From the podium

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Son Excellence Yoma Golom Routouang (Ministre de l’agriculture de la République du Tchad)

Je voudrais qu'il y ait un rectificatif dans la mesure où je ne suis pas Monsieur Idriss Déby mais un des serviteurs des agriculteurs, son Ministre de l'agriculture.

Son Excellence, Monsieur Idriss Déby, Président de la République du Tchad, empêché à la dernière seconde, une seconde est très chère pour un Chef d'Etat, m'a fait ainsi l'honneur d'adresser la contribution du Tchad au Sommet.

Le Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après, se tient dans un contexte mondial en plein changement rapide dans tous les domaines. Ces changements ne vont pas toujours dans le sens de l'amélioration des conditions de vie des populations pauvres qui ne parviennent pas à satisfaire leurs besoins élémentaires en nourriture.

Le Tchad est malheureusement de ceux dont une partie de la population est concernée par ce cas de figure. En effet, vaste de 1 284 000 km2 où vivent 7 500 000 habitants, le Tchad est classé parmi les pays les plus pauvres de la planète. Le PIB par tête passe de 321 dollars E.U. en 1990 à 220 dollars E.U. en 2000.

Au cours de l'année 2001, près de deux millions de tchadiens ont vu leur situation alimentaire se dégrader à tel point qu'un déploiement massif d'aide d'urgence en vivres a dû être effectué. La production céréalière a connu une augmentation insignifiante de 1,4 pour cent en 1996 et 2000 tandis que durant la même période la population a augmenté de 9,8 pour cent.

Au vu de ce tableau qui n'est pas exhaustif, vous conviendrez avec moi que le Tchad fait face à de très nombreux défis tous aussi importants les uns que les autres. C'est dans cette quête permanente des voies et moyens pour relever ce défi que le Président de la République a associé sa voix à celle d'autres Chefs d'Etat et de Gouvernement pour donner la caution nécessaire à l'initiative du Directeur général de la FAO lors du Sommet mondial de l'alimentation qui a eu lieu ici même en 1996.

Depuis cette date, le Gouvernement tchadien a axé toutes ses stratégies de développement sur l'amélioration des conditions de vie des populations en général et la sécurité alimentaire en particulier. Sur le plan politique, le Gouvernement s'est employé à faire adhérer le pays à de nombreuses conventions internationales et a fait aboutir d'importantes réformes institutionnelles. Autant d'actions entreprises dans le domaine de la bonne gouvernance et de l'état de droit, entre autre, la réconciliation nationale, la liberté de la presse, la réforme du système judiciaire, etc.

Sur le plan économique, le Gouvernement tchadien a centré ses efforts sur la question de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté. C'est ainsi que quatre secteurs prioritaires ont été retenus: la santé publique et affaires sociales, l'éducation nationale, le développement rural, et les infrastructures. Par ailleurs, un grand nombre d'actions ont été réalisées, ou sont en cours de l'être, dans différents domaines. Nous citons l'adhésion de mon pays au Programme spécial de sécurité alimentaire, initiative très louable de la FAO et son admission à l'IPTTE. Cette option politique se verra renforcée par la stratégie nationale de réduction de la pauvreté, dont le document vient d'être validé.

Comme vous le constatez, il s'agit de plusieurs défis qui ne peuvent être relevés qu'en mobilisant des ressources financières, matérielles et humaines conséquentes. Hors, le taux des parts nationales est très faible et n'entraîne qu'une faible accumulation des capitaux mobilisables. Le niveau d'investissement sur les ressources extérieures est également insuffisant par rapport aux besoins réels.

Pour ce qui est de ses ressources propres, le Tchad espère une prochaine amélioration à travers les revenus pétroliers dont l'exploitation effective est prévue pour 2003. Pour assurer une utilisation efficace et rationnelle de ses ressources, le Gouvernement a élaboré une stratégie de gestion de l'économie à l'heure pétrolière. Des dispositions institutionnelles sont prises pour en garantir l'effectivité en impliquant les responsables, les représentants de l'Etat, la société civile et les confessions religieuses. Un collège pour la surveillance des revenus pétroliers a été créé et est opérationnel. Mais compte tenu de l'ampleur des besoins de financement et du volume des ressources propres du pays, l'aide extérieure sera encore nécessaire pour le financement des stratégies adoptées et sa mobilisation demeure une préoccupation du Gouvernement tchadien.

A cet effet, le Gouvernement s'est engagé dans de nombreuses réformes économiques devant faciliter l'accès du pays aux ressources supplémentaires nécessaires au financement de programmes négociés avec les institutions financières internationales. La poursuite du programme d'ajustements structurels, les efforts déployés pour accéder aux opportunités offertes par l'IPTTE, la mise en place de la facilité de la réduction de la pauvreté et la croissance de l'agriculture, témoignent de l'engagement du Gouvernement. Sur le plan international, beaucoup de choses ont été réalisées. Cependant, je voudrais relever que les performances de l'agriculture, secteur dominant des économies des pays pauvres, constituent de réels motifs d'inquiétude et devraient nous inciter à redoubler d'énergie dans notre engagement pour éradiquer la faim dans le monde et plus particulièrement en Afrique.

Cette tribune nous offre certes l'occasion de faire le bilan des actions que nous avons entreprises depuis 1996 pour combattre la faim, et de mesurer leur incidence sur la vie quotidienne des populations. Mais nous devons aussi tirer des leçons des parcours établis et nous engager résolument pour les objectifs fixés par le Sommet mondial de l'alimentation en insufflant un nouveau dynamisme à la mise en œuvre du Plan d'action dont la pertinence demeure d'actualité.

L'élan suscité au sein de la communauté financière internationale pour diverses initiatives offre de nombreuses opportunités pour impulser une dynamique en Afrique. La collaboration entre la FAO, le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, et les autres institutions sous-régionales ou régionales existantes est une stratégie opérationnelle cohérente efficace pour le développement de l'agriculture du continent africain. C'est pourquoi, je réaffirme ici la ferme volonté du Gouvernement tchadien à apporter son soutien total à la poursuite des objectifs fixés par les Chefs d'Etat et de Gouvernement en 1996.

Je voudrais également rassurer Monsieur le Directeur général de la FAO de l'appui des plus hautes instances de mon pays pour les efforts qu'il déploie pour l'éradication de la faim et de la malnutrition dans le monde et particulièrement en Afrique. Je voudrais, en terminant mon propos, remercier les hautes autorités du pays hôte pour les dispositions prises rendant agréable le séjour de la délégation tchadienne à Rome et surtout pour avoir permis la tenue du Sommet.

J'adresse mes félicitations à vous, Monsieur le Président du Sommet, pour votre brillante élection et enfin nos félicitations et nos remerciements à Monsieur le Directeur général pour la convocation du Sommet.

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