From the podium

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Son Excellence Mathieu Kérékou (Président de la République du Bénin)

Il y a cinq ans, dans cette même salle les Chefs d'Etat et de Gouvernement des Pays Membres de l'Organisation des Nations Unies proclamaient solennellement, à la face du monde et devant l'histoire, leur engagement politique de tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité alimentaire à l'échelle planétaire et réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de personnes sous-alimentées. Aujourd'hui, nous voici réunis pour évaluer le chemin parcouru, apprécier les résultats obtenus et déterminer de nouvelles formes et méthodes d'action plus adaptées et plus efficientes en vue de la poursuite résolue contre la faim et la malnutrition.

Certes des avancées notables et significatives ont été accomplies dans la plupart de nos pays pour créer les conditions favorables d'une autosuffisance et d'une sécurité effectives et durables. Cependant, les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation sont loin d'être atteints en Afrique malgré les efforts et les sacrifices faits par nos Etats et nos peuples. En effet, le Bénin, à l'instar des autres pays africains, a connu des difficultés qui expliquent que les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur de nos engagements.

Les principales contraintes qui ont freiné nos élans dans la voie de la croissance agricole qui garantit une amélioration de la sécurité alimentaire des groupes vulnérables et une protection efficace des ressources naturelles ont pour nom: le manque d'accès aux intrants et aux crédits, l'insuffisance des infrastructures communautaires, le mauvais état des pistes et routes de desserte, les techniques culturales archaïques et la non-maîtrise des aléas climatiques, la chute des prix des produits agricoles qui, de surcroît, ne sont pas subventionnés.

Face à cette situation déplorable qui découle de notre lourd héritage historique, le Bénin a initié et conduit plusieurs actions qui concourent à l'exécution du plan d'action du Sommet de 1996. Ainsi le processus d'institutionnalisation démocratique et la consolidation de l'état de droit a permis de sauvegarder la stabilité politique, la paix sociale et la solidarité internationale et nationale, composantes indispensables d'un environnement propice à l'activité de production et de développement.

Dès lors, toutes les actions entreprises qui vont du producteur au consommateur, ont connu des innovations substantielles notamment par le désenclavement progressif des zones de production, l'organisation des commerçants en réseaux pour faciliter les échanges, l'accès au crédit, à la formation et à l'installation des jeunes sans emploi dans l'agriculture, l'aménagement des zones humides à des fins de productions de céréales et de légumes, le développement et la promotion de la pisciculture villageoise et du petit élevage, la mise en place annuelle d'un fonds de secours d'urgence, l'élaboration de la carte de sécurité alimentaire et du projet d'un système d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité, la prévision de stocks tampons de céréales au profit de populations de zones défavorisées. L'adoption d'un plan d'action opérationnel sur la gestion durable de la fertilité des sols, la création d'un Comité national opérationnel pour l'alimentation et la nutrition, l'organisation des producteurs en unions et fédérations.

Avec la décentralisation du pouvoir d'Etat en décembre 2002, les communautés de la base accorderont désormais la priorité requise à la satisfaction de leurs besoins fondamentaux.

Comme vous pourrez le constater, le Gouvernement du Bénin entend mener rationnellement la lutte conte la sous-alimentation et la famine.

Mon pays, le Bénin, est un petit pays aux ressources limitées. Il compte parmi les quarante neuf pays les moins avancés recensés par les Nations Unies. Le taux d'analphabétisme est très élevé. Le taux d'accroissement de la production alimentaire est inférieur au taux d'accroissement démographique.

Aussi la situation alimentaire demeure-t-elle préoccupante. C'est conscient de cette réalité que le Gouvernement a pris l'option d'intégrer la lutte contre la faim dans une vision globale de développement durable.

C'est pourquoi il a décidé de mettre en œuvre un programme d'action quinquennal dont la finalité est l'accélération de la croissance économique et le relèvement du niveau de vie des populations du monde rural et des zones urbaines.

Dans cette voie, le Bénin soutient la nouvelle stratégie de lutte contre la réduction de la pauvreté en Afrique et dans le monde.

Il adhère également à l'idée de la création d'une coalition internationale contre la faim et la pauvreté et assumera pleinement sa part de responsabilité dans ce noble combat.

C'est dire que le Peuple béninois et son Gouvernement sont convaincus qu'il est possible de parvenir à la sécurité alimentaire et de réduire considérablement la pauvreté, grâce à une détermination accrue et une politique volontariste affichées des dirigeants de nos pays respectifs et au renforcement de la coopération internationale dans le sens d'une plus grande efficacité.

C'est par cette profonde conviction et espérance qu'en ma qualité de Président de la République du Bénin, et Président en exercice des Pays les moins avancés (PMA) que j'exhorte les pays les plus avancés de ne pas "endurcir leurs cœurs comme le temps de la révolte", si nous leur demandons d'éradiquer les effets pervers de l'organisation mondiale du Commerce (OMC) et de mettre à la disposition des pays les moins avancés la technologie qui nous permet de moderniser notre agriculture.

Vive la coopération internationale et la solidarité.

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