From the podium

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Son Excellence Mohammed Ghannouchi (Premier Ministre de la République tunisienne)

C'est pour moi un honneur de saluer les participants à ce Sommet et de vous transmettre les souhaits de son Excellence le Président Zine El Abidine Ben Alí, Président de la République tunisienne, pour ce Sommet le plein succès de ses travaux et de vous donner lecture de son message qu'il m'a prié de vous adresser. Voici donc le texte de ce message.

Je suis heureux d'adresser les expressions de ma profonde considération et mes vives félicitations à Monsieur Silvio Berlusconi, Président du Conseil italien, à l'occasion de son élection à la présidence de nos présentes assises. Mes remerciements s'adressent également au Président, au Gouvernement et au Peuple italien pour l'accueil de ce Sommet, de même que pour les préparatifs soigneux qu'ils lui ont assurés.

Ce Sommet nous offre l'opportunité de rendre hommage à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et à son Directeur général, Monsieur Jacques Diouf, pour l'action remarquable qu'il mène en vue de réaliser la sécurité alimentaire dans le monde et pour les grands efforts déployés à l'effet de réunir les conditions les plus favorables à la tenue de notre présente conférence, dans le cadre des nobles objectifs fixés par le Sommet de 1996 pour le bien de l'humanité.

Nous nous retrouvons aujourd'hui, cinq ans après la tenue de notre première conférence lors de laquelle nous avions affirmé le droit de tout être humain à une nourriture saine, et proclamé notre engagement à fournir un effort soutenu en vue d'éradiquer la pauvreté et de réduire de moitié, à l'horizon 2015, le nombre de ceux qui souffrent de la malnutrition. Nous avions également décidé de prendre les mesures appropriées et d'apporter le soutien nécessaire à la mise en oeuvre du plan d'action prévu par la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale.

Si les objectifs paraissent ambitieux, ils n'en sont pas moins légitimes, la lutte contre la malnutrition et la faim dans le monde étant une nécessité impérieuse pour nous tous.

C'est que les résultats enregistrés à ce jour demeurent en-deçà des espérances, en dépit des efforts consentis. La situation est d'autant plus aggravée dans de nombreuses régions du monde par l'absence de sécurité et de stabilité et la persistance des conflits armés. Les derniers événements mondiaux n'ont fait que compliquer les choses, ce qui investit la communauté internationale de la responsabilité de remédier sans retard aux causes du déséquilibre qui prévaut en matière de sécurité dans le monde et de mettre en place les mécanismes nécessaires pour venir à bout de ce problème social majeur qui entrave l'épanouissement de l'homme et l'essor économique dans les pays en développement.

La Tunisie place la sécurité alimentaire au premier plan de ses priorités en matière de développement. Les réformes structurelles que nous avons entreprises, les programmes que nous avons mis en oeuvre pour réaliser le développement intégré et promouvoir les zones rurales et leurs populations, et tout particulièrement la femme, ainsi que les mécanismes de solidarité que nous avons créés, ont abouti à des résultats positifs qui ont eu un profond impact sur l'amélioration de la qualité de la vie partout dans le pays.

En effet, notre pays a réussi, au cours de ces quinze dernières années, à accroître de 40 pour cent sa production agricole et à réaliser son autosuffisance dans un large éventail de produits alimentaires, dans le souci de renforcer les attributs de sa sécurité dans ce domaine.

Le taux de pauvreté a été ramené à 4,2 pour cent en l'an 2001. Les indicateurs des conditions de vie ont, par ailleurs, connu une amélioration constante, notamment en ce qui concerne l'approvisionnement en eau potable, la santé, l'enseignement et l'électrification.

La communauté internationale se doit, aujourd'hui, d'accroître son aide aux pays qui se trouvent encore en butte à la pauvreté, à la malnutrition et à l'instabilité.

Convaincus de l'importance qu'il y a à concrétiser le principe de solidarité pour la réalisation de nos nobles objectifs dans ce domaine, nous avons préconisé, en l'an 1998, la création d'un Fonds mondial de solidarité qui oeuvrerait à atténuer la pauvreté dans les régions les plus démunies et contribuerait à intégrer ces régions dans le circuit économique.

Cette initiative a, comme vous le savez, bénéficié d'une adhésion unanime aux Nations Unies et d'un large soutien international. Notre espoir est de voir se conjuguer les efforts de tous en faveur de sa concrétisation dans les plus courts délais.

Malgré les efforts fournis par les Etats africains et la communauté internationale, la situation en Afrique continue de requérir une attention accrue, eu égard aux effets néfastes de la pauvreté et de la famine et à l'aggravation de l'endettement, sans parler des catastrophes naturelle qui frappent le continent, ainsi que la dégradation de ses ressources naturelles.

Nous nous félicitons, à cet égard, des efforts déployés en vue de l'instauration d'un nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), en vue de réaliser la complementarité économique et de promouvoir des relations évoluées entre les Etats africains et la communauté internationale, et notamment avec les pays industrialisés.

Au Moyen-Orient, la situation a connu une dangereuse escalade, du fait de l'occupation israélienne et des exactions qui l'ont accompagnée, à savoir notamment le siège imposé à l'encontre du Peuple palestinien, avec les diverses formes de privations qui l'on marqué, dans le dessein d'affamer ce peuple et de le faire plier au mépris des engagements pris à l'occasion du Sommet mondial de l'alimentation, qui interdisent d'utiliser la nourriture comme moyen de pression politique et économique ou de prendre en la matière toute mesure de quelque nature que ce soit, qui serait contraire au droit international et à la Charte des Nations Unies.

Les accords conclus dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont jeté les bases d'un nouvel ordre libérant le commerce international, y compris celui des produits agricoles.

Malgré les résultats positifs réalisés lors de la Conférence ministérielle de cette Organisation, tenue à Doha, nour réaffirmons que les défis auxquels les pays en développement se trouvent confrontés, dans un environnement international marqué par des mutations rapides, commandent de prendre en considération les spécificités de ces pays en matière de sécurité alimentaire et de développement rural.

Il faut souligner aussi que la rationalisation de l'exploitation des ressources naturelles et leur protection exigent la conjugaison des efforts de tous pour lutter contre la désertification, préserver les ressources en eau et faire face aux aléas climatiques, au moyen d'une solidarité internationale agissante et la mise en oeuvre des mécanismes de coopération dans ce domaine. Nous espérons que le prochain Sommet de Johannesbourg (Rio+10) parviendra à mettre au point les formules adéquates à cet effet.

Eu égard au rôle important de la coopération dans la dynamisation du processus de développement des peuples, les pays avancés et nantis assument une grande responsabilité à cet égard par leur solidarité et leur contribution en faveur des pays en développement.

De leur côté, les pays en développement se doivent d'intensifier leurs efforts en vue de dynamiser la coopération sud/sud, dans le cadre d'une vision qui privilégie la complémentarité et le partenariat dans tous les domaines.

La Tunisie, pays d'ouverture et de solidarité, réitère son engagement en faveur du plan d'action du Programme mondial portant sur la sécurité alimentaire, ainsi que son attachement aux principes de la coopération internationale pour garantir le droit de tout être humain à la nourriture. Elle réaffirme également sa détermination à contribuer à toute action destinée à réduire le déséquilibre entre pays en développement et pays industrialisés et à assurer un avenir meilleur à l'ensemble de l'humanité.

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