From the podium

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Son Excellence Monsieur Antonio Volpinari (Captain Regent, République du Saint-Marin)

Monsieur le Directeur-général,
Monsieur le Président,
Excellences,

Au nom de la République de Saint-Marin nous désirons formuler nos plus vifs remerciements au Directeur général, Jacques Diouf et au Gouvernement italien pour avoir organisé cette importante réunion, malheureusement repoussée à cause des circonstances internationales tragiques.

Il n'est pas aujourd'hui question de regarder en arrière, il faut être pragmatique et en traire des leçons. Des leçons qui nous permettent aujourd'hui de voir la Déclaration de Rome et le plan d'action adoptés lors du dernier Sommet mondial sur l'alimentation en 1996 comme un texte de base pour réaffirmer notre rôle, pour mobiliser et relancer concrètement notre volonté politique de lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde.

Afin que l'objectif de réduire en 2015 de moitié le nombre de personnes souffrant la faim soit atteint, il faut absolument adopter des mesures concrètes et opérationnelles.

Cela ne signifie pas créer de nouvelles structures; il faut que les gouvernements, à travers des processus démocratiques et transparents visant à la stabilité politique, s'efforcent d'achever la paix, de résoudre les conflits et les tensions internationales.

Nos engagements doivent être traduits en action: le droit à l'alimentation est énoncé dans la Déclaration de Rome au point 7 et est un droit fondamental de la Déclaration universelle des Droits de l'homme. Le droit à l'alimentation, à une nourriture adéquate ne connaît pas de race, de sexe, de culture ni de religion et ne connaît surtout pas de dimension géographique ou d'importance politique.

Nous sommes saisis par une question éthique face aux chiffres énormes, qui nous parlent de 815 millions de personnes souffrant la malnutrition chronique, dont 60 pour cent vivant dans les zones rurales, du nombre de personnes qui meurent à cause du sida ou par les effets causés par les catastrophes naturelles et humaines.

Face à cette responsabilité, la Déclaration sur l'Accord sur les ADPIC et la santé publique, adoptée lors de la Conférence de Doha, a reconnu l'exigence et le devoir moral d'aider les pays plus pauvres à faire face aux maladies épidémiques et sexuellement transmissibles en essayant de trouver un équilibre entre la sauvegarde des investissements en matière de recherche pharmaceutique et sanitaire et la situation d'urgence causée par ces fléaux. Nous avons appris que le Professeur Robert Gallo commencera bientôt en Afrique l'application de sa recherche et nous nous réjouissons car depuis 1988 la République de Saint-Marin a répondu à l'appel international pour faire face à ce problème grave et, à sa présence, a organisé tous les ans des groupes de travail au niveau international pour analyser les résultats scientifiques sur les aspects immunologiques et viraux.
La faim est à la fois la cause et l'effet d'une pauvreté extrême. Pour que les mots se transforment en action, il est nécessaire une véritable prise de conscience par les autorités nationales et locales, l'élaboration de politiques transparentes et participatives dans le respect des traditions, de l'identité et des valeurs culturelles des communautés mineures à travers la promotion du dialogue et des mécanismes de prévention des conflits.

Nous invitons donc tous les gouvernements à s'engager formellement à travers la promotion d'un Code de conduite international sur le droit à la nourriture adéquate et à le respecter sur la base d'indicateurs précis.

Plusieurs sont les facteurs qui permettent une lutte efficace contre la pauvreté, l'une est l'éducation. Notre devoir est d'assurer à la fois le droit à une nourriture adéquate et le droit à l'éducation.

On assiste à la globalisation de l'analphabétisme qui frappe plus d'un milliard de personnes dont 70 pour cent vivent dans les zones rurales où règnent l'analphabétisme et la sous-alimentation. L'éducation est la clef pour la réduction de la pauvreté et le développement des stratégies pour la sûreté alimentaire.

Incontestablement, il existe un lien étroit entre éducation, réduction de la pauvreté et sécurité alimentaire et sanitaire. De ce fait, nous appuyons l'initiative "l'éducation pour tous" et lançons un appel à la communauté internationale pour que l'éducation de base soit insérée dans le programme de développement durable et pour aider les pays qui réforment leurs systèmes éducationnels et sanitaires à répondre aux besoins des communautés pauvres rurales à travers la mise en œuvre de stratégies qui garantissent le droit à la terre, l'accès aux marchés locaux, à l'approvisionnement d'eau, l'accès au crédit, aux denrées alimentaires qui valorisent les pratiques locales.

C'est dans ce cadre que la République de Saint-Marin a financé un projet en partenariat avec la FAO et l'Unesco pour l'éducation de base pour le développement agricole visé à la formation de formateurs.

Nous voudrions attirer l'attention sur le rôle de la femme rurale dans la lutte contre la pauvreté. Il est essentiel de faut lui donner son propre status, de promouvoir un accès égal aux produits agricoles, aux micro-financements, aux prêts à faible taux d'intérêts et aux profits du travail ainsi que d’assurer la participation active à la vie sociale.

La faim dans le monde ne peut pas être combattue en augmentant la production dans les pays en voie de développement; il faut développer les réformes et l'économie rurale à travers la création d'emplois assurant les droits au travail, accorder un accès équitable aux ressources de production et aux marchés et créer des instruments pour la gestion des ressources. Les méthodes doivent prévoir la conservation et l'utilisation durable des ressources et en réduire toute forme de surexploitation.

Le concept d'aide internationale doit changer grâce au programme de révision de la structure actuelle du système des Nations Unies. Un aspect fondamentale doit être : l’aide à la reconstruction à travers des mécanismes démocratiques et transparents tout en laissant aux pays le choix des méthodes. Cela exige une étroite coopération internationale entre les pays, les organisations internationales, les ONG et la société civile, et dans ce cadre, la République de Saint-Marin appuie la proposition lancée par le Président de la République fédérale d'Allemagne d'une alliance contre la faim et la pauvreté qui ne devra pas établir de nouvelles structures mais se fonder sur les institutions existantes et renforcer la collaboration entre les trois agences FAO, FIDA et PAM et encourager les investissements publics et privés.

La FAO doit développer la "capacity building" à travers l'aide technique et financière aux pays en développement et des économies en transition; travailler en partenariat avec les institutions financières internationales pour aider les pays à développer les plans nationaux et régionaux axés sur le secteur de la sécurité alimentaire, développer les activités liées à l'agriculture, à la pêche, aux forêts et à la production alimentaire ainsi que de promouvoir et renforcer la coopération nord/sud et sud/sud.

La République de Saint-Marin appuie en tant que co-promoteur traditionnel de la Résolution au sein des Nations Unies, le principe de la réduction de la dette des pays en voie de développement et appuie la proposition avancée par la FAO de la création d'un fond fiduciaire pour la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments.

Permettez-nous, en tant que Représentants de la plus ancienne République du monde qui a su préserver les principes de démocratie et de liberté, de souligner le rôle que l'Europe avec ses valeurs peut jouer dans le processus de stabilité et d'équilibre mondial afin que la globalisation constitue une vraie opportunité pour tous.

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