l’alimentation animale, en particulier du maïs et du sorgho en Chine, ainsi que d’autres utilisations, du fait de l’accroissement de la production d’éthanol à partir du maïs au Brésil et aux États-Unis d’Amérique. En 2020-2021, l’utilisation mondiale de blé devrait s’établir à 757,6 millions de tonnes et dépasser le niveau estimé de 2019-2020 de 1,1 pour cent, en grande partie sous l’effet de l’augmentation attendue de la consommation alimentaire. L’utilisation mondiale de riz en 2020-2021 devrait s’élever à 510,3 millions de tonnes, niveau inchangé par rapport aux prévisions du mois précédent et supérieur de 1,5 pour cent aux estimations pour 2019‑2020.

Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2021 ont reculé de 9,6 millions de tonnes depuis novembre pour atteindre 866,4 millions de tonnes, soit 0,7 pour cent en dessous de leur niveau d’ouverture. Le rapport stocks/utilisation de céréales à l’échelle mondiale chuterait ainsi de 31,8 pour cent en 2019-2020 à 30,7 pour cent en 2020-2021, ce qui représenterait le ratio le plus faible en cinq ans mais resterait relativement confortable. Les prévisions relatives aux stocks totaux de céréales secondaires, qui s’établissaient précédemment à 402,5 millions de tonnes, accusent un repli de 10 millions de tonnes, soit 2,8 pour cent de moins que les niveaux d’ouverture de ces stocks, principalement du fait d’une révision à la baisse des stocks de maïs aux États‑Unis d’Amérique. En revanche, les perspectives concernant les stocks mondiaux de blé affichent une croissance de presque 2 millions de tonnes depuis novembre, principalement imputable à des stocks plus importants attendus au Canada, en Chine et dans l’UE, pour s’établir aujourd’hui à 282,9 millions de tonnes, en progression de 2,3 pour cent par rapport aux niveaux d’ouverture. La hausse prévue des stocks mondiaux en glissement annuel est principalement à mettre sur le compte de l’accumulation des stocks de blé en Chine. Les stocks mondiaux de riz à la clôture de la campagne 2020‑2021 sont estimés à 181,0 millions de tonnes et seraient ainsi en baisse de 0,4 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture et 1,0 million de tonnes en dessous des prévisions de novembre. Cette révision tient essentiellement au recul que devraient connaître les réserves de l’Inde, dont les perspectives d’exportation sont plus optimistes. Le niveau des stocks du pays devrait néanmoins battre un record historique. En effet, l’accumulation des stocks attendue en Inde, ainsi que celle prévue en Thaïlande, supérieure aux estimations précédentes, devrait entraîner une hausse des réserves cumulées de riz des principaux exportateurs.

Les échanges mondiaux de céréales en 2020-2021 devraient s’établir à 454,6 millions de tonnes, soit une hausse de 3,2 millions de tonnes par rapport au mois dernier et de 3,4 pour cent par rapport au niveau de 2019-2020. Les prévisions concernant les échanges mondiaux de céréales secondaires en 2020-2021 (juillet-juin) affichent une augmentation de 2,7 millions de tonnes en glissement mensuel pour s’élever à près de 223 millions de tonnes, dépassant le record de la dernière campagne de 5,7 pour cent. La révision à la hausse de décembre s’explique principalement par l’accélération des ventes de maïs aux États-Unis d’Amérique, la Chine continuant d’acheter de grandes quantités. Représentant un volume de 184,5 millions de tonnes, les échanges mondiaux de blé en 2020-2021 (juillet-juin) devraient se maintenir quasiment au même niveau qu’en 2019-2020, soit un volume identique aux prévisions de novembre. En effet, les ventes de la Fédération de Russie devraient être supérieures aux estimations antérieures, compensant ainsi la révision à la baisse des exportations argentines due à des perspectives de récolte moins bonnes. Le commerce mondial du riz en 2021 (janvier-décembre) est maintenant évalué à 47,6 millions de tonnes, soit 6,9 pour cent de plus que les prévisions révisées pour 2020, qui étaient de 44,5 millions de tonnes. Ce mois-ci, les perspectives concernant les importations de plusieurs pays du Proche-Orient et d’Afrique ont été revues à la hausse, compensant ainsi largement les estimations un peu moins optimistes relatives aux importations des Philippines.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.