From the podium

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Son Excellence Jean-Bertrand Aristide (Président de la République d'Haïti)

Excellence, Monsieur le Président, Majesté, Distingués Chefs d'Etat et de Gouvernement, Distingués délégués, Mesdames, Messieurs,

On behalf of the Haitian people and my own behalf, I should like to extend Mr President, my congratulations to you on your election as Chairman of the World Food Summit: five years later and to extend our thanks for the warm welcome afforded us to your country and especially to Rome, the Eternal City. Let me also take the opportunity to greet the people of Italy and thank them too for their warm hospitality.

Je voudrais également saluer mes autres collègues du Bureau qui partagent avec moi l'honneur d'être Vice-président de cette auguste assemblée. Mes remerciements les plus sincères s'adressent aux pays amis et frères de l'Amérique latine et des Caraïbes pour cette marque de confiance. Qu'il me soit permis d'exprimer toute l'admiration que m'inspire le Directeur général de la FAO, Monsieur Jacques Diouf. Son travail à la tête de cette prestigieuse Organisation suscite beaucoup d'espoir pour les appauvris de la planète.

Mesdames, Messieurs, déjà en l'an 150 avant notre ère, le romain Caton l'ancien écrivit ici à Rome le Traité de l'agriculture qui allait marquer son époque d'une empreinte indélébile. Malgré les deux siècles de progrès scientifiques et les cinq décennies de révolution verte, la question de la faim demeure toujours lancinante. Le Sommet mondial de l'alimentation tenu ici à Rome en novembre 1996 devait nous conduire à la réduction du nombre des affamés de moitié d'ici 2015, donc on en aurait 400 millions environ. Aujourd'hui, cinq ans après, où en sommes-nous? Les données les plus récentes de la FAO montrent que la sous-alimentation a fait encore près de 815 millions de personnes. La solution au problème de la faim serait-elle agricole ou politique? Pour nous, elle n'est pas agricole, car les moyens nécessaires à la satisfaction des besoins alimentaires de l'humanité sont disponibles et depuis quatre décennies, le monde produit suffisamment d'aliments pour nourrir convenablement toute la population humaine. Il s'agit là, non d'une solution agricole mais d'une remise en question de la répartition des richesses. En effet, la richesse de un pour cent de la population mondiale est équivalente à celle des 57 pour cent de la population la plus pauvre. En d'autres termes, cette minorité de un pour cent possède autant de ressources que les 2,7 milliards de pauvres dont près de 1,2 milliards survivent avec moins de un dollar par jour, paradoxe nutritionnel et sanitaire insinuant, d'un côté 300 millions d'obèses, et de l'autre 800 milions d'affamés. La Déclaration de Rome sur la Sécurité alimentaire doit nous interpeller chaque jour davantage. Les programmes d'aides alimentaires ont été trop souvent perçus comme des analgésiques quand l'humanité a tant besoin de médicaments nutritifs pour enfin éradiquer ce fléau qu'est la faim. Aussi, sommes nous résolus à dynamiser une stratégie nationale de réduction de la pauvreté en dépit des sanctions économiques imposées à notre pays. Nous en profitons pour adresser un merci bien spécial aux amis, qui comme nous, s'opposent à ces sanctions économiques.

Monsieur le Président, vouloir atteindre les objectifs de ce Sommet c'est vouloir trouver la réponse aux aléas climatiques, géo-économiques et politiques. Il y va donc de la bonne gouvernance de la gestion transparente des ressources publiques, de la lutte contre la corruption et l'impunité, de la lutte contre le terrorisme et le trafic de la drogue. Il y va du renforcement des institutions démocratiques, du respect des libertés fondamentales et des droits de la personne: le droit à la nourriture est sacré! La volonté politique et la volonté collective se révèlent nécessaires et indispensables pour y parvenir. A propos de ce point névralgique et cette volonté politique, ce mois de juin 2002 évoque deux faits historiques survenus en juin 1963 et juin 1802. En juin 1963, face à l'acuïté des problèmes de la faim, les mots célèbres du Président John Kennedy ont fait vibrer, au-delà de sa mort, les coeurs de 1300 personnes réunis en congrès à Washington. Je cite: "Notre génération est capable, a les moyens et la possibilité de faire disparaître la faim de la surface de la terre, il faut seulement le vouloir" fin de citation. En juin 1802, l'arrestation et la déportation de Toussaint Louverture allait briser non seulement sa volonté ou celle des esclaves mais bien les chaînes de l'esclavage, car avec la proclamation de notre indépendance deux ans plus tard. Grâce à cette volonté inébranlable, naquit alors la première République nègre du monde. A la veille de la célébration du bicentenaire de notre indépendance, cette même volonté nous anime et revitalise nos tissus pour la mise en oeuvre des résolutions de ce Sommet. Au seuil de ce nouveau millénaire, où la globalisation de l'économie poussent les plus riches à fuir les plus affamés, un peu à l'image des galaxies s'éloignant les unes des autres à cause de l'expansion de l'univers, puissions nous nous rapprocher les uns des autres pour combattre la faim. A travers le monde se répandront alors des rayons de justice et de paix. Grazie! (Merci!).

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