From the podium

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Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika (Président de la République algérienne démocratique et populaire)

Monsieur le Président,
Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le Directeur général,
Mesdames,
Messieurs,

Il n'est point besoin de vous redire ma préférence amitié ni ma gratitude pour la chaleureuse hospitalité. Il n'est point besoin pour moi de dire mes sentiments de chaleureuse fraternité au Directeur général de la FAO, Jacques Diouf. Notre réunion s'inscrit dans le prolongement de toutes les conférences mondiales organisées ces dernières années dans le cadre du processus global, disons du renforcement de la coopération internationale pour un développement durable, équilibré, équitable.

Le processus de Monterrey a déjà identifié des axes d'intervention pour la mobilisation des financements et le renforcement de la coopération financière et technique au service du développement. D'autre part, notre présente rencontre précède de quelques semaines le Sommet mondial pour le développement durable qui se tiendra à Johannesburg et qui sans nul doute arrêtera lui aussi des engagements en matière d'élimination de la pauvreté, de protection et de gestion durable des ressources naturelles.

La sécurité alimentaire, reste un sujet de préoccupation et d'inquiétude aussi bien pour les pays développés que pour ceux du Tiers-Monde bien qu'elle ne se pose pas dans les mêmes termes pour les uns et pour les autres. Si les pays développés la perçoivent sous son aspect de sécurité sanitaire des aliments, elle se pose pour les pays du Tiers- Monde en termes de disponibilité et d'accessibilité des biens alimentaires, c'est dire la nécessité d'une stratégie commune et globale de lutte contre la pauvreté et l'exclusion d'une solidarité qui transcende les égoïsmes nationaux.

Même si la croissance économique globale et les conditions de vie ont nettement progressé dans les pays en développement au cours des dix dernières années, l'insécurité alimentaire qui les frappe demeure réelle, et même si elle donne des signes de recul, ces signes restent nettement insuffisants et en tout cas bien en-deçà de ce que nous attendons tous. Si cette tendance se maintient, l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées d'ici 2015 ne sera, j'en suis persuadé, jamais atteint. Cinq ans plus tard, cette constatation est plutôt décourageante. Elle doit nous inciter, en tout premier lieu, à l'octroi d'une priorité élevée au secteur de l'agriculture et de développement rural.

Pour ce qui concerne l'Afrique, le Programme d'action préparé par la FAO dans le cadre de la mise en œuvre du «Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique », représente une approche prometteuse puisqu'il tient compte des spécificités du continent où l'agriculture est soumise aux aléas de la pluviométrie (faut-il un Sommet mondial de l'eau) et nécessite une modernisation de ses méthodes.

En second lieu, la sécurité alimentaire appelle des programmes ciblés de lutte contre la pauvreté, dont l'efficacité peut-être est d'autant plus marquée qu'ils seront fondés sur des partenariats entre les Etats, le secteur privé, le mouvement associatif et les communautés de base.

La croissance agricole peut contribuer à réduire la pauvreté, aussi bien rurale qu’urbaine, en relevant les disponibilités vivrières locales. Les pouvoirs publics ont un rôle dans ce domaine en établissant un cadre de politique et d'incitation propices à la croissance agricole. Il s'agit enfin de réduire les pertes après récolte et d'optimiser le revenu des paysans au moyen de la réalisation de réseaux, d'infrastructures rurales pour permettre la commercialisation de la production. Ces efforts devront s'accompagner, au plan international, de mesures de facilitation de l'accès au marché extérieur par la levée des restrictions et des pratiques, sources de distorsion des échanges.

Monsieur le Président,

Ces quelques suggestions ne prétendent pas épuiser le sujet ni représenter une panacée par elles-mêmes. Nous les tirons de l’expérience de notre propre pays qui, comme vous le savez, a subi plus d’une décennie de violence terroriste marquée par des dégradations et des agressions contre les infrastructures économiques et sociales. Le défi de réduire la faim et la pauvreté prend donc chez nous un relief tout particulier. C’est ce à quoi nous nous sommes attelés par la promotion de la concorde nationale et par un ensemble de mesures destinées à renforcer les structures de l’Etat et assurer la stabilité du pays.

Parallèlement à la mise en place d’un cadre politique assaini et ouvert, nous nous efforçons d’atténuer le coût social très élevé de la politique d’ajustement structurel de notre économie nationale.

Nous avons lancé un important programme de relance économique qui intéresse l’ensemble du territoire national pour promouvoir un développement durable et intégré et pour atténuer les effets sur la population de la libéralisation de l’économie nationale.

Ce programme sur lequel nous fondons de grands espoirs consolide et renforce la dynamique déjà engagée à travers la mise en œuvre du plan national de développement agricole qui vise à développer les capacités de production agricole et à rationaliser l’utilisation des ressources naturelles disponibles pour un développement durable.

Pour la première fois en effet, un plan d’une telle envergure a été engagé pour amorcer sur des bases solides, la modernisation de l’agriculture et la mise en œuvre d’une dynamique de croissance agricole soutenue, sur laquelle nous comptons pour l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations et des conditions de vie en milieu rural. Bien plus, à travers ce plan, nous œuvrons à la mise en place des conditions de réoccupation de l’espace agricole et de stabilisation des populations rurales dans des zones durement affectées par un terrorisme nihiliste.

Monsieur le Président,

Dans cette lutte mondiale contre la faim et la pauvreté, les mesures envisagées ne peuvent être d'une réelle efficacité que si elles s'appuient sur un élan généreux et énergique de solidarité internationale et sur une aide appropriée dans tous les domaines. La reprise amorcée de la Conférence de Monterrey, l’afflux d'aide publique au développement et le débat engagé sur l'amélioration de ses modalités et de son efficacité, de même que les mesures d’allégement de la dette en faveur des pays les plus pauvres constituent autant de moyens à mettre au service de la réalisation de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté. Le Fonds fiduciaire de la FAO pour la sécurité alimentaire, auquel l'Italie a annoncé une contribution généreuse, peut, à cet égard, jouer un rôle catalytique précieux.

La pire persistance de nos jours à une aussi vaste échelle de la faim et de la pauvreté dans un monde qui n'a jamais été aussi doté en richesses et moyens ne peut que créer des fractures et mettre en péril dangereusement les liens d'interdépendance mutuelle qui sont, comme on le sait, au cœur même de la mondialisation. Le droit à l'alimentation et le droit au développement doivent être partie intégrante des efforts tendant au renouveau de la coopération internationale pour bâtir un monde plus solidaire, équitable et démocratique.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie.

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