From the podium

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Son Excellence Général Major Joseph Kabila (Président de la République Démocratique du Congo)

Du haut de cette tribune, je voudrais m'acquitter d'un devoir légitime, celui de transmettre, à travers vous, les salutations fraternelles du Peuple congolais à tous les autres peuples du monde.

En joignant ma voix à celle de tous les éminents orateurs qui m'ont précédé du haut de cette tribune, je présente, au nom de la délégation qui m' accompagne et au mien propre, nos vives et chaleureuses félicitations à vous-même et aux autres membres du Bureau, pour votre brillante élection à la coordination des travaux de nos assises.

Ma délégation saisit également cette occasion pour remercier le Gouvernement et le Peuple italiens pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité, dont nous sommes l'objet depuis notre arrivée dans cette ville historique de Rome.

Lutter contre la pauvreté pour éradiquer la faim est un devoir pour tout État moderne. C'est la raison pour laquelle la République Démocratique du Congo, qui a souscrit à la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire et au plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation tenu du 13 au 17 novembre 1996, tient à participer au processus qui vise à éliminer la faim dans le monde.

Néanmoins, la réalisation d'un tel objectif nécessite l'existence d'un climat de paix. Malheureusement, les efforts entrepris par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo pour améliorer la situation alimentaire, ont été annihilés par la guerre d'agression imposée au pays par certains de ses voisins, ayant comme conséquence la détérioration de la situation alimentaire de nos populations.

Cette situation a découragé les investissements dans plusieurs secteurs du pays en général, et dans le secteur alimentaire en particulier, entraînant l'instabilité des approvisionnements en produits alimentaires dans les centres urbains, imputable aux difficultés des mouvements de la population sur le territoire national.

Comme vous pouvez le remarquer, la pacification et la réunification du pays constituent notre plus grande préoccupation à ce jour. Sans la paix et l'unité du pays, il ne peut être possible d'entreprendre des programmes de développement véritable et durable.

En effet, le déplacement des populations fuyant la guerre, les contre-performances de l'agriculture en République Démocratique du Congo et les déséquilibres macro-économiques, exacerbés par cette situation, figurent au nombre de principales causes de cette insécurité alimentaire.

Toutefois, je profite de cette occasion pour exprimer toute la gratitude de mon Gouvernement à Monsieur le Directeur général de la FAO qui, avec l'aide de certains partenaires, ne cesse d'apporter le concours à nos populations affectées par la guerre.

En dépit de son potentiel agricole parmi les plus élevés dans le monde, la République Démocratique du Congo n'est toujours pas en mesure de remplir les engagements auxquels elle a souscrit lors du Sommet de 1996.

Et pourtant, les terres arables de la République Démocratique du Congo représentent environ 60 pour cent de sa superficie, soit 1 407 000 km2.

Mon pays réunit donc toutes les conditions naturelles pour faire face au problème de la pauvreté et, en même temps, assurer la sécurité alimentaire à l'ensemble de sa population. C'est pourquoi le Gouvernement s'est investi à restaurer la paix afin de réunir les conditions pouvant permettre d'exploiter nos immenses ressources naturelles pour lutter contre la faim.

De même, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, avec l'appui de la communauté internationale, s'est investi dans le processus de paix afin de réaliser la réunification du pays, condition indispensable à l'application de toute politique de redressement économique.

La vision que nous avons du développement de notre secteur agricole ne se limite pas seulement aux besoins internes du pays, elle va plutôt bien au-delà; car notre Gouvernement est conscient du rôle que la République Démocratique du Congo peut jouer sur l'ensemble de la sous-région de l'Afrique, et sur l'Afrique en général.

Par ailleurs, j'invite les partenaires traditionnels de la République Démocratique du Congo à s'inspirer de l'exemple de la FAO, qui est toujours restée à nos côtés, en reprenant rapidement leur coopération avec notre pays pour nous accompagner dans les efforts que nous entreprendrons dans la relance et la modernisation du secteur agricole.

L'éradication du phénomène de la pauvreté ne peut être effective sans la mobilisation de ressources financières et même si rien ne peut se réaliser sans l'engagement et la participation des concernés.

C'est pourquoi je voudrais rappeler l'engagement pris par les dirigeants du G-8, lors de leur dernier Sommet tenu à Gênes, de soutenir l'agriculture et de placer la sécurité alimentaire et le développement rural au coeur des stratégies de lutte contre la pauvreté. Que cet engagement se traduise le plus rapidement possible sur le terrain par des interventions intégrant les possibilités d'appropriation des innovations par les communautés locales concernées.

Comme on peut s'en rendre compte, la pauvreté ne peut être vaincue que par une action concertée de la communauté Internationale, en vertu des principes qui régissent la solidarité entre les peuples. C'est à ce titre que non seulement je souscris à l'idée, combien pertinente de la création, à l'issue du présent forum ,d'une alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, mais aussi je considère que le plan universel proposé par le Premier Ministre Silvio Berlusconi doit se traduire en actions concrètes par une mobilisation urgente de toutes les ressources possibles.

Si nous voulons une paix durable pour demain, si nous voulons éradiquer la faim et la pauvreté de la surface de la terre, et si nous voulons que la solidarité entre les peuples ne soit plus un simple slogan, c'est aujourd'hui et maintenant que nous devons poser les jalons d'un monde meilleur.

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