From the podium

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Son Excellence Monsieur Hervé Gaymard (Ministre de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales de la République française)

Nous sommes aujourd'hui réunis, sur l'initiative du Conseil de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et en particulier, de son Directeur général, que je remercie, afin d'examiner les raisons du retard pris dans la mise en œuvre des engagements souscrits en 1996 et de rechercher les moyens de corriger cette évolution.

Trois voies doivent être privilégiées. La première voie est celle de l'aide publique au développement, trop longtemps réduite dans son volume et contestée dans son principe même, elle doit être aujourd'hui au cœur de nos priorités pour faire reculer la sous-alimentation et la pauvreté.

Le Président de la République française a indiqué à Monterrey que la France souhaite augmenter son effort d'aide publique au développement et le faire progresser de 50 pour cent en cinq ans pour atteindre les objectifs du Plan d'action arrêtés lors du Sommet mondial de l'alimentation, il faut redonner toute son importance à la dimension agricole de l'aide publique au développement. Pour autant, tous les enseignements doivent être tirés de ce qui n'a pas ou a mal fonctionné par le passé.

Les pays concernés sont les premiers et les principaux acteurs de leur développement, leur mobilisation forte est indispensable afin que les politiques agricoles et les infrastructures se voient accorder toute l'importance qu'elles méritent, c'est tout le sens de l'initiative du nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique à laquelle la France apporte son soutien. L'aide doit être prioritairement consacrée à la consolidation des agricutures des pays confrontés à des problèmes graves de sécurité allimentaire. Elle ne doit pas utiliser au service d'objectifs de conquête de nouveaux marchés à l'exportation, de régulation interne des marchés, ni de gestion des excédents par les pays développés qui destabilisent durablement les agricultures des pays en développement. Pour cette raison, l'aide alimentaire doit, en particulier, être fournie exclusivement sous forme de dons. La France souhaite que des disciplines internationales plus strictes s'appliquent en ce domaine.

Consolider l'agriculture des pays du sud suppose une action combinée de développement rural, de soutien aux pratiques agronomiques et à la recherche ainsi que de formation. Les objectifs de l'aide ne doivent pas se limiter à la production durable de denrées alimentaires en quantité suffisante. Ils doivent également être pleinement intégrés au processus qui contribue à un développement socio-économique global et durable. A ce titre, la cohérence entre organisations internationales doit être renforcée, notamment entre les organisations relevant des Nations Unies et celles relevant du système de Bretton Woods.

La recherche agricole doit enfin contribuer à assurer la durabilité de la production agricole et au développement rural. Elle doit également contribuer au meilleur usage possible des ressources génétiques. A ce titre, je me félicite de la signature par l'Union européenne, à l'occasion du présent Sommet, du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'agriculture et l'alimentation.

La seconde voie est celle d'un renforcement des règles commerciales multilatérales conciliant les exigences du développement, de la sécurité alimentaire et de la sécurité sanitaire des aliments. Le développement du commerce mondial peut offrir des opportunités aux pays en développement d'augmenter leurs ressources par la vente de produits agricoles. C'est la raison pour laquelle l'Union européenne a mis en place l'initiative "Tout sauf les armes" en faveur des pays les moins avancés ouvrant unilatéralement son marché à leurs produits, y compris dans le secteur agricole. Cette initiative dont devraient s'inspirer les autres pays développés conforte la position de l'Union européenne comme premier débouché des exportations agricoles des pays en développement, loin devant ses principaux partenaires développés.

Un mot sur le renforcement des capacités institutionnelles et commerciales, élément clé de la Déclaration de Doha. Il doit permettre aux pays en développement de tirer parti de l'ouverture économique en assurant leur pleine participation aux négociations sur le commerce international, en prenant en compte leurs besoins de développement, y compris en matière de sécurité alimentaire et de développement rural, en les aidant enfin à se conformer aux normes, notamment en matière de sécurité sanitaire et de qualité des aliments pour pouvoir pleinement profiter des opportunités associées à l'ouverture des marchés. A cette occasion, je tiens à saluer l'initiative commune engagée par l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, l'Organisation mondiale de la santé, l'Office international des épizooties, en collaboration avec l'Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments.

Le progrès technique est porteur d'espoir pour atteindre l'objectif de réduction de la sous-alimentation fixé en 1996. Il doit cependant être mis en œuvre dans un contexte qui offre des conditions suffisantes et effectives aux plans éthique, sanitaire et écologique. Les choix publics doivent être éclairés par des expertises scientifiques fiables et impartiales telles celles diligentées aux Codex Alimentarius. Des mesures sanitaires visant à protéger la santé des populations humaines, animales ou végétales doivent pouvoir être adoptées par tous les Etats, développés et en développement, afin d'éviter les conséquences destructrices d'incidents sanitaires majeurs. Le principe de précaution doit continuer à s'appliquer conformément aux dispositions du Protocole de Carthagène sur la biosécurité. Ces mesures participent d'un contrat de confiance avec les consommateurs qui doivent pouvoir bénéficier de la transparence à laquelle ils aspirent, notamment par l'entremise des dispositifs de traçabilité.

Tous ces sujets sont au cœur de l'action et des missions de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, la sécurité sanitaire des aliments doit demeurer un haut niveau de priorité dans l'action de cette Organisation. Elle sera un thème majeur de la vingt-quatrième Conférence régionale pour l’Europe que la France, et je m'en réjouis, accueillera en 2004.

En troisième et dernier lieu, le concept de droit à l'alimentation doit être approfondi. Dans les travaux qui suivront le présent Sommet, le concept de droit à l'alimentation devra être approfondi et précisé. Afin d'engager un large dialogue sur ce sujet, la France soutient l'initiative de confier à un groupe de travail intergouvernemental, rattaché à l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, l'élaboration d'un code de conduite volontaire. A cet égard, la France se félicite du compromis qui a pu intervenir sur ce point et souhaite un résultat rapide dans le cadre d'une étroite coordination avec les autres organisations pertinentes du système des Nations Unies et en concertation avec des représentants de la société civile.

La faim dans le monde n'est pas une fatalité. Il nous appartient collectivement de nous rapprocher de l'objectif que le Sommet mondial de l'alimentation s'était fixé en 1996. La France y apportera toute sa détermination et tout son engagement.

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